Parution : 22 août 2018 – Editions JC Lattès Prix papier : 23,90€ – Pages : 580 – Genre : thriller psychologique, roman-fleuve

Un roman, dense et très profond où l’auteur aborde plusieurs thèmes sur plusieurs décennies. On s’aperçoit surtout que malgré les années qui passent, certaines choses demeurent immuables.

Nous partons à la rencontre de Cyril Avery, né d’une fille-mère, d’à peine seize ans, en Irlande, pays catholique, ultra conservateur, juste après la guerre. Une situation impensable, impossible… Bannie, elle n’a qu’un choix : celui de fuir et faire adopter son enfant…

À partir de là, l’auteur fait alterner les chapitres en les faisant correspondre à sept ans de la vie de Cyril Avery, en brossant la société dans laquelle il évolue.

À travers ce livre, l’auteur dénonce les injustices sociales, les discriminations, le rejet et les accusations dont sont victimes les homosexuels, la façon dont ils sont traités, par l’ Église ou par la société, en pointant les aberrations auxquelles son personnage principal sera confronté

Avec un vocabulaire cru, cynique, l’auteur aborde la violence physique ou morale dans tout ce qu’elle peut avoir de révoltant, surtout avec notre point de vu de lecteur de 2019. Il brosse, non pas l’Irlande des cartes postales, mais l’Irlande méprisante pour ceux qui s’affranchissent des codes établis. Et là, tout y passe, les femmes, les hommes, les filles mères… Tout est sujet à controverse ou jugements de la part des Hommes ou de l’ Église. Il n’est pas loin le temps, où la transposition pouvait se faire (elle peut encore) à la France… Il n’est pas loin ce temps, où les homosexuels étaient pointés du doigt, rejetés, parfois rués de coups, tués. Il n’est pas loin le temps où l’église parlait de la punition de Dieu, pour imputer le SIDA aux homosexuels…

Une magnifique plume au service d’un grand roman émouvant, où l’auteur aborde plusieurs thèmes de manière légère et rythmée, malgré les évènements tragiques, les répliques sont parfois drôles, car tout est tourné en dérision. Une manière de montrer que tout doit être pris du bon côté pour garder foi en l’être humain et foi en la vie.

Près de 600 pages que je n’ai pas vu passer, puisque l’auteur nous entraîne vers une large palette d’émotions, puisque j’ai à la fois été amusée, émue, et bouleversée.

Un roman qui se dévore sur la vie, l’amour, la tolérance, la liberté, mais surtout sur les combats que l’on doit mener pour être heureux.

Ce livre a été lu grâce à NetGalley et la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

 

 

 

John Boyne est né à Dublin, où il a toujours vécu. Il a étudié au Trinity College et à l’université de Norwich. Il a commencé à écrire à l’âge de 20 ans : il est l’auteur de 7 romans ainsi que de plusieurs nouvelles et articles, pour lesquels il a déjà reçu deux prix littéraires irlandais.

Son roman jeunesse « Le garçon au pyjama rayé » est un véritable best-seller, traduit dans 35 langues différentes et vendu à 15 millions d’exemplaires dans le monde. Dans ce livre, un petit garçon de neuf ans raconte le bouleversement de sa vie pendant la shoah. Une adaptation cinéma sous la direction de Mark Herman est réalisée en 2008.

Pour la 7ème année Sharon a remis le couvert et pour la 3ème fois, je suis heureuse d’y participer.

Le principe reste le même : lire tous les romans policiers possibles, romans, romans noirs, recueils de nouvelles, mangas, bandes dessinées, romans de littérature jeunesse, voire, pourquoi pas, des essais. Le tout entre le 9 juillet 2018 et le 9 juillet 2019.

Plusieurs catégories, elles ne sont pas obligatoires, simplement des indications pour ceux qui en auraient envie :

Jusqu’à cinq livres lus : Imogène.

De cinq à quinze livres lus : Montalbano.

De quinze à vingt-cinq livres lus : Miss Marple.

De vingt-cinq à cinquante livres lus : Erlendur.

De cinquante à soixante-quinze livres lus : commissaire Maigret.

De soixante-quinze à cent livres lus : Walt Longmire.

Plus de cent livres lus : Sherlock Holmes.

Une dernière catégoriel plus de deux cents livres lus : Lucky Sherlock, pour les personnes qui lisent plus vite que leur ombre.

