Parution : 11 janvier 2019 – Éditeur : Editions iXe Collection : Fonctions dérivées Prix papier : 16€ – Pages : 160 – Genre : essai, biographie, féminisme

A lire pour comprendre mais surtout découvrir un bon bouquin, grâce auquel vous vous sentirez chanceuse tout en touchant du doigt la fragilité de l’état de femme…

Une lecture instructive avec cette plongée dans l’Iran et son évolution. Une évolution certainement lente, très lente même, mais les femmes et certains hommes se battent au quotidien pour une émancipation.

L’émancipation qui passe par des petites choses, mais qui se fait malgré un pouvoir religieux très fort.

L’auteure décrit avec sensibilité, et de manière anecdotique le ridicule des pouvoirs religieux qui tentent tant bien que mal de « sauver » ces âmes perverties…

Simone de Beauvoir ne sert que de catalyseur à des générations de femmes et d’hommes en quête de liberté. Une liberté de choisir…

L’infantilisation par le religieux ne fait qu’accentuer la dichotomie entre le pouvoir et le peuple. Une plume légère mais sérieuse, où ce n’est pas tant la place de la femme qui est visée, mais bien la liberté. La liberté dont les femmes seront les premières à être privées…

Malgré les menaces de mort qu’elles peuvent recevoir, certaines n’ont jamais reculées ou cédées et continuent le combat pour le droit des femmes, mais surtout le combat pour la possibilité de choisir…

J’avais un peu peur que la lecture soit compliquée avec l’écriture inclusive, dont je ne suis pas fana. Même si je ne suis pas convertie à l’inclusive, cela ne m’a pas gêné.

L’auteure est une femme qui se bat au quotidien et cela se ressent dans son livre qui oscille entre la biographie et l’essai.

Ce livre a été lu grâce à Babelio et la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

De 2004 à 2014, elle dirige l’Agence de développement des relations interculturelles pour la citoyenneté (ADRIC). Deux guides de l’ADRIC sont parus sous sa direction: Face aux violences et aux discriminations : accompagner les femmes issues des immigrations et Agir pour la laïcité dans un contexte de diversité culturelle. Des idées reçues à une pratique citoyenne. Ces guides ont reçu le label « Année européenne du dialogue interculturel » en 2008. En 2009, elle obtient son doctorat en sociologie à l’Université Paris-Dauphine.

Depuis 2016 à 2019, elle est membre du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Chahla Chafiq publie différents ouvrages pour analyser la dimension totalitaire de l’islamisme en tant qu’idéologisation de l’islam. Elle défend par exemple que la femme voilée constitue la bannière du projet politique islamiste en ce qu’elle symbolise le contrôle sur la liberté de la femme, déclarant « le voile marque le corps comme un lieu de péché ». Elle argumente que la mondialisation crée des terreaux pour le développement de mouvements identitaires néo-conservateurs, qualifiant l’islamisme comme le « plus virulent et spectaculaire ». Elle place la laïcité comme l’unique voie pour développer les droits des femmes.

En 2005, un recueil de ses nouvelles, traduit du persan en français, a été publié chez Métropolis : Chemins et brouillard. En septembre 2015, son premier roman, Demande au miroir, paraît aux éditions L’Âge d’Homme.

Parution : 1er juillet 2018 – Éditeur Iggy Book Collection : IGG.LITTERATUREPrix papier : 17€ – Pages : 394 – Genre : essai, biographie romancée

J’aime sortir de plus en plus de ma zone de confort avec des lectures atypiques. Le fait de me cantonner à ne lire que des thrillers ou polars, j’ai commencé à éprouver une certaine lassitude, non mes lectures, mais dans mes retours ! J’avais la sensation de plus en plus de ne faire que des retours de plus en plus similaires… Afin de ne pas entrer dans une spirale répétitive, j’ai décidé de m’ouvrir ou revenir à d’autres univers que j’apprécie beaucoup.

