Une Forêt Obscure de Fabio M. Mitchelli

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Editions : Robert Laffont Parution : 15 septembre 2016 Pages : 416  Prix : 20.00€

À Montréal, Luka diffuse sur le Web les images des animaux qu’il torture, puis celles de son amant qu’il assassine à coups de pic à glace. Pour enquêter sur une telle affaire, il faut un flic borderline comme Louise Beaulieu.
En Alaska, dans la petite ville de Juneau, deux jeunes filles sont découvertes en état de choc. Pour comprendre, il faut un flic comme Carrie Callan, qui va exhumer les vieux secrets et regarder le passé en face.
Le point commun à ces deux affaires : Daniel Singleton, un tueur en série. Du fond de sa cellule, il élabore le piège qui va pousser Louise à aller plus loin, toujours plus loin… Jusqu’à la forêt de Tongass, là où le mensonge corrode tout, là où les pistes que suivent les deux enquêtrices vont se rejoindre.
Un thriller psychologique choral, librement inspiré de l’escalade criminelle du tristement célèbre Luka Rocco Magnotta et du meurtre prémédité qu’il a commis en 2012, sur la personne de Lin Jun, un jeune étudiant chinois installé à Montréal, ainsi que des crimes effroyables du tueur en série Robert Christian Hansen qui a violé et assassiné dix-sept femmes dans les environs d’Anchorage, entre 1971 et 1983. trait-rouge

 » Je n’ai rien d’un monstre. Je suis là uniquement pour nourrir l’esprit de la forêt, en lui offrant la chair de la jeunesse.  »

Daniel Singleton, alias Robert Christian Hansen (1939-2014), le monstre d’Anchorage.

« L’enfance est une plaie. … c’est le miroir de notre passé derrière lequel il faudrait rester caché, Louise, c’est une blessure qui se referme et s’infecte à mesure que l’on devient adulte »

« Luka souriait. Le plaisir qu’il prenait était jubilatoire, incommensurable, même. L’être qui l’avait dévoré au fils des ans ne lui avait laissé aucune chance. La bête noire s’était insinuée en lui, l’avait dissous de l’intérieur.

Sa peau reflétait l’horreur qui se déroulait sous ses yeux. La trépidation dense des jeux de lumière se répercutait de l’écran sur son corps, comme une projection diaphane et fantomatique depuis la vidéo que diffusait la bande passante. Les traits de son visage absorbaient les images de sa propre barbarie, son esprit quantifiait les time codes les plus cruels du film dont il était l’auteur. Les séquences de torture lui procuraient la sensation de dominer l’ensemble de l’espèce vivante à la surface du globe. Il était un prédateur cosmopolite au sommet de la chaîne alimentaire, un fauve urbain qui cherchait constamment à rassasier sa faim de gloire, étancher sa soif de célébrité dans un monde édifié par les diktats, un monde qui avait décidé de l’ignorer, de faire de lui un individu quelconque, insipide et sans intérêt. Une pièce parmi les pièces du grand système de l’humanité, un rouage de plus limité à sa propre circonvolution. »

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Donner un avis juste et cohérent, sans pour autant passer à la trappe les points forts du livre, qui me laisse un sentiment mitigé, un vrai dilemme !!

Je suis assez déçue de ne pas  avoir apprécié ce livre, peut-être à sa juste valeur, peut-être ai-je trop lu d’avis enthousiastes… Je ne sais pas… mais j’ai terminé une forêt obscure de Fabio Mitchelli depuis quelques jours et j’ai eu beaucoup de mal à faire mon article ! Au vu de ce que j’ai pu voir beaucoup ont apprécié mais moi moyennement ! Comment faire pour donner un avis mitigé alors que l’on lit des critiques élogieuses !? Pas simple tout ça !

