Archives pour la catégorie Thrillers/polars

L’Empathie de Antoine Renand

Parution : 17 janvier 2019 – Editeur : Robert Laffont Collection : La Bête noirePrix papier : 20€ – Prix Numérique : 13,99€ – Pages : 464 – Genre : Polar-Thriller-Thriller psychologique

J’ai tendance à me méfier du battage médiatique autour d’un livre, mais j’ai aussi tendance à faire confiance au responsable de la collection, lorsqu’il dit l’avoir lu en une nuit !

Ce qui donne envie de découvrir un livre, c’est un ressenti, un tout qui fait qu’on est attiré par celui-ci, à ce moment précis. En général, je lis en décalé, pour laisser retomber la pression des différents retours. Je me méfie aussi des phrases toutes faites, qui parfois desservent le livre, plus qu’autre chose.

Mais là, j’ai d’emblée été intrigué ! Pourquoi ce titre ?

On comprend vite que l’empathie est le nœud de cette histoire peu banale que l’auteur nous sert…

Faire partie de la brigade du viol demande une sacré dose de courage et surtout, il faut avoir cette capacité à se mettre à la place de l’autre, sans jamais tomber dans le misérabilisme ou de cette identification à la victime. Savoir garder cette distance salvatrice, c’est un combat de tous les jours, de tous les instants, pour être efficace.

L’auteur a su rendre ces aspects visuels, en donnant à son duo d’enquêteurs, tous les traits qui doivent les caractériser. Mais pour traquer le monstre qui agit à la barbe de tous, se faufile par les fenêtres et dont les crimes vont en s’accentuant, il va leur falloir déterrer leurs propres cadavres et traquer le monstre qui est en eux…

Un duo qui traque ces monstres pour guérir de leurs monstres… Comme si pour comprendre, il fallait avoir vécu des évènements dramatiques…

Un peu comme un épisode de New York Unité Spéciale qui se met en place, le lecteur est immergé dans l’intrigue pour assister avec effroi à la naissance d’un monstre avec le passage de la chrysalide à la métamorphose complète. De voyeur à violeur… Il n’y a parfois qu’un pas…

« Il resta plus d’une heure debout, immobile, face au lit du couple. Il toisait la jeune femme qui dormait nue, sa hanche découverte. Puis il examina l’homme à ses côtés. Sa grande idée lui vint ici, comme une évidence ; comme les pièces d’un puzzle qu’il avait sous les yeux depuis des années et qu’il parvenait enfin à assembler. On en parlerait. Une apothéose. »

L’enquête va crescendo, pour atteindre son point culminant et faire basculer l’intrigue, dans une autre dimension.

D’une « banale » enquête policière, l’auteur nous entraîne dans un thriller psychologique, à la finesse et aux descriptions ahurissantes. Il ne prend pas de gants pour décrire l’horreur dans toute sa « splendeur ». On passe par tous les stades, de la tristesse, de l’empathie à l’incompréhension, à la rage, tout en gardant en tête que tout se joue enfant… Alors oui, on dit souvent que l’on ne naît pas violeur ou tueur et fort heureusement, mais l’enfance est le point d’ancrage de notre futur moi adulte. Et là, l’auteur arrive à le décrire tellement bien, à l’exprimer avec des mots justes à travers les voix de ses personnages, que cela en est déroutant…

J’ai vraiment apprécié le traitement psychologique des différents protagonistes, qui se révèlent tous victimes… Victimes du système sociale, du système judiciaire… Au point, parfois, d’avoir envie de faire sa propre justice.

Il y a une soif de vivre, une soif de justice, très prégnante entre chaque ligne, avec pour fil conducteur cette empathie, dont l’auteur parle si bien. Cette empathie que l’auteur nous pousse à avoir, nous pousse à vivre. Des personnages torturés, tordus, mais dont l’humanité est exacerbée.

Un livre qui se révèle être plus qu’un simple thriller, c’est aussi un thriller sociétal, qui pose des questions sur l’appareil judiciaire en France, sur la justice des hommes, mais surtout, sur la place de victime d’abus sexuels et le traitement que l’on en fait, nous simples mortels…

Une construction telle que plusieurs intrigues s’imbriquent les unes dans les autres pour n’en former qu’une, comme ces poupées russes dont on admire le travail, ici le lecteur admire la singularité de l’intrigue et son traitement, menée par la plume d’un grand auteur en devenir qui, pour un premier livre, m’a foutu une sacrée claque.

