Parution : 3 octobre 2019 – Editeur : Robert Laffont – Collection : La bête noirePrix papier :  21€ – Prix numérique : 14,99€ – Pages : 448 – Genre : polar, thriller-psychologique, suspense

J’ai été ravie de retrouver le dernier opus de Daniel Cole, dont le titre en anglais est révélateur de la direction que souhaite prendre l’auteur : « Endgame »… « Fin de jeu »

Un titre à double sens, qui permet à la fois de clore la trilogie, mais surtout de voir le grand retour de Wolf, inspecteur emblématique, que l’on découvrait dans Ragdoll…

Ragdoll, ce sont des bouts de chiffons assemblés, pour former une tête et un corps de poupée. Des petites poupées bien mignonnes qui font rêver les petites filles… Mais là, c’était du sordide, de l’horreur à l’état brut… ! Ragdoll, poupée de chair et de sang, une poupée composée de six personnes différentes… Un corps, six victimes… Wolf, inspecteur borderline, que nous allions perdre de vu, puisque l’intrigue se terminait par sa fuite…

L’appât faisait la part belle à Baxter, qui prenait du galon en devenant inspectrice principale, et dont le personnage allait prendre son envol, en s’étoffant et devenir la charismatique inspectrice, manquant de confiance en elle, en tout le monde, mais têtue comme une mule et surtout, essayant de s’affranchir de l’ombre de Wolf…

Daniel Cole, prend la mesure de chacun de ses personnages pour les faire enfin bosser ensemble, chacun selon son envergure, avec ses défauts et ses failles… Baxter en veut à Wolfe… Elle lui en veut à la fois de lui avoir menti, mais surtout pour avoir disparu sans jamais donner de nouvelles. Un collègue en qui elle avait entière confiance…

Sans le suicide de son ami et mentor Finlay Shaw, Wolfe ne se serait certainement pas manifesté, il lui est impossible d’y croire et il décide de mener l’enquête avec son ancienne équipe…

Daniel Cole a toujours cette plume visuelle, cinématographique, qui entre directement dans le vif de l’intrigue, sans perdre de temps. Pour autant, on sent qu’il a envie de poser les dernières cartes qu’il a en main. Il a envie d’une fin pour ses personnages, qu’il ne souhaite plus maltraiter… Comme s’il avait fait le tour avec eux, ou qu’il avait décidé de les épargner…

L’enquête est beaucoup plus personnelle, feutrée, une lenteur qui donne de la douceur dans un monde de brutes, puisque nous connaissons rapidement le coupable…

Tout le jeu consiste à prouver la culpabilité de celui-ci…

La construction est présentée de telle manière, avec l’alternance de certains chapitres entre le passé et le présent, que l’on comprend vite le pourquoi, reste le comment… Qui, sans être une révélation, nous révolte quelque peu…

Daniel Cole, nous prend par la main et nous présente ses deux personnages fétiches de manière plus intimes.

J’ai été déconcertée par la tournure que prenait l’intrigue, mais en fin de compte, je l’ai appréciée et le final, vient la clore d’une belle manière.

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Né en 1984, a été ambulancier dans une vie antérieure. Guidé par un besoin irrépressible de sauver les êtres, il a également été membre actif de la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals, l’équivalent anglais de notre SPA. Plus récemment il a travaillé pour la Royal National Lifeboat Institution, une association dédiée au sauvetage en mer le long des côtes britanniques. Cet altruisme est-il la manifestation de sa mauvaise conscience quant au nombre de personnes qu’il assassine dans ses écrits ? Il vit sous le soleil de Bournemouth, au Royaume-Uni, et on le rencontre souvent sur la plage.          

 

 

 

Parution : 16 novembre 2017 – Editeur : Robert Laffont – Collection : La bête noirePrix papier :  20€ – Prix poche : 7,90€ – Prix numérique : 9,99€ – Pages : 416 – Genre : polar, thriller-psychologique, suspense

J’aime les intrigues complètement tordues, qui me vrillent le cerveau, mais j’apprécie aussi, parfois, les intrigues simples qui me permettent de me faire plaisir, sans me triturer les méninges… La griffe du diable, fait partie des polars classiques, agréables, qui fait le job qu’on lui demande, c’est-à-dire, nous faire passer un bon moment. Et c’est déjà une excellente chose.