Je n’ai pas lu « la compassion du Diable » dont les retours m’ont vraiment donné envie de découvrir cet auteur et puis les retours du  blog collectif polar  étaient tellement enthousiastes que je ne pouvais que aimer… je surveillais DONC activement ses sorties littéraires ! Et j’ai eu la chance de recevoir le livre par Babelio et les éditions Robert Laffont que je remercie au passage.

Mon avis quelque peu mitigé (bein ce n’est que mon avis…) ne remet pas en cause la qualité de l’écriture, Fabio Mitchelli a une plume vive et acérée, ce qui est un réel plaisir.

Le roman met du temps à démarrer ! J’ai eu un mal fou à me repérer au départ, j’ai bien cru que j’étais larguée ! J’ai choisi de ne pas trop penser aux prénoms des personnages et de me concentrer sur l’intrigue et heureusement ! Sans cela je pense que je l’aurais mis de côté 😐 Trop de noms, trop de lieux…

Je n’ai pas compris pourquoi l’auteur à fait le choix de 2 intrigues en une ! L’intrigue principale se suffisait à elle-même ce qui aurait réduit les personnages et aurait apporté plus de plaisir (pour moi). L’intrigue secondaire passant peu à peu aux oubliettes, malgré des rappels, on se concentre sur notre sujet principal avec un très bon sujet dans lequel j’aurai préfère plonger directement !

Je n’ai pas apprécié le parallélisme fait avec le « Le silence des agneaux » quand Louise Beaulieu, belle fliquette rouquine, se retrouve face à Daniel Singleton qui entre en scène avec une imitation du Docteur Lecter.

Le roman est parsemé de références musicales. Une playlist de quinze titre se trouve à la fin du livre, notamment, Rivers Of Tears d’Eric Clapton – Boring One de Big Fox – Song For Bob de Nick Cave & Warren Ellis  – The Happiest Lamb de Audra Mae

L’auteur nous embrouille avec différentes pistes  pour finalement se rattraper avec un très beau final, pour ce que j’ai considéré être l’histoire principale !! Et là je dois dire que là j’ai été bluffée et j’ai trouvé ça tellement bon que je sors limite fâchée de cette lecture ! Dommage que l’auteur nous ait noyé dans ses digressions.

J’ai beaucoup moins apprécié le final de la seconde histoire avec Daniel Singleton,  un copié collé malheureux, qui n’apporte rien, à part nous remémorer le film, tiré du livre de Thomas Harris.

Dommage car ce bouquin aurait pu être un petit bijou avec un peu plus d’une centaine de pages en moins ! Car l’intrigue et son final sont un pur plaisir!

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Spring Creek Correctional Center

Robert Christian Hansen né le 15 février 1939 à Estherville (Iowa) et mort le 21 août 2014 à Anchorage, Alaska, est un tueur en série américain. Entre 1971 et 1983, il a assassiné entre 17 et 21 femmes dans les environs d’Anchorage (Alaska). Arrêté en 1983, il est condamné à 461 années d’emprisonnement et c’est en prison qu’il meurt, au Spring Creek Correctional Center, à l’âge de 75 ans.trait-rouge

Fabio M.Mitchelli, né à Vienne (Isère) en 1973, musicien et écrivain, auteur de thrillers psychologiques, romans et nouvelles. Il a signé « La trilogie des verticales » parue aux éditions Ex-aequo entre 2010 et 2012, dont La verticale du fou. Il a été révélé au public par son thriller La Compassion du Diable (éditions Fleur Sauvage – 2014), surnommé Le Livre Bleu, inspiré par la vie de Jeffrey Dahmer. Il est fasciné par les faits divers et les grands criminels du XXème siècle.

