Parution : 17 octobre 2018 – Calmann-LévyPrix papier : 19€ – Prix numérique : 13,99€ – Pages : 240 – Genre : BD

Hannah Arendt prend vie sur les planches de Ken Krimstein, nous permettant de découvrir sa pensée philosophique, ses rencontres, ses détracteurs ou amis. Confrontée à une vie pas simple pour une femme de son époque sans pourtant renoncer à être elle-même.

240 planches semblants avoir été dessinées de manière simpliste, non pour mettre son coup de crayon en avant, mais bien pour mettre en avant, une femme hors du commun. Une mise en bouche qui donne envie d’en savoir plus et qui suscite la curiosité.

Une personnalité sulfureuse, souvent décriée qui aura connu les horreurs nazies, mais qui aura marqué son temps et le nôtre en remettant sans cesse le monde en question.

La première partie de cette BD présente de manière générale la philosophe et les personnalités qui jalonnent son quotidien. Sa rencontre avec Heidegger sera une révélation.

La deuxième partie correspond à une période d’instabilité, avec la montée du nazisme en Allemagne et sa fuite aux États-Unis, puis à Paris.

Dans la troisième partie, Arendt cherche à comprendre comment toute cette guerre et ce génocide a pu arriver. Elle va remettre en cause toutes ses réflexions et les réflexions philosophiques de son entourage. L’auteur prend le temps d’évoquer l’émotion ressentie lors de la révélation de l’existence des camps de concentration, avec le sentiment qu’une faille s’était ouverte…

Une belle façon de rendre accessible la pensée philosophique de cette grande dame, en abordant les thématiques qui ont marqué sa vie, notamment après le tournant de le Seconde Guerre Mondiale.

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions, vous pouvez consulter la page Partenariats

Ken Krimstein est un illustrateur et dessinateur qui a travaillé notamment pour le New Yorker, Punch ou encore le Wall Street Journal. Il a publié des chroniques pour la presse papier et Web. Également écrivain, il enseigne à l’université DePaul et à la School of the Art Institute de Chicago. Il vit à Evanston, dans l’Illinois.

 

 

Parution : 11 septembre 2019 – l’Archipel Collection : Suspense – Prix papier : 19,90€ – Prix numérique : 9,99€ – Pages : 366 – Genre : thriller, thriller-psychologique

Un virage pris un peu trop vite et la vie d’une famille entière bascule…

Lorsque les flics mettent la main sur un meurtrier, il est très rare que la place et les réactions de la famille soient abordées. Ici, l’auteure s’attache à nous parler des enfants et de la femme d’un tueur en série, narcissique et machiavélique. Comment retrouver une vie normale quand on a été confronté à l’abject. Comment une femme qui a vécu des années avec un meurtrier peut trouver grâce et compréhension dans le regard des gens ? Et les enfants ? Ces enfants dont la vie bascule, dont le père a tué des dizaines de femmes, peuvent-ils se construire après indescriptible ?

L’auteur aborde toutes ces thématiques dans ce premier livre et c’est ultra bien construit. L’aspect psychologique, les doutes, la haine, l’incompréhension sont savamment dosés tout au long de cette intrigue très bien menée.

Malgré quelques passages répétitifs, lors des pensées du personnage principal, certainement pour accentuer la peur ressentie, le récit est fluide et on se laisse facilement par la lecture. Les personnages sont bien construits, l’aspect humain et empathique est palpable.

La paranoïa est palpable avec cette mère de famille qui veut se protéger, mais surtout protéger ses enfants, du monde extérieur qui ne leur veut que du mal. Dent pour dent, œil pour œil. D’après eux, il faudrait, condamner cette famille au même châtiment que le père. Comme pour éradiquer le mal. Elle doit affronter tout ceux qui la croient complice et décrivent avec moult détails les tortures qu’ils aimeraient lui infliger ainsi qu’à ses enfants.

