Parution : 21 février 2019 – Editeur : Robert Laffont – Collection : La bête noirePrix papier :  21€ – Prix numérique : 14,99€ – Pages : 400 – Genre : thriller-psychologique

D’une manière générale, on a toujours l’enquête, les flics, les tueurs… Mais là, on se retrouve avec une avocate qui se voit confier sa première affaire de meurtre.

Sans pour autant découvrir les rouages juridiques, l’auteure s’attache à mettre en parallèle deux vies, deux femmes que tout semble opposer. Les personnages sont loin d’être ce qu’ils paraissent être et c’est assez intéressant.

Même si la vie de cette avocate, Alison, semble idyllique, on a l’impression que rien ne la rend heureuse… Elle noie ses soirées dans l’alcool, alors qu’elle a un mari, psychologue, adorable et une petite fille très mignonne… Oui, mais voilà, c’est comme dans la vie réelle… C’est ce que l’on veut bien nous faire croire. Une vie lisse et sans histoire.

Madeleine, la meurtrière a assassiné son mari d’une quinzaine de coups de couteau, après avoir vécu l’enfer…

Une lecture en demi-teinte, car le personnage d’Alison m’a exaspéré et j’ai eu du mal à entrer dans cette intrigue, même si le début met du mal à se mettre en place et semble partir dans tous les sens, peu à peu le récit se densifie, surtout lorsque l’aspect psychologique prend le pas en s’installant de manière latente, quasi sournoise.

Les derniers chapitres sont très bien construits et c’est ce qui permet de redresser la barre et à l’intrigue de prendre de l’ampleur.

L’ambiguïté des personnages est le point central du récit et certains vont se révéler sous leur vrai jour et c’est de cette manière que l’auteure aborde le sujet des violences faites aux femmes, en mettant en avant l’aspect psychologique, les manipulations…

Une lecture en dents de scie, mais l’auteure a réussi à maintenir l’intérêt avec l’évolution qu’elle donne à ses personnages en révélant leur nature profonde.

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Diplômée du Corpus Christi College de l’Université d’Oxford, elle a poursuivi ses études de droit à City University. Avocate pénaliste à Londres pendant dix ans, elle a quitté le Barreau après la naissance de ses enfants. Elle a obtenu un M.A. en écriture créative à l’Université d’East Anglia.

 

 

Parution : 17 octobre 2018 – Calmann-LévyPrix papier : 19€ – Prix numérique : 13,99€ – Pages : 240 – Genre : BD

Hannah Arendt prend vie sur les planches de Ken Krimstein, nous permettant de découvrir sa pensée philosophique, ses rencontres, ses détracteurs ou amis. Confrontée à une vie pas simple pour une femme de son époque sans pourtant renoncer à être elle-même.

240 planches semblants avoir été dessinées de manière simpliste, non pour mettre son coup de crayon en avant, mais bien pour mettre en avant, une femme hors du commun. Une mise en bouche qui donne envie d’en savoir plus et qui suscite la curiosité.

Une personnalité sulfureuse, souvent décriée qui aura connu les horreurs nazies, mais qui aura marqué son temps et le nôtre en remettant sans cesse le monde en question.

La première partie de cette BD présente de manière générale la philosophe et les personnalités qui jalonnent son quotidien. Sa rencontre avec Heidegger sera une révélation.

La deuxième partie correspond à une période d’instabilité, avec la montée du nazisme en Allemagne et sa fuite aux États-Unis, puis à Paris.

Dans la troisième partie, Arendt cherche à comprendre comment toute cette guerre et ce génocide a pu arriver. Elle va remettre en cause toutes ses réflexions et les réflexions philosophiques de son entourage. L’auteur prend le temps d’évoquer l’émotion ressentie lors de la révélation de l’existence des camps de concentration, avec le sentiment qu’une faille s’était ouverte…

Une belle façon de rendre accessible la pensée philosophique de cette grande dame, en abordant les thématiques qui ont marqué sa vie, notamment après le tournant de le Seconde Guerre Mondiale.

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions, vous pouvez consulter la page Partenariats

Ken Krimstein est un illustrateur et dessinateur qui a travaillé notamment pour le New Yorker, Punch ou encore le Wall Street Journal. Il a publié des chroniques pour la presse papier et Web. Également écrivain, il enseigne à l’université DePaul et à la School of the Art Institute de Chicago. Il vit à Evanston, dans l’Illinois.