Lorsque Babelio propose une masse privilège pour « une nuit à Aden », je n’ai pas hésité…

Il suffit d’une phrase pour qu’un bouquin nous attire… La phrase d’accroche résume à elle seule, ce que j’ai toujours pensé…

«Mon père pensait qu’on “naissait musulman” et qu’être musulman était un statut qui dépendait du Tout Puissant uniquement. Et comme pour se soumettre à ses propres certitudes, il s’était convaincu que l’Islam était irréversible en ce qu’il l’emportait sur quelque autre religion ; il était de ceux pour lesquels l’Islam ne se limitait pas au seul culte, entretenant l’idée qu’être musulman préemptait pour ainsi dire tout autre choix de conscience. »

Un livre qui mélange les genres, de manière intelligente. Un essai-géopolitique, doublé d’un essai sur la religion musulmane et pour parfaire l’ensemble, l’auteur mêle une biographie romancée… En fait, il est assez difficile de le classer dans un genre précis, tellement ce bouquin est riche. Comment aborder le monde contemporain avec ses tempêtes lorsque l’on est à la fois palestinien élevé dans une culture chrétienne et américain…

« Musulman, éduqué dans une culture chrétienne a raison des origines grecques de ma mère et de sa religion catholique de rite grec-melkite, golden-boy à Wall-Street et ….play-boy ! « 

A travers ce récit l’auteur dresse un portrait sans concession du monde arabe, mais surtout de l’approche de la religion et l’appropriation qui en est faite. Pour cela, il revient aux sources de l’islam et si on aime l’approche politico-religieuse, c’est captivant. Comment trouver sa place en tant que musulman lorsque le monde est à feu et à sang et que la religion musulmane, religion de paix, de tolérance devient une arme de guerre contre les opposants… Une manière de justifier son appartenance au monde musulman avec une réflexion spirituelle sans concession. Une lecture pour comprendre le Coran au XXIème siècle, mais surtout son poids face à la vie moderne. Comment être musulman, sans se laisser guider par les dictats…

Un roman où la révolte de l’auteur est palpable, notamment lorsqu’il aborde la conscience musulmane et cette absence de réflexion sur son appartenance religieuse.

L’auteur nous parle de son enfance et surtout de cet état de fils de musulman, donc musulman… On est musulman lorsque l’on est de père musulman… Et c’est cet aspect qui donne tout son intérêt au livre.

Un livre qui pourrait en rebuter plus d’un, mais qui s’avère aussi instructif de par la somme de connaissance que l’auteur met à la disposition du lecteur, que plaisant de par la lecture grâce à une magnifique plume. Les phrases sont belles, travaillées, chaque terme est utilisé à bon escient. L’auteur manie les mots avec dextérité, pour le plus grand plaisir du lecteur. Une plume qui mérite elle seule la découverte de ce livre !

L’approche violente de certains versets, perturbe l’auteur et il ne se prive pas de les décortiquer parfois avec ironie, mais toujours avec un regard bienveillant.

Un premier tome qui permet aux non-initiés de découvrir une partie du Coran, à ceux qui le connaissent apporte un regard différent de celui que certains véhiculent, pour ceux qui se sentent musulmans, mais qui cherchent à appliquer ce texte au XXIème siècle, cela apporte des éléments, une confirmation de réflexions déjà sous-jacentes…

Je me suis régalée, grâce à la plume de l’auteur, à son ironie et la somme de connaissances et de réflexions. Une plume généreuse qui se met à la disposition du lecteur.

« … Je me retenais toutefois de penser que l’archange Gabriel eût pu s’attarder sur des tenues vestimentaires ou des effets d’élégance féminine, dans ses révélations au Prophète. N’était-ce même grotesque de concéder à Dieu un thème aussi futile ? Comment pouvait-on croire que Dieu eût pu s’éterniser sur un problème aussi frivole pour jauger la valeur de la vertu de l’homme sur terre. »

Ce livre a été lu grâce à Babelio et la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Diplômé de l’université de Columbia, homme d’affaires, financier et ancien gérant de Hedge fund, l’auteur a longtemps travaillé ou vécu aux Etats-Unis. Arabisant, bon connaisseur du monde arabe de par ses origines, il entend jeter un regard différent, pour un homme pétri de culture arabe, sur la société moderne qui nous entoure. Le goût pour l’écriture ne lui est venu que tardivement. Cela a commencé par des notes et des réflexions d’abord couchées sur les feuilles d’un cahier à ressort, puis un smartphone, lors de ses voyages, le week-end ou entre deux réunions, durant de nombreuses années. Il a alors assemblé toutes ces pages pour créer un essai fictionnel, qu’il a ensuite transformé en un long roman, « Une nuit à Aden ».

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Parution : 1er décembre 2018 – Editions de la Lanterne – Prix papier : 13€ – Pages : 76 – Genre : pièce de théâtre

Il n’y a pas besoin de faire de longs discours pour évoquer un sujet sensible. A travers ces quelques lignes, l’auteur aborde un sujet contemporain qui parlera à chacun d’entre nous.

