Parution : 4 janvier mars 2018 – Édition Robert Laffont – Prix papier : 19€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 306 – Genre : Politique-journalisme-reportage

  

Lampedusa ? Vous connaissez ? Non ?

Pourtant vous en avez certainement entendu parler ces dernières années… C’est une île italienne de 20 km², perdue en Méditerranée, plus près des côtes tunisiennes que des côtés siciliennes, théâtre d’un actualité dramatique. Femmes, hommes et enfants s’échouent sur cette île qui représente l’espoir d’une vie meilleure.

A travers les yeux de Niccolo, nous découvrons le quotidien des habitants, des migrants. Tous confrontés à la misère, oubliés du monde et cela malgré les feux des médias.

Le récit remonte sur les dix dernières années où le flux  migratoire n’a cessé d’augmenter, changeant les mentalités et tuant à petit feu les habitants mais aussi ce père, pêcheur, traumatisé par les morts accrochés dans ses filets.

L’auteur aborde les enjeux politiques que suscitent les migrants, mais aussi comment des insulaires vivent l’arrivée de ces hommes et femmes. Se pose pour eux la question de savoir s’ils doivent « fuir » cette île ou y rester et se battre. Non pas contre les migrants mais avec et pour les migrants.

Avec une réalité saisissante empreinte d’émotion, l’auteur nous raconte les naufrages, les morts, les incendies, l’absence de secours… Il nous raconte Lampedusa «l’île des espoirs avortés »

Pêcheurs d’hommes fait partie de ces livres qui ont le pouvoir de modifier notre regard sur le monde, en nous faisant prendre conscience de certaines réalités, en permettant d’aiguiser notre conscience.

En le refermant on sait que notre approche ne sera plus tout à fait pareil….

On sait que cette lecture a ouvert une brèche des possibles et notre humanité n’en est que plus belle.

Je remercie les éditions Robert Laffont et NetGalley pour cette lecture.

Éric Valmir a été le correspondant de Radio France en Italie pendant 5 ans. Installé à Rome, il couvre toute l’actualité italienne, produit et réalise la série radiophonique « Ciao Ragazzi » et… commence à écrire Magari. Rentré à Paris, il anime depuis septembre 2011 sur France Inter un rendez-vous matinal politique « Les jeunes dans la présidentielle », qui connaît rapidement un succès d’audience. Il est également l’auteur, chez Robert Laffont, de Toute une nuit (2005), De la difficulté d’évoquer Dieu dans un monde qui pense ne pas en avoir besoin (entretiens avec le cardinal Oscar Rodríguez Maradiaga, 2008), et de Italie, belle et impossible (2011) chez Editalie.

 

 

Parution : 1er mars 2018 – Édition Robert Laffont – Prix papier : 18€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 252- Genre : Thriller

  

Peu de personnages puisque l’intrigue est centrée sur la famille Songoli et Muna. Même si d’autres protagonistes font quelques apparitions, ils restent suffisamment sporadiques pour considérer ce livre comme un huis clos. Un huis clos que l’on pense oppressant avec l’histoire de Muna, adolescente, orpheline séquestrée et exploitée depuis des années.

Pourtant, l’auteur dont c’est le 17ème roman et qui a attendu 10 ans avant de se relancer dans l’écriture, n’arrive pas à faire ressentir toute la noirceur de la situation. Même si lorsque l’on débute la lecture, on est vite pris dans une atmosphère oppressante, rapidement on tourne en rond avec la répétition des évènements, sans aucun rebondissement ni suspense.

Muna est une jeune fille que qu’on a du mal à cerner. Au départ, indifférente, elle va peu à peu se révéler tour à tour sournoise et manipulatrice. Je n’ai pas réussi à m’attacher à elle ! Pourtant ce qu’elle a vécu est horrible, mais l’auteur n’arrive pas à la rendre humaine. Comme si Muna n’était plus… Mais même l’ombre de Muna, ce personnage né de ses malheurs n’arrive pas à attirer la sympathie. J’ai trouvé certaines choses incohérentes et incompatibles avec le vécu qu’elle a eu.

Pourtant l’auteur nous entraine directement dans le vif du sujet, on ne tourne pas autour du pot et c’est révoltant. C’est sombre à l’image de cette cave… Dont Muna n’est pas sortie indemne, malgré sa nouvelle situation et son nouveau statut…

Certaines scènes sont particulièrement violentes, la cruauté est palpable mais en même temps d’une platitude désolante ! L’auteur avait matière à construire une intrigue digne d’intérêt mais, elle reste en surface et les sentiments même s’ils sont bien décrits ne sont pas assez maîtrisés pour les rendre vivants et les faire ressentir par le lecteur.