 

 

Parution : 11 septembre 2019 – l’Archipel Collection : Suspense – Prix papier : 19,90€ – Prix numérique : 9,99€ – Pages : 366 – Genre : thriller, thriller-psychologique

Un virage pris un peu trop vite et la vie d’une famille entière bascule…

Lorsque les flics mettent la main sur un meurtrier, il est très rare que la place et les réactions de la famille soient abordées. Ici, l’auteure s’attache à nous parler des enfants et de la femme d’un tueur en série, narcissique et machiavélique. Comment retrouver une vie normale quand on a été confronté à l’abject. Comment une femme qui a vécu des années avec un meurtrier peut trouver grâce et compréhension dans le regard des gens ? Et les enfants ? Ces enfants dont la vie bascule, dont le père a tué des dizaines de femmes, peuvent-ils se construire après indescriptible ?

L’auteur aborde toutes ces thématiques dans ce premier livre et c’est ultra bien construit. L’aspect psychologique, les doutes, la haine, l’incompréhension sont savamment dosés tout au long de cette intrigue très bien menée.

Malgré quelques passages répétitifs, lors des pensées du personnage principal, certainement pour accentuer la peur ressentie, le récit est fluide et on se laisse facilement par la lecture. Les personnages sont bien construits, l’aspect humain et empathique est palpable.

La paranoïa est palpable avec cette mère de famille qui veut se protéger, mais surtout protéger ses enfants, du monde extérieur qui ne leur veut que du mal. Dent pour dent, œil pour œil. D’après eux, il faudrait, condamner cette famille au même châtiment que le père. Comme pour éradiquer le mal. Elle doit affronter tout ceux qui la croient complice et décrivent avec moult détails les tortures qu’ils aimeraient lui infliger ainsi qu’à ses enfants.

Elle doit donc faire face aux tueurs en puissance qui se cachent derrière un écran, qui la traquent, mais vont jusqu’à la pister, pour découvrir où elle se trouve. L’auteur arrive à décrire l’escalade de cette violence et la diarrhée verbale sur internet, de manière saisissante. C’est tellement bien décrit, que l’on a aucun mal à y croire et surtout j’ai trouvé que cela collait à certains reportages ou série sur les États-Unis…

Elle devient une autre, en même temps un truc comme ça doit radicalement changer une personnalité, après avoir été une femme naïve et soumise, qui malgré quelques signes bizarres de son mari ne se serait jamais douté, qu’un meurtrier vivait à ses côtés, mais surtout que tout se déroulait à une cloison de son salon…

L’ensemble de l’intrigue repose sur une question simple : comment reconstruire une vie, disparaitre quand votre mari est un serial killer d’une cruauté sans pareil et que pour tous, vous êtes sa complice ? Comment y arriver alors que sur les réseaux sociaux les pires instincts se déchaient ?

Une traque qui va durer tout au long de ces pages, sans temps morts, mais sans explosions non plus. C’est en latence, c’est le sentiment diffus de peur perpétuelle et désir de fuir avant qu’ils ne soient découvert. Une traque qui ne permet pas de souffler, de se construire, ni de se reconstruire, on n’a le temps de rien, puisque toutes les pensées sont tendues comme un arc prêt à tirer pour décamper. Pas de famille, pas d’amis, rien que le lien qui unit cette mère et ses enfants. Une mère qui rêve de poser ses valises pour offrir une stabilité à ses enfants, après avoir vécu l’horreur.

L’auteure a beau être un auteur yong adult, elle s’en sort vraiment pas mal avec son premier roman adulte avec une fin est très ouverte et qui laisse présager un cliffhanger assez bluffant. Premier livre traduit en France, puisque la suite a déjà été publiée. Une suite que je serais ravie de découvrir.

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions, vous pouvez consulter la page Partenariats

thRachel Caine est le nom de plume de Roxanne Longstreet Conrad, écrivaine américaine de science-fiction, fantasy, mystère, suspense et romans d’horreur. Elle est l’auteur de plus de 30 livres pour jeunes adultes. Ses thèmes de prédilection sont le fantastique et l’amour. Elle a fait ses études à l’Université Texas Tech

Rachel Caine écrit et publie des romans et des nouvelles depuis 1991. Elle est une ancienne musicienne professionnelle qui a la distinction d’avoir joué avec des légendes musicales comme Henry Mancini, Peter Nero et John Williams.