Malgré ce classicisme, que certains pourraient lui reprocher, il y a un, je ne sais quoi qui fait que l’on se laisse facilement porter par la plume de l’auteure.

On retrouve tous les codes du genre, avec des personnages malmenés par la vie, qui prennent peu à peu forme et s’étoffent au fil du récit. L’auteure les décrit de belle façon, les rendant accessibles et surtout rendant palpables leurs fêlures. L’empathie, ce créé peu à peu, mais sans jamais tomber dans le gnangnan qui aurait pu me faire décrocher !

L’auteure tire son épingle du jeu, grâce à l’atmosphère qu’elle confère à son récit, avec les descriptions de l’île de Guernesey, ses plaines sauvages, ses légendes bien ancrées dans l’imaginaire collectif, avec une pointe de surnaturel propre aux lieux habités par les vieux démons… Une dualité est palpable entre le besoin de modernité et la peur du changement des plus anciens.

Le rythme assez lent, se calque sur le flegme tout britannique, avec un dénouement progressif, grâce aux paroles du meurtrier qui viennent se glisser entre les chapitres.

Un livre qui se déguste et se savoure avec un bon thé et des petits biscuits, en humant les vagues qui viennent s’écraser sur les rocher, isolant cette île pleine de mystère…

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Lara Dearman a grandi à Guernesey avant de s’installer au Royaume-Uni pour étudier à l’université les relations internationales et le français. Après une brève carrière dans la finance et trois ans passés à Singapour, elle se consacre à l’écriture. Son premier roman, La Griffe du diable, combine son amour pour Guernesey, et ses nombreux mythes, et sa passion pour le polar et les serial killers.                  

 

Parution : 21 février 2019 – Editeur : Robert Laffont – Collection : La bête noirePrix papier :  21€ – Prix numérique : 14,99€ – Pages : 400 – Genre : thriller-psychologique

D’une manière générale, on a toujours l’enquête, les flics, les tueurs… Mais là, on se retrouve avec une avocate qui se voit confier sa première affaire de meurtre.

Sans pour autant découvrir les rouages juridiques, l’auteure s’attache à mettre en parallèle deux vies, deux femmes que tout semble opposer. Les personnages sont loin d’être ce qu’ils paraissent être et c’est assez intéressant.

Même si la vie de cette avocate, Alison, semble idyllique, on a l’impression que rien ne la rend heureuse… Elle noie ses soirées dans l’alcool, alors qu’elle a un mari, psychologue, adorable et une petite fille très mignonne… Oui, mais voilà, c’est comme dans la vie réelle… C’est ce que l’on veut bien nous faire croire. Une vie lisse et sans histoire.

Madeleine, la meurtrière a assassiné son mari d’une quinzaine de coups de couteau, après avoir vécu l’enfer…

Une lecture en demi-teinte, car le personnage d’Alison m’a exaspéré et j’ai eu du mal à entrer dans cette intrigue, même si le début met du mal à se mettre en place et semble partir dans tous les sens, peu à peu le récit se densifie, surtout lorsque l’aspect psychologique prend le pas en s’installant de manière latente, quasi sournoise.

Les derniers chapitres sont très bien construits et c’est ce qui permet de redresser la barre et à l’intrigue de prendre de l’ampleur.

L’ambiguïté des personnages est le point central du récit et certains vont se révéler sous leur vrai jour et c’est de cette manière que l’auteure aborde le sujet des violences faites aux femmes, en mettant en avant l’aspect psychologique, les manipulations…

Une lecture en dents de scie, mais l’auteure a réussi à maintenir l’intérêt avec l’évolution qu’elle donne à ses personnages en révélant leur nature profonde.

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Diplômée du Corpus Christi College de l’Université d’Oxford, elle a poursuivi ses études de droit à City University. Avocate pénaliste à Londres pendant dix ans, elle a quitté le Barreau après la naissance de ses enfants. Elle a obtenu un M.A. en écriture créative à l’Université d’East Anglia.

