Parution : 14 juin 2018 – Editeur : Robert Laffont – Collection : La bête noirePrix papier :  14,90€ – Prix numérique : 4,99€ – Pages : 408 – Genre : thriller, polar, cosy-mystery, humour

Retrouver Samson et Delilah, c’est comme retrouver des potes qu’on n’a pas vu depuis un moment, et qui nous racontent leur quotidien complètement à l’opposé de nos vies bien réglées.

Avec « Rendez-vous avec le mal » Julia Chapman, donne plus de profondeur à ses deux personnages avec cet humour un brin déjanté. Cet humour typiquement anglais que j’apprécie beaucoup.

Une double enquête avec la disparition d’un bouc reproducteur, Samson en rirait presque (et moi aussi) et une drôle d’ambiance à la maison de retraite avec plusieurs décès…

Dans le premier tome « Rendez-vous avec le crime » l’auteur, tout en présentant une bonne enquête, présentait ses deux personnages récurrents qui allaient devenir la pierre angulaire de ses futurs romans. Elle a donc pris le temps d’installer ce village et ses habitants afin de pouvoir s’en affranchir par la suite. Et je dois dire qu’elle le fait d’une très belle manière, puisque dans le second volet l’enquête est plus profonde, avec plus de suspens.

La plume est plus aiguisée avec une intrigue qui monte en qualité. Ce qui en fin de compte ne fait qu’accrocher encore plus le lecteur, qui n’a qu’une envie, c’est de lire les prochains livres !

Le charme du « mystery cosy » opère encore, d’autant plus si on apprécie cette douceur et ce flegme so british.

Les paysages vallonnés, avec le vent qui fouette sont toujours aussi présents et on sent la fraîcheur sur notre visage qui donne envie de faire durer le plaisir et pourquoi pas s’installer dans ce village, qui malgré l’ère numérique, demeure figer dans les travers que l’on peut connaître. Les cancans vont bon train et constituent le premier levier des relations humaines.

C’est plutôt drôle. On se délecte et on redemande un thé bien sucré avec une dose de soupçon et une dose de cancan.

Ne vous fiez pas à cette couverture et quatrième qui laisse présager une intrigue légère, Julia Chapman brouille les pistes, avant même que le lecteur ne plonge dans son univers.

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Née en Angleterre, Julia Chapman a exercé comme professeur d’anglais au Japon, en Australie, aux États-Unis et en France. Elle a même dirigé une auberge dans les Pyrénées avec son mari pendant six ans. Aujourd’hui, elle habite dans les Vallons du Yorkshire, dans le nord de l’Angleterre, dont les paysages si typiques lui ont inspiré sa dernière série de romans, Les Détectives du Yorkshire.

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Parution : 22 août 2018 – Editions JC Lattès Prix papier : 23,90€ – Pages : 580 – Genre : thriller psychologique, roman-fleuve

Un roman, dense et très profond où l’auteur aborde plusieurs thèmes sur plusieurs décennies. On s’aperçoit surtout que malgré les années qui passent, certaines choses demeurent immuables.

Nous partons à la rencontre de Cyril Avery, né d’une fille-mère, d’à peine seize ans, en Irlande, pays catholique, ultra conservateur, juste après la guerre. Une situation impensable, impossible… Bannie, elle n’a qu’un choix : celui de fuir et faire adopter son enfant…

À partir de là, l’auteur fait alterner les chapitres en les faisant correspondre à sept ans de la vie de Cyril Avery, en brossant la société dans laquelle il évolue.

À travers ce livre, l’auteur dénonce les injustices sociales, les discriminations, le rejet et les accusations dont sont victimes les homosexuels, la façon dont ils sont traités, par l’ Église ou par la société, en pointant les aberrations auxquelles son personnage principal sera confronté

