Archives du mot-clé challenge ABC 2018 Policier/thriller

Sombrent les âmes de Vanaly nomain

Parution : 30 août 2018 – Autoédition – Prix papier : 11,98€ – Pages : 208 – Genre : thriller initiatique

Les retours, élogieux, trop élogieux, qui foisonnent sur les réseaux sociaux, me font de plus en plus prendre mes distances avec certaines lectures.J’ai une sensation de copinage exacerbé qui me hérisse et me donne envie de m’affranchir de plus en plus des dictats de certains lecteurs. Ces derniers mois, j’ai vu fleurir un rejet, d’une rare violence verbale, des retours mitigés ou négatifs, qui n’allaient pas dans le sens des lecteurs… Ou de l’auteur lui-même…

Bref, tout ça pour vous dire, qu’afin d’éviter d’être taxée de « copinage » avec l’auteur, je préfère, laisser passer quelques mois, avant de me faire mon avis.

Je ne vais pas vous mentir en disant que j’attendais impatiemment de lire le second opus de Vanaly Nomain, même si j’avais apprécié son premier livre «Emulsion : Au-delà du visible ».

En effet, entre les retours élogieux et la sensation d’un livre identique au premier, la quatrième de couverture, qui fait penser à une lecture philosophique, parsemée de morales, je n’étais pas pressée…

Pour les retours, je vous laisse juges, pour le livre, je peux vous en parler… Il est très différent du premier, donc un ouf de soulagement, de ce côté-là…

Sur la route de sa vie, Léa rencontre Ugo, SDF hypersensible, que Sophie tente de retrouver…

Ugo, artiste peintre, a le don de voir l’âme des gens, dans ce qu’elle de plus beau ou de plus horrible. Grâce à son coup de fusain, ceux dont il dessine les traits sur la toile, prennent forme. Mais il peut aussi entendre ces âmes qui croisent son chemin. Les voix se font parfois agressives et ne font qu’accentuer ses phobies…

Léa, a grandi en foyer et essaie de ne garder que le positif que la vie veut bien lui accorder. Sophie, désespère de retrouver Ugo. En tant que Psy, elle sent qu’elle n’a pas été au bout de son travail avec lui. Grâce à elle, l’intrigue, va en partie se révéler et permettre au lecteur d’appréhender l’histoire sous un angle intéressant.

L’auteur s’affranchit de son premier livre, tant au niveau de l’intrigue, totalement différente de son premier, qu’au niveau de l’écriture, que j’ai trouvé moins emprunte de spiritualité ou de philosophie de vie.

Pour le coup, ici, il y a un thriller qui sommeille dans « sombrent les âmes » et j’ai beaucoup apprécié cet aspect.

Une histoire très agréable, avec une galerie de personnages travaillés, une plume simple, subtile et sensible, le tout donnant du corps à une intrigue que l’auteur souhaite rendre lumineuse malgré la noirceur de certaines âmes… Le lecteur est pris facilement par l’histoire qui capte son attention et l’intrigue reste différente de ce que beaucoup d’auteurs servent pour satisfaire ses lecteurs…

Malgré ces points positifs, une pointe de déception n’a cessé de me poursuivre tout le long de ma lecture et qui malheureusement n’a fait que s’attiser au final et je ressors déçue !

L’auteur a tellement voulu peaufiner son écriture, son intrigue, qu’elle en a oublié l’essentiel : l’émotion ! Les mots qui donnent de la puissance au récit !? La plume, malgré qu’elle soit agréable, reste d’une platitude désespérante. Rien de percutant. Cette noirceur des mots, ne m’a pas collé un uppercut, ne m’a pas fait mal au bide ou mal à mon petit cœur.

Un manque de profondeur par moment qui m’a fait lever les yeux au ciel, en me disant : « Mais pourquoi ? »

Pourquoi, l’auteur n’a pas évité les lourdeurs ? Pourquoi, certains passages semblent moins travaillés que d’autres ? Pourquoi on sent comme une urgence vers la fin… Une urgence de terminer cette écriture ?

