Tel père telle fille de Fabrice Rose

J’étais impatiente de découvrir ce livre à sa sortie. Le prologue promettait une réflexion intéressante sur la difficulté d’être l’enfant de criminel. Plus précisément la fille d’un braqueur qui n’a qu’une envie, c’est de construire une relation normale avec son père. Un désir rien de plus naturel. Je dois dire que la thématique me plaisait bien, car les relations enfants et parents criminels sont rarement abordées, occultées, comme si le fait d’être un criminel, ne permettait pas d’être un parent. 

J’ai été déstabilisée dans la première partie de ma lecture par la plume imagée et métaphorique de l’auteur. Des phrases courtes, des figures de style assez lourdes, qui ne faisaient que casser le rythme de lecture. 

Et puis il y a un léger changement dans la plume, comme si le fait de s’être évadé de prison, la liberté lui donnait des ailes et surtout lui permettait d’avoir les idées plus claires et donc de moins user de métaphores. 

L’enfermement de l’esprit lié à l’enfermement physique, bride le cerveau donc la narration, le tout volant en éclats lorsqu’il se libère de ses chaînes, libérant la parole et la plume. Plus besoin d’user de métaphores, la vie prend le pas et le libère dans tous les sens du terme.

Malgré plusieurs passages qui semblent bourrés de clichés, avec ces courses-poursuites, ces fusillades parsemées de violence d’une rare cruauté, j’ai trouvé que c’était assez crédible. 

Une opposition entre criminels aux grands cœurs, avec des valeurs humaines, malgré le crime et les criminels qui se cachent derrière des valeurs religieuses qu’ils faussent pour faire ce qu’ils veulent sous couvert de pardon divin.

En fin de compte, le récit possède une certaine authenticité que ce soit par le vécu de l’auteur, ancien braqueur, que par les situations aussi incroyables que rocambolesques. Mais ce qui est drôle, c’est que c’est tellement incroyable que certaines scènes deviennent plausibles. Entre le faux émir, opportuniste, qui ne pense qu’au sexe, mais qui se cache derrière Dieu, le converti qui doit faire ses preuves et être au taquet, les flics parfois dépassés, mais qui restent professionnels… 

Bref, il y a de tout, comme dans la vie… Comme dans la vie que ce braqueur, dit braqueur à l’ancienne, braqueur au grand cœur, qui n’a jamais fait de mal à personne…

Je pense sincèrement que c’est un livre que l’on ne doit pas prendre au premier degré, que l’on doit approfondir. Il faut lire entre les lignes pour y déceler une rédemption, une envie de tourner la page, l’amour de l’auteur pour sa fille, et de dire que le meilleur reste à venir et peut être vécu.

Ce livre a été lu, dans le cadre d’un partenariat avec la maison d’édition.

4° de couverture Visite au parloir de la maison d’arrêt de Fresnes. Alexandra, vingt-quatre ans, exige de son père l’impensable : qu’il abandonne sa vie de braqueur et devienne le père dont elle a toujours rêvé. Mais comment résister à une existence dopée à l’adrénaline ? Deux mois plus tard, Marc Man s’évade. Contrairement aux apparences, pour Alexandra, c’est un coup de chance : quand Marc apprend qu’elle est menacée par une bande de racketteurs fous dangereux, il organise une chasse à l’homme d’une rare férocité. Et, tant qu’à faire, il monte un casse spectaculaire. Dans la canicule d’août, chacun révèle sa vraie nature et les cadavres commencent à s’aligner.

Parution : 16 janvier 2020 – Editeur : Robert Laffont – Collection : La Bête noire Pages : 320 – GenrePolar-Thriller-Thriller psychologique

Fabrice Rose est né d’un père français, pilote de chasse, héros discret de la Seconde Guerre mondiale, et d’une mère anglaise. Esprit aventurier, il rompt très tôt les amarres, ce qui lui vaudra de vivre un certain temps dans le clair-obscur de la société. Ancien braqueur, il a côtoyé un sacré paquet de hors-la-loi gratinés, en prison. Autodidacte, lecteur insatiable, il passe peu à peu à l’écriture, nouvel espace de liberté. « Tel père telle fille » (2020) est son premier roman. Sans être autobiographique, cette histoire est un peu la sienne. Aujourd’hui, il est animateur culturel au sein d’un hôpital rural.



Catégories :Challenge Polars et Thrillers, Thrillers

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7 réponses

  1. Le thème du lien pere/fille dans ce contexte pourrait bien me plaire malgré quelques moments moins crédibles que d’autres apparemment.

    Aimé par 1 personne

  2. Merci pour ta participation !
    Je ne dis pas que le livre ne m’intéresserait pas, je dis simplement que je m’attaque actuellement à ma PAL « véritablement ancienne ».

    Aimé par 1 personne

Rétroliens

  1. Premier bilan du challenge polar et thriller session 2020-2021 | deslivresetsharon

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