 

 

 

Parution : 30 août 2018 – Sonatine éditionsPrix papier : 21,00€ – Prix numérique : 14,99€ – Pages : 288 – Genre : thriller, roman noir

Un livre bien étrange, puisqu’on a l’impression de plonger dans un bon vieux Chabrol. Une intrigue qui prend son temps et avec une lenteur qui pose avec délice les personnages. C’est un livre qui se déguste, qui prend le temps de camper les personnages.

Un livre au premier abord banale, mais qui va se révéler beaucoup plus complexe et profond qu’il n’y parait.

Parfois le tableau semble bien banale, mais l’auteur nous rappel que ce n’est qu’un tableau qui a besoin d’être dépoussiéré, pour enfin révéler toutes les nuances de l’arc en ciel. Sauf qu’ici l’arc en ciel est fait de nuances de gris (on se calme, rien de sexuel…)

On se laisse facilement prendre par cette lecture, dans laquelle on se perd entre réalité et fiction… Entre présent et passé mais surtout entre faits divers réels ou imaginés… Un roman, qui ne vous laissera pas indifférent…

Ce livre a été lu, grâce à NetGalley, en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Graeme Macrae Burnet est l’un des grands espoirs de la littérature écossaise. Né en 1967 à Kilmarnock, il a été professeur d’anglais à Prague, Bordeaux, Porto et Londres, avant de s’installer à Glasgow. Son premier roman, The Disappearance of Adele Bedeau (2014), est un hommage à l’œuvre de Simenon, dont il est tout autant un fervent admirateur qu’un spécialiste aguerri. Ce roman lui vaut de remporter le Scottish Book Trust New Writer Award 2013. L’Accusé du Ross-shire, son deuxième roman arrive dans les finalistes du Man Booker Prize 2016, provoquant un véritable phénomène d’édition en Écosse et dans tout le Royaume-Uni.

 

Parution : 29 janvier 2015 folio Prix papier : 2€ – Pages : 128 – Genre : thriller-fantastique, nouvelles, littérature anglaise

Le fantôme locataire reprend deux nouvelles, extraites de Nouvelles complètes (tome 1) de la Pléiade.

Histoire singulière de quelques vieux habits écrit en 1868 : Arthur Lloyd vient de s’installer en Amérique, découvre que le Massachusetts recèle la meilleure société qui soit et songe à s’y marier. Mrs Willoughby, a deux jeunes filles, Viola et Perdita qui tombent sous le charme du jeune homme. Il choisit Perdita qui mourra en donnant naissance à leur fille, non sans avoir fait promettre à son mari, de conserver toutes ses robes, dans un coffre fermé à clé, pour que sa fille en hérite au moment de sa majorité.

Quel plaisir de lire cette petite nouvelle, dont la fin bien sombre, nous rappel qu’il faut toujours respecter les promesses faites à un mourant…

Le Fantôme locataire écrit en 1876 : une maison abandonnée sur une route isolée que les gens du village évitent d’emprunter, un jeune homme est intrigué par cet homme qui s’y rend… La culpabilité nous amène parfois à faire des choses impensables… Mais, faire payer sa souffrance à la personne qui nous a fait le plus souffrir peut parfois nous entraîner à faire des actes abjects…

Chaque texte a sa propre construction avec, dans l’un le fantastique qui s’invite à la dernière ligne, alors que dans le second, le fantastique est présente dès le départ, avec une atmosphère un peu gothique.

La plume de l’auteur est particulièrement belle, légère, avec une pointe d’humour qui ne laisse pas indifférente, doublée d’une atmosphère feutrée qui nous entraîne vers deux dénouements magistraux.