De manière générale, j’ai été tiraillée tout le long de ma lecture, entre une histoire très intéressante, un manque de punch dans les sentiments, qui restent trop plats et cette sensation que l’auteur hésitait entre être gentille, ou passer à l’étape supérieure et faire mal à son lecteur.

Malheureusement, ce manque d’émotions a quelque peu gâché cette lecture qui m’a fait l’effet d’un électrocardiogramme plat…

Ugo vit dans la rue. Il dessine pour apaiser les voix qui hurlent dans sa tête. Léa vit dans un minuscule appartement. Elle écrit pour repousser les démons du passé. Sophie est psychiatre. Elle cherche Ugo désespérément. Trois âmes meurtries, trois voix torturées qui se croisent, se cherchent et vont tout faire pour ne pas sombrer. Peut-on entendre le bruit de l’âme qui sombre ? Peut-on le déceler lorsque l’appel se transforme en un souffle sourd, lorsqu’il n’est plus que murmure lointain ? Nous trébuchons, souvent. Nous nous effondrons, parfois. Il est erroné de penser que la vie est plus forte que tout, faux de croire que les épreuves nous rendent toujours plus valeureux.
La vie abîme nos rêves et nos espoirs, parfois jusqu’à la moindre parcelle de lumière. Elle dépose des fleurs et des ronces sur notre chemin, au hasard, au détour d’une promenade. Il nous arrive de les effleurer, de les arracher ou de nous y écorcher.

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Un dernier mot avant de partir de Cédric Castagné

Parution : 20 juin 2017 – Auto-éditéPrix papier : 9,99€ – Prix Numérique : 3,99€ – Pages : 247 – Genre : thriller-psychologique

Un premier roman, un auteur auto-édité, une couverture intrigante et une quatrième de couverture très intéressante, voilà quelques ingrédients qui m’attirent dans un livre…

Tout au long de cette lecture, on découvre deux hommes… Deux hommes que tout semble opposer… Pourtant, ils vont se rejoindre, pour ne composer qu’une seule intrigue… Une intrigue très intéressante.

Quels liens peuvent bien avoir un père de famille, aimant, bosseur et qui donnerait tout pour sauver sa boite et cet homme, mal dans sa peau, écorché vif, qui ne cherche qu’à être aimé ?

L’auteur dévoile peu à peu sa trame, joue sur deux tableaux et embarque son lecteur, dans une histoire dérangeante, mais beaucoup plus simple qu’il n’y paraît, une fois que le lien est fait.

Pour autant, je n’ai pas réussi à avoir d’empathie pour ces deux hommes… Certainement, un manque de rythme et une histoire trop linéaire, sans réel rebondissement. L’auteur, doit à mon sens travailler plus ses personnages pour leur donner une vraie personnalité.

Un récit assez court, qui n’arrive pas à décoller, alors même que l’histoire est assez surprenante où les époques s’alternent de manière bien travaillée.

Il faut attendre la toute fin, pour que mon intérêt reprenne et là, je dois dire que l’auteur arrive à me reprendre par la main et à me repêcher, alors même que je commençais à me noyer dans ses filets… Le final arrive, quelque peu, à balayer ce qui m’a gêné et pour le coup, heureusement que je me suis accrochée, car j’ai bien failli me noyer…

Le manque de rythme, une intrigue qui tarde à se mettre en place, ne laisse pas le lecteur s’immerger rapidement.

Comme tout premier roman, il est perfectible, gageons que l’auteur a fait évoluer sa plume dans son second livre, que je ne tarderais pas à lire… Car il y a du potentiel.

Ce livre m’a été envoyé par l’auteur en service de presse. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Qui suis-je ?

Passionné de football, il rêvera toute sa jeunesse de faire de ce sport son métier, avant qu’une grave blessure au genou ne l’éloigne des terrains. Il se concentrera alors sur ses études et obtiendra son diplôme d’ingénieur à l’Institut National des Sciences Appliquées de Rouen, en 2004. « Sixième sens », sorti en 1999 et réalisé par M. Night Shyamalan, provoque un déclic dans son esprit. Il se met alors à imaginer des histoires aux dénouements improbables. Par la suite, ce sont les séries américaines, mais également des auteurs comme Dennis Lehane, Harlan Coben ou encore Maxime Chattam qui nourriront son inspiration… jusqu’à ce que le besoin de se lancer finisse par l’emporter.