Ce livre a été lu, dans le cadre d’un partenariat avec la maison d’édition.

Antoine Renand a écrit et mis en scène des courts-métrages, primés en festivals et diffusés à la télévision.  Il est l’auteur de plusieurs scénarios de longs-métrages en cours de production. « L’Empathie » (2019) est son premier roman.

Publicités

Le Passage de Justin Cronin

Parution : 11 mars 2001 – Édition poche : 11,80€ – Édition Robert Laffont : 23,50€ – Pages : 1265 – Genre : dystopie – fantastique – virus – post-apocalyptique – anticipation

J’ai lu ce livre en mars 2015, mais j’ai tellement aimé ce bouquin, que j’ai très envie que vous découvriez mon avis. Plusieurs années après, je peux dire que c’est un coup de coeur ! J’en garde un souvenir vivace, même des années après.

Attirée par la couverture et le titre, je me suis retrouvée avec ce livre en mains et à la vue des 1265 pages j’ai hésité à l’acheter en me disant que ce serait peut-être long et fastidieux et par conséquent décevant.
Étant fan de romans futuristes et apocalyptiques, je ne pouvais pas passer à côté.

Ce livre est tout simplement grandiose. Il y a dix livres dans ce livre, dix styles de narration différents, on a peur pour les personnages, on craint de tourner la page, c’est terriblement humain, on y croit dur comme fer.

Les personnages ont une humanité à fleur de peau et leurs destins entrecroisés dans le temps renforcent les liens que se tissent.

J’ai été complètement happée par ce bouquin, plus moyen de lâcher cette intrigue. L’auteur a une plume très visuelle et nous embarque dans son univers.

Un univers construit de main de maître avec une très belle plume, qui tient en haleine du début à la fin.

L’auteur arrive à faire naître des émotions diverses et variées, passant par l’empathie, la tristesse au dégoût et la peur la plus effroyable. On ne sait jamais à quoi on va s’attendre et le titre n’est même pas indicateur de ce que l’on s’apprête à y découvrir…

Dans une première partie, on semble assister à un roman d’espionnage mêlé de drame et de science-fiction. Une première chute brutale et on se retrouve propulsé dans un futur aux allures moyenâgeuses dont la narration tire, il faut l’admettre, un petit peu en longueur au début, avec beaucoup de personnages dont les liens sont initialement fastidieux à mémoriser. L’action repart ensuite de plus belle avec la recherche des origines d’Amy, adolescente centenaire, en ces terres où pullulent des mutants sanguinaires.

La mystérieuse Amy ; qui est-elle ? Le personnage central, celle par qui, tout a (indépendamment de sa volonté) commencé et qui fera office de « messie » !

Malgré les 1265 pages, j’étais pressée d’arriver au bout pour en découvrir le dénouement !

J’ai parfois eu du mal à trouver le sommeil tant l’atmosphère était angoissante. Certains passages sont insoutenables et pourtant l’auteur nous laisse toujours un espoir et nous pousse à continuer notre lecture.
Pas mal de thèmes abordés, sont d’actualité, partiellement ou en totalité, même si l’auteur ne les aborde pas ouvertement, on se pose beaucoup de questions sur notre présent et la manière dont certaines choses sont gérées…

La fin m’a laissé sans voix …

Je n’ai qu’une chose à vous dire, foncez acheter ce livre, surtout si vous aimez les catastrophes, le  post-apocalyptique et les expériences médicales…

 

 

Romancier américain de science-fiction et d’horreur. Il a étudié à l’Université d’Harvard et à Iowa Writers’ Workshop. Il débute sa carrière d’écrivain avec « Huit saisons » (Mary and O’Neil, 2001), un recueil de huit nouvelles sur l’histoire d’une famille. Le succès est au rendez-vous et le jeune écrivain est fait lauréat du prix Pen-Hemingway.
Justin Cronin revient avec l’ouvrage « Quand revient l’été » (The Summer Guest, 2004), qui raconte le malheur d’une famille brisée par la Seconde Guerre mondiale et par celle du Vietnam.
« Le Passage » (The Passage), premier roman de la trilogie du même nom, est sorti au mois de juin 2010 et a fait l’objet de nombreuses critiques favorables. Les droits cinématographiques aurait été achetés par Fox 2000.
La suite, « Les douze » (The Twelve), est publié en 2012, suivi de « La Cité des miroirs » (The City of Mirrors) en 2016. Il vit avec sa femme et ses enfants à Houston au Texas où il enseigne l’anglais à l’Université Rice.