Ses 2 principales séries sont « Vampire City » et « Les Gardiens des Éléments ». Six volumes sur 13 ont été traduits en français pour le moment pour la série « Vampire City » et 3 tomes sur 9 pour la série « Les Gardiens des Éléments ».
Elle a reçu le prix du Goodreads Choice Awards du meilleur livre de fantasy et de science fiction pour jeunes adultes.  Voir plus

 

 

 

 

Parution : 22 août 2019 – Editeur : Robert Laffont – Collection : La bête noirePrix papier :  20€ – Prix numérique : 13,99€ – Pages : 384 – Genre : polar, thriller-psychologique, suspense

Voilà un titre plutôt étonnant, dans cette collection. Je me suis posée pas mal de questions avant de le commencer, surtout que je l’ai fait sans avoir lu la quatrième de couverture ou lu aucun avis. Je me réservais la possibilité d’une immersion totale… Et je n’ai pas été déçue.

Ce n’est pas l’enquête en elle-même que je retiendrais, mais bien la construction que l’auteur a faite autour de ses personnages. Et là chapeau bas, car ils sont drôlement bien construits.

J’ai eu du mal à entrer dans le livre, j’ai été assez déstabilisée (voir mon article premières lignes) par la plume de l’auteur et le début de l’intrigue. En fin de compte, j’ai réussi à trouver mon rythme de lecture et là quel plaisir !

C’est parfois crue, osée, avec des réparties tellement cinglantes que les personnages en deviennent attachants, malgré leur foutu caractère qui donne envie de les étrangler tout en les serrant dans nos bras. Enfin pas trop quand même…

D’un côté, on a Clovis, militant de l’Algérie française, raciste et râleur, soixante-dix ans et amoureux de sa voisine libertine et adepte des soirées dans la baie des Cochons.
De l’autre côté, André, fervent gauchiste, ne reculant pas devant toute nouvelle expérience qui ferait battre son palpitant… Enfin surtout celles qui réveilleraient son entre-jambe…

Tout les oppose et pourtant ils vont avoir à cœur de trouver l’assassin d’une femme retrouvée nue et morte dans les dunes de la baie des cochons.

Les répliques cinglantes, éveillent les sens, et donnent autant de plaisir au lecteur qu’aux personnages. La plume de l’auteur use d’un balancier jubilatoire dans les répliques sur  l’opposition qui les caractérise, accentuant leur différence, tout en les rapprochant. Chacun accentuant la caricature de son double et de ses pensées. Avec le cynisme qui sied à leur gouaille, et l’accent parfois chantant qui s’en dégage, le lecteur a le sourire, et visualise bien les scènes. L’auteur a pris le temps de camper ses personnages dans un décor peur probable, le soleil, les plages nudistes du Cap d’Agde, mais rien n’est vulgaire, bien au contraire, on se plait à trouver normal qu’André veuille s’éclater et libérer sa libido…

C’est cynique et jubilatoire en même temps. La vieillesse a ça de bon, que l’on ne prend plus de gants et c’est tout le suc de ce bouquin.

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Né en 1962 à Puteaux, scénariste, réalisateur et écrivain franco-américain. Il quitte Paris et s’installe à Hollywood en 1991, où il apprend diverses métiers liés à la production cinématographique. Il devient le « music supervisor » de plusieurs films : L’Extrême Limite de James B. Harris, Meurtre à Alcatraz de Marc Rocco, Stargate de Roland Emmerich. C’est en travaillant avec ces différents réalisateurs qu’il prend confiance et se lance dans l’écriture et la réalisation de La Loi des armes (Scenes of the Crime) avec Jeff Bridges, Noah Whyle et Peter Greene. Le film est présenté au Festival du Cinéma Américain de Deauville, en septembre 2001. En 2007, il écrit un premier roman chez Fayard, avant d’être publier dans la collection Rivages/Noir. Il poursuit cette carrière à La Manufacture de Livres, puis plus récemment chez Robert Laffont.

 

 

Parution : 2 janvier 2019 – Calmann-LévyPrix papier : 18,50€ – Prix numérique : 9,99€ – Pages : 270 – Genre : polar

J’appréhendais le clin d’œil fait à Stephen King et ce parallèle à Shinning, je n’avais pas envie de lire une pâle copie… Encore un livre a fini par me rassurer sur ces deux aspects…

L’intrigue est totalement différente puisque nous sommes en présence d’un polar avec des thématiques assez intéressantes, notamment la mémoire et la manière dont l’être humain cloisonne les souvenirs pour se protéger…

Le récit oscille entre rêve et réalité avec le rôle de la mémoire. Les descriptions des paysages sont très visuelles, servies par des chapitres court et une plume agréable. La frontière est très mince entre le rêve et la réalité, avec une pointe de fantastique, dont je n’ai pas compris la place. Pourtant, le fantastique est en générale un genre que j’aime bien, mais j’ai trouvé qu’il ne servait pas le propos et surtout que c’était un peu tirer par les cheveux. C’est cet aspect qui m’a le plus dérangé. Autant les thèmes de la mémoire, du rêve, trouvent leur place, résoudre l’enquête d’une manière un peu farfelue m’a laissé sur le bas-côté.