Pour le challenge 2017/2018, j’avais tenté la catégorie commissaire Maigret, que j’ai validé avec 112 lectures ! Je me suis épatée moi-même…

Pour 2018/2019 je tente la catégorie Walt Longmire. Mais je suis loin, très loin du compte… Cette année a été assez chaotique au niveau de mes lectures… La vie reprend parfois ses droits…

Voici mes thrillers lus à ce jour :

1 Le Bûcher de Moorea de Patrice GUIRAO

2 Ça ne coûte rien de demander de Sara Lövestam

3 D’une mort lente de Emelie Schepp

4 Juste avant de mourir de S.K. Tremayne

5 Un jour comme les autres de Paul Colize

6 November Road de Lou Berney

7 Les régressions de Richard Bachman, épisode 1: Kurt Cobain n’est pas mort de Frédéric Soulier

8 Tuez-les toutes de Sophie Mancel

9 L’échange de Rebecca Fleet

10 L’Empathie de Antoine Renand

11 Sombrent les âmes de Vanaly nomain

12 Un dernier mot avant de partir de Cédric Castagné

13 L’ange de l’histoire de Rabih Alameddine

14 Bird Box de Josh Malerman

15 L’égarée de Donato Carrisi

16 Versus de Luca Tahtieazym

17 Et ils meurent tous les deux à la fin de Adam SILVERA

18 Apocryphe de René Manzor

19 Les Diables de Cardona de Matthew Carr

20 Le petit Lebanski de Stéphane Chamak

21 Les fantômes de Manhattan de R.J. Ellory

22 Coupable(s) de Samuel sutra

23 Nuit sans fin de Douglas Preston et Lincoln Child

24 De la terre dans la bouche de Estelle Tharreau

25 Le jøurnal de ma disparitiøn de Camilla Grebe

26 Ahriman de Gwenn Aël

27 Les Heures rouges de Leni ZUMAS

28 La faucheuse Tome 2 – Thunderhead : Neal Shusterman

29 Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique de Balli Kaur JASWAL

30 Toutes blessent le dernière tue de Karine Giebel

31 2063 Sélection naturelle de Magali Cervantes

32 L’appât de Daniel Cole

33 La femme à la mort de Samuel Sutra

34 La Rivière de l’Oubli de Cai Jun

35 L’île des absents de Caroline Eriksson

36 Sauvez-moi de Jacques EXPERT

Je referais le point, car je n’ai pas le temps de chroniquer, mais je lis, et je pense que j’ai dépassé les 50 thrillers de lus… Je vous tiens au courant.

Parution : 16 mai 2019 – Editeur : Robert Laffont – Collection : La Bête noire – Prix Broché : 19€ – Prix numérique : 12,99€ – Pages : 400 – Genre : polar, thriller

Imagine-toi assis à te dorer la pilule sur une île paradisiaque.. Imagine ce sable chaud qui glisse entre tes doigts de pied… Cette mer d’huile, bleu azure où les voiliers dansent au rythme des vagues… Ces fragrances qui viennent t’envelopper et te bercer… Tu es au paradis… Tu crois qu’au paradis, il n’y a que des gens bons et beaux ? Non mais tu rêves… Figure toi que même au paradis les monstres existent…

Si toi, tu as du mal à imaginer que des meurtres peuvent avoir lieu sur cette île paradisiaque, l’auteur le fait très bien, en plongeant le lecteur dans le vif du sujet… Avec les chairs à vif, il embrase Moorea de ces corps démembrés qui flambent et apportent cette odeur âcre et douceâtre de chairs humaines.

Les questions vont bon train avec ce polar qui malgré l’aspect macabre arrive à garder une légèreté touchante et rafraîchissante.

La plume de l’auteur est agréable à lire, sans fioritures, l’aspect alambiqué d’une enquête longue est écarté au profit de descriptions qui placent le lecteur au cœur du paysage de l’île. Même si certains personnages manquent de profondeur, d’autres se démarquent. Notamment, Lilith, qui est entourée d’un halo de lumière, de mystère, en tout cas suffisamment, pour présager la naissance d’une nouvelle enquêtrice dans le monde du polar.

Au départ, j’ai eu du mal à cerner l’auteur, son intrigue. Je n’arrivais pas à comprendre où il voulait m’emmener… En fin de compte, c’est l’aspect le plus étrange qui m’a poussé à suivre l’auteur… Je dois dire que c’est ce brin de folie, parfois complètement rocambolesque que j’ai le plus apprécié.

La culture polynésienne avec ses coutumes, ses plats inconnus, parsèment cette lecture et apporte une légèreté malgré l’aspect macabre. Comme si l’auteur avait voulu nous faire humer ce vent de fraîcheur parfumé de tiarés.

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

 

 

 

Parolier et romancier français. Sa famille s’installe à à Tahiti en 1968 qu’il ne quittera que pour poursuivre ses études à l’École nationale de l’aviation civile (ENAC) en 1975.