Sombrent les âmes de Vanaly nomain

Parution : 30 août 2018 – Autoédition – Prix papier : 11,98€ – Pages : 208 – Genre : thriller initiatique

Les retours, élogieux, trop élogieux, qui foisonnent sur les réseaux sociaux, me font de plus en plus prendre mes distances avec certaines lectures.J’ai une sensation de copinage exacerbé qui me hérisse et me donne envie de m’affranchir de plus en plus des dictats de certains lecteurs. Ces derniers mois, j’ai vu fleurir un rejet, d’une rare violence verbale, des retours mitigés ou négatifs, qui n’allaient pas dans le sens des lecteurs… Ou de l’auteur lui-même…

Bref, tout ça pour vous dire, qu’afin d’éviter d’être taxée de « copinage » avec l’auteur, je préfère, laisser passer quelques mois, avant de me faire mon avis.

Je ne vais pas vous mentir en disant que j’attendais impatiemment de lire le second opus de Vanaly Nomain, même si j’avais apprécié son premier livre «Emulsion : Au-delà du visible ».

En effet, entre les retours élogieux et la sensation d’un livre identique au premier, la quatrième de couverture, qui fait penser à une lecture philosophique, parsemée de morales, je n’étais pas pressée…

Pour les retours, je vous laisse juges, pour le livre, je peux vous en parler… Il est très différent du premier, donc un ouf de soulagement, de ce côté-là…

Sur la route de sa vie, Léa rencontre Ugo, SDF hypersensible, que Sophie tente de retrouver…

Ugo, artiste peintre, a le don de voir l’âme des gens, dans ce qu’elle de plus beau ou de plus horrible. Grâce à son coup de fusain, ceux dont il dessine les traits sur la toile, prennent forme. Mais il peut aussi entendre ces âmes qui croisent son chemin. Les voix se font parfois agressives et ne font qu’accentuer ses phobies…

Léa, a grandi en foyer et essaie de ne garder que le positif que la vie veut bien lui accorder. Sophie, désespère de retrouver Ugo. En tant que Psy, elle sent qu’elle n’a pas été au bout de son travail avec lui. Grâce à elle, l’intrigue, va en partie se révéler et permettre au lecteur d’appréhender l’histoire sous un angle intéressant.

L’auteur s’affranchit de son premier livre, tant au niveau de l’intrigue, totalement différente de son premier, qu’au niveau de l’écriture, que j’ai trouvé moins emprunte de spiritualité ou de philosophie de vie.

Pour le coup, ici, il y a un thriller qui sommeille dans « sombrent les âmes » et j’ai beaucoup apprécié cet aspect.

Une histoire très agréable, avec une galerie de personnages travaillés, une plume simple, subtile et sensible, le tout donnant du corps à une intrigue que l’auteur souhaite rendre lumineuse malgré la noirceur de certaines âmes… Le lecteur est pris facilement par l’histoire qui capte son attention et l’intrigue reste différente de ce que beaucoup d’auteurs servent pour satisfaire ses lecteurs…

Malgré ces points positifs, une pointe de déception n’a cessé de me poursuivre tout le long de ma lecture et qui malheureusement n’a fait que s’attiser au final et je ressors déçue !

L’auteur a tellement voulu peaufiner son écriture, son intrigue, qu’elle en a oublié l’essentiel : l’émotion ! Les mots qui donnent de la puissance au récit !? La plume, malgré qu’elle soit agréable, reste d’une platitude désespérante. Rien de percutant. Cette noirceur des mots, ne m’a pas collé un uppercut, ne m’a pas fait mal au bide ou mal à mon petit cœur.

Un manque de profondeur par moment qui m’a fait lever les yeux au ciel, en me disant : « Mais pourquoi ? »

Pourquoi, l’auteur n’a pas évité les lourdeurs ? Pourquoi, certains passages semblent moins travaillés que d’autres ? Pourquoi on sent comme une urgence vers la fin… Une urgence de terminer cette écriture ?

De manière générale, j’ai été tiraillée tout le long de ma lecture, entre une histoire très intéressante, un manque de punch dans les sentiments, qui restent trop plats et cette sensation que l’auteur hésitait entre être gentille, ou passer à l’étape supérieure et faire mal à son lecteur.