 

challenge polar et thriller 2016-2017

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Un pavé par mois chez Bianca

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Dans le noir de David F. Sanderg – la peur primitive

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Réalisateur : David F. Sanderg – Scénario : Eric Heisserer, David F. Sanderg – Acteurs : Maria Bello, Teresa Palmer, Billy Burke, Gabriel Bateman, Alexander DiPersia – Durée : 81 minutes – Date de sortie : 24 Août 2016 – Genre : Epouvante/Horreur

Petite, Rebecca a toujours eu peur du noir. Mais quand elle est partie de chez elle, elle pensait avoir surmonté ses terreurs enfantines. Désormais, c’est au tour de son petit frère Martin d’être victime des mêmes phénomènes surnaturels qui ont failli lui faire perdre la raison. Car une créature terrifiante, mystérieusement liée à leur mère Sophie, rôde de nouveau dans la maison familiale. Cherchant à découvrir la vérité, Rebecca comprend que le danger est imminent… Surtout dans le noir.

Le réalisateur David F. Sandberg, en 2013, partageait sur son compte Vimeo, son court-métrage Lights Out. Grâce à sa diffusion, relayée par les réseaux sociaux, ce court métrage, avec 10 millions de vus, devient culte.

Lorsque j’ai entendu parlé de ce film, je me suis demandée si ce n’était pas un plagiat ! En effet quelques années plus tôt, j’avais pu voir le court-métrage horrifique de 3 minutes qui m’avait franchement foutu la trouille ! Il ne manquait qu’un pas, pour que petit film soit adapté en long métrage et produit par un habitué des films d’horreur, James Wan (Conjuring 1 et 2 – Annabelle…)

Comment transposer le concept de la créature qui n’apparait que dans le noir, concept simple, pour le faire durer 1h20 ? Transposer nos angoisses les plus profondes liées à notre enfance et à la peur du noir et les mettre en avant !

L’idée est très bien exploitée avec un scénario construit et des scènes nocturnes flippantes. Tout s’enchaîne rapidement, le rythme est efficace avec une bande son angoissante de Benjamin Wallfish

L’histoire du film commence avec Martin, un garçon d’une dizaine d’années qui vit avec sa mère, Sophie (Maria Bello), en dépression. La nuit, Sophie discute dans sa chambre avec une étrange créature du nom de Diana. Inquiet et sentant un danger, Martin trouve refuge chez sa sœur, Rebecca (Teresa Palmer), qui a connu la même chose à son âge.

Tout se cache derrière un secret de famille étrange centré sur le personnage de la mère.

Ce que je regrette, c’est l’explication donnée à toute cette histoire que je trouve trop simpliste, sans grande surprise et prévisible. D’un autre côté, on ne s’ennuie pas mais on reste tout de même sur notre faim malgré un final étonnant !

De bonnes idées, plus flippantes que « Conjuring 2 » à mon goût.

Avec ce long métrage, le réalisateur n’arrive pas à transposer la peur ressentie avec son court-métrage.

Rentable dès son premier week-end d’exploitation aux Etats-Unis, Dans le noir aura une suite. En attendant, son metteur en scène David Sandberg a été débauché pour réaliser la suite d’Annabelle.

 

Les Mille et une nuits de Jacques Cassabois

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Editions : livre de poche Jeunese Parution : 17 août 2016 Pages : 288  Prix : 5.90€

Humilié par son épouse volage, Shahryar, le roi de Perse, est persuadé que les femmes sont incapables d’être fidèles. Il décide d’épouser chaque jour une jeune fille qu’il tuera le matin suivant, après la nuit de noces, en guise de vengeance.
Pour mettre un terme à cette folie, la courageuse Shéhérazade se porte volontaire, et devient la nouvelle épouse de Shahryar. Pendant mille et une nuits, elle l’entraîne dans d’extraordinaires récits, peuplés d’étonnants personnages – tels que le pêcheur et le démon, Ali Baba, les trois calenders, ou les cinq dames de Bagdad…
Shéhérazade capture son intérêt et l’émerveille tant que, chaque matin, Shahryar lui accorde un sursis. Il ne la tuera pas, pas encore, pas avant d’avoir entendu la suite de l’histoire.  Lentement, guidé par la douceur et la patience de son épouse, les tourments du roi s’apaisent, et peu à peu, Shahryar réapprend à aimer.