Son diplôme en poche, il retourne exercer son métier d’aiguilleur du ciel en Polynésie. Quelques années plus tard, il abandonne sa profession pour se consacrer à l’écriture. De chansons d’abord, puis de comédies musicales et enfin, de livres. Il a contribué à l’écriture de plusieurs comédies musicales, notamment « Les Dix Commandements », « Cléopâtre », « Le Roi Soleil », « Mozart, l’opéra rock », « Robin des Bois », « Les Trois Mousquetaires », « Alive » (film musical), et « Bernadette de Lourdes ». Il a également écrit des textes de chansons pour de nombreux artistes, entre autres, Johnny Hallyday (Ça ne change pas un homme, L’Eldorado, Ça n’finira jamais), Florent Pagny, Calogero (Prendre racine…), Viktor Lazlo, Pascal Obispo, Jane Birkin, Mireille Mathieu ( Un peu d’espérance, La vie n’est plus la vie sans nous, Chansons des rues)… Il est l’auteur d’une saga de romans noir et humoristiques « Al Dorsey – Le détective de Tahiti », composée de quatre tomes: « Crois-le ! » (2009), « Lyao-Ly » (2011), « Si tu nous regardes » (2012), « Tu vois » (2017). Elle fait l’objet d’une adaptation par France Télévisions avec Alban Casterman dans le rôle principal d’Al Dorsey.

Parution : 11 janvier 2018 – Editeur : Robert Laffont – Collection : La Bête noire – Prix Broché : 21€ – Prix poche : 7,50€ – Prix numérique : 8,99€ – Pages : 400 – Genre : thriller, thriller-psychologique.

Après « chacun sa vérité », Sara Lövestam décrit l’immigration et la vie d’un réfugié sans fioritures et de manière touchante. L’inspecteur Kouplan, un personnage atypique, immigré iranien et transgenre, détective sans papiers, vivant à Stockholm. Un polar qui n’en est pas un… Finalement, l’auteur a crée un personnage tellement attachant, que l’on souhaite ne jamais avoir à l’abandonner.

Chacun sa vérité se terminait sur une révélation inattendue et j’étais impatiente de voir comment l’auteur allait poursuivre, avec ce deuxième titre. Je dois dire qu’avec « ça ne coûte rien de demander », la qualité monte d’un cran. Kouplan prend de l’épaisseur et on entre plus profondément dans son intimité.

Sans être complètement SDF, la situation de Kouplan, est toujours aussi précaire, il fait des poubelles pour trouver des canettes, qu’il va pouvoir consigner pour quelques couronnes.

On entre dans la tête de Kouplan, dans ses réflexions, ses envies. Sa fragilité à fleur de peau, le rend vulnérable et le transcende en même temps. Il a ce défit qui brille au des yeux. Le défit d’arriver à survivre quoi qu’il arrive, mais en gardant ses valeurs. Son humanité.

Une intrigue d’une grande force, dont Kouplan devient le fer de lance, sous la plume de Sara Lövestam, dont l’engagement pour les problèmes des réfugiés m’a complètement subjugué.

Un deuxième opus qui peut se lire, sans avoir lu « chacun sa vérité », mais ce serait dommage de passer à côté de certaines informations.

Ici l’enquête est plus travaillée, même si ce n’est pas une enquête policière, elle en possède tous les ingrédients, surtout si on le compare au première qui se situe plus dans le roman social.

« Chacun sa vérité » était bon, mais celui-ci est un cran au-dessus. L’intrigue en elle-même est secondaire, mais les personnages sont formidables. Un polar ancré dans notre quotidien, en prises avec notre société.

La plume de l’auteur est à l’image de son personnages, cynique, pleine d’humour avec une pointe de dérision, qui fait sourire et permet de garder la légèreté dans ce roman, somme toute bien sombre.

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

 

 

 

Sara Lövestam est une écrivaine et s’impose comme l’une des nouvelles voix littéraires suédoises. Professeure de suédois pour les immigrés, journaliste freelance et militante LGBT, elle écrit une rubrique pour le grand magazine gay QX. Elle est l’auteur d’ouvrages de littérature d’enfance et de jeunesse et de romans historiques. Actes Sud a publié son premier roman, « Différente » (Udda, 2009) – récompensé par le prix du Swedish Book Championship -, en 2013, et « Dans les eaux profondes » (I havet finns så många stora fiskar, 2011), en 2015. Sara Lövestam est également auteure d’une série de romans policiers qui raconte les enquêtes de Kouplan, un immigré et ancien journaliste iranien devenu par la force des choses détective sans-papiers dans le Stockholm underground. Le premier volet de la tétralogie Kouplan, « Chacun sa vérité » (Sanning med modifikation, 2015) a reçu le prix de l’Académie suédoise des auteurs de polars 2015, le grand prix de littérature policière 2017 et le Prix Nouvelles Voix du Polar 2018 des Éditions Pocket. « Ça ne coûte rien de demander » (Önska kostar ingenting, 2015) est la suite. Sara Lövestam vit à Stockholm.