Malheureusement, ce manque d’émotions a quelque peu gâché cette lecture qui m’a fait l’effet d’un électrocardiogramme plat…

Ugo vit dans la rue. Il dessine pour apaiser les voix qui hurlent dans sa tête. Léa vit dans un minuscule appartement. Elle écrit pour repousser les démons du passé. Sophie est psychiatre. Elle cherche Ugo désespérément. Trois âmes meurtries, trois voix torturées qui se croisent, se cherchent et vont tout faire pour ne pas sombrer. Peut-on entendre le bruit de l’âme qui sombre ? Peut-on le déceler lorsque l’appel se transforme en un souffle sourd, lorsqu’il n’est plus que murmure lointain ? Nous trébuchons, souvent. Nous nous effondrons, parfois. Il est erroné de penser que la vie est plus forte que tout, faux de croire que les épreuves nous rendent toujours plus valeureux.
La vie abîme nos rêves et nos espoirs, parfois jusqu’à la moindre parcelle de lumière. Elle dépose des fleurs et des ronces sur notre chemin, au hasard, au détour d’une promenade. Il nous arrive de les effleurer, de les arracher ou de nous y écorcher.

Un dernier mot avant de partir de Cédric Castagné

Parution : 20 juin 2017 – Auto-éditéPrix papier : 9,99€ – Prix Numérique : 3,99€ – Pages : 247 – Genre : thriller-psychologique

Un premier roman, un auteur auto-édité, une couverture intrigante et une quatrième de couverture très intéressante, voilà quelques ingrédients qui m’attirent dans un livre…

Tout au long de cette lecture, on découvre deux hommes… Deux hommes que tout semble opposer… Pourtant, ils vont se rejoindre, pour ne composer qu’une seule intrigue… Une intrigue très intéressante.

Quels liens peuvent bien avoir un père de famille, aimant, bosseur et qui donnerait tout pour sauver sa boite et cet homme, mal dans sa peau, écorché vif, qui ne cherche qu’à être aimé ?

L’auteur dévoile peu à peu sa trame, joue sur deux tableaux et embarque son lecteur, dans une histoire dérangeante, mais beaucoup plus simple qu’il n’y paraît, une fois que le lien est fait.

Pour autant, je n’ai pas réussi à avoir d’empathie pour ces deux hommes… Certainement, un manque de rythme et une histoire trop linéaire, sans réel rebondissement. L’auteur, doit à mon sens travailler plus ses personnages pour leur donner une vraie personnalité.

Un récit assez court, qui n’arrive pas à décoller, alors même que l’histoire est assez surprenante où les époques s’alternent de manière bien travaillée.

Il faut attendre la toute fin, pour que mon intérêt reprenne et là, je dois dire que l’auteur arrive à me reprendre par la main et à me repêcher, alors même que je commençais à me noyer dans ses filets… Le final arrive, quelque peu, à balayer ce qui m’a gêné et pour le coup, heureusement que je me suis accrochée, car j’ai bien failli me noyer…

Le manque de rythme, une intrigue qui tarde à se mettre en place, ne laisse pas le lecteur s’immerger rapidement.

Comme tout premier roman, il est perfectible, gageons que l’auteur a fait évoluer sa plume dans son second livre, que je ne tarderais pas à lire… Car il y a du potentiel.

Ce livre m’a été envoyé par l’auteur en service de presse. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Qui suis-je ?

Passionné de football, il rêvera toute sa jeunesse de faire de ce sport son métier, avant qu’une grave blessure au genou ne l’éloigne des terrains. Il se concentrera alors sur ses études et obtiendra son diplôme d’ingénieur à l’Institut National des Sciences Appliquées de Rouen, en 2004. « Sixième sens », sorti en 1999 et réalisé par M. Night Shyamalan, provoque un déclic dans son esprit. Il se met alors à imaginer des histoires aux dénouements improbables. Par la suite, ce sont les séries américaines, mais également des auteurs comme Dennis Lehane, Harlan Coben ou encore Maxime Chattam qui nourriront son inspiration… jusqu’à ce que le besoin de se lancer finisse par l’emporter.

 

Bird Box de Josh Malerman

Parution : 17 septembre 2014 – Edition Calmann-LevyCollection : littérature étrangère – Prix papier : 20,90€ – Prix Numérique : 7,49€ – Pages : 384 – Genre : thriller post-apocalyptique – fantastique – horreur

Cela fait un moment que je lorgne sur ce livre, mais je n’arrivais jamais à le caser… Et là, Netflix m’a boosté… Il faut parfois peu de choses pour se décider à sortir un livre de ma PAL… Je suis une faible lectrice, fana de cinéma horrifique et si en plus cela semble à la hauteur de mes attentes, je me laisse embarquer…

La seule règle : ne jamais ouvrir les yeux !