Avec un vocabulaire cru, cynique, l’auteur aborde la violence physique ou morale dans tout ce qu’elle peut avoir de révoltant, surtout avec notre point de vu de lecteur de 2019. Il brosse, non pas l’Irlande des cartes postales, mais l’Irlande méprisante pour ceux qui s’affranchissent des codes établis. Et là, tout y passe, les femmes, les hommes, les filles mères… Tout est sujet à controverse ou jugements de la part des Hommes ou de l’ Église. Il n’est pas loin le temps, où la transposition pouvait se faire (elle peut encore) à la France… Il n’est pas loin ce temps, où les homosexuels étaient pointés du doigt, rejetés, parfois rués de coups, tués. Il n’est pas loin le temps où l’église parlait de la punition de Dieu, pour imputer le SIDA aux homosexuels…

Une magnifique plume au service d’un grand roman émouvant, où l’auteur aborde plusieurs thèmes de manière légère et rythmée, malgré les évènements tragiques, les répliques sont parfois drôles, car tout est tourné en dérision. Une manière de montrer que tout doit être pris du bon côté pour garder foi en l’être humain et foi en la vie.

Près de 600 pages que je n’ai pas vu passer, puisque l’auteur nous entraîne vers une large palette d’émotions, puisque j’ai à la fois été amusée, émue, et bouleversée.

Un roman qui se dévore sur la vie, l’amour, la tolérance, la liberté, mais surtout sur les combats que l’on doit mener pour être heureux.

Ce livre a été lu grâce à NetGalley et la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

 

John Boyne est né à Dublin, où il a toujours vécu. Il a étudié au Trinity College et à l’université de Norwich. Il a commencé à écrire à l’âge de 20 ans : il est l’auteur de 7 romans ainsi que de plusieurs nouvelles et articles, pour lesquels il a déjà reçu deux prix littéraires irlandais.

Son roman jeunesse « Le garçon au pyjama rayé » est un véritable best-seller, traduit dans 35 langues différentes et vendu à 15 millions d’exemplaires dans le monde. Dans ce livre, un petit garçon de neuf ans raconte le bouleversement de sa vie pendant la shoah. Une adaptation cinéma sous la direction de Mark Herman est réalisée en 2008.

 

 

Parution : 21 mars 2019 – Éditeur : Presses de la cité Prix numérique : 14,99€ – Prix papier : 21€ – Pages : 400 – Genre : thriller psychologique

J’ai eu plaisir à découvrir la plume de SK Tremayne qui nous entraine dans les profondeurs du Dartmoor dans le Devon. Même si j’ai mis un peu de temps à me laisser prendre dans les mailles du filet de l’auteur, j’ai peu à peu été prise par cette intrigue psychologique assez étrange.

La description des paysages est tellement bien travaillée, que je me suis baladée dans la Lande, j’ai humé cet air froid, glacial et ces odeurs m’ont transportées. L’atmosphère sombre m’a complètement emportée.

J’ai parfois eu la sensation d’étouffer tant l’isolement est palpable. Kath Redway, son mari Adam, ranger, et sa fille Lyla, vivent dans une maison isolée, perdus au bout milieu de nul part… Au beau milieu du parc national de Dartmoor. Après un accident de voiture qui a failli lui coûter la vie, Kath souffre d’amnésie.

À la recherche de sa mémoire, Kath va se trouver… Kath se croit heureuse, malgré les difficultés financières et l’autisme de Lyla…

Il est assez rare qu’un auteur s’aventure avec un personnage tel que Lyla, autiste asperger, avec certaines spécificités. L’auteur décrit aussi bien cette enfant, que l’attitude des parents. Des parents dont le seul désir est l’épanouissement de leur enfant différent. C’est justement cette différence qui donne une saveur particulière à cette intrigue. Et je dois dire qu’on s’attache réellement à Lyla, à sa différence et on aimerait vraiment que cette famille retrouve la paix.

Le suspense et la suspicion sont omniprésents, l’auteur nous perd dans les informations que Kath arrive à glaner ou se souvenir. Au point que parfois, on ne sait pas si elle se souvient réellement, ou si c’est son cerveau qui lui joue des tours… L’auteur a vraiment travaillé cet aspect de l’amnésie rétrograde.

Le folklore s’invite dans le décor, lui donne un aspect gothique, parfois effrayant et entre la sorcellerie qui s’invite, les bizarreries de Lyla, la suspicion et l’angoisse qui monte peu à peu, le lecteur s’interroge, se demande où l’auteur veut l’emmener. Il nous perd pour en fin de compte nous conduire vers un final que l’on ne fait que deviner…

Un final que l’on a du mal à s’imaginer… Un final qui donne du corps à la noirceur la plus profonde.