 

Apocryphe de René Manzor

 

 

 

Parution : 3 octobre 2018 – Edition Calmann-LevyCollection : suspense crime – Prix papier : 19,90€ – Prix Numérique : 9,99€ – Pages : 400 – Genre : Thriller-historico-biblique.

Quand on apprend que « Apocryphe », a bien failli ne jamais voir le jour, la lecture prend une dimension différente et sa saveur n’en est que meilleure.

Le Destin était en marche… Peut-être un brin de divin dans cette publication… Mais attention, nous sommes bien dans un roman noir, même si l’auteur s’est inspiré d’une réalité que beaucoup pensent vraie. Une intrigue qui prend sa source dans ce qui aujourd’hui divise encore et surtout par-delà les divisons opposent des millions de personne.

La force de cette intrigue est de se servir d’une trame « historique » qui donne une réalité au récit, au point d’oublier que nous sommes bien dans un récit fictif.

La plume est d’une fluidité saisissante, concise et ciselée. Un vrai travail d’orfèvre dans les mots que l’auteur pose avec justesse, sans jamais perdre son lecteur dans des descriptions futiles.

« Apocryphe » porte bien son nom, puisque l’auteur suggère une réalité possible. Et si… Et si…

Une image peu conventionnelle de Jésus, puisqu’il est beaucoup plus un être humain qu’un être divin. Mais elle ne sert, que pour donner corps à l’histoire de David de Nazareth, fils caché de Jésus.

On se demande pourquoi l’auteur s’est lancé ce défi et comme un devin qui vient éclairer notre chemin, il nous livre une réponse que j’ai trouvé très belle « C’est l’enquête apocryphe d’un croyant de naissance qui fait appel au petit-fils du charpentier pour retrouver la foi ; et ce dans ce qu’il a de plus humain, de plus organique. C’est la perquisition littéraire d’un baptisé qui cherche désespérément à retrouver l’odeur du Jourdain. Ce sont les aveux d’un homme qui doute. Mais… Le doute, n’est-il pas le principe de la foi ? Quand on dit « je crois », c’est bien qu’on n’est pas sûr. »

A elle seule, cette phrase montre toute l’humanité que l’auteur a voulu mettre dans son thriller-historico-biblique où des personnages fictifs côtoient ceux bien réels et connus qui jalonnent nos livres d’Histoire avec un grand « H »

Cela peut soit dérouter le lecteur, soit complètement l’embarquer et se prendre au jeu de cette plume qui nous propose et cela de manière très visuelle (une déformation professionnelle qui sert la plume) de nous plonger dans un roman épique, un péplum que l’on lit comme on regarde ces vieux films en noir très à la mode à un moment donné.

N’allez pas croire que l’auteur s’est lancé tête baissée dans un tel roman ! Bien au contraire, le travail de recherche a duré deux ans avant de pouvoir faire profiter le lecteur de ce thriller.

Les personnages sont empreints de réalité et de réalisme, où les sentiments humains sont d’une description détaillée, mais sans jamais en faire trop, tout en permettant l’imagination du lecteur de se les approprier et de vivre à leurs côtés cette aventure autant humaine qu’historique.

C’est bien de cela que René Manzor nous parle, d’humanité, de doute, d’amour et de foi. La foi autant en Dieu que dans l’humanité qui se cache en chacun de nous, en chaque chose qui définit cet être complexe en perpétuel questionnement et en perpétuel besoin de réponses.

C’est le premier livre de l’auteur que je découvre et ce ne sera, certainement, pas le dernier. Une intrigue dense qui se lit avec avidité grâce à ce réalisme dont use l’auteur, un retour vers le passé qui se fait sans encombre et dont le lecteur devient le spectateur avide de comprendre, mais surtout avide de vivre. Le lecteur vit au rythme de cette intrigue qui a toutes les composantes d’un très bon thriller, servi par une plume très visuelle.

Histoire de vous immerger dans l’ambiance :

 

Ce livre m’a été envoyé par la maison d’édition ou l’auteur en service de presse. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Qui suis-je ?