L’auteur ne se perd pas en longueur, puisque nous sommes immédiatement plongés dans le chaos ambiant, avec les prémices de cette « pandémie » dont on ne sait absolument rien. Peu à peu, on comprend que des créatures sont présentent. Mais aucune description n’est donnée, certainement pour permettre au lecteur de se les approprier en leur donnant les traits qu’il imagine…

Un seul regard et la folie guette ces hommes et ces femmes, qui doivent apprendre à vivre les yeux fermés ou bandés, au risque de perdre la tête, de se suicider ou de zigouiller tout le monde… Ah, c’est sympa ça ! Juste pour la période de noël, période emplie de douceur et de plaisir…

Les chapitres sont assez courts et alternent entre passé et présent ce qui fait monter la tension peu à peu. L’auteur arrive à nous entraîner dans son récit, savamment dosé. Malgré cette alternance, l’auteur ne perd jamais le fil et maintient la crédibilité et la tension dans son intrigue. La peur côtoie l’angoisse, sans jamais prendre le pas sur elle. J’ai trouvé effectivement qu’elle était beaucoup plus présente que cette peur irrationnelle, qui pourrait saisir chaque personne dans la même situation. L’angoisse est certes palpable, omniprésente. Que ce soit dans les paroles ou les actes des personnages. Des personnages bien construits, même si on se demande pourquoi certains sont là, l’auteur ne leur attribuant qu’un rôle figuratif.

Le trait de génie de l’auteur, c’est de jouer avec nos peurs les plus profondes, les plus irrationnelles. Comment arriver à survivre, sans la vue ? L’angoisse que cela génère et surtout, la peur qui s’installe peu à peu… Pourtant, l’auteur va nous « apprendre » qu’il y a d’autres façons de percevoir les choses… D’autres sens, dont l’être humain est doté, mais qu’il n’exploite pas ou très peu. Ici, on apprend à entendre, à sentir… La moindre vibration fait écho… Le moindre son, prend tout son sens… Le plus petit cliquetis devient la porte de sortie vers la vie sauve.

D’une certaine manière, ce livre s’immisce en nous et nous oblige à percevoir les choses différemment. La survie dépend de sa capacité à admettre que la vue n’est pas le sens le plus aiguisé de l’être humain. Et c’est seulement à partir du moment où notre personnage principal comprend ça, qu’elle peut s’échapper et trouver un ailleurs plus adapté…

Josh Malerman, avec ce premier roman, ne pond pas un énième récit post-apocalyptique, aucun zombie ou autre créature sanguinolente à l’horizon, tout est dans la suggestion… Obligeant le lecteur à faire face à ses propres peurs…

Malgré les qualités indéniables du récit, j’ai été quelque peu déçue de ne pas en apprendre d’avantage sur ces créatures. En effet, aucun scientifique à l’horizon… En fin de compte, ici, les êtres humains sont tous sur un pied d’égalité, celui qui s’en sortira, sera celui qui aura la capacité de garder les yeux fermés et qui ne cherchera pas à comprendre. C’est certainement pour ça que les scientifiques ont clamsé…

La fin laisse présager une suite, mais vue sa date de sortie, j’en doute… Un final trop rapide, trop simple, que j’aurais souhaité plus en adéquation avec le reste du récit…

Originaire de Detroit et habitant désormais à Royal Oak dans le Michigan, Josh Malerman est le chanteur et le parolier du groupe de rock The High Strung. Bird Box est son premier roman.

 

 

L’égarée de Donato Carrisi

Parution : 3 octobre 2018 – Edition Calmann-LevyCollection : suspense crime – Prix papier : 20,90€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 336 – Genre : Thriller-psychologique

Le dernier opus de Donato Carrisi, présenté comme le dernier volet de la trilogie du chuchoteur et de l’écorchée, me faisait déjà envie avant sa sortie, alors je n’ai pas mis trop longtemps à plonger entre les pages de l’égarée. Surtout que pour apprécier la rencontre auteur-blogueurs, organisée par les éditions Calmann-Lévy, j’avais envie de voir ce que l’égarée avait dans le ventre.

Et, je n’ai pas du tout été déçue !

Bon, c’est vrai que tout le long de ma lecture, je me suis demandée, s’il n’y avait pas une erreur dans la présentation. Aucun lien n’était visible entre l’égarée et les deux précédents. Jusqu’à la toute fin… Et là, l’auteur retourne complètement la situation… En une phrase, toutes mes certitudes ont été ébranlées. En une phrase, l’auteur fait le lien et bascule les certitudes de la lectrice que je suis.