L’auteur prend le temps de placer ses personnages et son décor afin de livrer une intrigue captivante. Le paysage est un personnage à part entière et il joue un rôle prégnant dans cette intrigue dont on se délecte.

L’intrigue prend sens au fur et à mesure de la disparition de ce brouillard qui ne fait qu’embrouiller la lande et l’esprit…

Ce livre a été lu grâce à BePolar et la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

S. K. Tremayne est un des pseudonymes de l’écrivain et journaliste Sean Thomas, qui utilise également celui de Tom Knox pour certains de ses ouvrages.
Né en 1963 dans le Devon en Angleterre, il a étudié la philosophie à Londres. Il se tourne ensuite vers le journalisme, et rédige des articles pour le Times, le Daily Mail, le Sunday Times, et le Guardian.
Comme son père, l’auteur D. M. Thomas, il se passionne également pour la littérature, et publie plusieurs romans, se spécialisant pour les thrillers (souvent imprégnés des thèmes de l’archéologie ou de la religion). Il commence par publier plusieurs romans sous son véritable nom, avant d’adopter à partir de 2009 le pseudonyme Tom Knox, puis en 2015 celui de S. K. Tremayne pour son roman « Le doute ».

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Editeur : Mazarine – Parution : 08/02/2017 – Pages : 432 – Prix : 21,90€ Genre : Thriller psychologique

La manipulation est au cœur de ce livre !

L’auteur, J.P. Delaney, nous propose un condensé sur la vie humaine et les sentiments contradictoires qui peuvent en découler…

Comment la manipulation s’installe et peut influencer le quotidien d’une personne ?

Après un drame éprouvant, Jane cherche à tourner la page. Elle découvre « One Folgate Street » et  est conquise par cette maison ultra moderne, chef d’œuvre de l’architecture minimaliste, parfaite. Pour pouvoir y vivre, elle doit se plier aux règles draconiennes imposées par son architecte, Edward Monkford, aussi mystérieux que séduisant. Parmi celles-ci : répondre régulièrement à des questionnaires déconcertants et intrusifs.

La maison est pensée pour transformer celui qui y vie, Jane en est persuadée. Jusqu’au jour où elle apprend qu’Emma, la locataire précédente, qui lui ressemble …. y a trouvé la mort…

Pour prendre un nouveau départ le mieux c’est encore de changer de lieu de vie, de décor et parfois d’amis… donc pour accéder à la perfection de « One Folgate Street »,  maison ultra-moderne et connectée, dessinée par un architecte adepte du minimalisme, … il faut en payer le prix… Ce n’est pas toi qui décides que tu vas vivre un nouveau départ, c’est le propriétaire qui décide si tu le mérites ou pas… et pour vivre dans cette maison il faut ressembler à cette maison… Il faut la vivre, la sentir, s’en imprégner…

Les chapitres s’alternent et ne ressemblent pas ! J’ai beaucoup apprécié leur succession entre Jane, la fille de maintenant et Emma la fille d’avant, qui a vécu dans ces murs.

C’est incroyable de constater la similitude des choix qu’elles font.

Elles se ressemblent physiquement et leurs actes sont quasi identiques, malgré les 3 ans qui les séparent. Le passé d’Emma rejoint et croise le présent de Jane, les rendant plus proche que jamais au point d’en devenir troublant…

La maison est un personnage à part entière, une maison connectée, qui contrôle ton poids, qui te pose des questions et ne rebranche le tout qu’une fois que ton questionnaire est validé… Cet endroit te possède peu à peu, au point que tu es fait à son image, minimaliste, épuré.

Un excellent thriller psychologique avec une construction déroutante, c’est presque un huis clos oppressant… La manipulation à l’état pur. Tout le monde manipule tout le monde et même la maison devient manipulatrice …

Bravo à l’auteur qui a su distiller avec parcimonie le doute, l’obsession, la manipulation. Le suspense est travaillé et s’installe peu à peu, à l’image de la maison qui prend peu à peu possession de toi… Le mystère s’épaissit autour de ces deux femmes pour un final d’une excellente qualité et que je n’ai pas vu venir ! Un auteur à suivre c’est certain.

