Parution : 11 octobre 2019 – Editions Lajouanie –  Prix papier : 19,99€ – Prix numérique : 9,99€ – Pages : 554 – Genre : polar

Tout le monde sait qu’un cafard survit à tout… Tout le monde sait que si on coupe la tête d’un cafard, il peut vivre encore 9 jours. 9 jours au cours desquels la faim l’achèvera…

Je connais le Jean-François Pré, « Monsieur cheval », je viens de découvrir Jean-François Pré, auteur. Et autant dire que ces deux identités se confondent agréablement.

Même si l’auteur redonne vie, le temps de cette enquête à son personnage récurent, ce qui peut parfois s’avérer compliqué, pour le lecteur qui prend le train en route, il distille les informations dont on a besoin, sans référence aux anciennes enquêtes. Et j’ai trouvé cela vraiment judicieux. Pas besoin, comme pour certains auteurs, de se fader les différents livres pour l’esquisser. Les manies des uns et des autres, leurs relations s’imbriquent parfaitement grâce à ce fil rouge non palpable et pourtant présent tout au long du récit qui fait que l’on avance avec plaisir à leur rythme. Je n’ai pas eu le sentiment que ce flic était « incomplet ».

Langsamer a ce côté british que j’affectionne particulièrement. Ce flegme, qui agace les uns, vivant dans la précipitation de découvrir le mobile et le meurtrier, est la clé de la réussite, selon lui. Et ça match bien. Il a le regard perçant et l’analyse fine, permettant de déceler le moindre mensonge que l’on essaie de lui faire gober.

L’aura d’Agatha Christie n’est pas loin, avec une variété des personnages et plusieurs mobiles.

Une intrigue décortiquée, complexe, qui ne lasse pas. Pas de fioritures, on va à l’essentiel, vers un seul but : résoudre un meurtre. On s’aperçoit que chaque mot compte, tout est fait pour que le lecteur prenne du plaisir et arrive à la fin à résoudre cette enquête. Une fin logique alors que tout n’était pas si évident…

C’est du bon polar… Mais pas que…

Certaines réflexions sur le rôle des uns et des autres, sur leur place sur l’échiquier des manipulations sont très intéressantes. Les manipulations, dont nous pouvons faire l’objet sont d’une limpidité confondante et peuvent faire écho en ce sentiment d’incompréhension face aux Hommes dont on attend l’intégrité la plus totale. Plusieurs sujets de société sont abordés, mais sans lourdeur, posée là, comme une réflexion.

Non seulement Jean-François Pré, nous entraîne dans un bon polar, mais en plus, il pousse à la réflexion par petites touches, parfois suggestive… Au lecteur de lire entre les lignes… Ou pas…

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Entré à Tiercé Magazine en 1975 et au Parisien un an plus tard, Jean-François Pré intervint pour la première fois à la télévision en mai 1983, sur TF1 dont il fut ensuite le « Monsieur cheval » jusqu’en 2012. De 1983 à 1992, il y a commenté toutes les courses en direct, d’abord aux côtés de Léon Zitroneet d’André Théron, puis seul à la tête de son équipe. En 1994, il crée « La minute hippique », émission de vulgarisation du cheval qui, sera un grand succès d’audience.

Le Cheval du Président, paru en 1997, est son premier roman. Il y met en vedette un couple d’aventuriers milliardaires qu’il fera revivre dans son récit suivant, toujours avec le cheval en toile de fond. Depuis 2012, il a créé, Georges Langsamer, commissaire à la retraite, que l’on retrouve depuis dans ses parutions.

