Parution : 02 septembre 2015 – Kennes Editions – Prix papier :  14,45€ – Pages : 64 – Genre : fantastique, jeunesse, Bande dessinée

Ninn fut découverte tout bébé dans le métro parisien par deux ouvriers effectuant des réparations sur les voies. Aujourd’hui, Ninn a onze ans et le métro est son univers. Elle en connaît le moindre recoin et s’y sent comme chez elle. Mais en dépit de sa joie de vivre, Ninn se pose mille questions. D’où vient-elle? Quels sont ces souvenirs lointains et incompréhensibles qui hantent ses souvenirs, elle qui n’a jamais mis le pied hors de Paris? Pourquoi voit-elle, depuis peu, des essaims de papillons parcourir les galeries, invisibles aux yeux de tous sauf aux siens? Toutes ces questions la taraudent, d’autant qu’une sourde menace la traque sans répit…

Les dessins sont très dynamiques et réalistes, les décors sont soignés et on glisse facilement du réel au fantastique sans aucun problème, les émotions de la jeune héroïne transparaissent et la rendent très attachante.

L’histoire nous plonge dans les bulles et il est impossible de s’en détacher jusqu’à la dernière page.

Cette petite fille, charmante et pleine de vie qui a une passion pour le métro parisien ne laisse pas indifférente. On glisse au fil des pages vers le fantastique, avec en final une ouverture sur un monde imaginaire.

Une formidable quête de soi qui va révéler à notre héroïne ses origines et sa véritable nature…

Portée par des dessins dynamisme et une narration captivante, ce premier tome de Ninn est une BD jeunesse prometteuse et intrigante…

A la fin de la BD, on a la surprise de trouver le cahier graphique. On voit l’évolution du travail sur les planches avec quelques explications.

Le  métro parisien regorge de charme et de voies fantômes et cela n’ajoute qu’un plus à son mystère…

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition grâce à NetGalley. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Après des études d’anglais et un passage dans l’enseignement, il se consacre au scénario. Il a également publié « Victor et Anaïs : Un duo contre tria » avec Matthieu Bonhomme aux éditions Carabas en 2002. Fasciné par le métro parisien, il imagine un récit fantastique dans ce décor insolite et crée, avec Johan Pilet au dessin, l’histoire de « Ninn » (2015), une héroïne en quête d’identité.

Il débute son parcours professionnel dans le design automobile. Diplômé en esthétique industrielle, il décide néanmoins de reprendre le chemin des bancs d’école pour se consacrer à son premier amour : la bande dessinée. En 2003, fraîchement sorti (à nouveau) des études, il rencontre Batem, dessinateur du Marsupilami, qui lui propose de rejoindre l’atelier liégeois qu’il partage avec Stéphane Colman, Olivier Saives et Fabrizio Borrini. En 2004, il fait ses premières armes dans le journal « Spirou » où il illustrera plusieurs histoires courtes et créera, sous le pseudonyme Nãn le personnage Monkey. En parallèle, il colorise la série Karma, illustrée par Fabrizio Borrini et scénarisée par Jean-Louis Janssens (trois tomes parus aux éditions Dupuis). En 2010, il s’associe au scénariste Jean-Michel Darlot, issu également du journal « Spirou », et publie son premier album : « Barzoon Circus – Le Jour de la citrouille » édité chez Glénat sous le label Treize Étrange. En juin 2011, toujours chez Treize Étrange, il publie le premier tome de la série « Caktus », western loufoque scénarisé par Nicolas Pothier, suivi en mai 2012 par un second opus. Toujours avec Nicolas Pothier au scénario, Johan Pilet reprend le dessin de la série pirate « Ratafia », dont le 6e tome paraîtra en mars 2013 chez Treize Étrange.

