Ça ne coûte rien de demander de Sara Lövestam

Parution : 11 janvier 2018 – Editeur : Robert Laffont – Collection : La Bête noire – Prix Broché : 21€ – Prix poche : 7,50€ – Prix numérique : 8,99€ – Pages : 400 – Genre : thriller, thriller-psychologique.

Après « chacun sa vérité », Sara Lövestam décrit l’immigration et la vie d’un réfugié sans fioritures et de manière touchante. L’inspecteur Kouplan, un personnage atypique, immigré iranien et transgenre, détective sans papiers, vivant à Stockholm. Un polar qui n’en est pas un… Finalement, l’auteur a crée un personnage tellement attachant, que l’on souhaite ne jamais avoir à l’abandonner.

Chacun sa vérité se terminait sur une révélation inattendue et j’étais impatiente de voir comment l’auteur allait poursuivre, avec ce deuxième titre. Je dois dire qu’avec « ça ne coûte rien de demander », la qualité monte d’un cran. Kouplan prend de l’épaisseur et on entre plus profondément dans son intimité.

Sans être complètement SDF, la situation de Kouplan, est toujours aussi précaire, il fait des poubelles pour trouver des canettes, qu’il va pouvoir consigner pour quelques couronnes.

On entre dans la tête de Kouplan, dans ses réflexions, ses envies. Sa fragilité à fleur de peau, le rend vulnérable et le transcende en même temps. Il a ce défit qui brille au des yeux. Le défit d’arriver à survivre quoi qu’il arrive, mais en gardant ses valeurs. Son humanité.

Une intrigue d’une grande force, dont Kouplan devient le fer de lance, sous la plume de Sara Lövestam, dont l’engagement pour les problèmes des réfugiés m’a complètement subjugué.

Un deuxième opus qui peut se lire, sans avoir lu « chacun sa vérité », mais ce serait dommage de passer à côté de certaines informations.

Ici l’enquête est plus travaillée, même si ce n’est pas une enquête policière, elle en possède tous les ingrédients, surtout si on le compare au première qui se situe plus dans le roman social.

« Chacun sa vérité » était bon, mais celui-ci est un cran au-dessus. L’intrigue en elle-même est secondaire, mais les personnages sont formidables. Un polar ancré dans notre quotidien, en prises avec notre société.

La plume de l’auteur est à l’image de son personnages, cynique, pleine d’humour avec une pointe de dérision, qui fait sourire et permet de garder la légèreté dans ce roman, somme toute bien sombre.

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

 

 

Sara Lövestam est une écrivaine et s’impose comme l’une des nouvelles voix littéraires suédoises. Professeure de suédois pour les immigrés, journaliste freelance et militante LGBT, elle écrit une rubrique pour le grand magazine gay QX. Elle est l’auteur d’ouvrages de littérature d’enfance et de jeunesse et de romans historiques. Actes Sud a publié son premier roman, « Différente » (Udda, 2009) – récompensé par le prix du Swedish Book Championship -, en 2013, et « Dans les eaux profondes » (I havet finns så många stora fiskar, 2011), en 2015. Sara Lövestam est également auteure d’une série de romans policiers qui raconte les enquêtes de Kouplan, un immigré et ancien journaliste iranien devenu par la force des choses détective sans-papiers dans le Stockholm underground. Le premier volet de la tétralogie Kouplan, « Chacun sa vérité » (Sanning med modifikation, 2015) a reçu le prix de l’Académie suédoise des auteurs de polars 2015, le grand prix de littérature policière 2017 et le Prix Nouvelles Voix du Polar 2018 des Éditions Pocket. « Ça ne coûte rien de demander » (Önska kostar ingenting, 2015) est la suite. Sara Lövestam vit à Stockholm.

Un livre, un extrait… Ça ne coûte rien de demander de Sara Lövestam

Parution : 11 janvier 2018 – Editeur : Robert Laffont – Collection : La Bête noire – Prix Broché : 21€ – Prix poche : 7,50€ – Prix numérique : 8,99€ – Pages : 400 – Genre : thriller, thriller-psychologique.