La couverture met de suite dans l’ambiance, on sait que nous sommes gavés de médicaments… Mais encore faut-il, parfois, ne pas être complètement pris dans l’engrenage de cette médication à outrance. Rien n’est simple…

A travers cette pièce de théâtre, l’auteur dénonce la sur-médicalisation mais surtout la prescription à outrance de médicaments sensés aider à se sentir mieux. La France est la championne de l’anti dépresseur, de la prescription à outrance. Cela vient-il des patients ? Des médecins ? Ou des groupes pharmaceutiques, qui ne voient que le profit à travers le marché du mal de vivre.

Sous ses airs de fiction d’anticipation, cette pièce, pose un diagnostique sur l’influence des industriels.

Les Français consomment en moyenne 48 boîtes de médicaments par an. Toute notre vie est médicalisée, jusqu’à nos émotions les plus profondes.

L’auteur ne cherche pas à faire du sensationnel, bien au contraire, le but est d’éveiller nos consciences, nous pousser à prendre du recul dans cette auto-destruction. Pour autant, certains aspects sont un plaidoyer contre notre système de santé et je dois dire, que même si certains éléments me parlent, concernant l’auto-médication, à vouloir trop bien montrer le négatif, un côté moralisateur vient se greffer entre les lignes.

Sans apporter une réponse, ni modifier totalement, les habitudes, le but de l’auteur est honorable et les malades sont bien (malheureusement) manipulés, au détriment de leur bien-être. A qui cela profite-t-il ?…

Ce livre a été lu grâce à Babelio et la maison d’édition.

Lindsay Barralon est metteuse en scène et comédienne de la Compagnie lyonnaise « Mange et Tais-toi ». Profit sur ordonnance est sa première pièce ; elle a été sélectionnée dans le cadre d’un appel à auteur (Pièces en construction, Théâtre le Fou) en 2017, et jouée depuis dans les théâtres de Lyon.

Parution : 22 août 2018 – Édition JC Lattès : 19,00€ – Pages : 256 – Genre : autobiographie

«Tous les hommes désirent naturellement savoir.» C’est par ces célèbres mots que commence la Métaphysique d’Aristote. C’est aussi cette célèbre citation qui donne son titre au 15ème roman de Nina Bouraoui, qui à travers ces lignes, livre son enfance, son histoire familiale entre l’Algérie et la France.

L’auteur se plonge dans ses errances et nous emmène avec elle à travers sa honte, sa culpabilité d’être une femme différente. Une femme qui découvre son homosexualité. Une femme à la recherche de ses désirs et de ses amours. Mais surtout une femme qui cherche à se faire aimer.

Une quête de soi, en parallèle d’une quête identitaire, entre l’Algérie de son enfance et la France de ses années étudiantes. C’est avec la violence née en Algérie que sa honte fait surface et devient viscérale au point qu’elle cherche à s’effacer, à s’engloutir dans ses conquêtes, dans ses errances.

Des errances qui la mènent, peu à peu, à l’acceptation de ses différences.

Fille d’un couple mixte, elle grandit dans l’amour familiale mais elle se sent étrangère entre ses deux pays, mais aussi étrangère au sein de ses propres désirs.

Elle couche les mots pour raconter sa haine d’elle-même, sa haine de ses désirs homosexuels. Elle est tour à tour homosexuelle et homophobe, tiraillée entre ses désirs et son éducation. Grandir dans un pays musulmans laisse des traces, elle devient schizophrène à force de se perdre dans ses choix, ses idées et ses désirs.

Comment trouver sa place, à la fois dans son esprit et dans son quotidien ? Nina Bouraoui exprime avec brio ce tiraillement entre l’éducation et les désirs et enfin l’acceptation de soi.

Un livre qui raconte, comme une histoire, racontée à haute voix et même si cela semble parfois décousu,cette manière de se livrer fait que le lecteur s’immerge dans ses souvenirs.

J’ai grandi en Tunisie et par beaucoup d’aspects, je me suis retrouvée dans ce que raconte l’auteur. La place de le femme, ses désirs, les rejets, mais surtout dans l’opposition que l’on ressent entre éducation et aspirations profondes.

L’auteur se livre et nous parle du déracinement, de son enfance et de sa quête identitaire.

Je ne suis pas fan d’autobiographie et je dois dire que lorsque j’ai sollicité le livre sur NetGalley je n’avais pas compris que cela en serait une. Pour autant, je ne regrette pas cette lecture, qui même si elle m’a déstabilisé par sa construction, a été agréable à lire.

