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L’échange de Rebecca Fleet

Parution : 7 juin 2018 – Éditeur : Robert Laffont – Collection : La Bête noirePrix papier : 20€ – Prix numérique : 13,99€ – Pages : 336 – Genre : Thriller, thriller-psychologique.

Une 4ème de couverture qui promet du lourd avec ce couple qui décide d’échanger sont appartement londonien, contre une maison à Leeds. Cet échange, très à la mode aujourd’hui, promet des vacances à bas pris. Des vacances pour se retrouver et sortir du train-train qui empoisonne le quotidien.

Un thriller psychologique qui démarre lentement, avec une drôle d’atmosphère entre ce couple, mais également dans cette maison à la décoration minimaliste, qui va peu à peu paraître oppressante… La présence de plusieurs objets, fait basculer les réflexions de cette femme, en qui on ne voit qu’une femme meurtrie…

L’alternance des chapitres entre le passé et le présent, installe une atmosphère sombre et délétère qui ne fera qu’accentuer et accélérer les souvenirs. Et ce sont justement ces souvenirs qui sont le nœud de cette histoire manichéenne.

Toute l’histoire repose sur le machiavélisme d’une seule personne. Et même si l’auteur tarde à révéler certaines pistes, l’ambiance est posée et on a envie de savoir ce que l’auteur veut nous dire.

Ce que je regrette le plus dans cette lecture, c’est qu’il faut attendre beaucoup plus de la moitié pour enfin être mis sur la piste et apprécier le choix de cette intrigue en toile d’araignée.

L’auteur a vraiment réussi cet aspect du thriller psychologique, où c’est le lecteur qui est pris entre les toiles et c’est en fait peu à peu que l’on arrive à démêler l’intrigue.

Alors oui, c’est long à se mettre en place, mais le parti-pris de l’auteur est que le lecteur découvre l’intrigue et la dénoue, au rythme du personnage principal. Et c’est là que réside la construction différente que propose l’auteur.

Dans un thriller, le lecteur a souvent de l’avance sur les personnages, alors que là, tout réside dans la simultanéité des découvertes par le personnage principal et le lecteur. Et c’est certainement cela qui m’a déstabilisé.

C’est donc un thriller machiavélique, humain, construit comme une toile d’araignée, dont le lecteur appréciera la complexité, malgré le manque de rythme. Mais après tout, l’araignée met du temps à construire avant de révéler toute la beauté de sa construction.

Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

 

Rebecca Fleet a fait ses études à Oxford et travaille dans le marketing à Londres. L’Échange est son premier roman.

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L’Empathie de Antoine Renand

Parution : 17 janvier 2019 – Editeur : Robert Laffont Collection : La Bête noirePrix papier : 20€ – Prix Numérique : 13,99€ – Pages : 464 – Genre : Polar-Thriller-Thriller psychologique

J’ai tendance à me méfier du battage médiatique autour d’un livre, mais j’ai aussi tendance à faire confiance au responsable de la collection, lorsqu’il dit l’avoir lu en une nuit !

Ce qui donne envie de découvrir un livre, c’est un ressenti, un tout qui fait qu’on est attiré par celui-ci, à ce moment précis. En général, je lis en décalé, pour laisser retomber la pression des différents retours. Je me méfie aussi des phrases toutes faites, qui parfois desservent le livre, plus qu’autre chose.

Mais là, j’ai d’emblée été intrigué ! Pourquoi ce titre ?

On comprend vite que l’empathie est le nœud de cette histoire peu banale que l’auteur nous sert…

Faire partie de la brigade du viol demande une sacré dose de courage et surtout, il faut avoir cette capacité à se mettre à la place de l’autre, sans jamais tomber dans le misérabilisme ou de cette identification à la victime. Savoir garder cette distance salvatrice, c’est un combat de tous les jours, de tous les instants, pour être efficace.

L’auteur a su rendre ces aspects visuels, en donnant à son duo d’enquêteurs, tous les traits qui doivent les caractériser. Mais pour traquer le monstre qui agit à la barbe de tous, se faufile par les fenêtres et dont les crimes vont en s’accentuant, il va leur falloir déterrer leurs propres cadavres et traquer le monstre qui est en eux…

Un duo qui traque ces monstres pour guérir de leurs monstres… Comme si pour comprendre, il fallait avoir vécu des évènements dramatiques…

Un peu comme un épisode de New York Unité Spéciale qui se met en place, le lecteur est immergé dans l’intrigue pour assister avec effroi à la naissance d’un monstre avec le passage de la chrysalide à la métamorphose complète. De voyeur à violeur… Il n’y a parfois qu’un pas…

« Il resta plus d’une heure debout, immobile, face au lit du couple. Il toisait la jeune femme qui dormait nue, sa hanche découverte. Puis il examina l’homme à ses côtés. Sa grande idée lui vint ici, comme une évidence ; comme les pièces d’un puzzle qu’il avait sous les yeux depuis des années et qu’il parvenait enfin à assembler. On en parlerait. Une apothéose. »

L’enquête va crescendo, pour atteindre son point culminant et faire basculer l’intrigue, dans une autre dimension.