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Parution : 13 septembre 2019 – Éditions : Le Lombard – Prix papier :  14,45€ – Pages : 64 – Genre : polar

Avec ce premier tome d’une nouvelle série de BD, un bon polar/thriller, « Purple Heart » : le sauveur, nous faisons la connaissance de Josuah Flanagan, ancien soldat, décoré de la « Purple Heart », pendant la Seconde Guerre mondiale. Médaille militaire américaine, décernée au nom du président des États-Unis, accordée aux soldats blessés ou tués.

On le retrouve 6 ans après la guerre, dans le New York des années 50. Il est devenu enquêteur pour le cabinet d’avocat de Layton, son ancien commandant au front.

Malgré un scénario basique, l’ambiance des années 50 est très bien rendue et palpable, notamment dans les planches avec un trait de crayon fin, maîtrisé et réaliste, avec le jeu des ombres et des lumières rendant le tout très réaliste et visuel. Un héros sombre, torturé, homme à femmes, collant parfaitement à l’intrigue et au genre de cette BD.

On sent bien que c’est un premier tome, l’intrigue se pose, je trouve malgré tout qu’elle manque d’action. J’espère que cela sera le cas dans le second tome, que je ne manquerais pas de lire.

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition grâce à BePolar. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

À l’instar de ses frères Marc-Renier et Roland, Eric Warnauts se destine très jeune à la bande dessinée. Il fait honneur à la fratrie en publiant son premier album, « Passion Vinyle », chez Futuropolis. Deux albums indépendants plus tard, il fait une rencontre qui va changer sa vie artistique, celle de Guy Raives, pour qui il écrit deux tomes de « Paris Perdu ». Mais c’est à l’occasion de leur passage dans le mensuel (À Suivre) des Éditions Casterman que leur collaboration prend réellement forme : tous deux scénarisent, puis dessinent à quatre mains un nombre impressionnant de one-shots, inscrivant leurs récits dans des lieux, acteurs à part entière, et des époques dont ils cherchent à restituer l’atmosphère. Il arrive toutefois à Eric Warnauts de faire quelques infidélités à son compère, notamment pour écrire pour son frère Marc-Rénier. Trente ans après ses débuts, Warnauts peut revendiquer une belle carrière, riche et éclectique, avec la collaboration pour fil rouge.

Guy Servais, dit Raives, est un homme fidèle, pour dire le moins ! C’est au cours de ses études, à l’Académie des Beaux-Arts à Liège, qu’il fait la connaissance d’Eric Warnauts. Ce dernier va devenir son scénariste attitré, et même un peu plus que cela, puisque les deux amis développent une technique de réalisation qui ne peut exister qu’au sein d’un duo parfaitement rodé : le scénario écrit, ils dessinent les planches à quatre mains, puis Raives les colorise. Transcendant l’idéal de collaboration artistique, ils publient rapidement dans le magazine « (A Suivre) » édité par Casterman. S’ensuivent un grand nombre d’albums, dont « Intermezzo », « Fleurs d’Ebènes », « Liberty »… qui ont pour dénominateur commun de mêler passion amoureuse et époques distinctes de l’Histoire. De la Belgique des charbonnages à l’Amérique d’Obama en passant par les Antilles françaises, les deux auteurs nous font voyager, tout en explorant les facettes du mythe amoureux. Il n’est pas indu de parler d’une approche littéraire en considérant l’oeuvre colossale de ce duo à l’histoire aussi belle que leurs scénarios. Raives a donné des couleurs inimitables à ces créations bicéphales qui rejoignent aujourd’hui les griffes de la collection Signé.

 

 

Parution : 17 octobre 2018 – Calmann-LévyPrix papier : 19€ – Prix numérique : 13,99€ – Pages : 240 – Genre : BD

Hannah Arendt prend vie sur les planches de Ken Krimstein, nous permettant de découvrir sa pensée philosophique, ses rencontres, ses détracteurs ou amis. Confrontée à une vie pas simple pour une femme de son époque sans pourtant renoncer à être elle-même.