Ce livre a été lu grâce à NetGalley et la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Née d’un père algérien et d’une mère bretonne, elle passe les quatorze premières années de sa vie à Alger avec sa sœur. C’est lors d’un été en Bretagne, dans sa famille maternelle, en 1981, qu’elle apprendra la décision de ses parents de ne pas retourner en Algérie, ses parents craignant le début de violence dans le pays. Elle va vivre cette période comme un drame, car elle ne peut faire d’adieux ni récupérer de souvenirs de sa vie d’avant.
Elle vivra son adolescence successivement à Paris, Zurich et Abou Dabi, puis revient à Paris après son baccalauréat pour étudier la philosophie et le droit.
C’est grâce à l’envoi de son manuscrit par la poste, qu’est publié son premier roman « La voyeuse interdite » (Gallimard) en 1991, qui connaîtra un succès international et recevra le prix du Livre Inter.
Ses œuvres, largement autobiographiques, font régulièrement l’actualité. Dans ses romans, elle écrit sur l’amour, l’homosexualité, l’identité et ses troubles ainsi que sur son enfance algérienne dont elle conserve la nostalgie.

 

 

Parution : 30 janvier 2019 – Editions JC Lattès Prix papier : 18€ – Pages : 288 – Genre : Feel good – Humour

Quel plaisir de retrouver David Zaoui ! J’avais eu l’occasion de lire son premier opus «je suis un tueur humaniste» dont j’avais beaucoup apprécié, non seulement le sujet, mais surtout la plume.

« Sois toi-même, tous les autres sont déjà pris » petit dérivé de la citation d’Oscar Wilde, mais surtout leitmotive d’un personnage attachante et modèle du héros principal de ce bouquin.

Le côté déjanté de l’intrigue met en valeur la réalité et les envies profondes. Chaque lecteur pourra y trouver son bonheur, ses réponses. La ligne directrice, comme un mantra tout au long des pages, être heureux malgré tout… Prendre le bon côté des choses, même dans ce qu’elles peuvent avoir de plus polluant.

C’est surtout de cela, que David Zaoui tente de nous parler à travers Alfredo, dont le seul rêve est de peindre « l’inconscient des animaux à travers leurs rêves » : celui des ours bipolaires et des crabes kleptomanes, entre autres… Non mais où a-t-il été cherché l’idée !? Alfredo hein pas l’auteur… (Quoi que…) Mais il est rattrapé par un quotidien, une réalité qu’il n’a pas envie de voir ! Lui, il veut peindre, il ne veut ni être déménageur, ni vendeur de Kebabs, et il ne veut surtout pas accepter les jobs que son conseiller Pôle Emploi l’oblige à prendre, s’il veut continuer à percevoir ses indemnités…

Il y a en toile de fond une étude sociétale sur l’obligation de trouver un job alimentaire, en zappant l’aspect primordial, l’épanouissement personnel.

C’est justement ce qu’Alfredo veut, être épanoui et faire ce qu’il aime faire. Mais n’est-ce pas le désir de chacun d’entre nous ?

Le changement entre les deux livres de David Zaoui, peut sembler radical, mais lorsque l’on découvre son second opus, on s’aperçoit qu’il aime jouer avec le lecteur, il aime pointer le ridicule des situations, même dans ce qu’elles ont de plus sombre (je suis un tueur humaniste.) pour les mettre en valeur et faire sourire son lecteur. Comme s’il s’était donné pour mission à travers sa plume, de faire du bien à ses lecteurs.

Certains passages sont jubilatoires, tellement ils sont improbables, et d’autres tellement farfelus, notamment les courriers à son conseiller pôle emploi, que l’on en redemande. Les personnages sont d’un tel naturel, que l’on a du mal à ne pas les apprécier. Chacun avec sa personnalité apporte une pierre à l’histoire et la rend encore plus belle.

Une lecture drôle, on sent que l’auteur se fait plaisir et le plaisir est communicatif. Une lecture qui nous rappel à quel point la vie est parsemée de petits coups de pouce qu’on ne sait pas toujours voir, tellement nous sommes conditionnés par un quotidien où nous portons un masque, pour nous fondre dans la masse. Cette masse qui nous happe et nous recrache quand les choix et les envies sont différents…

David Zaoui, concocte un petit bonbon savoureux qui se déguste avec plaisir, parsemé d’humour, mais toujours en nous ramenant à une palette de joies. Les joies, grandes ou petites qui nous font du bien et qui nous font avancer dans la grisaille du quotidien.