« Quand vous avez les mains plongées dans les ordures, les gens évitent de vous regarder. S’ils le peuvent, ils vous ignorent même complètement, alors autant y enfoncer le bras tout entier. Kouplan n’est pas encore parvenu à surmonter le dégoût que lui inspirent les vieux chewing-gums et les restes mâchouillés. Quant au risque de tomber sur des seringues, il ne veut même pas y penser. »

 » Si la police ne peut rien pour vous, n’hésitez pas à faire appel à moi.  » Kouplan, détective sans-papiers.
Ça y est, l’autoproclamé  » détective  » Kouplan, immigré iranien à Stockholm, n’a plus un rond. Il en est réduit à collecter des cannettes vides pour les revendre contre quelques pièces.
En fouillant dans les poubelles du quartier huppé de Lidingö, il croise le chemin de Jenny Svärd, conseillère municipale aux dents longues, dont il surprend la conversation : Jenny vient de se faire escroquer par son amante, qui a disparu dans la nature avec deux cent mille couronnes. Puisque ça ne coûte rien de demander, Kouplan saute sur l’occasion pour lui proposer ses services d’enquêteur…

Frère d’âme de David Diop

Parution : 16 août 2018 – Éditeur : Éditions du Seuil Collection : Cadre rouge – Prix numérique : 11,99€ – Prix papier : 17€ – Pages : 176 – Genre : roman historique, témoignage

Lire « Frère d’âme », c’est découvrir une plume. Une plume tout en poésie qui sert un devoir, une mémoire. L’histoire occulte parfois certains passages dont elle est peu fière et David Diop, remet au goût du jour certains oublis…

Lire « Frère d’âme », c’est plonger dans les tranchées de la Première Guerre Mondiale, c’est faire la connaissance des tirailleurs sénégalais…

Je me suis laissée porté par la plume de David Diop, j’ai fermé les yeux et j’ai eu la sensation de me retrouver dans un village africain et d’écouter cette histoire. Une histoire chantée comme une litanie, une ode à la mémoire, à l’amitié, une ode à la vie.

La barbarie n’est pas loin, mais les barbares ne sont pas ceux que l’on croit… La colonisation a fait des dégâts et son ombre continue à planer.

Alfa Ndiaye, tirailleur sénégalais, répété comme un mantra, qu’il n’a pu sauver « son plus que frère », il laisse sa colère se déchaîner. Une colère destructrice, jusqu’au bord de la folie. Mais Alfa va se ressaisir et pose dans une complainte, les mots sur ses maux. Ces mots qui vont nous enivrer, même si parfois, on se perd dans ces psalmodies dans lesquelles il nous entraîne. Nous allons le suivre sur le précipice de sa vie.

Avec la mort de Mademba, son frère d’âme, éventré, le « dedans du corps dehors », Alfa décide que puisque la France veut un sauvage, il va être le sauvage… Il va devenir ce sauvage monstrueux, ritualisant ses meurtres et se mettant en marge de ses frères d’armes, devenant un « dévoreur d’âmes » Alfa raconte, se raconte comme un cri, une demande de pardon, à travers ses incantations.

Un style étonnant, comme un diamant brut avec des phrases courtes, simples, que l’auteur fait répéter à Alfa, comme une litanie obsédante. Le tout ponctué d’images de son Afrique natale, son Afrique poétique. Un conte africain remis au goût de l’époque, qui sert le propose de ces tirailleurs africains, trop souvent oubliés.

Un roman court, mais d’une rare intensité. Qui peut sembler ardu à lire, mais qui laisse une musicalité remarquable en tête.

David Diop naît à Paris et passe une partie de sa jeunesse au Sénégal avant de revenir en France pour ses études. Il devient en 1998 maître de conférences en littérature à l’université de Pau et des pays de l’Adour. Lauréat du prix Goncourt des lycéens en 2018 pour son premier roman, Frère d’âme.

Un livre, un extrait… Frère d’âme de David Diop

 

 

 

Parution : 16 août 2018 – Éditeur : Éditions du Seuil Collection : Cadre rouge – Prix numérique : 11,99€ – Prix papier : 17€ – Pages : 176 – Genre : roman historique, témoignage

« Ce n’est qu’à ta mort, au crépuscule, que j’ai su, j’ai compris que je n’écouterai plus la voie du devoir, la voix qui ordonne, la voix qui impose la voie. »

Un matin de la Grande Guerre, Le capitaine Armand siffle l’attaque contre l’ennemi allemand. Les soldats s’élancent. Parmi eux, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d’Alfa, son ami d’enfance, son plus que frère.

Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s’enfuit. Lui, le paysan d’Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l’effroi, tranche les mains de ses ennemis qu’il conserve comme autant de trophées. Au point d’effrayer ses camarades. Son évacuation à l’arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité, dont la convocation fait figure d’ultime et splendide résistance à la première grande boucherie de l’ère moderne.

