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Parution : 30 octobre 2019 – Editions JC Lattès Prix papier : 18€ – Prix numérique : 12,99€ – Pages : 200 – Genre : roman initiatique, journal intime

Paul, le narrateur, musicien, comédien et étudiant en philosophie, sans beaucoup de succès, vit avec Carine, mais surtout grâce à ses revenus de juriste.

Ce couple cohabite dans un minuscule studio de Montrouge, où le confort spartiate, et les brûlures de la tuyauterie de la douche, les poussent à rechercher un appartement plus grand. Paul a grandi dans les beaux quartiers, alors il aspire à retrouver ses habitudes de bobo parisien… Commence alors le parcours du combattant et après plusieurs mois de recherches, où le couple comprend que leurs revenus, ne leur permettront même pas une studette sur Paris, ils se retrouvent à Saint-Denis… .

Avec Paris-Saint-Denis, Paul Besson dépeint son arrivée dans une ville bien mal connue, décriée, avec une diversité ethnique importante.

Paul au gré de ses rencontres va étudier les habitants, on a parfois l’impression qu’il joue à l’anthropologue et porte un regard bienveillant sur une partie de la population qui est souvent montrée du doigt. Les chapitres s’alternent entre ses descriptions sur sa recherche d’appartement, sa comparaison entre Paris et Saint-Denis. Avec un constat bien réel sur la paupérisation de la population et le poids du loyer dans les charges du foyer. Enfin, je dirais qu’ici la charge repose quasiment sur la compagne de Paul, qui se laisse vivre… Il fume, boit, erre dans les rues de Saint-Denis… J’ai souvent pensé au bobo parisien qui vient s’encanailler en Seine-Saint-Denis… Je dois dire, que même si l’auteur a cherché à montrer la générosité des dionysiens, il le fait avec beaucoup trop de clichés…

Connaissant très bien cette ville, je ne suis pas certaine que si Paul avait été une femme, cela aurait donné le même rendu. Les descriptions et les rues où il nous entraîne sont bien faites, mais ne sont que le reflet de ce que lui, en tant qu’homme, a ressenti.

En tant, que femme, mon avis est bien différent ! Je n’ai jamais pu arpenter les rues, sans sentir les regards des hommes, sans vivre ce que l’on appel, le harcèlement de rue, avec les sifflements, les commentaires sexistes, les interpellations…

De plus, j’ai trouvé que certains passages sonnaient faux et étaient bourrés de clichés ! Ah la satanée générosité de l’épicier, qui ne le connait pas et lui dit qu’il pourra lui ramener la monnaie manquante, plus tard… Où la virtuosité du coiffeur, qui manie les ciseaux depuis son plus jeune âge et le fait comme un chef d’orchestre… Et les fameux dealers qui sont tellement gentils et bienveillants avec lui, puisqu’ils lui recommandent de ne pas commencer cette merde…

Paul, le bourgeois de père en fils, va finir par adopter cette nouvelle vie  » je suis devenu libre, Saint-Denis est devenu ma ville ». J’espère en tout cas qu’il aura ouvert les yeux sur certains aspects de cette ville. Pour avoir un regard humain, il ne faut rien oblitérer, le bon comme le mauvais. Oui, il y a de l’humanité dans cette ville, qui serait la plus dangereuse de France, il y a des hommes et des femmes qui essaient de s’en sortir et de vivre, dans une pauvreté bien réelle. L’insalubrité n’a fait que creuser le faussé que les politiques ont laissé se construire. Le centre-ville a été « oublié » au profit du stade de France et au détriment d’une population qui n’a fait que tenter de survivre. Comment demander à une population de faire du beau sur du dégueulasse… Car certaines rues sont totalement à l’abandon…

Même si je ne suis pas d’accord avec la direction prise par l’auteur, je ne peux que louer son désir de montrer une ville avec des personnages bienveillants. Il a voulu casser l’image sulfureuse de Saint-Denis… En lui donnant une image de douceur… Mais le monde des bisousnours n’existe pas…

Ce livre a été en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Paul Besson est né en 1987. Après des études de philosophie, il a été serveur, vendeur de cigarettes électroniques, agent d’accueil, animateur dans des supermarchés… Il a aussi joué dans des pièces de théâtre pour enfants, écrit des chansons, photographié Paris la nuit. Paris-Saint-Denis est son premier roman.

Parution : 16 mars 2019 – Envolume EditionsPrix papier : 14€ – Pages : 120 – Genre : thriller-intimiste, violence, poésie

Voilà un bouquin qui ne vous laissera pas indifférent. De par sa construction atypique, sous forme de poésie, l’auteur nous livre un thriller intimiste.

