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Coupable(s) de Samuel sutra

 

 

 

 

Parution : 5 mars 2018 – Éditeur : Flamant NoirCollection : FLN.POLARS.THR. – Prix papier : 19,50€ – Prix Numérique : 5,99€ – Pages : 248 – Genre : Polar-Thriller-psychologique

Samuel Sutra confirme qu’il a plusieurs cordes à son arc littéraire, il manie aussi bien le genre caustique, drôle, cynique que le drame avec ce thriller-psychologique de grande qualité.

Un drame humain sert de toile de fond à cette intrigue, mettant l’accent aussi bien sur ces meurtres commis sur Paris que sur ce tremblement de terre à Haïti en 2010. Un tremblement qui a fait plus de 200 000 morts et autant de blessés…

Un sujet terrible, non seulement par l’ampleur de cette catastrophe, mais surtout parce que l’auteur nous parle de ces personnes avides et sans scrupules, dont la seule cause digne d’intérêt est la possibilité de s’enrichir, grâce à des projets immobiliers tous aussi bidons les uns que les autres. Sous couvert d’humanisme avec la présentation de cahiers des charges détaillant les besoins en matériaux pour la reconstruction, dans des normes antisismiques, les entrepreneurs véreux ont arrosé les personnes bien placées pour gagner les marchés publics et ainsi construire les logements d’un grand nombre de haïtiens, en cartons pâtes, les exposant encore plus à la misère.

L’enquête policière sert de révélateur à l’auteur pour parler des combines dignes de « salopards » pour se faire du fric sur la misère et la douleur des autres. Le tremblement de terre n’a fait qu’attiser l’appât du gain des rapaces. Ils sont tout aussi coupables que ce meurtrier qui court les rues.

L’auteur ne prend pas de pincette pour nous décrire les différents meurtres et fait monter la pression en distillant les informations au compte goutte, jusqu’à ce que nous soyons prêt, au même titre que l’équipe d’enquêteurs, à découvrir l’horreur dans toute sa splendeur…

Samuel Sutra ne se contente pas d’une simple enquête, puisque l’aspect psychologique est très présent également, avec des personnages décortiqués et bien campés affrontant des crimes, tous aussi horribles les uns que les autres, donnant une noirceur à la hauteur de celle dont est capable l’être humain… 250 pages que l’on dévore et dont on imagine le final… Mais l’auteur brouille les pistes et nous entraîne sur une autre, dont on ne soupçonne pas la possibilité tellement cela semble incroyable.

La citation « l’homme est un loup pour l’homme » de Thomas Hobbes, philosophe politique du 17ème siècle, n’a jamais été aussi véridique avec ce coupable de meurtres et ces coupables de génocides organisés afin de s’en mettre plein les poches.

Un roman noir, d’une réalité sombre, avec Haïti en toile de fond, cet opus de Samuel Sutra est une vraie claque, tant de par sa noirceur que par les faits avancés et réels. On ne ressort pas indemne de cette lecture, tellement la crasse humaine nous colle à la peau.

Spéciale dédicace à cette magnifique couverture, accusatrice et évocatrice des douleurs contenues dans ce livre.

Je remercie chaleureusement Flamant Noir à travers NetGalley pour cette lecture.

Après des études en Histoire de l’Art, il a obtenu une maîtrise de philosophie à l’Université Paris-Sorbonne (Paris-IV).
Son roman policier, « Le pire du milieu (Tonton et ses chinoiseries) » (2011) est le premier tome d’une longue série.
Samuel Sutra a été publié par les éditions Terriciae, puis Sirius, et aujourd’hui par les éditions Flamant Noir lesquelles, après avoir publié « Le Bazar et la Nécessité (Tonton sème le doute) » (2014), ont racheté les droits de ses précédents livres, notamment sa série « Tonton ».
« Kind of black » (2013), hommage du musicien de jazz, a obtenu le prix du Balai d’Or 2014.
Il fait également de la musique, du piano, du violon depuis plus de trente ans.
Père de trois enfants, il habite en Charente-Maritime.
Son site

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Parution : 27 janvier 2017 – Auto-édition – Prix Numérique : 4,99€ – Prix papier :  14,90€ –  Pages : 160

Fanny N. adore les bébés. En avoir un à elle, c’est le rêve de sa vie. Quand elle les regarde, au parc, dans leurs poussettes, avec leurs mamans, l’envie monte, monte… et peut-être aussi la jalousie. Car Fanny N. a 33 ans, mesure 1,59 m, pèse 100 kilos, et vit encore chez sa mère, qui l’infantilise totalement. Il faut dire que Fanny N. n’est pas tout à fait comme la majorité des jeunes femmes de son âge, avec son corps dévasté par des monstres et sa simplicité d’esprit proche de celle des petits dont elle s’occupe à la crèche. Alors les prétendants au titre de père ne se bousculent pas au portillon.