De son vrai nom René Lalanne, est né en 1959 à Mont-de-Marsan. Réalisateur et scénariste. À la télévision américaine, il a signé la réalisation de plusieurs épisodes de série comme « Le Voyageur » (The Hitchhiker), « Highlander », « Band of Brothers », « Les Aventures du jeune Indiana Jones ». Il est le réalisateur du film « Dédales », sorti en 2003, avec Lambert Wilson et Sylvie Testud. En mai 2012, il publie son premier roman « Les Âmes Rivales ». Suivront « Celui dont le nom n’est plus » en 2014 et « Dans les brumes du mal » en 2016. Site web de l’auteur, et sa page Facebook.

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Les Diables de Cardona de Matthew Carr

 

 

Parution : 16 mai 2018 – Sonatine EditionPrix papier : 23€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 448 – Genre : Thriller Historique

Avec Matthew Carr, on se retrouve parachuté dans l’Espagne du 16e siècle. Le 16e siècle où l’odeur du cramé des bûchers de l’Inquisition est très présente. Les bûchers flambent pour la gloire de Dieu et pour la paix des âmes innocentes, perverties par le Malin. Les liens entre l’Église et l’Etat n’ont jamais été aussi forts permettant à l’Inquisition de faire ce qu’elle veut de ces malheureux promis à l’enfer…

L’Espagne a été arrachée à cette longue occupation des Maures, qui aura laissée des traces, tant religieuses, culturelles qu’architecturales. Malgré les conversions en masse, souvent par la force… L’Inquisition vit dans un climat de suspicion omniprésent. Ces conversions, sont-elles sincères ? La torture, la terreur sont palpables et la vie de chacun peut basculer du jour au lendemain sur simple doute ou délation.

Le meurtre d’un simple curé, le Rédempteur qui promet le retour du califat en Espagne et c’est le feu aux poudres, enfin aux bûchers dont les cendres ne sont jamais froides.

L’auteur propose plusieurs genres dans son intrigue, y mêlant tout à la fois une aventure digne des trois Mousquetaires, une enquête menée de main de maître avec des personnages brillamment campés, le tout servi sur une toile historique que l’on connaît peu.

Cette densité dans l’intrigue, trouve un large écho dans notre présent et c’est plutôt agréable, même si j’aime beaucoup les thrillers historiques, cela permet de réaliser que l’histoire n’est que recommencement…

En lisant ce bouquin, je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle avec le film de Youssef Chahine « le destin », dont j’ai savouré chaque minute, tellement il était documenté, travaillé. Nous sommes ici dans le même genre, sans lourdeur ou ennui. La plume est visuelle, parfois poétique avec un brin de malice. On retrouve cette atmosphère particulière, sombre,  mais poétique avec une enquête qui se révèle un apprentissage de fond comme avec « Le nom de la Rose » de Umberto Eco. Dont l’influence n’est pas loin.

Il y a pourtant dans « Les Diables de Cardona » une modernité sous-jacente qui ne fait que mettre en exergue les limites de notre époque… Je dirais même les régressions de notre époque. La peur de l’autre, de l’inconnu, la haine des homosexuels, la condition des femmes… Bref tout y est sauf que nous sommes au 16e siècle ! Et c’est plutôt effrayant, car on réalise avec cette lecture, que notre modernisme ne fait qu’accroître la régression. Mais surtout, que malgré la modernité, les idées sont toujours présentent et n’ont pas évolué…

Une lecture qui laisse quelque peu un goût amer lorsque l’on observe le peu d’avancement dans le domaine de la tolérance et surtout à quel point la bêtise humaine est toujours présente… Larvée pour certaines, mais prégnantes pour d’autres…

L’auteur ne se contente pas de nous servir une simple fresque historique, puisqu’il l’agrémente d’une belle intrigue policière où le lecteur va tout à tour se perdre entre les fausses pistes et les personnages parfois discutables qui ne sont là que pour brouiller les indices.

Une intrigue brillante, menée avec brio, un page turner qu’on ne lâche pas facilement, tellement la plume est belle.