J’ai été très touchée par les mots que l’auteure met sur ses vers qui n’en sont pas vraiment. Des mots qui font froid dans le dos et qui racontent une violence d’une rare cruauté.

L’une, âgée de trente-six ans, toujours vierge, traîne sa solitude, ses mots sont rares, mais la douleur est présente. Elle s’efface peu à peu. Pourtant, elle attend, malgré tout, la rencontre, qui la fera vibrer.

L’autre, âgée d’une vingtaine d’années, s’échappe de chez elle, sa virginité il y a longtemps qu’elle l’a perdue…

Un bouquin qui n’entre dans un aucune case, mais qui s’imprègne de chaque genre connu. Un zeste de biographie, une pincée de poésie, parsemé des ingrédients qui font de bons thrillers.

Une écriture fluide, sous forme de vers qui raisonnent comme une litanie pour crier la détresse de ces deux femmes. Une écriture qui pose cette violence subie par ces femmes. Une violence qui crie sa rage et son indolence à trouver une solution.

Ce livre a été lu, en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Graphiste indépendante à Paris. L’Autre chambre est son premier roman.

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Parution : 14/12/2018 – Auto-édition Prix papier : 4,49€ – Prix numérique : 0,99€ – Pages : 56 – Genre : thriller-historique, drame

Un sujet difficile à évoquer, pas évident à appréhender, pourtant Brian B. Merrant, le fait de belle manière, dans cette nouvelle de 56 pages. Arriver à captiver le lecteur avec une nouvelle n’est déjà pas chose aisée, quand en plus l’auteur décide de lui donner une forme épistolaire, l’exercice se complique. J’étais donc curieuse de voir comment l’auteur allait aborder la bête… Et, je dois dire que j’ai été agréablement surprise.

Vous me direz 56 pages, c’est court pour être surprise… Que nenni, car ici la forme, la plume, l’intrigue sous fond de première guerre mondiale, les personnages tout est bien posé.

De par sa longueur, le récit plonge directement dans l’intrigue avec la déclaration de la première guerre mondiale en 1914, et la présentation des orphelins de la Haute-Barde réquisitionnés. C’est à Joseph, le plus jeune orphelin, taiseux et solitaire, que l’auteur va nous faire suivre à travers sa correspondance avec son chat. Cela aurait pu être rigolo, je dois dire qu’au départ c’est ce que je me suis dis… Mais c’est beaucoup plus profond qu’on ne le pense. Cette anecdote ne fait que mettre le doigt sur la jeunesse du personnage principal qui n’est qu’un enfant, qu’on envoie à l’abattoir.

En 56 pages, l’auteur a réussi à m’émouvoir mais surtout à me montrer qu’il a du talent, même si le style littéraire est simple, certainement pour rendre la lecture accessible au lectorat plus jeune. Et surtout, cela met l’accent sur la jeunesse du personnage principal, à travers cette correspondance intime entre Joseph et Louis qui est émouvante.

Emouvante, car suspendue entre deux mondes, entre la vie et la mort, qui peut faucher ce gamin qui n’avait rien demandé…

Ce livre a été sorti de ma PAL…

Aixois de 28 ans, il a été rédacteur technique dans l’industrie vinicole puis planificateur avant de se consacrer à l’écriture. Nominé au Prix Concours de l’Auteur Indépendant 2017, avec son livre « Espoir, sors-moi du noir »

 

Parution : 16 mai 2019 – Editions de la Martinière –  Prix papier : 14,00€ – Prix numérique : 9,99€ – Pages : 360 – Genre : polar, comédie, polar historique, humour

Décidément, Marie-Antoinette a l’art de se mettre dans des situations bien étranges… Elle et sa cour, jettent leur dévolu sur deux personnages hauts en couleur, que tout oppose, mais qui vont devoir s’entendre pour mener à bien leur mission… Une mission qui a va se révéler pavée de cocasseries en tout genre, malgré les deux corps qui sont retrouvés… Assassinés…

L’auteur, cherche à faire plaisir à ses lecteurs et ne se prive pas, à travers ses personnages, de le faire rire. A plusieurs reprises, j’ai eu la sensation d’être au théâtre, face à une pièce de Molière, sans prise de tête, qui ne se prend pas au sérieux, mais qui a un goût de j’y reviens…

Bien trop souvent, les polars historiques obligent à plus de concentration, avec des descriptions et de références, parfois trop détaillées, pourtant l’auteur, même si son récit est parsemé de détails, ne noie pas le lecteur. Bien au contraire, tout en restant ludique, certains passages sont de vraies références historiques, il nous fait rire et donne envie de prolonger cette lecture.

