Prix nouvelles voix du Polar – Catégorie Auteurs étrangers – Ragdoll de Daniel COLE

Parution : 8 mars 2018 – Editeur : PocketPrix broché : 21,00€ – Prix Poche : 8,10€ – Prix Numérique : 8,99€ – Pages : 512 – Genre : Polar-Thriller-psychologique

Lorsque les éditions Pocket m’ont confirmé la sélection du blog pour participer au Prix Nouvelles Voix du Polar 2018, j’étais super heureuse et fière (ça fait du bien à l’égo, pourquoi mentir…)

Quatre livres ont été choisis par les libraires, et une team de lecteurs doit désigner les deux finalistes : 1 auteur français et 1 auteur étranger.

J’ai eu le plaisir de découvrir cette intrigue, parue dans la Collection la Bête Noire des éditions Robert Laffont, en mai dernier et j’en garde un excellent souvenir !

Je publie à nouveau mon avis, afin de mettre en avant l’ensemble les livres sélectionnés par le Prix.

Ragdoll ? Késako ? Des bouts de chiffons assemblés, pour former une tête et un corps de poupée. Des petites poupées bien mignonnes qui font rêver les petites filles… Mais ici, c’est du sordide, de l’horreur à l’état brut.. ! Ici Ragdoll, c’est une poupée de chair et de sang, une poupée composée de six personnes différentes… Un corps, six victimes…

Tout commence d’une manière assez classique avec des meurtres, une enquête et les flics qui vont avec ! Oui mais ici, l’auteur a décidé de se jouer du lecteur… Les cartes distribuées au départ vont se révéler bien différentes en fin de partie…

On a ce flic un peu borderline dont la vie a basculée… Et cette équipe constituée de bons éléments… Chacun avec ses failles tente de déjouer les plans d’un meurtrier inventif et qui les mène en bateau…

En lisant la quatrième de couverture, je m’attendais à une lecture sanglante avec moult détails bien gores, mais ce ne fut pas le cas.

L’intrigue est centrée sur le suspense et le compte à rebours dans lequel le tueur entraine les flics…

On ne peut pas dire que l’auteur mette du temps à nous immerger dans son intrigue, ça démarre fort, pour peu à peu se retrouver dans une course contre la montre…

Les minutes, les heures, s’égrainent au fil de la lecture, le tueur a sa feuille de route, avec une liste de victimes associée à des jours précis. Il faut déjouer ses plans, mais il faut surtout savoir comment il va s’y prendre.

La psychologie des personnages est décortiquée pour laisser place aux questions… Le tout est mener d’une main de maître avec une plume ciselée, des phrases nerveuses, courtes et une atmosphère frôlant la folie…

Je me suis laissée embarquée, aussi bien par l’intrigue, que par le rythme effréné, sans pouvoir reprendre mon souffle, tellement les évènements s’enchainent.

L’auteur a une écriture très visuelle, qui permet de totalement vivre les différents rebondissements, mais surtout d’être mené par le bout du nez, par une enquête intense au final brillant !

Né en 1984, a été ambulancier dans une vie antérieure. Guidé par un besoin irrépressible de sauver les êtres, il a également été membre actif de la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals, l’équivalent anglais de notre SPA. Plus récemment il a travaillé pour la Royal National Lifeboat Institution, une association dédiée au sauvetage en mer le long des côtes britanniques. Cet altruisme est-il la manifestation de sa mauvaise conscience quant au nombre de personnes qu’il assassine dans ses écrits ? Il vit sous le soleil de Bournemouth, au Royaume-Uni, et on le rencontre souvent sur la plage.

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La femme à la mort de Samuel Sutra

Parution : 9 juillet 2018 – Éditeur : Flamant Noir – Prix broché :  19,50€ – Prix Numérique : 9,99€ – Pages : 198 – Genre : Polar

Un hôtel… Une chambre dont la porte est fermée à clef « de l’intérieur », l’unique fenêtre fermés, pas de cheminée… Une touriste russe qui se suicide… L’Ambassade Russe qui fait rapatrier le corps en quatrième vitesse… Comme pour cacher quelque chose… Mais quoi ? Le commissaire Verdier est à 6 mois de la retraite et trop de questions le hantent… Stan, ex-flic et ami vient à la rescousse.