Une surprise, assez déstabilisante attend le lecteur : deux fins dont celles prévue initialement, mais aucune n’a réussi à me convaincre.

La cave, est un thriller très sombre, qui montre toute la cruauté dont certaines personnes sont capables. Un sujet qui dérange, qui choque et que l’on a déjà pu apercevoir dans les faits divers…

J’étais très contente de pouvoir découvrir ce livre, pourtant j’ai été déçue, car tout est dit dans le résumé ! Du coup aucune surprise ne se profile.

Je remercie les éditions Robert Laffont et NetGalley pour cette lecture.

Au terme de ses études de français à l’université de Durham, elle travaille pour un magazine féminin dont elle devient rédactrice en chef, puis écrit dans divers journaux. Après avoir interrompu pendant sept ans son activité professionnelle pour se consacrer à l’éducation de ses enfants, elle se lance dans l’écriture et choisit d’inscrire son premier livre dans la plus pure tradition du roman noir britannique : « Chambre froide » paru en 1993 est immédiatement salué par la critique. « Cuisine sanglante », lauréat du Edgar Allan Poe Award aux Etats-Unis, et « La Muselière », qui obtient le Gold Dagger Award, connaissent un très large succès. Cinq de ses romans ont été adaptés à la télévision par la BBC à la fin des années 1990.

 

 

Parution : 1er octobre 2016 – Éditeur : FolioCollection : Folio SF – Prix Poche : 6,60€ – Prix Numérique : 6,49€ – Pages : 172 – Genre : fantastique

Certains livres ont le pouvoir de vous transporter au delà de vous-même, par delà vos rêves.

Un soir d’Halloween, Tom et ses copains font la tournée des maisons pour récolter des bonbons. Déguisés en fantôme, squelette ou sorcière, ils partent heureux et excités à la moisson. Mais, le soir Halloween n’est pas un soir comme les autres, c’est un soir où la magie peut se trouver sur votre route, sans prévenir…

Joe Pipkin leur donne rendez-vous devant la « maison près du ravin » où s’élance un arbre majestueux sur lequel sont suspendues des citrouilles de toutes les tailles ! Son propriétaire, Mr Montsuaire leur annonce que Pipkin a disparu dans les ténèbres et leur propose un voyage merveilleux dans le temps et l’espace pour tenter de le sauver.

Ils vont découvrir l’origine de cette fête. Ils vont enfin connaître l’origine de la fête des morts…

Nos petites têtes blondes, vont voyager dans le temps et apprendre comment cette fête, la fête des morts est appréhendée par d’autres civilisations, à d’autres époques…

Avec les Égyptiens et leur manière d’honorer leurs morts, le christianisme qui s’est inspiré des rites païens, la chasse aux sorcières…
La vie et la mort sont intrinsèquement liées et en honorant les morts, on célèbre la vie.

L’auteur décrit avec minutie, le cycle de la vie et son éternellement recommencement.

Un conte fantastique emprunt de poésie, de magie qui transporte le lecteur dans un univers de connaissance et de savoirs. Le tout savamment dosé.

Un roman bourré de références mythologiques, historiques ou littéraires, qui peut faire peur, mais qui se lit pourtant très facilement et cela grâce au talent de conteur de l’auteur. Les personnages sont attachants et la fin est poétique, emprunte de tristesse. Un livre qu’on déguste, qu’on lit lentement, pour faire durer le plaisir.

Challenge de l’épouvante 2017-2018

Parution : 25 août 2016 – EditeurRobert LaffontCollection : La Bête Noire– Prix Broché :  21,00€ – Prix Numérique : 9,99€ – Prix Poche : 8,50€ – Pages : 512 – Genre : Policier historique

 

J’apprécie beaucoup ce genre de lecture avec en toile de fond la guerre, notamment la seconde guerre mondiale et je dois dire que celui-ci m’a particulièrement plu.

L’auteur nous entraine dans une fiction basée sur des faits réels et sur les activités des renseignements généraux entre 1942 et 1944. Romain Slocombe a fait un formidable travail de recherche, permettant ainsi au lecteur d’être immergé, dès les premières pages dans cette période horrible de notre histoire.

