La femme muette de Mathieu Albaïzeta

A toutes ces femmes muettes et silencieuses, à toutes ces femmes muettes qui ont tant à exprimer. A toutes ces femmes dont les silences sont autant de blessures.

A toutes ces femmes dont les silences sont autant de cris, de rage et de révolte. A tous ces cris qui restent coincés dans les gorges silencieuses. Gorges nouées par l’étouffement tant physique que psychologique. A toutes ces femmes qui restent, qui se taisent au point de ne plus savoir parler. A toutes ces femmes, l’auteur rend hommage, sans jamais juger, en simple spectateur il couche les mots pour évoquer les maux de toutes les Louise…

Les cris n’ont parfois pas besoin de faire du bruit, il suffit de les étouffer pour qu’ils nous dévorent de l’intérieur, comme l’acide qui vient ronger toute velléité.

Louise traverse la vie pleine d’espoir tout au long des chapitres qui égrènent les années, les décennies. Chaque année ou décennie, commence par un fait marquant. 1975 : Jeanne Calment fête ses cent ans. Le divorce par consentement mutuel est autorisé. L’avortement, grâce à la loi sur l’IVG défendue par Simone Veil, devient légal. Autant de clins d’œil sur l’évolution du monde, qui viennent souligner la léthargie de Louise. Louise qui espère, qui accepte, qui se tait, malgré toutes les humiliations. La violence psychologique s’est glissée entre les lignes.

Louise est peut-être une victime, mais elle devient consentante à partir du moment où elle a la possibilité de s’extirper de cette relation, alors qu’elle ne fait rien. Elle est spectatrice et non actrice de sa vie. Le bourreau ne prend la place que l’on veut bien lui laisser. Mais il n’est pas simple de sortir des griffes du bourreau…

Un livre tout en pudeur sur les relations de couple toxiques, dont l’auteur nous rend spectateurs impuissants. Une lecture d’une densité saisissante, où la noirceur de l’être humain est dépeinte avec justesse, recul tout en distillant l’ingrédient majeur : si tu veux être heureux, ne fait pas ce que tu peux, mais fait ce que tu veux.

Parution : 20 octobre 2020 – Éditeur : Editions des Lacs – Pages : 180 – Genre : thriller-psychologique, violences psychologiques, violence, psychologie

Le 17 juin 2013, Stéphane Richard reste à la tête d’Orange, le parti socialiste essuie une nouvelle défaite à l’élection partielle de Villeneuve-sur-Lot, et Louise Andrieu est retrouvée morte à son domicile. Tous ceux dont la vie est ponctuée par la mort des autres encerclent ce qui était, il y a encore une demi-heure, le corps frêle mais vivant d’une coquette dame âgée : les gendarmes et le médecin de famille, lui aussi alerté par le veuf. Mais… Est-elle morte ce jour de juin 2013 ou un après-midi d’été, en 1963 ? Quand d’un côté, la haine remplace progressivement l’amour et que de l’autre, l’amour continue de tout pardonner, plongez dans l’abîme d’une vie subie dans laquelle le silence est… assourdissant.



Catégories :Challenge Polars et Thrillers, Thrillers

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7 réponses

  1. Très intéressant ! Je note !! Merci Julie

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  2. Un sujet fort, essentiel dont tu parles avec talent et émotion. Merci Julie pour ce partage 😊

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  3. Woaw. Un livre qui résonne déjà comme un uppercut. Je suis soufflée déjà par la chronique donc je n’ose imaginer l’émotion de l’oeuvre. Je vais attendre un peu d’avoir les épaules pour l’encaisser par contre.

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