Avec « La femme à la Mort », Samuel Sutra, fait un petit clin d’œil au « Mystère de la chambre jaune » de Gaston Leroux, qu’on ne peut qu’apprécier. Son duo d’enquêteurs atypiques va tout reprendre et décortiquer cette enquête bâclée, dès le départ…

Une équipe de choc menée par un ancien flic, aux méthodes peu orthodoxes.

Malgré une intrigue sombre, l’auteur a réussi à plusieurs reprises à me faire sourire. J’ai apprécié cette plume maîtrisée, emprunte de Légèreté, parfois burlesque. Les dialogues sont par moment jubilatoires, créant un texte unique dans son genre.

Une plume directe qui ne se perd pas en descriptions trop longues, l’auteur ferre son lecteur et l’entraine dans les tréfonds d’une enquête rondement bien menée. Des retournements de situations très bien pensés, sans tomber dans les rebondissements répétitifs qui pourraient alourdir le récit. Le tout est nourri avec une gouaille de titi qui fait penser aux vieux films où l’argot donnait du corps.

C’est le deuxième livre de l’auteur que je découvre et je dois dire que l’auteur sait manier les mots et même si dans «Coupables» sa plume est beaucoup plus sombre, il ose une écriture totalement différente, qui m’a complètement embarquée.

Publié en 2012 aux Éditions Sirius, Flamant noir a eu l’excellente idée de rééditer ce texte, permettant ainsi de redécouvrir un excellent polar avec une très bonne intrigue.

Je remercie les éditions Flamant noir et NetGalley pour cette excellente découverte.

 

Un livre, un extrait… La femme à la mort de Samuel Sutra

« Nous basculons avec précaution la poubelle, qui nous offre alors un banc de fortune, et posons nos proses délicatement dessus. »

Auteur : Samuel Sutra

Flamant Noir Editions

Parution : 09/08/2018

Nombre de pages : 198

La Rochelle, 2012. Le commissaire divisionnaire Jacques Verdier s’apprête à prendre sa retraite. C’est la quille bien méritée d’un flic au pedigree impeccable, bien décidé à se la
couler douce.

Mais, à six mois de la fin du bail avec remise des clefs, voilà qu’une touriste décide de mourir dans une chambre d’hôtel du centre ville. Un suicide tellement parfait que l’ambassade s’en mêle et fait vite classer le dossier. Trop vite peut-être. Verdier est de ceux à qui on ne la fait pas, et il aimerait partir l’esprit tranquille. Qui est réellement cette
Russe ? Aucune idée. Pourquoi avoir fait ce voyage ?

Les enquêteurs n’en savent rien. Verdier décide alors de faire appel à son vieil ami Stan, un ex-flic baignant dans le milieu, aux manières peu orthodoxes et aux informateurs aussi inattendus qu’infréquentables. Ils reprennent tout à zéro, partant de la seule certitude concernant cette affaire : elle est déjà classée et le corps est dans un cercueil plombé en route pour Moscou.

La Rivière de l’Oubli de Cai Jun

 

 

 

Parution : 13 septembre 2018 – ÉditeurXO éditions – Prix broché :  21,90€ – Prix Numérique : 13,99€ – Pages : 484 – Genre : Thriller-fantastique

Quelle plaisir de découvrir une plume différente avec une intrigue qui oscille entre Polar et thriller fantastique. En publiant cet auteur Chinois vendu à plus de 13 millions de livres, XO éditions permet à ses lecteur de plonger dans une intrigue hors du commun et de découvrir par cette plume un pan des traditions et croyances chinoises. Je ne me doutais pas de ce que j’allais découvrir, même si cette petite phrase d’accroche, surnommé « le Stephen King chinois », faisait son petit effet sur moi et laissait présager une petite découverte sympathique.

Et je dois dire que je n’ai pas du tout été déçue, même si le démarrage est assez déstabilisant, on se fait vite à la plume de l’auteur et malgré quelques longueurs ou répétitions d’un chapitre à l’autre, on a envie de savoir comment tout cela va se terminer.