Elle doit donc faire face aux tueurs en puissance qui se cachent derrière un écran, qui la traquent, mais vont jusqu’à la pister, pour découvrir où elle se trouve. L’auteur arrive à décrire l’escalade de cette violence et la diarrhée verbale sur internet, de manière saisissante. C’est tellement bien décrit, que l’on a aucun mal à y croire et surtout j’ai trouvé que cela collait à certains reportages ou série sur les États-Unis…

Elle devient une autre, en même temps un truc comme ça doit radicalement changer une personnalité, après avoir été une femme naïve et soumise, qui malgré quelques signes bizarres de son mari ne se serait jamais douté, qu’un meurtrier vivait à ses côtés, mais surtout que tout se déroulait à une cloison de son salon…

L’ensemble de l’intrigue repose sur une question simple : comment reconstruire une vie, disparaitre quand votre mari est un serial killer d’une cruauté sans pareil et que pour tous, vous êtes sa complice ? Comment y arriver alors que sur les réseaux sociaux les pires instincts se déchaient ?

Une traque qui va durer tout au long de ces pages, sans temps morts, mais sans explosions non plus. C’est en latence, c’est le sentiment diffus de peur perpétuelle et désir de fuir avant qu’ils ne soient découvert. Une traque qui ne permet pas de souffler, de se construire, ni de se reconstruire, on n’a le temps de rien, puisque toutes les pensées sont tendues comme un arc prêt à tirer pour décamper. Pas de famille, pas d’amis, rien que le lien qui unit cette mère et ses enfants. Une mère qui rêve de poser ses valises pour offrir une stabilité à ses enfants, après avoir vécu l’horreur.

L’auteure a beau être un auteur yong adult, elle s’en sort vraiment pas mal avec son premier roman adulte avec une fin est très ouverte et qui laisse présager un cliffhanger assez bluffant. Premier livre traduit en France, puisque la suite a déjà été publiée. Une suite que je serais ravie de découvrir.

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions, vous pouvez consulter la page Partenariats

thRachel Caine est le nom de plume de Roxanne Longstreet Conrad, écrivaine américaine de science-fiction, fantasy, mystère, suspense et romans d’horreur. Elle est l’auteur de plus de 30 livres pour jeunes adultes. Ses thèmes de prédilection sont le fantastique et l’amour. Elle a fait ses études à l’Université Texas Tech

Rachel Caine écrit et publie des romans et des nouvelles depuis 1991. Elle est une ancienne musicienne professionnelle qui a la distinction d’avoir joué avec des légendes musicales comme Henry Mancini, Peter Nero et John Williams.

Ses 2 principales séries sont « Vampire City » et « Les Gardiens des Éléments ». Six volumes sur 13 ont été traduits en français pour le moment pour la série « Vampire City » et 3 tomes sur 9 pour la série « Les Gardiens des Éléments ».
Elle a reçu le prix du Goodreads Choice Awards du meilleur livre de fantasy et de science fiction pour jeunes adultes.  Voir plus

 

 

 

Parution : 29 août 2019 – Sonatine éditionsPrix papier : 23,00€ – Prix numérique : 14,99€ – Pages : 566 – Genre : thriller, roman noir

Je ne m’attendais pas à ressentir autant d’émotions, d’empathie et d’aversion pour le genre humain… Je partais explorer le territoire de Tess Sharpe, sur la pointe des pieds… Pour finalement, m’engloutir dans son territoire avec délectation.

L’auteure a réussi à me prendre dans ses filets, pourtant ce n’était pas gagné…

Je pensais qu’avec ce bouquin estampillé « premier roman adulte » l’auteure allait se casser la gueule, étant donné son univers Young Adult. Un auteur qui s’essaie à la littérature des grands… Je l’attendais donc au tournant, en pensant de l’auteure : « non mais tu ne fais pas partie de la cour des grands… Laisse-toi encore quelques années… » Bien mal m’en a pris, Tess Sharpe a tout d’un grand auteur et son roman « adulte » est magnifique !

C’est brutal, c’est fort, c’est surtout plein de cette vie qui coule dans les veines de chaque être humain, comme dans les veines de ces  régions arides des Etats Unis où le territoire de Harley McKenna est devenu le mien… Et deviendra le vôtre… Un roman féministe, mais pas que, une plume au service de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, dans une région où les brutes néonazis cuisinent de la métamphétamine et les fondamentalistes considèrent les femmes comme des « poules pondeuses ».

L’auteure maîtrise son art et nous entraîne dans les tréfonds de l’âme humaine, tout en laissant à son héroïne le soin de prendre la direction qu’elle souhaite.

Il y a une belle fluidité dans le schéma narratif, alors même que les chapitres s’alternent, et que cela aurait pu faire perdre le fil dans les indications temporelles.