Les personnages sont assez stéréotypés à mon sens, les flics meurtris, un homme, une femme, finissent nécessairement par coucher ensemble…

La couverture et l’ambiance vendaient des frissons et des sueurs froides, mais en fin de compte rien ne s’est passé à ce niveau. On comprend bien qu’il neige, et qu’il fait froid, mais cela sert juste à planter le décor, sans rien apporter à l’intrigue.

L’aspect fantastique qui aurait dû être LE rebondissement, avec la chambre 81 tout le long du récit, n’apporte rien de particulier, enfin pas grand chose… Alors même que le mystère autour assez bien construit.

Malgré ces points négatifs, la lecture a été agréable, mais pas inoubliable…

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions, vous pouvez consulter la page Partenariats

Niko Tackian, né en 1973, est un scénariste, réalisateur et romancier français. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série ALEX HUGO pour France 2. Son premier roman, paru en 2015, a reçu le Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac. Il est également le créateur des enquêtes de Tomar Khan, publiées chez Calmann-Lévy (Toxique, 2017 ; Fantazmë, 2018).

 

 

Parution : 4 septembre 2019 – Calmann-LévyPrix papier : 19,90€ – Prix numérique : 9,99€ – Pages : 395 – Genre : thriller, thriller-psychologique

Les chiens de Détroit m’avait particulièrement séduite… Les refuges m’a conquise… J’ai rarement lu un thriller psychologique aussi bon que celui-ci ! L’intrigue a dépassé mes espérances et la quatrième de couverture ne laisse rien transpirer de la construction narrative de l’auteur…

L’auteur débute son récit de manière classique, mais va nous entraîner dans une histoire inimaginable ! D’ailleurs si à un moment, j’ai pensé avoir compris où Jérôme Loubry voulait m’emmener, j’ai vite compris que je me trompais. Mais j’ai surtout compris, que la trame était beaucoup plus complexe et travaillée. Rien n’est cousu de manière linéaire, pourtant tout s’imbrique parfaitement et tout prend sens. Jusqu’à la toute dernière ligne, l’auteur retourne la situation et la révélation finale m’a carrément scotchée…

Je peux dire que c’est le livre de la rentrée littéraire, mais certainement le meilleur livre que j’ai pu lire cette année et certainement qu’il fera parti de mon top personnel pendant quelque temps.

Je ne suis pas du genre à parler de coup de cœur, car c’est un terme que je trouve très galvaudé… Je parle de coup de cœur, quand je garde un souvenir vivace du bouquin pendant des années et celui-ci en fera sans conteste parti.

Beaucoup plus qu’un simple thriller, l’auteur aborde plusieurs thèmes qui ne peuvent que nous toucher. L’être humain est complexe et Jérôme Loubry en fournit la preuve en manipulant aussi bien les mots que le cerveau de son lecteur avec une intrigue brillante, qui ne cesse de se renouveler jusqu’à la toute fin. Avec les refuges, j’ai lu plusieurs livres en un seul et je dois dire que l’auteur m’a emporté dans son récit, sans jamais me perdre.

Une plume intelligente, fine, travaillée, qui ne se perd pas dans les méandres des descriptions inutiles. Tout est concis, précis avec une densité sans pareil.

L’auteur distille au fil de sa trame des éléments qui prendront tout leur sens à la fin, avec une ambiance sombre qui se reflète dans certaines descriptions. Un récit, qui malgré sa noirceur, prend le temps de se poser, pour s’accélérer et bousculer le lecteur. Car l’auteur nous bouscule, je dirais même nous retourne complètement le cerveau. La trame se tricote peu à peu, on la voit se construire et prendre forme, mais tout s’écroule comme un château carte, pour un virage que l’on ne peut à aucun moment envisager.

Si vous ne deviez lire qu’un livre, ce serait celui-ci… Une fois commencé, vous ne pourrez plus vous arrêter…

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions, vous pouvez consulter la page Partenariats

Jérôme Loubry est né en 1976 à Saint-Amand-Montrond. Il a d’abord travaillé à l’étranger et voyagé tout en écrivant des nouvelles. Désormais installé en Provence, il a publié en 2017 chez Calmann-Lévy son premier roman, Les Chiens de Détroit, lauréat du Prix Plume libre d’Argent 2018.