240 planches semblants avoir été dessinées de manière simpliste, non pour mettre son coup de crayon en avant, mais bien pour mettre en avant, une femme hors du commun. Une mise en bouche qui donne envie d’en savoir plus et qui suscite la curiosité.

Une personnalité sulfureuse, souvent décriée qui aura connu les horreurs nazies, mais qui aura marqué son temps et le nôtre en remettant sans cesse le monde en question.

La première partie de cette BD présente de manière générale la philosophe et les personnalités qui jalonnent son quotidien. Sa rencontre avec Heidegger sera une révélation.

La deuxième partie correspond à une période d’instabilité, avec la montée du nazisme en Allemagne et sa fuite aux États-Unis, puis à Paris.

Dans la troisième partie, Arendt cherche à comprendre comment toute cette guerre et ce génocide a pu arriver. Elle va remettre en cause toutes ses réflexions et les réflexions philosophiques de son entourage. L’auteur prend le temps d’évoquer l’émotion ressentie lors de la révélation de l’existence des camps de concentration, avec le sentiment qu’une faille s’était ouverte…

Une belle façon de rendre accessible la pensée philosophique de cette grande dame, en abordant les thématiques qui ont marqué sa vie, notamment après le tournant de le Seconde Guerre Mondiale.

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions, vous pouvez consulter la page Partenariats

Ken Krimstein est un illustrateur et dessinateur qui a travaillé notamment pour le New Yorker, Punch ou encore le Wall Street Journal. Il a publié des chroniques pour la presse papier et Web. Également écrivain, il enseigne à l’université DePaul et à la School of the Art Institute de Chicago. Il vit à Evanston, dans l’Illinois.

Zahra’s paradise a d’abord été publié sur internet en une douzaine de langues : le farsi, l’arabe, le hollandais, le français, l’espagnol, l’italien, l’anglais, le coréen, l’hébreu, le portugais, l’allemand et le suédois. », une planche à la fois, tous les trois jours. Face au succès, le roman graphique a pris le relais.

Ce roman graphique porte le nom du plus grand cimetière en périphérie de Téhéran. L’ayatollah Rouhollah Khomeini, père de la révolution islamique, y est enterré.

C’est une fiction, directement inspirée de nombreux témoignages de disparitions réelles, lors de la répression des manifestants qui ont défilé dans les rues de Téhéran en contestation aux résultats des élections présidentielles iraniennes de 2009.

En fin d’ouvrage une explication sur l’origine de ce projet, l’élection présidentielle de 2009, les déclencheurs du printemps arabe et notamment un texte de Paulo Coelho sur Neda, cette jeune femme dont la mort, filmée, a fait le tour du monde.

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J’ai été très émue, en larmes, notamment lors des 14 dernières pages qui recensent les noms des 16901 personnes exécutées, assassinées ou abattues dans des manifestions depuis l’instauration de la République islamiste.

Les mots « république » « démocratie » ne sont que des mots notés dans une constitution fantôme, l’Iran pays de la censure et des droits de l’homme bafoués.

Avant de lire Zahra’s Paradise, je ne connaissais pas, la pendaison par grue, concept inventé en Iran. Elles ont deux fonctions : construire les bâtiments et pendre des êtres humains… Quel paradoxe !

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Les auteurs, pour des raisons politiques, ont choisi de rester anonymes et ont pris des noms d’emprunt, Amir et  Khalil. L’un est journaliste, militant des droits de l’homme, qui a quitté l’Iran vers l’âge de 12 ans, peu après la révolution de 1979. L’autre, dessinateur, est arabe et côtoie de nombreux iraniens. Il s’est senti fortement concerné par les évènements qui se sont déroulés en Iran en 2009.

Depuis la Révolution de 1979, l’Iran est une république islamique, théocratique qui repose sur la souveraineté du peuple mais surtout sur la volonté divine. Le chef de l’Etat est le Guide de la révolution, appelé Guide Suprême, nommé à vie, a tous les pouvoirs, . C’est le plus haut responsable politique et religieux du pays.
Le peuple a beau élire le président de la République, mais tout est contrôlé par les organes religieux, surtout le parlement, supervisé par le Conseil des gardiens de la Révolution.