 

 

Parution : 3 octobre 2019 – Editeur : Robert Laffont – Collection : La bête noirePrix papier :  21€ – Prix numérique : 14,99€ – Pages : 448 – Genre : polar, thriller-psychologique, suspense

J’ai été ravie de retrouver le dernier opus de Daniel Cole, dont le titre en anglais est révélateur de la direction que souhaite prendre l’auteur : « Endgame »… « Fin de jeu »

Un titre à double sens, qui permet à la fois de clore la trilogie, mais surtout de voir le grand retour de Wolf, inspecteur emblématique, que l’on découvrait dans Ragdoll…

Ragdoll, ce sont des bouts de chiffons assemblés, pour former une tête et un corps de poupée. Des petites poupées bien mignonnes qui font rêver les petites filles… Mais là, c’était du sordide, de l’horreur à l’état brut… ! Ragdoll, poupée de chair et de sang, une poupée composée de six personnes différentes… Un corps, six victimes… Wolf, inspecteur borderline, que nous allions perdre de vu, puisque l’intrigue se terminait par sa fuite…

L’appât faisait la part belle à Baxter, qui prenait du galon en devenant inspectrice principale, et dont le personnage allait prendre son envol, en s’étoffant et devenir la charismatique inspectrice, manquant de confiance en elle, en tout le monde, mais têtue comme une mule et surtout, essayant de s’affranchir de l’ombre de Wolf…

Daniel Cole, prend la mesure de chacun de ses personnages pour les faire enfin bosser ensemble, chacun selon son envergure, avec ses défauts et ses failles… Baxter en veut à Wolfe… Elle lui en veut à la fois de lui avoir menti, mais surtout pour avoir disparu sans jamais donner de nouvelles. Un collègue en qui elle avait entière confiance…

Sans le suicide de son ami et mentor Finlay Shaw, Wolfe ne se serait certainement pas manifesté, il lui est impossible d’y croire et il décide de mener l’enquête avec son ancienne équipe…

Daniel Cole a toujours cette plume visuelle, cinématographique, qui entre directement dans le vif de l’intrigue, sans perdre de temps. Pour autant, on sent qu’il a envie de poser les dernières cartes qu’il a en main. Il a envie d’une fin pour ses personnages, qu’il ne souhaite plus maltraiter… Comme s’il avait fait le tour avec eux, ou qu’il avait décidé de les épargner…

L’enquête est beaucoup plus personnelle, feutrée, une lenteur qui donne de la douceur dans un monde de brutes, puisque nous connaissons rapidement le coupable…

Tout le jeu consiste à prouver la culpabilité de celui-ci…

La construction est présentée de telle manière, avec l’alternance de certains chapitres entre le passé et le présent, que l’on comprend vite le pourquoi, reste le comment… Qui, sans être une révélation, nous révolte quelque peu…

Daniel Cole, nous prend par la main et nous présente ses deux personnages fétiches de manière plus intimes.

J’ai été déconcertée par la tournure que prenait l’intrigue, mais en fin de compte, je l’ai appréciée et le final, vient la clore d’une belle manière.

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Né en 1984, a été ambulancier dans une vie antérieure. Guidé par un besoin irrépressible de sauver les êtres, il a également été membre actif de la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals, l’équivalent anglais de notre SPA. Plus récemment il a travaillé pour la Royal National Lifeboat Institution, une association dédiée au sauvetage en mer le long des côtes britanniques. Cet altruisme est-il la manifestation de sa mauvaise conscience quant au nombre de personnes qu’il assassine dans ses écrits ? Il vit sous le soleil de Bournemouth, au Royaume-Uni, et on le rencontre souvent sur la plage.          

 

 

 

Parution : 16 novembre 2017 – Editeur : Robert Laffont – Collection : La bête noirePrix papier :  20€ – Prix poche : 7,90€ – Prix numérique : 9,99€ – Pages : 416 – Genre : polar, thriller-psychologique, suspense

J’aime les intrigues complètement tordues, qui me vrillent le cerveau, mais j’apprécie aussi, parfois, les intrigues simples qui me permettent de me faire plaisir, sans me triturer les méninges… La griffe du diable, fait partie des polars classiques, agréables, qui fait le job qu’on lui demande, c’est-à-dire, nous faire passer un bon moment. Et c’est déjà une excellente chose.

Malgré ce classicisme, que certains pourraient lui reprocher, il y a un, je ne sais quoi qui fait que l’on se laisse facilement porter par la plume de l’auteure.

On retrouve tous les codes du genre, avec des personnages malmenés par la vie, qui prennent peu à peu forme et s’étoffent au fil du récit. L’auteure les décrit de belle façon, les rendant accessibles et surtout rendant palpables leurs fêlures. L’empathie, ce créé peu à peu, mais sans jamais tomber dans le gnangnan qui aurait pu me faire décrocher !