C’est à la fois un polar, une comédie et un roman historique, qui dévoile la vie cachée de Versailles du temps du roi et de ses maîtresses.  Manipulatrice, jolie et loin d’être idiote, Marie-Antoinette, n’est certainement pas la potiche que nous connaissons, puisque l’auteur lui donne un rôle de femme à la hauteur de son rang. Comme il se doit, elle ne fait que tirer les ficelles, laissant à ses dames de compagnie jouer le rôle d’entremetteuses.

Chaque chapitre porte un titre délicieusement détourné, pour le plus grand plaisir du lecteur : « cinquante nuances de gras », « le bonheur est dans le pré (courrons-y vite) »…

La construction des personnages y est pour beaucoup, ne nous voilons pas la face. Un personnage cynique à souhait, avec une pointe d’humour, aura franchement plus de saveur à mon goût, même si l’intrigue demeure légère. Si en plus, on se retrouve dans les joutes verbales à regarder un très bon match de tennis, on ne va pas s’en priver !

Les personnages sont drôles et leurs échanges, bourrés d’humour, donnent une dynamique à ce duo atypique et un rythme à l’intrigue.

L’auteur s’inspire de personnages qui ont vraiment existé, ce qui donne une réalité assez drôle au récit. Rose Bertin, modiste et première femme créatrice de mode (métier réservé aux hommes jusqu’alors) et entrepreneuse de l’Histoire, et Léonard-Alexis Autié coiffeur à l’origine des coupes et perruques vertigineuses que nous connaissons tous.

Bien que Léonard et Rose s’entendent « comme deux sœurs », la pointe de jalousie les poussera dans une compétition assez drôle pour attirer les faveurs de Marie-Antoinette.

Un premier tome d’une série prometteuse, Frédéric Lenormand restitue la personnalité de chaque personnage, en les réinventant à travers une intrigue légère mais savoureuse.

Ce livre a été lu, en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Auteur de romans historiques exclusivement, il se spécialise dans le XVIIIe siècle, avant de concentrer son attention sur la Révolution, puis sur la Terreur et, enfin, sur les maisons de santé transformées en prisons à cette époque. Ce parcours culmine avec la publication chez Fayard de deux ouvrages purement analytiques abordant des sujets peu traités, La Pension Belhomme, sur les prisonniers de cette maison de fous, et Douze tyrans minuscules, sur les policiers qui les y enfermèrent. Afin de ne pas s’enfermer dans un domaine trop spécialisé, il change son fusil d’épaule, glisse des policiers de la Terreur à ceux de la Chine ancienne, et donne une suite aux romans chinois de Robert van Gulik, décédé en 1967. Ce sera Les Nouvelles Enquêtes du juge Ti. Il est parallèlement l’auteur de récits pour les enfants, dont le cycle de L’Orphelin de la Bastille (éditions Milan), qui lui permet d’épancher sa passion pour la Révolution française.

Parution : 16 août 2018 – Editeur :  Marivole –  Prix papier :  15,90€ – Prix numérique : 7,49€ – Pages : 134 – Genre : thriller-psychologique, littérature blanche, littérature contemporaine

Même si j’ai eu du mal à entrer dans cette lecture, je dois dire que j’en suis ressortie avec un sentiment de profond plaisir. Des phrases courtes, qui donnent une impression de froideur, une manière pour l’auteur de prendre du recul et de se détacher de l’intrigue qu’il propose. Ici, point de thriller, de polar ou d’horreur, ma zone de confort mise à rude épreuve… Pourtant, j’aime les beaux textes et je dois dire que j’ai été servie.

Une lecture exigeante, qui se mérite. Avec une plume poétique, parfois cynique, avec une pointe de sarcasme, l’auteur porte un regard sur la vie, l’amitié, la maladie et d’autres sujets que l’on ne peut raconter qu’à un ami. Une amitié puissante, indéfectible que chaque être aspire à connaître.

L’âme humaine est sondée, pour le grand plaisir du lecteur, grâce à une plume rare, travaillée, l’auteur dépeint les sentiments, les désillusions, mais surtout ces liens indéfectibles, qui sont censés être pour le meilleur et le pire . Il nous parle du temps qui passe, mais surtout de ce qui nous empêche d’avancer. Les ronces représentent les freins qui nous étouffent. C’est la somme de ces petites choses qui, de manière sournoise, s’insinuent en nous, et font que nous ne pouvons être heureux.