« Avant de savoir que je ne serai jamais quelqu’un d’autre que moi, il a fallu que je vive tout ça. »

Que faire, dans ces conditions ? Que faire de cette tendresse qui la dévore au fil du temps ? Que faire de ces désirs frustrés, de cette douleur insupportable ? Que faire, lorsque l’envie devient obsession ? Barricadée derrière ses éclairs de lucidité, d’humour et d’autodérision, Fanny N. pourra-t-elle tenir encore longtemps ou finira-t-elle par exploser comme une bombe à retardement ?

Un livre court, mais tellement intense ! Fanny N. est attachante et déstabilise le lecteur car elle s’adresse à lui… Et parfois parle d’elle-même pour se détacher et sa schizophrénie est exploitée par l’auteur avec une réalité déroutante et brio.

Fanny ne laisse pas indifférente… Fanny nous embarque dans sa folie, tour à tour on la déteste, on l’aime, on a de la compassion pour elle… Elle est tellement vivante… Emmurée dans sa folie…

Fanny N. m’a foutu une sacrée claque, car «Fanny N. est enragée en dedans. Mais en dehors elle est douce comme une image.»

OK Fanny est schizophrène, mais la vie n’a pas été tendre avec elle

« Elle m’a prise dans ses bras pour me consoler. Ça m’a dégoûté de sentir son ventre chaud et ses seins. Mais je me suis laissée faire. Elle me berce quelquefois comme ça. Elle défait ses fringues et elle me fait sucer ses seins, comme si j’étais un bébé qui tète….. Je sais que ma mère est folle.. »

C’est une histoire dure, crue (viol, inceste) à laquelle Alice Quinn donne vie. Il faut une sacrée dose de talent pour se mettre dans la peau d’un tel personnage, le mettre au monde, le faire grandir mais avec tellement d’amour, que cela se sent entre chaque mot. La vie de Fanny est glauque, froide, horrible…

L’auteur donne vie à un monstre, mais démontre qu’il y a un cœur qui bat en lui ! Un monstre rendu humain grâce à une très belle plume et grâce au talent d’un écrivain. Il est très difficile, parfois de lire certains passages, tellement l’horreur est présente, palpable jusqu’à la toute fin.

Avec Fanny N. vous ne sortirez pas indemne ! Il faut quelques jours pour se remettre de cette lecture. Une héroïne, qui n’a rien pour l’aider dans la vie, qui tente de survivre…

Fanny. N qui clame désespérément son droit au bonheur, en dépit de sa « différence ».

« Ça fait du bien de pleurer. Il y a des antidépresseurs dans les larmes. »

Un roman court, passionnant avec une histoire noire, qui vous colle à la peau, même quand vous le refermez, un roman que vous ne pourrez pas oublier tellement il remue les tripes.

J’ai du mal à croire que cet auteur puisse présenter un personnage aussi sombre que Fanny, alors que les autres titres laissent présager beaucoup d’humour. Elle me fait penser à un comédien de grand talent qui peut changer de peau et être plusieurs personnages… En laissant parler les démons de chacun de ses rôles…

Bienvenue !

https://www.facebook.com/alice.quinn2013

Challenge ABC 2017 auto-édition

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Challenge polar 2017-2018 – ABC 2017 _ Policier / Thriller

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Aby (n’y descendez jamais) de Fabrice Liegeois

 

 

 

Parution : 7 septembre 2016 – Auto-édition – Prix Numérique 3€94 – Pages : 492

Je suis partie à la rencontre d’Aby, malgré l’avertissement de l’auteur et je ne sais pas si je remonterais un jour…. N’y descendez jamais est une mise en garde…. Mais je n’en fais qu’à ma tête de toute façon… Et je vous invite à descendre à la rencontre de l’histoire d’Aby… Aby qui nous embarque sur soixante-dix ans, de la petite fille noire au cœur de la Louisiane jusqu’à New York dans le quartier de Harlem…

Il est difficile de classer ce livre dans un style particulier car on passe tour à tour de l’horreur au thriller avec en toile de fond une histoire prégnante et ancrée dans l’âme des personnages !