La fille d’avant fait l’objet d’une adaptation par le réalisateur Ron Howard, c’est dire la qualité de ce thriller psychologique dont le cœur est la manipulation…

Ce livre a été lu grâce à NetGalley et la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Écrivain et journaliste, Anthony Capella a publié plusieurs romans à succès sous les noms de Tony Strong, Anthony Capella et J. P. Delaney.

Diplômé en littérature anglaise de St Peter’s College à l’Université d’Oxford, il a été brièvement professeur d’anglais à Rome. Après son retour en Angleterre, il devient journaliste à l’agence de publicité Ogilvy and Mather, puis se spécialise dans le tourisme et collabore avec le Sunday Times et le chef cuisinier Jamie Oliver.

En 1997, il publie son premier roman, sous le nom de Tony Strong, « The Poison Tree », le premier tome de diptyque « Terry Williams ». Deux autres livres suivront, « L’Appât » (The Decoy, 2001) et « Un mauvais rêve » (Tell Me Lies, 2003). « The Food of Love » (2004), publié sous le pseudonyme d’Anthony Capella, devient un best-seller, suivi de « The Wedding Officer » (2006), « The Various Flavours of Coffee » (2008), « Love and Other Dangerous Chemicals » (2015). « La Fille d’avant » (The Girl Before, 2017), publié sous le pseudonyme de J. P. Delaney, est sa première incursion dans le thriller psychologique. Traduit dans 37 pays, il sera porté sur grand écran par Ron Howard.

Parution : 7 juin 2018 – Éditeur : Robert Laffont – Collection : La Bête noirePrix papier : 20€ – Prix numérique : 13,99€ – Pages : 336 – Genre : Thriller, thriller-psychologique.

Une 4ème de couverture qui promet du lourd avec ce couple qui décide d’échanger sont appartement londonien, contre une maison à Leeds. Cet échange, très à la mode aujourd’hui, promet des vacances à bas pris. Des vacances pour se retrouver et sortir du train-train qui empoisonne le quotidien.

Un thriller psychologique qui démarre lentement, avec une drôle d’atmosphère entre ce couple, mais également dans cette maison à la décoration minimaliste, qui va peu à peu paraître oppressante… La présence de plusieurs objets, fait basculer les réflexions de cette femme, en qui on ne voit qu’une femme meurtrie…

L’alternance des chapitres entre le passé et le présent, installe une atmosphère sombre et délétère qui ne fera qu’accentuer et accélérer les souvenirs. Et ce sont justement ces souvenirs qui sont le nœud de cette histoire manichéenne.

Toute l’histoire repose sur le machiavélisme d’une seule personne. Et même si l’auteur tarde à révéler certaines pistes, l’ambiance est posée et on a envie de savoir ce que l’auteur veut nous dire.

Ce que je regrette le plus dans cette lecture, c’est qu’il faut attendre beaucoup plus de la moitié pour enfin être mis sur la piste et apprécier le choix de cette intrigue en toile d’araignée.

L’auteur a vraiment réussi cet aspect du thriller psychologique, où c’est le lecteur qui est pris entre les toiles et c’est en fait peu à peu que l’on arrive à démêler l’intrigue.

Alors oui, c’est long à se mettre en place, mais le parti-pris de l’auteur est que le lecteur découvre l’intrigue et la dénoue, au rythme du personnage principal. Et c’est là que réside la construction différente que propose l’auteur.

Dans un thriller, le lecteur a souvent de l’avance sur les personnages, alors que là, tout réside dans la simultanéité des découvertes par le personnage principal et le lecteur. Et c’est certainement cela qui m’a déstabilisé.

C’est donc un thriller machiavélique, humain, construit comme une toile d’araignée, dont le lecteur appréciera la complexité, malgré le manque de rythme. Mais après tout, l’araignée met du temps à construire avant de révéler toute la beauté de sa construction.

Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

 

Rebecca Fleet a fait ses études à Oxford et travaille dans le marketing à Londres. L’Échange est son premier roman.