D’une « banale » enquête policière, l’auteur nous entraîne dans un thriller psychologique, à la finesse et aux descriptions ahurissantes. Il ne prend pas de gants pour décrire l’horreur dans toute sa « splendeur ». On passe par tous les stades, de la tristesse, de l’empathie à l’incompréhension, à la rage, tout en gardant en tête que tout se joue enfant… Alors oui, on dit souvent que l’on ne naît pas violeur ou tueur et fort heureusement, mais l’enfance est le point d’ancrage de notre futur moi adulte. Et là, l’auteur arrive à le décrire tellement bien, à l’exprimer avec des mots justes à travers les voix de ses personnages, que cela en est déroutant…

J’ai vraiment apprécié le traitement psychologique des différents protagonistes, qui se révèlent tous victimes… Victimes du système sociale, du système judiciaire… Au point, parfois, d’avoir envie de faire sa propre justice.

Il y a une soif de vivre, une soif de justice, très prégnante entre chaque ligne, avec pour fil conducteur cette empathie, dont l’auteur parle si bien. Cette empathie que l’auteur nous pousse à avoir, nous pousse à vivre. Des personnages torturés, tordus, mais dont l’humanité est exacerbée.

Un livre qui se révèle être plus qu’un simple thriller, c’est aussi un thriller sociétal, qui pose des questions sur l’appareil judiciaire en France, sur la justice des hommes, mais surtout, sur la place de victime d’abus sexuels et le traitement que l’on en fait, nous simples mortels…

Une construction telle que plusieurs intrigues s’imbriquent les unes dans les autres pour n’en former qu’une, comme ces poupées russes dont on admire le travail, ici le lecteur admire la singularité de l’intrigue et son traitement, menée par la plume d’un grand auteur en devenir qui, pour un premier livre, m’a foutu une sacrée claque.

Ce livre a été lu, dans le cadre d’un partenariat avec la maison d’édition.

Antoine Renand a écrit et mis en scène des courts-métrages, primés en festivals et diffusés à la télévision.  Il est l’auteur de plusieurs scénarios de longs-métrages en cours de production. « L’Empathie » (2019) est son premier roman.

Livre voyageur : Quand les hirondelles me reviennent de Yann Déjaury

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Parution : 2 décembre 2016Editeur : Librinova – Prix Numérique : 2,99€ – Prix Papier : 15,90€313 Pages – Genre : Littérature

Rien ne m’attirait dans cette lecture… Cette couverture, trop fleur bleue, trop lisse… Trop rose… Un côté trop sensible qui a tendance à me repousser… Les 10 premières pages, que je trouvais trop lentes à mettre en place une intrigue, que je ne percevais pas…

En fait d’intrigue, c’est un récit, une initiation, une quête de soi…

Avec une plume douce, lente qui aurait pu décourager, l’auteur arrive à transporter le lecteur dans un univers en construction… En devenir…. Cet homme, à la mémoire qui flanche, ne ressemble-t-il pas à ce que nous voudrions parfois vivre…

Pour oublier…

La mémoire est le centre de la connaissance de l’être humain… L’amnésie est ici, vécue comme une certaine délivrance, malgré les interrogations… Cet homme en pleine errance, qui n’a aucun souvenir de son passé… On ne sait rien de lui… Pourtant, son parcours va être jalonné de rencontres…

C’est un livre avec lequel on évolue au rythme du personnage…

La route a été agréable et contre toute attente, je l’ai terminé de belle manière en faisant une jolie découverte…

Cet homme, va cherche à comprendre pourquoi il se retrouve parachuté dans un endroit paumé, au contact de gens qu’il ne connait pas, mais qui sont tous d’une gentillesse déconcertante… Malgré un sentiment, qu’il n’arrive pas à cerner, entre l’envie de se poser, de passer à autre chose, malgré un sentiment d’inachevé…

Même si on devine le chemin que l’auteur souhaite nous faire prendre, sa plume est empreinte de bienveillance et nous embarque dans ce récit, nous prend par la main et nous guide… On tourne les pages, impatient de comprendre….