Ce qui m’a le plus déstabilisé au départ, c’est le tutoiement ! Je n’ai à ce jour, jamais vu un flic tutoyer son suspect… Une fois la surprise passée, il faut juste intégrer que nous sommes dans une Chine communiste et que les règles sont différentes, que ce soit dans l’attitude des personnages, cette déférence que nous occidentaux n’avons pas… Mais parfois également cette attitude servile de certains…

La lecture commence avec une liste des différents protagonistes et c’est appréciable, car on peut facilement se perdre avec des prénoms aux consonances différentes de celles que nous connaissons.

L’auteur construit une intrigue très bien ficelée, la traduction est très fluide et rend bien cette atmosphère oppressante propre à ce genre, tout en faisant ressortir l’emprunte particulière de l’auteur.

On suit une enquête, menée sur plusieurs années, parsemée de fantastique où la réincarnation joue un rôle prépondérant. On apprend beaucoup de choses sur les croyances populaires chinoises et notamment sur la réincarnation et sa perception.

Que l’on croit à ces histoires ou pas, ces croyances, superstitions ont le mérite de montrer l’importance du monde des esprits, en les mettant au centre de son intrigue l’auteur nous permet de mieux comprendre les traditions et la mentalité chinoise.

Une ambiance fantastique et surnaturelle, ancrée dans la réalité, grâce à cette enquête qui n’a rien de surnaturelle, puisque plusieurs meurtres non élucidés ont bien eu lieu. Une intrigue très bien ficelée dont on savoure chaque ligne, grâce à l’auteur qui nous transporte parfois à la limite de l’inconcevable. Notre regard occidental sera plus critique, plus extérieur et pourtant l’intrigue a un côté fantastique prenant et haletant, mais tout en étant emprunt de poésie. Cette poésie palpable grâce à cette fascination que nous avons de l’Asie.

La résolution de l’intrigue, qui court sur plusieurs années, happe le lecteur qui est pris entre les filets de l’auteur et lorsque l’on pense que justice est enfin rendue, un retournement de situation vient tout remettre en question. Et même si justice est faite, on ne peut que se demander comment cela aurait été appréhendé en occident. Les délais de prescriptions inexistants permettent une justice peut-être plus équitable… Ou du moins une justice sans terme échu. La Chine communiste prend tout ce sens et pourtant elle n’est pas exempte de trafics en tout genre et de corruptions.

L’être humain est également décrit dans ce qu’il a de plus sombre et de plus vil sous couvert d’égalité. Il y a un côté « modernisme » qui est inexistant notamment dans les descriptions de la rue, avec la restauration de rue et les immeubles décrépits.

La noirceur est autant présente dans la description humaine que dans le tableau environnemental décrit. C’est sombre, glauque, crasseux comme un parallèle entre l’être humain et les murs qui l’enferment…

L’auteur parsème son intrigue de références poétiques et c’est rafraichissant, car on sort de cette lecture enrichie de quelques notations et surtout de quelques auteurs à découvrir…

Je remercie sincèrement XO éditions ainsi que NetGalley, pour la découverte de cette plume et surtout pour l’envie que cela m’a donné de me tourner vers des auteurs différents et de nouvelles perspectives de lecture.

 

Un livre, un extrait… La Rivière de l’Oubli de Cai Jun

« La langue tue plus de gens que le glaive. »

Auteur : Cai Jun – XO éditions – Parution : 13/09/2018 – Nombre de pages : 484

Chine du Nord, juin 1995. Shen Ming, jeune et brillant professeur, est suspecté d’avoir assassiné une lycéenne. Quelques jours après, il est poignardé près de l’école, dans une usine désaffectée. Neuf ans plus tard, le mystère s’épaissit. Les présumés meurtriers du professeur sont envoyés, eux aussi, au royaume des morts. La rumeur se répand alors : et si Shen Ming avait traversé la rivière de l’oubli pour se réincarner et se venger ?