 

 

Parution : 16 mai 2018 – Sonatine EditionPrix papier : 23€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 448 – Genre : Thriller Historique

Avec Matthew Carr, on se retrouve parachuté dans l’Espagne du 16e siècle. Le 16e siècle où l’odeur du cramé des bûchers de l’Inquisition est très présente. Les bûchers flambent pour la gloire de Dieu et pour la paix des âmes innocentes, perverties par le Malin. Les liens entre l’Église et l’Etat n’ont jamais été aussi forts permettant à l’Inquisition de faire ce qu’elle veut de ces malheureux promis à l’enfer…

L’Espagne a été arrachée à cette longue occupation des Maures, qui aura laissée des traces, tant religieuses, culturelles qu’architecturales. Malgré les conversions en masse, souvent par la force… L’Inquisition vit dans un climat de suspicion omniprésent. Ces conversions, sont-elles sincères ? La torture, la terreur sont palpables et la vie de chacun peut basculer du jour au lendemain sur simple doute ou délation.

Le meurtre d’un simple curé, le Rédempteur qui promet le retour du califat en Espagne et c’est le feu aux poudres, enfin aux bûchers dont les cendres ne sont jamais froides.

L’auteur propose plusieurs genres dans son intrigue, y mêlant tout à la fois une aventure digne des trois Mousquetaires, une enquête menée de main de maître avec des personnages brillamment campés, le tout servi sur une toile historique que l’on connaît peu.

Cette densité dans l’intrigue, trouve un large écho dans notre présent et c’est plutôt agréable, même si j’aime beaucoup les thrillers historiques, cela permet de réaliser que l’histoire n’est que recommencement…

En lisant ce bouquin, je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle avec le film de Youssef Chahine « le destin », dont j’ai savouré chaque minute, tellement il était documenté, travaillé. Nous sommes ici dans le même genre, sans lourdeur ou ennui. La plume est visuelle, parfois poétique avec un brin de malice. On retrouve cette atmosphère particulière, sombre,  mais poétique avec une enquête qui se révèle un apprentissage de fond comme avec « Le nom de la Rose » de Umberto Eco. Dont l’influence n’est pas loin.

Il y a pourtant dans « Les Diables de Cardona » une modernité sous-jacente qui ne fait que mettre en exergue les limites de notre époque… Je dirais même les régressions de notre époque. La peur de l’autre, de l’inconnu, la haine des homosexuels, la condition des femmes… Bref tout y est sauf que nous sommes au 16e siècle ! Et c’est plutôt effrayant, car on réalise avec cette lecture, que notre modernisme ne fait qu’accroître la régression. Mais surtout, que malgré la modernité, les idées sont toujours présentent et n’ont pas évolué…

Une lecture qui laisse quelque peu un goût amer lorsque l’on observe le peu d’avancement dans le domaine de la tolérance et surtout à quel point la bêtise humaine est toujours présente… Larvée pour certaines, mais prégnantes pour d’autres…

L’auteur ne se contente pas de nous servir une simple fresque historique, puisqu’il l’agrémente d’une belle intrigue policière où le lecteur va tout à tour se perdre entre les fausses pistes et les personnages parfois discutables qui ne sont là que pour brouiller les indices.

Une intrigue brillante, menée avec brio, un page turner qu’on ne lâche pas facilement, tellement la plume est belle.

Avec « Les Diables de Cardona », on se sent plus intelligent en refermant le livre. Non seulement, on a lu un très bon thriller, mais en plus, un pan entier de l’histoire de l’Espagne n’a plus de secret pour nous. C’est malin et c’est bon.

Ce livre m’a été envoyé par la maison d’édition ou l’auteur en service de presse. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Qui suis-je ?

Historien et spécialiste des religions, Matthew Carr est l’auteur de plusieurs livres de non-fiction. Également journaliste, il écrit pour The Guardian ou encore The New York Times et participe régulièrement à des conférences et à des séminaires. Né à Londres en 1955, Matthew Carr est reporter pour The Observer, The Guardian, ainsi que pour la BBC. Il a couvert de nombreux conflits : affrontements mafieux en Sicile, escouades de la mort espagnoles, conflit israélo-palestinien. Il vit actuellement dans le Derbyshire.

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