Pas de leçons de morale à deux sous, qui m’auraient de toutes les façons fait fuir, mais une très jolie histoire dans laquelle l’auteur nous dit, sans te le faire directement, que la vie est belle et qu’il faut toujours croire en ses rêves.

Une lecture que je vous invite à faire dès le 30 janvier, afin de vous apporter du rire et de la joie en ce début d’année 2019.

Ce livre a été lu, dans le cadre d’un partenariat avec la maison d’édition.

David ZAOUI est né en 1977 en banlieue parisienne. Il a travaillé comme réalisateur et producteur dans le cinéma pendant plusieurs années, notamment aux États-Unis. Il a suivi les cours Florent pendant 4 ans où il a découvert la mise en scène. Lauréat du Festival du premier roman de Chambéry, il se consacre aujourd’hui à l’écriture.

 

 

Parution : 30 août 2018 – Editions Les EscalesPrix papier : 21,90€ – Prix Numérique : 15,99€ – Pages : 408 – Genre : thriller psychologique – fantastique

Une lecture qui nous plonge, à la fois dans une biographie et un conte. Un conte des temps modernes avec une plume chantante, déstabilisante. Une intrigue qui court sur plusieurs décennies pour nous raconter la dérive humaine. Mais cette dérive a le goût des mille et une nuit. Imaginez-vous devant un bon feu avec un auteur qui vous raconte une histoire. Rabih Alameddine, est un conteur.

Le temps d’une nuit, dans la salle d’attente d’un hôpital psychiatrique, Jacob, poète d’origine yéménite, revient sur les événements qui ont marqués son enfance dans un bordel égyptien, son adolescence sous l’égide d’un père fortuné, puis sa vie d’adulte homosexuel à San Francisco dans les années 1980, point culminant de l’épidémie du sida.

On s’imagine lire une énième biographie, mais c’est là où le talent de l’auteur nous entraîne, dans un conte fantastique. En effet, Jacob n’est pas seul : Satan et la Mort se livrent un duel et se disputent son âme, l’un le forçant à se remémorer son passé douloureux, l’autre le poussant à oublier et à renoncer à la vie.

Le plume est d’une rare érudition et je dois dire que cela fait du bien, j’ai eu l’impression de relire un des auteurs classiques que j’ai pu affectionner. Alors oui, c’est beau, c’est même poétique, mais je me suis parfois ennuyée. Le mélange entre saga familiale, biographie, plume poétique, ironie, a parfois eu du mal à trouver grâce à mes yeux. Alors que les éléments pris un par un étaient d’une grande saveur.
Les chapitres s’alternent entre souvenirs de Jacob, discussions entre la mort et le diable et le présent dans la salle des urgences de l’hôpital.

L’auteur décrit avec justesse, la communauté homosexuelle de San Francisco ravagée par le sida pendant les années 80. Jacob, révèle une personnalité meurtrie par la mort, de ses amis et de l’amour de sa vie, emportés par la maladie. L’impossible oublie, qui permet d’accepter la mort. L’oublie qui permet d’apporter la paix à Jacob lui est refusé par Satan, qui se dispute avec la Mort qui ne souhaite que le soulager. Enfin le soulager surtout pour avoir son âme. Chacun se disputant cette âme meurtrie, que la vie a meurtrie.

D’une certaine manière, l’auteur tente un éclairage sur les désillusions que nous rencontrons, oblige son lecteur à une certaine introspection, à se demander comment lui a fait face à ses monstres.

Un roman ambitieux, original, qu’il n’est pas aisé d’aborder. Malgré une lecture chaotique, je garde un sentiment agréable dans son ensemble, mais avec des passages à vide où je suis restée à la périphérie de ce conte moderne.

Ce livre a été validé par la maison d’édition via NetGalley

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Né en Jordanie de parents libanais, il a grandi au Koweït et au Liban puis a étudié en Angleterre et aux États-Unis. Il est titulaire d’un diplôme d’ingénieur à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) et d’un Master of Business à San Francisco. Il a travaillé en tant qu’ingénieur avant de se consacrer à l’écriture et à la peinture. Il est auteur d’un recueil de nouvelles ainsi que de quatre romans: « Koolaids » (1998), « I, the Divine » (2001), « Hakawati » (2008) et « An Unnecessary Woman » (2014) (Les vies de papier), qui a obtenu le California Book Awards Gold Medal Fiction en 2014. En 2016, il obtient le prix Femina étranger pour « Les vies de papier ». Il partage son temps entre San Francisco et Beyrouth.