Avec une écriture fluide, très agréable à lire, il nous fait découvrir un personnage désagréable à souhait, totalement indifférent aux autres… Enfin surtout ceux qu’il déteste… Collabo invétéré et antisémite notoire, Léon Sadorski, sera mis à rude épreuve lors de son arrestation, lors de laquelle il ne supporte pas de passer du statut de policier à prisonnier et n’hésitera pas à dénoncer… Et surtout acceptera de devenir un agent à la solde des nazis… En même temps il est convaincu de bien faire et même si Louis Sadosky ne vous dit rien, c’est tant mieux mais l’auteur lui redonne vie pour en faire le personnage central de son livre et ainsi permettre aux lecteurs de découvrir tout un pan de ce que l’être humain peut avoir de plus sombre…

Il suffit de regarder d’autres humains pour découvrir l’horreur….

Plus on avance dans cette lecture, plus la réalité de cette France collabo s’impose… Une France où tous les coups sont permis, pour survivre.. Ou tout simplement tirer son épingle du jeu… La trahison, la torture, le trafic… L’auteur, en prenant pour base cette époque n’a pas besoin d’en ajouter plus que nécessaire… Avec un recul d’historien, il tisse une trame riche et donne vie à ce que l’on trouve de plus lugubre chez l’être humain… Rien ne sera épargné au lecteur, aucun filtre et l’horreur nous tombe dessus sans qu’aucun filet ne puisse nous retenir dans cette vertigineuse chute vers l’horreur, que l’on découvre avec impuissance et qui referme son étaux et nous empêche de respirer… Au point que lorsque j’ai refermé ce livre, il m’a fallu reprendre mon souffle et avec une furieuse envie de prendre une douche… Car Sadorski nous colle à la peau… Ses mots nous salissent et nous éclaboussent comme la boue…

Cette lecture, malgré ce qu’elle de plus sombre, pousse au devoir de mémoire et surtout se dire que cela ne doit jamais recommencer… Ne pas oublier est primordial, vital et salvateur, même dans l’horreur…

Je trouve dommage que l’auteur, avec ce récit, qui donnent sens à cette époque et révèle toutes les facettes abjectes de cette période, se soit un peu perdu, au point de parfois perdre son lecteur, avec trop de détails, notamment sur le parcours de certaines rues de Paris… Ou des listes de noms qui n’ont aucun intérêt que celui de nous ennuyer… Et d’alourdir le récit qui est déjà extrêmement dense avec une trame parfois à la limite du supportable.

Malgré ce point négatif, j’ai apprécié cette lecture qui ne peut que faire écho avec ce que nous pouvons parfois apercevoir aujourd’hui….

« Ni l’auteur ni l’éditeur ne cautionnent les propos tenus par le personnage principal de ce livre. Mais ils sont le reflet de cette époque, tout comme ils peuvent présager celles qui nous attendent. Car « le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde ». » Les époques changent, mais l’histoire est cyclique et n’est qu’un éternel recommencement…

Étant un brin maso, j’ai hâte de découvrir la suite et voir comment Sadorski va évoluer… Enfin, surtout curieuse de voir comment l’auteur va faire évoluer son personnage….

« Les aiguilles de l’horloge murale de la station indiquent 9 heures moins dix. Il restera largement le temps de choisir pour la petite, avant leur rendez-vous au café, quelque chose de vraiment beau pour son anniversaire. Quelque chose qui rendra ses copines de Fénelon vertes de jalousie. Un splendide stylo Météore, par exemple, avec une plume en or, une vraie…
Car aujourd’hui la petite Julie fête ses quinze ans.
Ce lundi 8 juin 1942. Sadorski est curieux de la voir étrenner son étoile jaune. »

   Né en 1953, Romain Slocombe participe, après des études d’art, à l’aventure artistique du groupe Bazooka, notamment au tout début de celle du magazine Métal hurlant (années 1970), pour lequel il produit des œuvres naviguant entre bande dessinée et illustration. Ses thèmes de prédilection se focalisent rapidement autour du Japon, auquel il s’est intéressé dès sa prime jeunesse, et le bondage, avec des jeunes femmes (infirmières et japonaises) attachées.

Ses livres mêlent, dans un style « trash », une intrigue, avec à chaque fois des chapitres avec une approche type historique : la secte Aum, l’Histoire du Japon, en particulier ses exactions en Chine à partir de 1937 et pendant la Seconde Guerre mondiale.

En 2011, répondant à l’invitation éditoriale de la collection « Les Affranchis », il publie Monsieur le Commandant, un roman sous forme de lettres de dénonciation, où le personnage principal, académicien pétainiste et antisémite, tombe follement amoureux de sa belle-fille avant de demander à ce qu’elle soit déportée. Le livre est couronné par le prix Nice Baie des Anges.

En 2016, il crée le personnage récurrent de l’inspecteur Léon Sadorski, collaborateur et antisémite.

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Challenge polar 2017-2018          –          ABC 2017 _ Policier / Thriller

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