Chaque jour, le roi Shahryar épouse une nouvelle femme.
Chaque soir, il s’endort dans ses bras.
Chaque matin, il l’exécute.
À l’aube, viendra le tour de Shéhérazade,
A moins qu’elle ne parvienne à arracher un sursis à son bourreau.

Plus besoin de présenter les Mille et une nuits, chef-d’œuvre de tous les temps, mais Jacques Cassabois, nous présente une version remise au goût du jour, qui s’adresse aux plus jeunes à partir de 9 ans.

En moins de 300 pages, l’auteur, dresse les grands contes des Mille et une nuits comme le pêcheur et le démon, Ali Baba, quarante voleurs et une servante, Les trois calenders, Les Cinq dames de Bagdad. L’histoire de Shahryar et Shéhérazade font quelques apparitions dans le récit, pour nous faire comprendre comment la belle Shéhérazade tente de toucher son mari et le faire revenir sur sa décision.

J’ai découvert, la plume de l’auteur grâce à Netgalley et j’ai été emballée par cette version qui rend accessible aux plus jeunes un chef d’oeuvre de la culture persane, grâce à une écriture accessible.

A découvrir et faire découvrir.

 

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Jacques Cassabois « aime les personnages qui résistent, capables de secouer l’ordre des choses, de  lever les énergies de chacun, d’entraîner derrière eux, riches d’ampleur, porte-parole des plus hautes qualités de l’homme. »
C’est ainsi qu’il a « fréquenté Sindbad le marin, Gilgamesh le Sumérien, Tristan et Iseut, la lumineuse Antigone, chevauché aux côtés de Jeanne d’Arc, accompagné les troupes d’enfants de 1212, en route pour délivrer Jérusalem, partagé la colère des Hérissons qui défendent leur avenir face aux menaces des puissants, et admiré Héraclès l’Obéissant repousser ses limites pour ouvrir une voie directe qui relie la Terre au Ciel. »

Nini Zombie, tome 1 : Celle qui n’existait plus de Lisette Morival et Fabrizio Borrini

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Nini est morte. Ce pourrait être la fin mais c’est le début d’une nouvelle aventure pour la jeune fille devenue un zombie. Mais rien n’est simple dans sa nouvelle vie. En renaissant, Nini a perdu la mémoire et ne se souvient que d’une chose : elle est dessinatrice. Mais qui est-elle vraiment ? Pourquoi le professeur Spirit l’a-t-il ramenée à la vie ? Et qui est Zékiel, ce feu follet qui se prétend éperdument amoureux d’elle ? En partant à la recherche de son passé, Nini va prendre de gros risques. En effet, un lourd secret plane sur sa famille et de nombreuses personnes souhaiteraient qu’elle reste amnésique. Et puis surtout, la mort rôde et elle est prête à tout pour récupérer l’âme perdue de « celle qui n’existe plus ».

Editions : Kennes Parution :Mai 2016 Pages : 165  Prix : 12,90

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La couverture moderne et fantastique, donne le ton à cette histoire de zombies. Un roman, avec cette thématique destiné à un jeune public est assez rare pour le souligner.

Nini Zombie est une une bonne surprise. L’intrigue est pleine de suspense d’actions et de rebondissements, ce qui donne un rythme assez dynamique doublée d’une écriture fluide.

Les évènements s’enchainent au retour de colonie de vacances de Nini et sa soeur Eloïse, lorsque les parents ne viennent pas les récupérer. Le lecteur est vite immergé dans la situation de ces deux jeunes filles, avec un récit court pour encourager les jeunes lecteurs et donner goût à la lecture.

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Je l’ai lu en une journée et je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer !

L’histoire est assez noire : des zombies, des savants fous, la Mort… mais le tout présenté d’une manière joviale et à aucun moment on tombe dans le glauque ou le morbide.Peut-être ce livre permet-il aussi d’aborder la mort…

Le livre est parsemé de petites illustrations représentant certaines scènes abordées, ce qui rend la lecture fluide et distrayante.

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Merci à Babelio et aux éditions Kennes pour l’envoi de ce roman jeunesse

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Comédienne, éditrice, écrivaine, ainsi qu’une scénariste française de bande dessinée, institutrice puis professeur de français, Lisette Morival aime par-dessus tout l’écriture. Elle a enseigné d’abord dans son pays natal, la France, puis décide de partir exercer aux États-Unis en 1983.
Elle reprend à 30 ans des études de journalisme et se consacre notamment à la création de magazines pour enfants au sein des plus grandes sociétés de presse françaises. Elle a été le 9ème rédacteur en chef du Journal de Mickey, succédant à Marion Desjardins. en février 2003, Lisette devient la rédactrice en chef du magazine de mode pour adolescente, W.i.t.c.h. Mag. En 2006, Lisette Morival scénarise deux histoires mettant en scène Winnie l’ourson et ses amis. En 2013, elle crée sa propre société d’édition, Didascalie.En parallèle, elle écrit des romans et des nouvelles dont deux recueils de souvenirs d’enfance coécrits avec Philippe Delerm. Elle est aussi l’auteur de nombreuses pièces de théâtre, jouées régulièrement sur les scènes parisiennes, et de pièces radiophoniques pour France Musique.

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Fabrizio Borrini est né à Liège le 14 avril 1960. D’aussi loin qu’il se souvienne, Fabrizio Borrini a toujours eu la fibre artistique. Dès ses quinze ans, il entre à l’Académie des Beaux-Arts de Liège où, à défaut de fréquenter assidûment les cours, il hante les couloirs, s’imprègne de l’atmosphère artistique des lieux et discute bande dessinée avec d’autres mordus.Son envie de faire de la BD est de plus en plus forte. Dans les années 80, Fabrizio Borrini publie « Suplex et Caltex » aux éditions Magic Strip. Ce premier album a un très bon accueil et lui ouvre les portes… de la publicité et du multimédia. Entre la réalisation de génériques pour la télé, de décors pour le théâtre et de publicités, Borrini n’a plus beaucoup de temps à consacrer à la BD. Ce n’est qu’en 1994 qu’il fait son retour dans le monde de la bande dessinée. À la demande du rédacteur en chef de l’époque, il entre dans la grande famille du Journal Spirou. Il animera tout d’abord la satire « Test à claques » avec Janssens au scénario. Toujours avec Janssens, il réalise par la suite une série d’histoires courtes. Viennent enfin les enquêtes délirantes de « L’inspecteur Zbu » qu’il anime avec Omond.

Nujeen- L’incroyable périple de Nujeen Mustafa et Christina lamb

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Editions : HarperCollins Parution : 2 novembre 2016 Pages : 416  Prix : 18€

A 16 ans, elle a fui la Syrie ravagée par la guerre en fauteuil roulant. Le témoignage exceptionnel et poignant d’une jeune fille qui a choisi la voie de l’espoir. En 2015, Fergal Keane, journaliste à la BBC, repère dans la foule des migrants une adolescente en fauteuil roulant. Emu et admiratif devant tant de cran, il recueille son témoignage. Aussitôt, les medias et les réseaux sociaux s’enflamment…  Avec la collaboration de Christian Lamb, Nujeen raconte comment elle a trouvé le courage de s’engager dans ce dangereux périple de 6 000 kilomètres, depuis la Syrie jusqu’à l’Allemagne en passant par la Grèce et la Hongrie…

Un récit porté par l’incroyable détermination de Nujeen et le principe auquel elle n’a pas dérogé :  ne jamais être une victime. 

