Archives pour la catégorie contemporaine

Livre voyageur : Quand les hirondelles me reviennent de Yann Déjaury

Parution : 2 décembre 2016Editeur : LibrinovaPrix Numérique : 2,99€Prix Papier : 15,90€313 PagesGenre : Littérature

Rien ne m’attirait dans cette lecture… Cette couverture, trop fleur bleue, trop lisse… Trop rose… Un côté trop sensible qui a tendance à me repousser… Les 10 premières pages, que je trouvais trop lentes à mettre en place une intrigue, que je ne percevais pas…

En fait d’intrigue, c’est un récit, une initiation, une quête de soi…

Avec une plume douce, lente qui aurait pu décourager, l’auteur arrive à transporter le lecteur dans un univers en construction… En devenir…. Cet homme, à la mémoire qui flanche, ne ressemble-t-il pas à ce que nous voudrions parfois vivre…

Pour oublier…

La mémoire est le centre de la connaissance de l’être humain… L’amnésie est ici, vécue comme une certaine délivrance, malgré les interrogations… Cet homme en pleine errance, qui n’a aucun souvenir de son passé… On ne sait rien de lui… Pourtant, son parcours va être jalonné de rencontres…

C’est un livre avec lequel on évolue au rythme du personnage…

La route a été agréable et contre toute attente, je l’ai terminé de belle manière en faisant une jolie découverte…

Cet homme, va cherche à comprendre pourquoi il se retrouve parachuté dans un endroit paumé, au contact de gens qu’il ne connait pas, mais qui sont tous d’une gentillesse déconcertante… Malgré un sentiment, qu’il n’arrive pas à cerner, entre l’envie de se poser, de passer à autre chose, malgré un sentiment d’inachevé…

Même si on devine le chemin que l’auteur souhaite nous faire prendre, sa plume est empreinte de bienveillance et nous embarque dans ce récit, nous prend par la main et nous guide… On tourne les pages, impatient de comprendre….

Tous les indices parsemés, ajoutent une note de mystère entretenue, jusqu’à la fin…

Un hymne à la vie… La trace qu’on laisse… Le sentiment de plénitude qui t’envahit quand tu comprends le sens de tes actes, de tes choix… Mais surtout quand tu comprends que certains de tes actes influencent ton parcours…

Sans le Prix des auteurs inconnus, c’est un livre que je n’aurais pas lu et je serais passée à côté d’une plume très agréable, lente, mais de cette lenteur qui te donne envie de prendre le temps, de laisser l’auteur te prendre par la main et te guider vers la vérité… Du moins une vérité…

Une très belle découverte. Une quête de soi… Une quête d’identité qui permet de trouver une réponse, parmi tant d’autres…

Il est parfois des livres, que vous ne choisissez pas, mais qui s’imposent à vous…

Né en 1978 à Abbeville, Yann Déjaury vit actuellement dans la région Lilloise. Scientifique de formation, il aime quitter son esprit cartésien pour laisser place à l’imaginaire qu’il exprime à travers la pâtisserie, les objets décoratifs et l’écriture.

Plus d’infos sur l’auteur :- Twitter : https://twitter.com/YannDejaury
– Instagram : https://www.instagram.com/yanndejaury/
– Facebook : https://www.facebook.com/yanndejauryauteur/

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Livre voyageur : Les derniers jours de Hugues Boulet


Parution : 25 juin 2018 – Éditeur : La P’tite Hélène – Prix papier : 18,00€ – Prix Numérique : 5,99€ – Pages : 174 – Genre : fable contemporaine

J’ai déjà eu le plaisir de découvrir la plume de Hugues Boulet, avec « les gens d’en haut » un roman de science-fiction, frôlant la dystopie.

L’auteur s’attaque ici à un genre quelque peu différent, puisque nous suivons une petite fille originale, un brin rêveuse, tourmentée par les changements qu’elle observe et surtout qu’elle perçoit. Une petite fille tout en finesse dont la vie douce et bien ordonnée, laisse la place aux rêveries les plus farfelues.