Ce livre a été sorti de ma PAL…

Henry James est un écrivain américain, naturalisé britannique. Il reçoit une éducation éclectique et peu conformiste de la part de son père, un intellectuel, disciple de Swedenborg et d’Emerson qui vit grâce à la fortune de son père. Dès son jeune âge, Henry lit les classiques des littératures anglaise, américaine, française et allemande mais aussi les traductions des classiques russes, et trouve sa voie après s’être essayé à la peinture: il sera écrivain. A partir de ce moment, il voyage en permanence entre l’Europe et l’Amérique. C’est à Londres, où il s’établit à partir de 1878, qu’il écrit ses plus grands chefs-d’œuvre. Une série d’études sur la femme américaine dans un milieu européen fut inaugurée par « Daisy Miller » (1878). Le thème opposant innocence américaine et sophistication européenne se retrouve dans « Les Européens » (1878), « Washington Square » (1880), « Portrait de femme » (1881), « Les Bostoniennes » (1885) et « Reverberator » (1888) et atteint sa conclusion avec « Les Ambassadeurs » (1903). Il aborde aussi le genre fantastique avant de trouver sa voie propre dans les histoires de fantômes (Ghost Tales), où il excelle, comme le prouve notamment « Le Tour d’écrou » (1898). Pendant toute sa carrière, Henry James s’est tout particulièrement intéressé à ce qu’il appelait la « belle et bénie nouvelle », ou les récits de taille intermédiaire. Il en écrivit 112. Parmi ces textes, on trouve plusieurs nouvelles très concises, dans lesquelles l’auteur parvient à traiter de sujets complexes. À d’autres moments, le récit s’approche d’un court roman. En 1915, pour protester contre la neutralité américaine au début de la première guerre mondiale, il demande et obtient la nationalité britannique. Henry James est l’écrivain qui a dépeint le plus finement la distance, qui n’a cessé depuis de grandir, entre l’esprit européen et la sensibilité américaine. Henry James ne s’est jamais marié et se présentait comme un célibataire endurci rejetant toute suggestion de mariage évitant toute dispersion pour se consacrer à l’écriture. Il est devenu une figure majeure du réalisme littéraire du XIXe siècle, et il est considéré comme un maître de la nouvelle et du roman pour le grand raffinement de son écriture.

 

 

 

Parution : 14 juin 2018 – Editeur : Robert Laffont – Collection : La bête noirePrix papier :  14,90€ – Prix numérique : 4,99€ – Pages : 408 – Genre : thriller, polar, cosy-mystery, humour

Retrouver Samson et Delilah, c’est comme retrouver des potes qu’on n’a pas vu depuis un moment, et qui nous racontent leur quotidien complètement à l’opposé de nos vies bien réglées.

Avec « Rendez-vous avec le mal » Julia Chapman, donne plus de profondeur à ses deux personnages avec cet humour un brin déjanté. Cet humour typiquement anglais que j’apprécie beaucoup.

Une double enquête avec la disparition d’un bouc reproducteur, Samson en rirait presque (et moi aussi) et une drôle d’ambiance à la maison de retraite avec plusieurs décès…

Dans le premier tome « Rendez-vous avec le crime » l’auteur, tout en présentant une bonne enquête, présentait ses deux personnages récurrents qui allaient devenir la pierre angulaire de ses futurs romans. Elle a donc pris le temps d’installer ce village et ses habitants afin de pouvoir s’en affranchir par la suite. Et je dois dire qu’elle le fait d’une très belle manière, puisque dans le second volet l’enquête est plus profonde, avec plus de suspens.

La plume est plus aiguisée avec une intrigue qui monte en qualité. Ce qui en fin de compte ne fait qu’accrocher encore plus le lecteur, qui n’a qu’une envie, c’est de lire les prochains livres !

Le charme du « mystery cosy » opère encore, d’autant plus si on apprécie cette douceur et ce flegme so british.

Les paysages vallonnés, avec le vent qui fouette sont toujours aussi présents et on sent la fraîcheur sur notre visage qui donne envie de faire durer le plaisir et pourquoi pas s’installer dans ce village, qui malgré l’ère numérique, demeure figer dans les travers que l’on peut connaître. Les cancans vont bon train et constituent le premier levier des relations humaines.

C’est plutôt drôle. On se délecte et on redemande un thé bien sucré avec une dose de soupçon et une dose de cancan.

Ne vous fiez pas à cette couverture et quatrième qui laisse présager une intrigue légère, Julia Chapman brouille les pistes, avant même que le lecteur ne plonge dans son univers.

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Née en Angleterre, Julia Chapman a exercé comme professeur d’anglais au Japon, en Australie, aux États-Unis et en France. Elle a même dirigé une auberge dans les Pyrénées avec son mari pendant six ans. Aujourd’hui, elle habite dans les Vallons du Yorkshire, dans le nord de l’Angleterre, dont les paysages si typiques lui ont inspiré sa dernière série de romans, Les Détectives du Yorkshire.