 « Et maintenant que vous avez lu mon histoire, j’espère que vous verrez que je ne suis pas un nombre et qu’aucun de nous ne l’est. »

Christina Lamb, correspondante au Sunday Times, a couvert la crise des migrants et leur périple à travers l’Europe. Pour illustrer ses propos, elle se fait l’écho de Nujeen, dont le prénom signifie « nouvelle vie », une adolescente, en fauteuil roulant, qui fuie la guerre dans son pays.

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La journaliste, retrace dans un premier temps, les évènements qui ont conduit la Syrie à cette guerre, dans laquelle la population paie un lourd tribut.

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Dans un second temps, on suit Nujeen en fauteuil roulant, accompagnée de sa sœur Nasrine, de Gaziantep en Turquie jusqu’à Dortmund en Allemagne. Christina Lamb a souhaité montrer comment s’organise un tel voyage, les rapports que cela peut induire avec les passeurs, avec les autres personnes de la traversée, la manière dont se font et défont les itinéraires, comment les informations circulent, le rapport à l’argent, les conditions de vie des migrants…

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Dans une troisième partie, Nujeen est installée en Allemagne et nous la découvrons dans sa nouvelle vie.

J’ai trouvé dommage que le récit ne rende pas suffisamment honneur à sa sœur Nasrine, qui s’est pourtant occupée d’elle pendant tout le voyage, a poussé le fauteuil roulant, elle a montré tant de responsabilités avec force et courage, ne laissant rien transpirer de ses craintes ou doutes.

Quelques photos au centre du livre complète ce récit qui donne la parole à Nujeen sur sa condition et plus généralement sur celle des migrants.

A la fois touchant et instructif, ce livre nous permet de mieux appréhender la situation en Syrie et le quotidien des réfugiés.

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J’ai terminé ma lecture avec un sentiment mitigé et cette ambiguïté diffuse de récupération médiatique… Faire « pleurer dans les chaumières » en créant cette jeune icône … Les migrants ont-ils besoin de cela ? J’ai été assez « dérangée » par la présentation assez pointue de la politique et de l’Histoire de la Syrie, par la bouche d’une ado de 16 ans, qui semble parfois encore bien immature. Peut-être que ce livre aurait gagné en émotion, si l’esprit de cette jeune fille avait été plus mis en évidence…

Merci à Babelio et aux éditions HarperCollins, de m’avoir donné l’occasion de découvrir ce récit, qui peut s’avérer utile en ces temps parfois troubles, malgré mon avis mitigé. Le sort des migrants doit être connu surtout en cette période où les Européens en ont très peur…

Un avant après qui fait froid dans le dos… et pourtant les migrants font peur…. Et si la situation était inversée?

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J’ai bien peur que ce roman ne soit perçu comme le témoignage d’une jeune adolescente handicapée ne servant qu’à faire du sentimentalisme mal placé, face à une réalité politique défavorable.

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Nujeen Mustafa Cette jeune fille kurde a passé sa vie en fauteuil roulant et reçu très peu d’instruction en Syrie. Elle a appris seule l’anglais en regardant les séries américaines à la télévision, dans l’appartement familial, à Alep où la guerre faisait rage. Avant de s’engager avec sa sœur dans un éprouvant périple de près de 6 000 kilomètres, Nujeen s’était d’abord enfuie en Turquie depuis Kobané, sa ville natale, alors théâtre de violents combats entre le groupe Etat islamique et les forces kurdes soutenues par les Etats-Unis. Son récit témoigne de l’une des plus grandes crises humanitaires actuelles.

Christina Lamb Co-auteur de Moi, Malala, diplômée de Harvard et d’Oxford, elle a publié sept livres et reçu de nombreux prix pour son travail de grand reporter, dont celui de meilleur correspondant étranger à cinq reprises, ainsi que le prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre. Elle a su restituer dans ce récit la voix si attachante de Nujeen – vive, curieuse des autres, empreinte de compassion et d’optimisme.

 

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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