 

L’île des absents de Caroline Eriksson

Parution : 7 juin 2018 – Éditeur : Presses de la cité Prix broché :  19€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 240 – Genre : Thriller-psychologique

Bianca et moi avons des lectures quelques peu différentes, pour autant l’Ile des absents de Caroline Eriksson, semblait être une lecture commune parfaite et nos avis convergent vers quelques points communs… Je vous invite à découvrir l’avis de Bianca ici.

Le résumé de l’éditeur et cette couverture, laissaient présager une disparition quelque peu étrange, un genre que j’affectionne s’il est bien construit… J’ai même pensé que l’intrigue se transformerait en fantastique…

Des fois tu embarque dans un livre pensant aller dans une direction précise, pour en fin de compte te retrouver à l’opposer de ce que tu imaginais…

Au départ, je me suis sentie perdue dans les méandres de cette lecture… J’oscillais, entre déception et soupirs… L’intrigue ne correspondant pas du tout au résumé… Mais l’auteur, dès la résumé, brouille les pistes… Et j’ai finalement été happée par cette lecture, qui m’a bouleversée.

Véritable ascenseur émotionnel, pour peu que l’on soit sensible à la construction narrative de l’auteur, ce thriller psychologique nous fait passer par plusieurs sentiments. Une véritable descente aux enfers, qui va autant remuer Greta, qu’on apprend peu à peu à connaitre, que nous, pourtant simples lecteurs…

Après quelques pages, je pensais qu’elle était schizophrène et je dois dire, que même si j’aime les histoires tordues, j’étais un peu déçue de plonger dans une énième intrigue de ce genre. Mais l’auteur va peu à peu retourner la situation qui prend une ampleur complètement différente et là j’ai plongé dans les méandres de la perversité humaine…

Les relations perverses, la perversion, les relations familiales tordues…. L’impact des choix des parents sur les enfants… En si peu de page, l’auteur aborde des thèmes d’une gravité palpable et qui peuvent faire écho en chacun de nous. Ici la perversion est disséquée pour le plus grand bonheur du lecteur, mais surtout elle est abordée de plusieurs manières.

La perversion dans le couple, mais également la perversion dans le couple parent enfant et pour finir par aborder les non dits et leur impact sur la personnalité en construction d’un enfant…

Greta est malmenée, mais même si elle touche le fond de l’horreur et de la bassesse humaine, elle va peu à peu éclore et l’introspection au fil des lignes… Des pages, va lui permettre de se retrouver… Mais l’image fantasmée n’est jamais bien loin et je dois dire que l’auteur nous perd dans ses pages, puisque le lecteur se demande si c’est la réalité ou si la cerveau de Greta est complètement dérangé…. Ou si elle ne fantasme pas sa vie…

Peu à peu, la trame de l’auteur délivre ses réponses et les vérités apparaissent… Horribles… Inconcevable… Irréelle… Et pourtant… L’auteur soulève de vraies questions humaines et sociétales, avec la place de la femme et les violences…

La violence physique et psychologique est terriblement destructrice dans un couple et le dominant trouve tes failles…. on met des années à s’en remettre avant de s’apercevoir que C’est l’autre le problème…

Oui j’ai aimé même si au départ j’ai été déstabilisée car je ne voyais pas où ça menait ! Et j’imaginais lire une énième intrigue de folie meurtrière et maladie mentale. Mais l’auteur a vraiment fait un beau travail sur l’intrigue.

Pour une premier livre, Caroline Eriksson commence fort ! On est bousculé dans nos convictions… La narration est telle qu’une introspection s’opère et devient nécessaire… On termine cette lecture, qui nous prend dans ses filets pour nous recracher complètement sonné… Bouleversé… Car tout prend sens…

Peu à peu la déception a fait place à une frénésie. Je voulais comprendre… Savoir… Pourquoi ? … Comment ?… Et j’ai terminé par avoir un vrai coup de cœur pour l’histoire, la plume tordue de l’auteur et les révélations finales.

Un thriller scandinave qui change et qui déroute, car différent de ce que l’on a déjà pu découvrir.

Je remercie les éditions Presses de la cité et NetGalley, sans qui cette lecture n’aurait pu se faire dans l’immédiat…