Avec une plume poétique tout en délicatesse, l’auteur nous embarque dans une lecture tendre sur le temps qui passe où les premières interrogations existentielles, les premiers élans amoureux, prennent tous leur sens. Mais c’est aussi la prise de conscience de l’état d’homme et de femme de ses parents, indépendamment de leur état de parents.

Une prise de conscience perturbante à bien des égards, puisqu’elle s’accompagne des premiers changements que subit son corps.

Comment faire face à toutes ces modifications ? Quoi de mieux qu’un journal qui lui permettra de prendre le recul nécessaire en couchant ses peurs, ses angoisses mais surtout ses désirs et ses rêves.

Le récit est troublant de réalisme, l’auteur a su transfigurer les émotions de cette petite fille, pour la rendre attachante et donner envie au lecteur de la voir passer de la chrysalide au papillon.

Une petite fille qui se trouve à la frontière du changement, à la frontière entre les derniers jours de son enfance et les premiers jours de son adolescence. Ce basculement est assez prégnant dans la trame de l’auteur, puisque par moment notre petite héroïne ne sait plus où elle doit se situer. Est-elle une petite fille ? La petite fille des ses parents ? De son père ? Ou est-elle une jeune fille dont les sentiments changent au gré de son corps.

Lentement, mais inexorablement… L’évolution se fait. Mais doit-elle « tuer » cette petite fille en elle, pour laisser la place à l’adolescente ? Peu à peu au fil des lignes l’auteur nous entraîne dans ses sentiments et ses interrogations, pour au final permettre au lecteur de retrouver l’enfant qui est en nous, mais surtout de le retrouver, en mettant l’accent sur le fait que nous nous devons le garder présent sans devoir le perdre.

Un récit poétique, en semi-conscience de notre réalité où la dualité entre deux états est assez présente.

Une ambiance feutrée comme l’affectionne si bien l’auteur, dans laquelle le lecteur s’immerge avec plaisir, sans vouloir s’en extraire, de peur de ne plus ressentir la grâce qui parsème cette petite fable sur la fin de l’enfance.

Ce livre envoyé par l’auteur, que je remercie chaleureusement, participe au livre voyageur que j’ai mis en place sur mon profil Facebook et dont je vous parlerais bientôt.

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Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique de Balli Kaur JASWAL

Parution : 3 mai 2018 –  Editions Belfond – Collection : Le cercle – Prix broché : 21€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 352 – Genre : Littérature contemporaine – Culture – Traditions – Liberté – Thriller-psychologique – Femmes –

Même si le titre prête à sourire, j’avoue que j’étais intriguée ! Et puis j’avais envie de sortir de ma zone de confort et surtout j’aime les livres qui parlent des femmes à travers le monde, donc je n’ai pas hésité une seconde et il a rejoint ma PAL… Même si j’ai mis quelques mois avant de l’en sortir…

Sous couvert d’une histoire banale, l’auteur aborde des sujets forts et engagés. Même si le féminisme est très présent, la communauté visée est assez méconnue pour que cela soit une révélation et une découverte de mœurs différentes de celles que nous connaissons en Europe.

Une communauté indienne, à Londres, qui oscille donc entre modernisme et tradition… Quelle place ont ces femmes qui vivent dans une communauté traditionnelle et rétrograde où elles n’ont que très peu d’espace d’expression ? Pour peu que l’on s’intéresse aux différentes cultures, on s’aperçoit vite que le schéma reste identique sur beaucoup d’aspects et cela quel que soit le coin du globe.

L’auteur, aborde non seulement la place de la femme, mais surtout la place de celle-ci une fois qu’elle est veuve et j’ai trouvé ce parti pris très intéressant. En effet, les femmes ne sont que fille de… Femme de… Mère de… Et cela trouve son pendant dans beaucoup de communauté.