L’auteur nous plonge dans des évènements qui prennent sens dans l’esclavagisme, la ségrégation et comment les noirs américains ont su ou pu se sortir du diktat du blanc….

Mais attention ce n’est pas là l’histoire telle que nous la connaissons…. non l’auteur nous embarque dans les croyances de la Louisiane profonde, dans les croyances en des Dieux qui nous sont étrangers et qui ont une représentation dans notre monde bien différente de ce que nous connaissons… des Dieux bons ou mauvais qui habitent ces hommes et ces femmes imprégnés par ce qui pour nous est du folklore! Sauf que l’auteur, arrive avec talent à faire douter son lecteur sur sa capacité à comprendre ou du moins essayer de comprendre … Aby sera l’instrument de ces Dieux… et  va suivre sa route et imprégner tous les personnages sur plusieurs décennies … ne vous fiez pas à la fragilité d’Aby… C’est la force et le bras armé … après avoir été victime elle va devenir cette protectrice que l’on respecte et craint au point de devenir tyrannique ? Dans l’horreur elle sera juste et animée de bienveillance!

Aby, n’est que bienveillance ! Pourtant, on se demande parfois, si la folie ne l’a pas prise dans ses filets …. tout est recommencement…

Si on décortique et balaie le « superflus », l’auteur, démontre que les choix de vie se répètent d’une génération à l’autre… parfois malgré toute notre volonté, tout recommence…

Si l’on veut s’affranchir du malheur qui se répète, des actes qui se répètent, il faut casser ce cercle ! Ce cercle familial malsain qui freine et éloigne du bonheur… Malgré toute la bonne volonté, il est difficile de s’affranchir d’une histoire familiale et pour avancer il faut s’en libérer ! Aby et les siens vivrons des décennies, emprisonnés par les choix de vie, par la haine, par des croyances qui poussent à la folie… Mais l’espoir est là… et peut être que le cercle sera rompu….

L’histoire de Harlem et de son isolement qui n’aura trouvé de refuge que dans une autre horreur que celle des gangs… Harlem qu’on s’étonne de découvrir à la fois horrible, troublante et meurtrie…

Le Mal est présent à chaque page, et comme un rouleau compresseur emporte tout sur son passage… Même le Bien ne peut rien faire …

«Combien de fois ai-je été le témoin, et l’objet de ces regards qui se détournent au lieu de dire? Au lieu de de se porter au secours de l’autre, ne serait-ce que pour changer le cours d’une vie?»

N’y descendez jamais est bien véridique, dans tous les sens du terme…. Aby veille…Aby surveille, les siens, son quartier d’Harlem qu’elle domine avec autorité et amour… La folie est parfois à son paroxysme, au point que le lecteur se sent défaillir pour entrer en transe au rythme des incantations d’Aby…

La violence est présente tout le long de la lecture…Toutes les formes de violences et cela fait écho aux violences faites aux femmes qui meurent sous les coups ! Mais surtout à cette violence dont les enfants sont victimes… à cette violence que certains subissent et font subir parfois, malgré eux… car tout est répétition…la violence se transmet comme un héritage familial…

Ce livre n’entre dans aucune case d’un genre bien défini mais balaie plusieurs genres à la fois… il faut savoir lire entre les lignes pour comprendre ce que L’auteur a voulu raconter…

Je reste dubitative face à certains lecteurs qui disent que ce livre n’a aucun sens, qu’il est mal écrit au bout de 40 pages et de le refermer. On peut ne pas aimer, mais encore faut-il aller plus loin….

C’est un livre dense avec de multiples informations, une écriture qui peut sembler parfois difficile comprendre, mais c’est une plume recherchée, travaillée, parfois un brin poétique ! L’auteur aime les mots, aime les poser et les façonner et ça se sent.

Cette plume descriptive et chantante accompagne le lecteur les 2/3 du livre pour se retrouver plus incisive et directe au dernier tiers. Dernier tiers qui sera le dénouement d’une vie… La fin ou le commencent… À vous de le découvrir….

Deux ans après sa sortie, 13 sélections à des prix littéraires et un prix remporté… Bonne route ABY…

Challenge ABC 2017 auto-édition

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Challenge polar 2017-2018

 

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