Ils ont passé l’âge…
Si ce n’est de faire justice eux-mêmes.

Ils ont passé l’âge… Si ce n’est de faire justice eux-mêmes. Clovis le facho et André le gaucho. Deux frères ennemis à la longue histoire de coups tordus.
Le soir tombe sur Le Cap d’Agde. André, la soixantaine, s’aventure dans les dunes des échangistes. Bientôt, il aperçoit l’objet de ses fantasmes : une belle femme nue allongée sur le sable. Il s’approche. Son désir s’éteint aussitôt : la belle est morte, assassinée.
Craignant de devenir le suspect n° 1, André appelle Clovis à la rescousse. Avec l’aide d’Alexe, une libertine craquante, le duo improbable Algérie française et Gauche prolétarienne débute une sulfureuse enquête parsemée de sang, de sexe et de sales magouilles…

Il n’y a aucune incongruité, si vous visitez le pays bitterois, à goûter aux délices du Cap d’Agde. C’est cadeau, c’est compris dans le prix du billet TGV.

Le plaisir c’est maintenant. Dans la vie il faut pro-fi-ter. Trois syllabes pour que la jouissance virevolte entre tango et mambo.

André Milke, a pris sa douche, il s’est appliqué de la crème sur le corps, partout, là même où personne n’est supposé glissé la langue, puis il s’est lavé les dents ; il a guetté les dernières lueurs du jour en se mordillant les ongles, comme un gamin que ce préretraité n’est plus depuis longtemps. Il a quitté le château de Garens au volant de sa voiture de location.

Chaque soir, durant la période que dure les vacances, le soleil se couche derrière une dune spécifique du Cap d’Agde. Il s’agit d’une anomalie astrologique que chacun dans la région observe de mi-juin à fin septembre.

Sa voiture s’approche du village naturiste, maintenant, André Milke a l’oeil humide et les corps caverneux en ébullition.

L’habitacle du véhicule est saturé de fragrances poivrées de son parfum préféré. Habanita, crée en 1921, a le charme combiné du passé et de l’exotisme. Un parfum capiteux, destiné à une clientèle en majorité féminine, dont les odeurs épicent le derme à la perfection.

André Milke conduit avec prudence et tient son volant à deux mains, vigilent. Il n’est pas question qu’un incident gâche la promesse de cette soirée.

Quel est le pire qui pourrait m’arriver ? Vraiment le pire du pire ? S’interroge-t-il.

Crever un pneu et ne pas trouver la roue de secours. Il gaspillerait un temps précieux, car la plage horaire des amours furtives entre inconnus ne s’étire pas sur toute la nuit. S’il conduit prudemment, rien ce soir n’empêchera André Milke de se faire plaisir.

Une sympathique érection et la promesse de mains féminines cajolant sa petite colonne transforment le promeneur du troisième âge en poète licencieux. Comme une framboise posée par une main orfèvre au sommet d’un gâteau meringué, il se laissera grignoter du bout des lèvres ou dévorer à pleine bouche.


Installée en Normandie depuis peu, Sandrine est priée d’aller vider la maison de sa grand-mère, une originale qui vivait seule sur une île minuscule, pas très loin de la côte.
Lorsqu’elle débarque sur cette île grise et froide, Sandrine découvre une poignée d’habitants âgés organisés en quasi autarcie. Tous décrivent sa grand-mère comme une personne charmante, loin de l’image que Sandrine en a.
Pourtant, l’atmosphère est étrange ici. En quelques heures, Sandrine se rend compte que les habitants cachent un secret. Quelque chose ou quelqu’un les terrifie. Mais alors pourquoi aucun d’entre eux ne quitte-t-il jamais l’île ?
Qu’est-il arrivé aux enfants du camp de vacances précipitamment fermé en 1949 ?
Qui était vraiment sa grand-mère ?
Sandrine sera retrouvée quelques jours plus tard, errant sur une plage du continent, ses vêtements couverts d’un sang qui n’est pas le sien…

Septembre 2019

François Villemin ouvrit la porte de la salle de cours mise à disposition par la faculté de Tours et invita les élèves à s’installer sur les bancs de l’aMphithéâtre.