Avec « Les Diables de Cardona », on se sent plus intelligent en refermant le livre. Non seulement, on a lu un très bon thriller, mais en plus, un pan entier de l’histoire de l’Espagne n’a plus de secret pour nous. C’est malin et c’est bon.

Ce livre m’a été envoyé par la maison d’édition ou l’auteur en service de presse. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Qui suis-je ?

Historien et spécialiste des religions, Matthew Carr est l’auteur de plusieurs livres de non-fiction. Également journaliste, il écrit pour The Guardian ou encore The New York Times et participe régulièrement à des conférences et à des séminaires. Né à Londres en 1955, Matthew Carr est reporter pour The Observer, The Guardian, ainsi que pour la BBC. Il a couvert de nombreux conflits : affrontements mafieux en Sicile, escouades de la mort espagnoles, conflit israélo-palestinien. Il vit actuellement dans le Derbyshire.

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Coupable(s) de Samuel sutra

 

 

 

 

Parution : 5 mars 2018 – Éditeur : Flamant NoirCollection : FLN.POLARS.THR. – Prix papier : 19,50€ – Prix Numérique : 5,99€ – Pages : 248 – Genre : Polar-Thriller-psychologique

Samuel Sutra confirme qu’il a plusieurs cordes à son arc littéraire, il manie aussi bien le genre caustique, drôle, cynique que le drame avec ce thriller-psychologique de grande qualité.

Un drame humain sert de toile de fond à cette intrigue, mettant l’accent aussi bien sur ces meurtres commis sur Paris que sur ce tremblement de terre à Haïti en 2010. Un tremblement qui a fait plus de 200 000 morts et autant de blessés…

Un sujet terrible, non seulement par l’ampleur de cette catastrophe, mais surtout parce que l’auteur nous parle de ces personnes avides et sans scrupules, dont la seule cause digne d’intérêt est la possibilité de s’enrichir, grâce à des projets immobiliers tous aussi bidons les uns que les autres. Sous couvert d’humanisme avec la présentation de cahiers des charges détaillant les besoins en matériaux pour la reconstruction, dans des normes antisismiques, les entrepreneurs véreux ont arrosé les personnes bien placées pour gagner les marchés publics et ainsi construire les logements d’un grand nombre de haïtiens, en cartons pâtes, les exposant encore plus à la misère.

L’enquête policière sert de révélateur à l’auteur pour parler des combines dignes de « salopards » pour se faire du fric sur la misère et la douleur des autres. Le tremblement de terre n’a fait qu’attiser l’appât du gain des rapaces. Ils sont tout aussi coupables que ce meurtrier qui court les rues.

L’auteur ne prend pas de pincette pour nous décrire les différents meurtres et fait monter la pression en distillant les informations au compte goutte, jusqu’à ce que nous soyons prêt, au même titre que l’équipe d’enquêteurs, à découvrir l’horreur dans toute sa splendeur…

Samuel Sutra ne se contente pas d’une simple enquête, puisque l’aspect psychologique est très présent également, avec des personnages décortiqués et bien campés affrontant des crimes, tous aussi horribles les uns que les autres, donnant une noirceur à la hauteur de celle dont est capable l’être humain… 250 pages que l’on dévore et dont on imagine le final… Mais l’auteur brouille les pistes et nous entraîne sur une autre, dont on ne soupçonne pas la possibilité tellement cela semble incroyable.

La citation « l’homme est un loup pour l’homme » de Thomas Hobbes, philosophe politique du 17ème siècle, n’a jamais été aussi véridique avec ce coupable de meurtres et ces coupables de génocides organisés afin de s’en mettre plein les poches.

Un roman noir, d’une réalité sombre, avec Haïti en toile de fond, cet opus de Samuel Sutra est une vraie claque, tant de par sa noirceur que par les faits avancés et réels. On ne ressort pas indemne de cette lecture, tellement la crasse humaine nous colle à la peau.

Spéciale dédicace à cette magnifique couverture, accusatrice et évocatrice des douleurs contenues dans ce livre.

Je remercie chaleureusement Flamant Noir à travers NetGalley pour cette lecture.