Un roman noir, à classer dans la catégorie « country noir », avec un personnage central qui en fait toute la beauté et tient le devant de la scène du début à la fin, sans jamais lasser le lecteur, qui en prend plein les mirettes, aussi bien au niveau des descriptions des paysages arides, qui deviennent un personnage à part entière, tellement cette chaleur poisseuse et moite, colle à la peau, qu’au niveau des personnages diablement bien construits.

Ce livre a été lu, via NetGalley en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions, vous pouvez consulter la page Partenariats

Fille de deux rockeurs punk, Tess Sharpe est née dans une cabane au fond des bois et a grandi dans une campagne reculée de Californie. Après un stage au Festival Shakespeare de l’Oregon, elle suit des études de théâtre puis se reconvertit en cuisinière professionnelle. Elle se partage aujourd’hui entre écriture et pâtisserie à la frontière de l’Oregon. Si loin de toi est son premier roman.

 

Parution : 30 août 2018 – Sonatine éditionsPrix papier : 21,00€ – Prix numérique : 14,99€ – Pages : 320 – Genre : thriller, roman noir

On ne ressort pas indemne de cette lecture !

Un roman d’une rare intensité, qui nous embarque dans l’Amérique des Appalaches, un cadre idyllique, qui va pourtant être le théâtre d’une descente aux enfers.

Comment s’en sortir, lorsque la vie se charge de nous trainer plus bas que terre…

L’auteur nous fait toucher le fond, le fond de la crasse et de l’humiliation… Un fond tellement sombre que rien ne vient jamais réchauffer ces êtres humains qui ont tout perdu…

A chaque fois que l’on pense pouvoir respirer et sortir sa tête de l’eau, l’auteur nous fait boire, encore plus la tasse…

David Joy dépeint avec noirceur et cynisme une Amérique, désenchantée et où la misère a toute sa place.

Une plume ciselée, rude, âpre, et précise, qui dépeint des personnages qui n’ont aucune possibilité de s’en sortir…

C’est brutal, c’est fort, c’est beau et triste à la fois.

L’auteur, maîtrise son art à la perfection en entrainant son lecteur dans les tréfonds de l’âme humaine.

Ce livre a été lu, en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

David Joy est un jeune auteur américain né en 1983 à Charlotte en Caroline du Nord. Titulaire d’une licence d’anglais obtenue avec mention à la Western Carolina University, il y poursuit naturellement ses études avec un master spécialisé dans les métiers de l’écrit. Il a pour professeur Ron Rash qui l’accompagnera et l’encouragera dans son parcours d’écrivain. Après quelques années d’enseignement, David Joy reçoit une bourse d’artiste du conseil des Arts de la Caroline du Nord. Il se met à écrire pour le Crossroads Chronicle et pour lui-même. Son premier roman, Là où les lumières se perdent, remporte un franc succès et est finaliste du prix Edgar du meilleur premier roman en 2016.
David Joy est également l’auteur d’essais. Growing Gills: A Fly Fisherman’s Journey a été finaliste de deux prix littéraires : le Reed Environmental ainsi que le Ragan Old North State for Creative Non Fiction. Il vit aujourd’hui à Webster en Caroline du Nord au beau milieu des Blue Ridge Mountains et partage son temps entre l’écriture, la chasse, la pêche et des travaux manuels.

 

 

 

Parution : 18 avril 2019 – Editeur : Robert Laffont – Collection : La bête noirePrix papier :  21€ – Prix numérique : 14,99€ – Pages : 400 – Genre : thriller-psychologique, suspense

Amy Gentry, aime particulièrement mettre l’accent sur l’aspect tortueux de l’esprit humain et n’hésite pas disséquer les manipulations dont certains sont capables.

Même si, elle ne révolutionne pas le genre, l’idée de départ est plutôt bonne, puisque deux personnes qui n’ont aucun lien entre elles, se croisent par hasard et que chacune se chargera de punir l’agresseur de l’autre. Ni vu ni connu, aucun moyen de se faire prendre… C’est sans compter les retournements dont l’auteure est friande…

J’ai eu le plaisir de découvrir la plume de l’auteure avec « la fille des autres », que j’avais particulièrement apprécié. Non pas tant par l’intrigue, assez classique, mais surtout par le traitement psychologique de ses personnages. J’étais donc impatiente de lire son deuxième opus.