« Le rêve est plus supportable que la réalité du moment. Je pense à toi, très intensément. Pardonne-moi, mon frère, si de nos vies bousculées naît le poème. Si de nos angoisses partagées naît la littérature. Ce sont nos vies que nous jouons. Toi, la tienne, avec davantage encore de cruauté. Mettre des mots sur tout cela, c’est rester maîtres de nos destins. Je ne veux pas être triste. »

Ce livre a été lu, en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Né à Lille le 30 avril 1956, c’est en Flandres qu’il passera les six premières années de son existence, dans ce creuset linguistique où picard, français et flamand mêlés au quotidien lui inculqueront un amour passionné des mots et du langage. Quelques années en Bourgogne précéderont l’arrivée en Bretagne, terre d’élection depuis 1967 dans laquelle, sans rien renier des origines, il se trouve aujourd’hui profondément enraciné, de cœur et d’âme. Un été au paradis, a reçu le Grand Prix du Roman décerné en 2013 par l’Association des écrivains Bretons. Michel Philippo participe régulièrement à de nombreux salons régionaux et nationaux. Depuis 2015 Michel Philippo officie également au micro de Bretagne 5, une radio régionale située en Côtes d’Armor où il anime et orchestre Page Blanche, une émission littéraire d’une heure où il a déjà reçu de nombreuses personnalités. Après un détour par la scène dans les années 80 en tant qu’A.C.I (Auteur Compositeur Interprète), Michel Philippo poursuit aujourd’hui une carrière d’écrivain et d’enseignant.

 

 

 

Parution : 11 janvier 2019 – Éditeur : Editions iXe Collection : Fonctions dérivées Prix papier : 16€ – Pages : 160 – Genre : essai, biographie, féminisme

A lire pour comprendre mais surtout découvrir un bon bouquin, grâce auquel vous vous sentirez chanceuse tout en touchant du doigt la fragilité de l’état de femme…

Une lecture instructive avec cette plongée dans l’Iran et son évolution. Une évolution certainement lente, très lente même, mais les femmes et certains hommes se battent au quotidien pour une émancipation.

L’émancipation qui passe par des petites choses, mais qui se fait malgré un pouvoir religieux très fort.

L’auteure décrit avec sensibilité, et de manière anecdotique le ridicule des pouvoirs religieux qui tentent tant bien que mal de « sauver » ces âmes perverties…

Simone de Beauvoir ne sert que de catalyseur à des générations de femmes et d’hommes en quête de liberté. Une liberté de choisir…

L’infantilisation par le religieux ne fait qu’accentuer la dichotomie entre le pouvoir et le peuple. Une plume légère mais sérieuse, où ce n’est pas tant la place de la femme qui est visée, mais bien la liberté. La liberté dont les femmes seront les premières à être privées…

Malgré les menaces de mort qu’elles peuvent recevoir, certaines n’ont jamais reculées ou cédées et continuent le combat pour le droit des femmes, mais surtout le combat pour la possibilité de choisir…

J’avais un peu peur que la lecture soit compliquée avec l’écriture inclusive, dont je ne suis pas fana. Même si je ne suis pas convertie à l’inclusive, cela ne m’a pas gêné.

L’auteure est une femme qui se bat au quotidien et cela se ressent dans son livre qui oscille entre la biographie et l’essai.

Ce livre a été lu grâce à Babelio et la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

De 2004 à 2014, elle dirige l’Agence de développement des relations interculturelles pour la citoyenneté (ADRIC). Deux guides de l’ADRIC sont parus sous sa direction: Face aux violences et aux discriminations : accompagner les femmes issues des immigrations et Agir pour la laïcité dans un contexte de diversité culturelle. Des idées reçues à une pratique citoyenne. Ces guides ont reçu le label « Année européenne du dialogue interculturel » en 2008. En 2009, elle obtient son doctorat en sociologie à l’Université Paris-Dauphine.

Depuis 2016 à 2019, elle est membre du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Chahla Chafiq publie différents ouvrages pour analyser la dimension totalitaire de l’islamisme en tant qu’idéologisation de l’islam. Elle défend par exemple que la femme voilée constitue la bannière du projet politique islamiste en ce qu’elle symbolise le contrôle sur la liberté de la femme, déclarant « le voile marque le corps comme un lieu de péché ». Elle argumente que la mondialisation crée des terreaux pour le développement de mouvements identitaires néo-conservateurs, qualifiant l’islamisme comme le « plus virulent et spectaculaire ». Elle place la laïcité comme l’unique voie pour développer les droits des femmes.

En 2005, un recueil de ses nouvelles, traduit du persan en français, a été publié chez Métropolis : Chemins et brouillard. En septembre 2015, son premier roman, Demande au miroir, paraît aux éditions L’Âge d’Homme.