Le 12 juin 2009, le président sortant Mahmoud Ahmadinejad est réélu avec 63% des votes mais les résultats sont très vite contestés par des nombreux iraniens et les autres candidats. Des  manifestations en masse s’ensuivent à Téhéran et dans tout le pays.

« Où est mon vote ? » se demandent des millions de manifestants. Une répression sans commune mesure s’en suit, que les médias étrangers n’ont pas le droit de diffuser ! Mais c’est sans compter sur les nouvelles technologies qui permettent de déjouer la censure et de diffuser la répression à l’extérieur de l’Iran.

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Ces manifestations sont certainement les plus importantes en Iran depuis la Révolution de 1979.

Bref, revenons à ce roman graphique qui m’a beaucoup touché et qui m’a permis de faire pas mal de recherches !

Suite à son arrestation, Medhi a été emmené par les bassidji (milice à la solde du pouvoir islamiste), à Kahrizak, centre de détention illégal où sont envoyés tous ceux considérés comme opposants à l’ordre islamique.

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Des conditions inhumaines  de détention : tortures, viols, cellules infectes, « tabassages » en règle … De simples manifestants y ont séjourné, disparu… suite à la manifestation de 2009.

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Les Iraniens n’avaient jamais entendu parlé de ce centre, rapidement fermé par l’ayatollah Kamenei, sûrement pour éviter que le scandale n’éclabousse trop le pouvoir… Mais il était trop tard …

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On ne peut refermer ce livre, sans se dire que nous avons malgré tout de la chance !!!

Un livre qui devrait être mis entre toutes les mains, surtout en ces temps troubles où les idées d’extrême droite sont de plus en plus diffusées et cela sans honte et sans remords ! Je pense à ces réfugiés que la France accueil et à tous ces gens obligés de fuir leur pays pour survivre ! Quand j’entends, « mais ils ont tout en arrivant » : ils ont aussi tout perdu… « On ferait bien de fermer les frontières…. »

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A ces gens, j’ai envie de poser une question : « Et si cela arrivait en France et que cela soit à nous français de devoir tout quitter et de devoir nous réfugier dans un autre pays, ne seriez-vous pas contents que l’on nous aide sans nous juger, pour nous aider à survivre !!! Ne seriez-vous pas simplement contents d’être en vie !!! ? »

Quand je lis les commentaires qui foisonnent sur les réseaux sociaux, j’ai une envie de vomir de dégoût face à la bêtise humaine et surtout face à la haine qui n’engendre que la haine !!!

L’individualisme n’engendre que la haine !!!

Je peux comprendre certaines peurs, mais pas le rejet en bloc de ce que l’on ne connaît pas !

La force de l’être humain est sa pluralité et sa diversité c’est cela qui fait un vivre ensemble.

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Scénario :  Amir  Dessin : Khalil

Couleurs : N&B Traduction : Marion Tissot 

EditeurCasterman  Planches : 270

Situé en Iran, après l’élection présidentielle frauduleuse de 2009, Zahra’s Paradise est l’histoire fictive (mais fortement inspirée de nombreux témoignages réels) de la recherche de Medhi, un jeune manifestant qui a disparu dans les goulags de la République islamique. Seuls le courage d’une mère refusant d’abandonner son fils et la ténacité d’un père qui explore les méandres des prisons des ayatollahs se dresseront contre l’horreur et l’injustice d’une telle disparition. Zahra’s Paradise a d’abord été publié sur Internet en une douzaine de langues, dont l’anglais, l’arabe et le farsi. Cette histoire a ainsi été lue par des milliers de lecteurs partout dans le monde et a déjà reçu un accueil enthousiaste de la presse internationale. Une première pour un roman graphique.

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