Parution : 11 janvier 2018 – Editeur : Robert Laffont – Collection : La Bête noire – Prix Broché : 21€ – Prix poche : 7,50€ – Prix numérique : 8,99€ – Pages : 400 – Genre : thriller, thriller-psychologique.

« Quand vous avez les mains plongées dans les ordures, les gens évitent de vous regarder. S’ils le peuvent, ils vous ignorent même complètement, alors autant y enfoncer le bras tout entier. Kouplan n’est pas encore parvenu à surmonter le dégoût que lui inspirent les vieux chewing-gums et les restes mâchouillés. Quant au risque de tomber sur des seringues, il ne veut même pas y penser. »

 » Si la police ne peut rien pour vous, n’hésitez pas à faire appel à moi.  » Kouplan, détective sans-papiers.
Ça y est, l’autoproclamé  » détective  » Kouplan, immigré iranien à Stockholm, n’a plus un rond. Il en est réduit à collecter des cannettes vides pour les revendre contre quelques pièces.
En fouillant dans les poubelles du quartier huppé de Lidingö, il croise le chemin de Jenny Svärd, conseillère municipale aux dents longues, dont il surprend la conversation : Jenny vient de se faire escroquer par son amante, qui a disparu dans la nature avec deux cent mille couronnes. Puisque ça ne coûte rien de demander, Kouplan saute sur l’occasion pour lui proposer ses services d’enquêteur…

Parution : 16 août 2018 – Éditeur : Éditions du Seuil Collection : Cadre rouge – Prix numérique : 11,99€ – Prix papier : 17€ – Pages : 176 – Genre : roman historique, témoignage

Lire « Frère d’âme », c’est découvrir une plume. Une plume tout en poésie qui sert un devoir, une mémoire. L’histoire occulte parfois certains passages dont elle est peu fière et David Diop, remet au goût du jour certains oublis…

Lire « Frère d’âme », c’est plonger dans les tranchées de la Première Guerre Mondiale, c’est faire la connaissance des tirailleurs sénégalais…

Je me suis laissée porté par la plume de David Diop, j’ai fermé les yeux et j’ai eu la sensation de me retrouver dans un village africain et d’écouter cette histoire. Une histoire chantée comme une litanie, une ode à la mémoire, à l’amitié, une ode à la vie.

La barbarie n’est pas loin, mais les barbares ne sont pas ceux que l’on croit… La colonisation a fait des dégâts et son ombre continue à planer.

Alfa Ndiaye, tirailleur sénégalais, répété comme un mantra, qu’il n’a pu sauver « son plus que frère », il laisse sa colère se déchaîner. Une colère destructrice, jusqu’au bord de la folie. Mais Alfa va se ressaisir et pose dans une complainte, les mots sur ses maux. Ces mots qui vont nous enivrer, même si parfois, on se perd dans ces psalmodies dans lesquelles il nous entraîne. Nous allons le suivre sur le précipice de sa vie.

Avec la mort de Mademba, son frère d’âme, éventré, le « dedans du corps dehors », Alfa décide que puisque la France veut un sauvage, il va être le sauvage… Il va devenir ce sauvage monstrueux, ritualisant ses meurtres et se mettant en marge de ses frères d’armes, devenant un « dévoreur d’âmes » Alfa raconte, se raconte comme un cri, une demande de pardon, à travers ses incantations.

Un style étonnant, comme un diamant brut avec des phrases courtes, simples, que l’auteur fait répéter à Alfa, comme une litanie obsédante. Le tout ponctué d’images de son Afrique natale, son Afrique poétique. Un conte africain remis au goût de l’époque, qui sert le propose de ces tirailleurs africains, trop souvent oubliés.

Un roman court, mais d’une rare intensité. Qui peut sembler ardu à lire, mais qui laisse une musicalité remarquable en tête.

David Diop naît à Paris et passe une partie de sa jeunesse au Sénégal avant de revenir en France pour ses études. Il devient en 1998 maître de conférences en littérature à l’université de Pau et des pays de l’Adour. Lauréat du prix Goncourt des lycéens en 2018 pour son premier roman, Frère d’âme.