– Bienvenue à tous, débuta-t-il en déposant son ordinateur portable sur le bureau et en le connectant au tableau numérique.

Son costume en laine beige, sa silhouette effilée, son crâne dégarni et sa barbe blanche soignée, lui donnait l’allure d’un acteur écossais. Bien entendu, de part leur jeune âge, peu de personnes présentes dans la salle connaissaient Sean Connery. Mais il entretenait cette ressemblance avec une certaine malice, s’amusant de leur ignorance comme un érudit sourit face au manque de références d’un apprenti. Il attendit que chacun se soit assis puis, une fois son public parfaitement attentif, baissa l’éclairage de la pièce avant d’entamer son cours.

– Pour cette deuxième séance, nous allons évoquer une affaire apparue dans les années quatre-vingt, que j’ai nommé « le refuge Sandrine ». Comme la dernière fois, je vais tout d’abord relater les faits et ensuite nous passerons aux questions. Je vous avertis, il est inutile de chercher des références sur vos smartphones ou de fouiller votre jeune mémoire pour vous souvenir de cette affaire. Il n’y en a aucune trace, nulle part . Et à la fin du cours, vous comprendrez pourquoi… »

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque.

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

Au baz’art des mots Light & Smell Les livres de Rose Lady Butterfly & Co
Le monde enchanté de mes lectures • Cœur d’encre • Les tribulations de Coco
La Voleuse de Marque-pages • Vie quotidienne de Flaure • Ladiescolocblog
Selene raconte • La Pomme qui rougit • La Booktillaise • Les lectures d’Emy
Songes d’une Walkyrie • Aliehobbies • Rattus Bibliotecus • Ma petite médiathèque
Prête-moi ta plume • L’écume des mots • Chat’Pitre • Pousse de ginkgo
À vos crimes • Mille rêves en moi


À 8 ans, Harley McKenna a assisté à la mort violente de sa mère. Au même âge, elle a vu son père, Duke, tuer un homme. Rien de très étonnant de la part de ce baron de la drogue, connu dans tout le nord de la Californie pour sa brutalité, qui élève sa fille pour qu’elle lui succède. Mais le jour où Harley est en passe de reprendre les rênes de l’empire familial, elle décide de faire les choses à sa manière, même si cela signifie quitter le chemin tracé par son père.

« J’ai huit ans la première fois que je vois papa tuer un homme. Je ne suis pas censée voir ça. Mais ces dernières semaines, depuis que maman est morte, chaque fois que tonton Jake s’absente, je suis complètement livrée à moi-même.

Je passe beaucoup de temps dans les bois ; je me perche dans les abris de chasse au cerf pour jouer ou je grimpe aux arbres pour voir jusqu’à quelle hauteur je peux arriver sans l’aide de personne. Parfois je pleure, parce que maman me manque. Parfois je ne peux pas m’en empêcher.

Mais je m’efforce de ne pas le faire en présence de papa.
J’aime les bois. Ils sont à la fois très bruyant et très silencieux, la bande-son et la berceuse de ma vie, d’aussi loin que je me souvienne. Lorsque j’escalade les grands chênes, me hissant de toutes mes forces, lorsque je me cramponne, saute et me balance le long des branches et de l’écorce tel un écureuil, je suis forcée de faire attention, sans quoi je risquerais de glisser et de tomber. Quand je grimpe, je n’ai pas à penser à l’absence de maman. Ni à papa, qui ne sait plus que tempêter dans un nuage de whisky, nettoyant ses fusils en marmonnant des imprécations contre les Springfield en réclamant du sang.

Ça fait trois semaines et demie que maman est morte, et déjà mes paumes sont gercées par l’escalade. J’ai des croûtes sur les genoux de la fois où je suis tombée du grand séquoia près de la rivière. Mes doigts sont tachés de jus de mûres et mes bras griffés par les ronces. Mes poches se gonflent des trésors que je trouve dans la forêt – des choses qu’elle aurait aimées : des plumes de geai bleu et des cailloux lisses parfait pour faire des ricochets, un gland éclaté qui ressemble à un visage.