Tous les indices parsemés, ajoutent une note de mystère entretenue, jusqu’à la fin…

Un hymne à la vie… La trace qu’on laisse… Le sentiment de plénitude qui t’envahit quand tu comprends le sens de tes actes, de tes choix… Mais surtout quand tu comprends que certains de tes actes influencent ton parcours…

Sans le Prix des auteurs inconnus, c’est un livre que je n’aurais pas lu et je serais passée à côté d’une plume très agréable, lente, mais de cette lenteur qui te donne envie de prendre le temps, de laisser l’auteur te prendre par la main et te guider vers la vérité… Du moins une vérité…

Une très belle découverte. Une quête de soi… Une quête d’identité qui permet de trouver une réponse, parmi tant d’autres…

Il est parfois des livres, que vous ne choisissez pas, mais qui s’imposent à vous…

Né en 1978 à Abbeville, Yann Déjaury vit actuellement dans la région Lilloise. Scientifique de formation, il aime quitter son esprit cartésien pour laisser place à l’imaginaire qu’il exprime à travers la pâtisserie, les objets décoratifs et l’écriture.

Plus d’infos sur l’auteur :

– Twitter : https://twitter.com/YannDejaury
– Instagram : https://www.instagram.com/yanndejaury/
– Facebook : https://www.facebook.com/yanndejauryauteur/

Ce livre m’a été envoyé par la maison d’édition ou l’auteur en service de presse. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Qui suis-je ?

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Livre voyageur : Les derniers jours de Hugues Boulet


Parution : 25 juin 2018 – Éditeur : La P’tite Hélène – Prix papier : 18,00€ – Prix Numérique : 5,99€ – Pages : 174 – Genre : fable contemporaine

J’ai déjà eu le plaisir de découvrir la plume de Hugues Boulet, avec « les gens d’en haut » un roman de science-fiction, frôlant la dystopie.

L’auteur s’attaque ici à un genre quelque peu différent, puisque nous suivons une petite fille originale, un brin rêveuse, tourmentée par les changements qu’elle observe et surtout qu’elle perçoit. Une petite fille tout en finesse dont la vie douce et bien ordonnée, laisse la place aux rêveries les plus farfelues.

Avec une plume poétique tout en délicatesse, l’auteur nous embarque dans une lecture tendre sur le temps qui passe où les premières interrogations existentielles, les premiers élans amoureux, prennent tous leur sens. Mais c’est aussi la prise de conscience de l’état d’homme et de femme de ses parents, indépendamment de leur état de parents.

Une prise de conscience perturbante à bien des égards, puisqu’elle s’accompagne des premiers changements que subit son corps.

Comment faire face à toutes ces modifications ? Quoi de mieux qu’un journal qui lui permettra de prendre le recul nécessaire en couchant ses peurs, ses angoisses mais surtout ses désirs et ses rêves.

Le récit est troublant de réalisme, l’auteur a su transfigurer les émotions de cette petite fille, pour la rendre attachante et donner envie au lecteur de la voir passer de la chrysalide au papillon.

Une petite fille qui se trouve à la frontière du changement, à la frontière entre les derniers jours de son enfance et les premiers jours de son adolescence. Ce basculement est assez prégnant dans la trame de l’auteur, puisque par moment notre petite héroïne ne sait plus où elle doit se situer. Est-elle une petite fille ? La petite fille des ses parents ? De son père ? Ou est-elle une jeune fille dont les sentiments changent au gré de son corps.

Lentement, mais inexorablement… L’évolution se fait. Mais doit-elle « tuer » cette petite fille en elle, pour laisser la place à l’adolescente ? Peu à peu au fil des lignes l’auteur nous entraîne dans ses sentiments et ses interrogations, pour au final permettre au lecteur de retrouver l’enfant qui est en nous, mais surtout de le retrouver, en mettant l’accent sur le fait que nous nous devons le garder présent sans devoir le perdre.

Un récit poétique, en semi-conscience de notre réalité où la dualité entre deux états est assez présente.

Une ambiance feutrée comme l’affectionne si bien l’auteur, dans laquelle le lecteur s’immerge avec plaisir, sans vouloir s’en extraire, de peur de ne plus ressentir la grâce qui parsème cette petite fable sur la fin de l’enfance.

Ce livre envoyé par l’auteur, que je remercie chaleureusement, participe au livre voyageur que j’ai mis en place sur mon profil Facebook et dont je vous parlerais bientôt.

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