Oui, l’égarée peut se lire indépendamment des deux autres, sans entacher l’enthousiasme du lecteur. Mais avoir lu le chuchoteur et l’écorchée, apportera un nouvel éclairage. Un éclairage qui semble tout droit sorti du chapeau de magicien de l’auteur. Je me suis imaginée, Donato Carrisi, auteur facétieux, proche des lecteurs, nous dire : « Toutes vos certitudes, peuvent vaciller en une fraction de seconde… En une phrase, tout se bouscule et bascule… »

Ce nouvel angle m’a même donné envie de relire les 2 premiers bouquins. Quel serait mon regard maintenant que je savais ? Maintenant que je sais, comment j’analyse ma lecture?

L’auteur ne révolutionne pas le genre, l’intrigue en elle-même reste classique avec des enfants kidnappés, séquestrés… L’une des gamines fait faux bonds à son ravisseur et les flics vont tout faire pour lui mettre la main dessus. Sauf que l’enquête se trouve être bien corsée, vu que la victime a perdu la mémoire… On ne peut pas faire plus classique… Oui, mais voilà ! C’est du « Carrisi »… Un auteur qui colle à la peau, une foi qu’on l’a découvert.

Indépendamment de l’intrigue et de ce final diabolique, Donato Carrisi apporte un vrai regard psychologique sur la manière de « guérir » d’un traumatisme.

« Le démon est en nous. »

Et je dois dire que les mots utilisés par l’auteur peuvent raisonner en chaque lecteur, en apportant quelques pistes et un début de travail sur certaines blessures de la vie… Au-delà d’une intrigue, l’auteur offre une très belle analyse psychologique du traumatisme et de comment y faire face. Les connaissances en matières psychologiques et criminelles sont beaucoup plus exploitées, je dirais même, mieux exploitées, que dans le chuchoteur et l’écorchée.

J’ai eu le sentiment que l’auteur offrait cet opus à ses lecteurs, comme un remède, une porte de sortie… Pour trouver le chemin pour vivre avec ses démons et les domestiquer.

L’auteur maîtrise l’art de la manipulation et ne se prive pas de le faire avec son lecteur, mais surtout avec ses personnages. J’ai trouvé que la plume de l’auteur avait pris une nouvelle dimension, certainement parce que l’auteur fait de ce livre un cadeau. L’auteur s’efface derrière sa plume et nous offre une réelle étude psychologique. Une plume au service du lecteur…

Un thriller noir, bien corsé comme le bon café italien, bien rond en bouche, avec une plume simple, une intrigue tordue… Bien tordue… Pour un final diabolique qui donne envie de relire les aventures de Mila Vasquez.

Mention spéciale pour la traduction ! En effet, on ne parle pas souvent des traducteurs, pourtant, leur travail n’est pas simple ! Il faut une sacrée dose de talent, pour réussir à faire frissonner le lecteur, à retranscrire les sentiments… Bref, je voulais vraiment remercier Anaïs Bouteille-Bokobza, traductrice officielle de Donato Carrisi.

Ce livre m’a été envoyé par la maison d’édition ou l’auteur en service de presse. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Qui suis-je ?

Donato Carrisi est l’auteur d’une thèse sur Luigi Chiatti, un tueur en série italien. Juriste de formation, spécialisé en criminologie et sciences du comportement, il délaisse la pratique du droit en 1999 pour se tourner vers l’écriture de scénarion. Bien qu’il réside à Rome, il est aussi un collaborateur régulier du quotidien milanais Corriere della Sera. Le Chuchoteur, son premier roman policier où apparaît l’experte dans les affaires d’enlèvement Mila Vasquez, vendu à plus de 200 000 exemplaires en Italie et traduit en France, est édité dans douze pays et remporte quatre prix littéraires, dont le prix SNCF du polar européen 2011, et le prix des lecteurs Livre de Poche 2011. Quelques récompenses viennent conforter le talent de Donato Carrisi : le prix Camaiore, le prix Il Belgioso, le prix Bancarella et enfin le prix Mediterraneo del Giallo y del Noir. Donato Carrisi est également dramaturge. En 2017, il réalise son premier film La Fille dans le brouillard qui est une adaptation d’un de ses romans et pour lequel il remporte le prix du meilleur réalisateur débutant lors de la 63e cérémonie des David di Donatello.

PicsArt_09-21-05.29.09