Les deux personnages, Dana et Amanda, antithèse l’une de l’autre, ont subi des abus qui ont transformés leur rapport aux autres et particulièrement les hommes – Amanda, évoluant dans un univers purement masculin, l’univers du stand-up, n’a pas pu exprimer sa rage lors de l’agression dont elle a été victime – Dana, elle a décidé de prendre les choses en main et embrasse sa colère, pour faire corps avec elle. Une prise de conscience de chacune d’elle, sur la place de la femme et l’auto flagellation qu’elles s’infligent pour ne pas faire de vague…

Une intrigue dans l’air du temps avec un message important, dans la lignée du mouvement MeToo, qui met l’accent sur les désirs de vengeance et l’impossibilité parfois de réagir, selon le vécu ou le milieu dans lequel le harcèlement se produit. Il faut reconnaître que le plan mis en place par les deux personnages féminins est particulièrement machiavélique… Leurs histoires semblent justifier ces vengeances…

Je dois dire que, malgré les points positifs, je suis sortie de ma lecture un peu mitigée, avec un avis en dent de scie. Le début, se met en place avec précision, une atmosphère légère, mais qui se teinte peu à peu de noirceur. Certaines longueurs viennent parsemer le récit, comme si l’auteur s’essoufflait… Pour autant, le twist final vient donner du peps à l’ensemble.

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

titulaire d’un doctorat (PhD) d’anglais de l’Université de Chicago en 2011. Chroniqueuse littéraire pour le Chicago Tribune, ses chroniques apparaissent également dans Salon, la LA Review of Books ainsi que dans l’anthologie Best Food Writing of 2014.

Parution : 6 février 2019 – Éditeur : HarperCollinsCollection : HarperCollins Noir – Prix numérique : 12,99€ – Prix papier : 20€ – Pages : 384 – Genre : thriller, littérature noire

Certaines lectures sont surprenantes et prenantes, et ce, dès les premières lignes. November Road revisite un fait historique qui a marqué et qui continue de susciter des interrogations. L’alternative qu’il propose est plausible, au point qu’il arrive à nous embarquer dans son intrigue, pourtant assez classique.

Un thème passionnant, avec une hypothèse sur l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, mais surtout, et c’est là que l’auteur entre en œuvre, il propose un panorama complet sur la société américaine et l’impact que cela a eu sur elle.

Un traumatisme palpable et prégnant tout le long de cette lecture, aussi bien sur les femmes que sur les noirs, dont il représentait l’espoir d’émancipation.

L’auteur exploite la thèse, largement répandue de l’implication de la Mafia, notamment Carlos Marcello, parrain de la Nouvelle-Orléans, qui ne cachait pas sa haine de Kennedy.

Avec cet assassinat, les commanditaires ont, non seulement tué l’homme, mais surtout fait avorté toute évolution de cette société puritaine et raciste.

Un destin qui semblait tout tracé, échangé contre la vie à laquelle ils aspirent.

Une plume agréable, parsemée d’humour, au service d’un road trip initiatique, avec plusieurs thèmes en toile de fond, l’amitié, la confiance, l’attachement aux valeurs familiales, les respect…

Des personnages hauts en couleur, aux personnalités fouillées qui, vont évoluer, prendre de l’épaisseur et même si, pour certaines, on a de l’aversion, leur évolution se fera au rythme de ce voyage initiatique, finissant par devenir sympathique et susciter une certaine tendresse.

Un roman sombre, passionnant, un réel page turner, un brin rétro, au charme indéniable. Un style qu’on aimerait pouvoir lire plus souvent. En bref… Du très bon !

Ce livre a été lu grâce à BePolar et la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Ecrivain américain, auteur de roman policier. Il a fait ses études à l’Université Loyola de La Nouvelle-Orléans et à l’Université du Massachusetts à Amherst. Il enseigne dans le cadre du programme de création littéraire (MFA) à l’Université d’Oklahoma City. Après avoir travaillé comme cuisinier, entraîneur et livreur de journaux, il fait ses débuts littéraires en 1991 avec le recueil de nouvelles « Road to Bobby Joe and Other Stories » signé Louis Berney. En 2015, avec son troisième roman, « The Long and Faraway Gone », il est lauréat du prix Edgar-Allan-Poe du meilleur livre de poche original, du prix Anthony du meilleur livre de poche original, du Prix Barry 2016 du meilleur livre de poche original et du prix Macavity du meilleur roman. « November Road » a été élu meilleur livre de l’année 2018 par le Washington Post.