Après des études en Histoire de l’Art, il a obtenu une maîtrise de philosophie à l’Université Paris-Sorbonne (Paris-IV).
Son roman policier, « Le pire du milieu (Tonton et ses chinoiseries) » (2011) est le premier tome d’une longue série.
Samuel Sutra a été publié par les éditions Terriciae, puis Sirius, et aujourd’hui par les éditions Flamant Noir lesquelles, après avoir publié « Le Bazar et la Nécessité (Tonton sème le doute) » (2014), ont racheté les droits de ses précédents livres, notamment sa série « Tonton ».
« Kind of black » (2013), hommage du musicien de jazz, a obtenu le prix du Balai d’Or 2014.
Il fait également de la musique, du piano, du violon depuis plus de trente ans.
Père de trois enfants, il habite en Charente-Maritime.
Son site

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Nuit sans fin de Douglas Preston et Lincoln Child

Parution : 4 avril 2018 – Editions l’ArchipelPrix papier : 24€ – Prix Numérique : 16,99€ – Pages : 374 – Genre : Policier – Polar

Malgré le nombre, prolifique, d’enquêtes d’Aloysius Pendergast, c’est bien avec la 17ème que je découvre les aventures de ces personnages récurrents du duo Preston & Child.

Pour autant, j’ai été heureuse de pénétrer dans cette intrigue fluide, sans temps morts où les fausses pistes apportent de bons rebondissements.

Deux personnages principaux dont l’agent spécial du FBI, Aloysius Pendergats, d’ailleurs le terme spécial lui va comme un gant. Un côté sherlock Homles couplé à Simon Baker dans «le mentaliste», doté de capacités de discernement hors norme, une excentricité à l’anglaise, avec son majordome et sa Rolls. D’Agosta est un flic plus commun, homme d’action par excellent et terre-à-terre.

Une bonne partie du livre, on a l’impression que Pendergats survole cette enquête assez particulière, puisque de riches New-Yorkais sont retrouvés décapités après avoir été l’objet d’une mise à mort assez étrange et spectaculaire… Mais ce n’est que pour accentuer le flegme de cet homme atypique, puisqu’au final il apparaît dans toute son efficacité dans cette course-poursuite aux prises avec un serial-killer d’une rare intelligence.

Le final est très intéressant, bien amené et les auteurs baladent le lecteur jusqu’à la toute fin, quand à l’identité du tueur.

Une enquête avec en toile de fond une réalité sociale prégnante avec cette lutte des classes et les inégalités qui se creusent. Ces meurtres sont le révélateur d’un mal qui ronge nos sociétés, même si le but recherché était différent.

Malgré le côté fantasque de Pendergast, j’ai trouvé que les auteurs tentaient de lui donner un visage plus humain, où ses capacités, ne seraient pas mises en avant, mais bien sa haute moralité. Une introspection très intéressante quand on sait qu’il est difficile, parfois, pour les personnes aux capacités élevées de prendre du recul.

Même si j’ai découvert cette série avec cette 17ème enquête, cela ne m’a pas gêné puisque les intrigues sont différentes à chaque fois, avec la présence de personnages récurrents.

Un thriller classique, mais efficace porté par un personnage haut en couleur, que j’ai été ravie de découvrir et que je ne manquerais d’apprendre à connaître, en lisant les prémices de ses aventures.

Je remercie Mylène des éditions l’Archipel pour cette découverte.

Douglas Preston :
Né dans le Massachusetts en 1956, diplômé de littérature anglaise, il a démarré sa carrière en tant qu’auteur et éditeur pour le Muséum d’Histoire Naturelle de New York. Il a également enseigné à l’Université de Princeton. Durant ces huit années passées au Muséum, il a écrit son premier livre de non-fiction. A la même époque , il fait la connaissance de Lincoln Child, rencontre déterminante pour sa carrière d’écrivain. Aujourd’hui, il vit dans le Maine avec sa femme et ses trois enfants.

Lincoln Child :
Né en 1957 dans le Connecticut. Diplômé de littérature anglaise, Lincoln Child a été responsable éditorial aux éditions St Martin’s Press à New York avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Il vit aujourd’hui dans le New Jersey avec sa femme et sa fille.

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