J’entrepose les cadeaux de la forêt dans un abri de chasse au cerf. Tonton Jake a promis qu’il me ramènerait sur la tombe de maman, même si papa l’a fusillé du regard quand il a dit ça. Je veux lui apporter mes présents, parce que tonton Jake dit qu’elle est au ciel, qu’elle vieille sur nous.

Parfois, je lève les yeux et j’essaie d’imaginer ça. J’essaie de la voir.

Mais il n’y a rien d’autre que des branches et des étoiles.

Papa ne remarque pas que je suis tout le temps partie, au chaud dans l’étreinte de la forêt. Il a d’autres soucis en tête. « 

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque.

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

Au baz’art des mots Light & Smell Les livres de Rose Lady Butterfly & Co
Le monde enchanté de mes lectures • Cœur d’encre • Les tribulations de Coco
La Voleuse de Marque-pages • Vie quotidienne de Flaure • Ladiescolocblog
Selene raconte • La Pomme qui rougit • La Booktillaise • Les lectures d’Emy
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À vos crimes • Mille rêves en moi


Lorsque je lis un bouquin, j’aime citer un extrait, afin de vous donner un petit aperçu du contenu. Pour autant, ce sont les premières lignes d’un livre qui sont importantes.

Cela fait un moment que je vois passer, l’idée sur le blog Ma lecturothèque, je vais donc participer avec plaisir, mais en modifiant quelque peu.

En effet, ce ne sera pas un rendez-vous chaque semaine, car je n’aime pas trop me « forcer » à publier, et que je ne suis pas assez organisée, pour planifier mes lectures à l’avance. De plus, il m’arrive de lire plusieurs livres par semaine, donc je serais un peu frustrée, de devoir me limiter…

Je fais donc différemment, puisque à chaque début de lecture, je publierais « les premières lignes » en indiquant, le titre du livre ainsi que son auteur, avec la quatrième de couverture. Comme je le fais pour la rubrique ‘un titre, un extrait… »

Après avoir contemplé un long moment la ville endormie et ses rues grises balayées par la pluie, José revient s’assoir sur le canapé. Vautré dans un fauteuil en skaï, Romuald jouait sur son portable. La nuit s’étirait dans l’ennui et l’alcool. Une bouteille de whisky vide gisait sur la table basse en imitation teck.

Leur studio se trouvait au quatrième étage d’un immeuble en brique des années 30, semblable aux autres constructions de ce quartier, jadis ouvrier, aujourd’hui refuge des oubliés du progrès social. Le maire qui avait régné sur la commune du début des années 20 à la fin des années 30 était originaire d’une ville minière dans laquelle la brique était alors reine. Il avait essayé de retrouver dans sa cité d’exil, le rouge, pourtant synonyme de misère, des murs de son enfance.

Paris n’était qu’à trois kilomètres, mais tout dans cette commune suintait la banlieue. Après le périp’, une frontière invisible faisait pénétrer dans le monde des pauvres, avec ses bandes, ses embrouilles, ses rares épiceries, ses cafés qui tirent le rideau à vingt heures, ses restos pas terribles et ses kebabs, mais aussi ses squares, paradis des mamies et des gosses le jour et repaires des dealers le soir…Quelques pavillons subsistaient aux côtés des barres d’immeubles promises à la démolition.

No problemo répète sans cesse José. C’est un plan simple, un coup facile ! promet-il à son comparse, un délinquant sans envergure. Ce que la tête pensante de ce duo tait, c’est que la demeure de l’écrivain qu’ils s’apprêtent à rançonner est celle dans laquelle il a passé son enfance. Les souvenirs de ces années d’enfer, vont troubler le bon déroulement d’un saucissonnage qui démarrait si bien ! La cavale qui en découle s’annonce pour le moins chaotique et catastrophique.

De jeunes truands, des victimes pas toujours innocentes, des forces de l’ordre sur le fil du rasoir, des lieux pas si sûrs qu’on le souhaiterait… voilà les principaux ingrédients de cette aventure saisissante. C’est criant de vérité. Rien d’étonnant, l’auteur a passé plus de trente ans dans la police !