D’une mort lente de Emelie Schepp

Parution : 6 mars 2019 – Éditeur : HarperCollinsCollection : HarperCollins Noir – Prix numérique : 12,99€ – Prix papier : 20€ – Pages : 416 – Genre : thriller,

Troisième enquête de Jana Berzelius, qui peut se lire indépendamment des autres, ce roman semblait réunir tous les ingrédients d’un bon thriller scandinave.

Même si en général j’aime découvrir les enquêtes d’un flic dans l’ordre de parution, je dois dire que cet auteur ne m’attirait pas particulièrement. Mais la 4ème de couverture était plutôt alléchante, et le fait est que j’ai eu le plaisir de découvrir ce titre grâce à BePolar.

Malheureusement, il m’a manqué un je ne sais quoi, pour que j’accroche.

Norrköping est le théâtre de plusieurs meurtres, aussi atroces les uns que les autres, mais avec le même mode opératoire. Deux enquêtes vont se télescoper : celle de ces meurtres et celle de Danilo Pena, ennemi juré du procureur Jana Berzelius, qui vient de s’échapper de l’hôpital où il est traité…

En général, j’apprécie les polars nordiques pour leur construction, mais surtout pour l’atmosphère qu’ils dégagent. Pourtant, ici, je n’ai pas été emballée. Je n’ai pas compris pourquoi on parle de la troisième enquête du procureur, puisqu’elle n’est pas le personnage principal du bouquin ! Elle ne fait qu’être spectatrice de cette enquête.

Malheureusement l’auteur n’arrive pas à faire émerger ses personnages, qui restent assez ordinaires. Chacun étant confronté à des soucis personnels ou professionnels, mais sans se démarquer du polar à la construction classique.

La tension reste au ras des pâquerettes et n’arrive pas à décoller, malgré ces victimes qui s’enchainent et pour lesquelles je n’ai ressentie aucune empathie. J’ai attendu cette ambiance sombre et pesante, caractéristique de la littérature nordique, mais malheureusement, elle n’a pas été au rendez-vous.

Ce livre a été lu grâce à BePolar et la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

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Née en Suède, à Motala, en 1979, Emelie Schepp appartient à la nouvelle génération d’écrivains nordiques, celle qui a succédé à des auteurs mondialement connus comme Stieg Larsson. Après avoir remporté un prix d’Art dramatique et travaillé dans la publicité, Schepp fait des débuts très remarqués avec « Marquée à vie », le premier volume de sa trilogie Jana Berzelius. Déjà vendue dans 27 pays à ce jour, la trilogie a conquis 200 000 lecteurs rien qu’en Suède. Emelie Schepp a été élue par le festival de thrillers de Gotland, en Suède, « Auteur de l’année 2016 » pour son roman « Marquée à vie », parmi plus de 15 auteurs tels que Lars Kepler, Camilla Läckberg et Viveca Sten.

Un livre, un extrait… D’une mort lente de Emelie Schepp

Parution : 6 mars 2019 – Éditeur : HarperCollinsCollection : HarperCollins Noir – Prix numérique : 12,99€ – Prix papier : 20€ – Pages : 416 – Genre : thriller-polar

« Elle n’aimait pas socialiser, n’éprouvait pas le besoin de voir les autres juste pour les voir. Pour elle, la conversation avait une fonction presque exclusivement professionnelle. Au tribunal, elle n’avait aucun problème à se lancer dans de longs exposés pour présenter les faits, mais avoir une conversation d’ordre privé était un défi pour elle. Un défi qui ne l’intéressait pas. Le privé, elle le gardait pour elle. »

Mis en scène dans leur propre appartement, des corps comme des poupées incomplètes, mutilés avec une précision chirurgicale.
Justement, c’est peut-être la chirurgie qui relie les victimes entre elles. Et, plus précisément, une erreur médicale commise dans le secret d’une salle d’opération, étouffée par les années.
Des nuits blanches attendent la police de Norrköping et la procureure Jana Berzelius.
Mais cette dernière a d’autres cauchemars que le tueur au scalpel.
Un homme qui la connaît depuis l’enfance. Un homme qui pourrait révéler à tous que Jana a été élevée et entraînée pour tuer. Cet homme est sa véritable menace. Et il vient juste de s’échapper.