Plusieurs points de vue sont abordés à travers plusieurs personnages, tous aussi bien construits les uns que les autres. On s’attache facilement à ces femmes et on fait également un parallèle avec certaines histoires glanées au gré de nos lectures ou de nos pérégrinations.

L’opposition entre modernisme, avec Nikki, née en Angleterre et ces femmes veuves qui vivent avec leurs traditions est savamment abordée sans jamais tomber dans le voyeurisme, malgré la gravité du sujet, l’humour  est palpable tout en finesse et surtout empreint de réserve.

On se prête à sourire et on se dit qu’en fin de compte, qu’aux quatre coins du monde, les femmes ont le même genre d’humour… Le côté cérébrale n’est jamais loin, alors même que ces femmes, certaines du moins, ne savent ni lire ni écrire… La transmission orale se fait très bien et l’imaginaire fait le reste…

Ces veuves exclues, de la vie, de par leur statut, n’en demeurent pas moins des femmes dont les désirs sont identiques à ceux des femmes « modernes ». Les fantasmes ne sont pas différents, peut-être plus exacerbés de par la frustration à laquelle elles sont imposées…

L’auteur leur accorde une place prépondérante, mais n’en exclue pas pour autant les hommes… Qui pour beaucoup sont dépeints d’une manière lucide avec cette volonté de maintenir les traditions, leur permettant d’avoir toujours la main mise sur une communauté qu’ils ne souhaitent pas voir évoluer…

L’accent est mis sur les injustices faites aux femmes, mais aussi à certains hommes, qui tentent de trouver leur place entre modernisme et tradition. Une histoire qui bouleverse tant elle est criante de vérité.

Une histoire qui va bien au-delà d’un simple club d’écriture, d’alphabétisation…

J’ai retrouvé ces instants de complicité, que j’ai connu enfant, dans un monde de femmes où l’homme n’avait que peu de place. Ces instants où les langues se délient et s’expriment pour parler de ses désirs les plus enfouis… Ces instants qui m’ont fait grandir et m’ont marqué de par la joie qui s’en dégageait. J’ai grandi en Tunisie (même si on ne peut pas comparer la place de la femme) et j’ai souvent vécu des soirées entre femmes et je me suis souvenues de la liberté d’expression de certaines et de ces moments de fous rires, que moi petite fille je ne comprenais pas… Mais qui m’ont construite en partie et m’ont surtout guidé dans certains choix de vie…

Le choix… La femme a-t-elle la possibilité de choisir ? Ou doit-elle provoquer les choses pour choisir sa vie ? On a souvent l’impression que c’est une lutte entre homme et femme… Alors même que cela doit-être un désir de vivre ensemble dans un respect mutuel… Peut-on s’affranchir du  conditionnement de notre éducation ?

Un livre qui semble drôle, qui fait sourire, puisqu’il y a bien quelques passages érotiques, qui aborde des sujets graves, mais surtout des sujets qui nous poussent à réfléchir… Comme quoi les choses passent beaucoup mieux avec l’humour…

Un message fort, sous couvert de légèreté  et d’histoires érotiques, qui met en exergue la place de ces femmes qui deviennent complètement transparentes, une fois que le mari a disparu. Une lecture tout en profondeur, avec un vrai sujet de société que j’ai beaucoup aimé !

A travers les voix de ces femmes fières, qui assument leur statut et leurs désirs, Nikki trouvera son équilibre entre tradition et modernisme pour enfin suivre sa route.

Balli Kaur Jaswal signe ici son troisième – les deux premiers non publiés en France – qui oscille entre gravité et légèreté, avec une sincérité déconcertante elle dépeint les femmes tiraillées entre traditions et désirs.

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Née à Singapour, Balli Kaur Jaswal a passé sa vie entre le Japon, la Russie, les États-Unis et l’Europe. Diplômée de plusieurs ateliers de creative writing, ses deux premiers romans – non publiés en France – ont remporté un joli succès critique lors de leur publication en Australie et à Singapour.

 

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