Tous les hommes désirent naturellement savoir de Nina Bouraoui

Parution : 22 août 2018 – Édition JC Lattès : 19,00€ – Pages : 256 – Genre : autobiographie

«Tous les hommes désirent naturellement savoir.» C’est par ces célèbres mots que commence la Métaphysique d’Aristote. C’est aussi cette célèbre citation qui donne son titre au 15ème roman de Nina Bouraoui, qui à travers ces lignes, livre son enfance, son histoire familiale entre l’Algérie et la France.

L’auteur se plonge dans ses errances et nous emmène avec elle à travers sa honte, sa culpabilité d’être une femme différente. Une femme qui découvre son homosexualité. Une femme à la recherche de ses désirs et de ses amours. Mais surtout une femme qui cherche à se faire aimer.

Une quête de soi, en parallèle d’une quête identitaire, entre l’Algérie de son enfance et la France de ses années étudiantes. C’est avec la violence née en Algérie que sa honte fait surface et devient viscérale au point qu’elle cherche à s’effacer, à s’engloutir dans ses conquêtes, dans ses errances.

Des errances qui la mènent, peu à peu, à l’acceptation de ses différences.

Fille d’un couple mixte, elle grandit dans l’amour familiale mais elle se sent étrangère entre ses deux pays, mais aussi étrangère au sein de ses propres désirs.

Elle couche les mots pour raconter sa haine d’elle-même, sa haine de ses désirs homosexuels. Elle est tour à tour homosexuelle et homophobe, tiraillée entre ses désirs et son éducation. Grandir dans un pays musulmans laisse des traces, elle devient schizophrène à force de se perdre dans ses choix, ses idées et ses désirs.

Comment trouver sa place, à la fois dans son esprit et dans son quotidien ? Nina Bouraoui exprime avec brio ce tiraillement entre l’éducation et les désirs et enfin l’acceptation de soi.

Un livre qui raconte, comme une histoire, racontée à haute voix et même si cela semble parfois décousu,cette manière de se livrer fait que le lecteur s’immerge dans ses souvenirs.

J’ai grandi en Tunisie et par beaucoup d’aspects, je me suis retrouvée dans ce que raconte l’auteur. La place de le femme, ses désirs, les rejets, mais surtout dans l’opposition que l’on ressent entre éducation et aspirations profondes.

L’auteur se livre et nous parle du déracinement, de son enfance et de sa quête identitaire.

Je ne suis pas fan d’autobiographie et je dois dire que lorsque j’ai sollicité le livre sur NetGalley je n’avais pas compris que cela en serait une. Pour autant, je ne regrette pas cette lecture, qui même si elle m’a déstabilisé par sa construction, a été agréable à lire.

Ce livre a été lu grâce à NetGalley et la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Née d’un père algérien et d’une mère bretonne, elle passe les quatorze premières années de sa vie à Alger avec sa sœur. C’est lors d’un été en Bretagne, dans sa famille maternelle, en 1981, qu’elle apprendra la décision de ses parents de ne pas retourner en Algérie, ses parents craignant le début de violence dans le pays. Elle va vivre cette période comme un drame, car elle ne peut faire d’adieux ni récupérer de souvenirs de sa vie d’avant.
Elle vivra son adolescence successivement à Paris, Zurich et Abou Dabi, puis revient à Paris après son baccalauréat pour étudier la philosophie et le droit.
C’est grâce à l’envoi de son manuscrit par la poste, qu’est publié son premier roman « La voyeuse interdite » (Gallimard) en 1991, qui connaîtra un succès international et recevra le prix du Livre Inter.
Ses œuvres, largement autobiographiques, font régulièrement l’actualité. Dans ses romans, elle écrit sur l’amour, l’homosexualité, l’identité et ses troubles ainsi que sur son enfance algérienne dont elle conserve la nostalgie.