L’auteure tire son épingle du jeu, grâce à l’atmosphère qu’elle confère à son récit, avec les descriptions de l’île de Guernesey, ses plaines sauvages, ses légendes bien ancrées dans l’imaginaire collectif, avec une pointe de surnaturel propre aux lieux habités par les vieux démons… Une dualité est palpable entre le besoin de modernité et la peur du changement des plus anciens.

Le rythme assez lent, se calque sur le flegme tout britannique, avec un dénouement progressif, grâce aux paroles du meurtrier qui viennent se glisser entre les chapitres.

Un livre qui se déguste et se savoure avec un bon thé et des petits biscuits, en humant les vagues qui viennent s’écraser sur les rocher, isolant cette île pleine de mystère…

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Lara Dearman a grandi à Guernesey avant de s’installer au Royaume-Uni pour étudier à l’université les relations internationales et le français. Après une brève carrière dans la finance et trois ans passés à Singapour, elle se consacre à l’écriture. Son premier roman, La Griffe du diable, combine son amour pour Guernesey, et ses nombreux mythes, et sa passion pour le polar et les serial killers.                  

 

 

 

Parution : 4 septembre 2019 – Editions du MasquePrix papier : 19,00€ – Prix numérique : 13,99€ – Pages : 240 – Genre : thriller-psychologique, roman noir

Un roman bien sombre que voilà ! L’auteure ne ménage pas son personnage, dont la vie ordinaire et sordide, ne lui laisse aucune porte de sortie. Ce n’est pas faute de vouloir s’en sortir, mais il a beau avoir une famille, personne ne fait attention à lui, ses amis n’en sont pas vraiment, avec lesquels il ne partage que les beuveries… Il est seul, sans travail, sans avenir, sans aucune lumière à l’horizon…

Philippe, va perdre pied… Il ne maîtrise plus rien. Alors que l’auteur maîtrise son intrigue, avec une symbiose déconcertante entre elle et son personnage qu’elle incarne à travers une violence, doublée d’une grande sensibilité. Le tragique côtoie la souffrance. Un roman sombre, qui perd de sa vigueur vers la fin, sans pouvoir mettre en valeur le final inattendu.

Un roman, qui porte un regard sombre sur les cités, sur ces jeunes qui tentent de trouver leur place sans parfois pouvoir atteindre leur rêves. Les bars d’immeuble, le béton servent de décor pour sublimer ce bouquin atypique.

Une première version de ce livre est parue en autoédition chez Librinova le 21/09/2018.

Ce livre a été lu, en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Nathalie est professeure de théâtre, blogueuse, metteur en scène, comédienne, auteure, directrice d’une compagnie,

 

 

Parution : 2 octobre 2019 – Calmann-LévyPrix papier : 20,90€ – Prix numérique : 14,99€ – Pages : 380 – Genre : thriller, thriller-psychologique

J’attendais avec impatience le nouvel opus de Donato Carrisi et surtout de retrouver Mila.

Quatrième volet du Chuchoteur, je peux vous déjà vous dire que même si cet opus peut se lire indépendamment, ce serait dommage de ne pas le lire dans la continuité des autres. Même si l’enquête est indépendante, découvrir Mila Vasquez, personnage emblématique de Donato Carrisi, est à lui seul  un vrai plaisir. UN personnage, d’une rare complexité, très bien travaillé et qui a pris en maturité, depuis  sa première apparition. Je vous recommande donc de lire Le chuchoteur et L’écorchée. Même si l’égarée fait partie de la quadrilogie, il peut être lu indépendamment…

Nous retrouvons Mila quelques années après les événements du Chuchoteur, elle a quitté la police, le service des Limbes, pour se consacrer à sa fille, mais surtout commencer une nouvelle vie. Elle vit coupée du monde à la campagne avec sa fille Alice, pas d’Internet, pas de téléphone fixe, pas de télé…

Pourtant … Le mal va l’attirer à lui…

Donato Carrisi, qui n’en avait pas terminé avec elle, va l’embarquer dans une nouvelle enquête, pour le moins atypique… Dans laquelle, elle sera soumise à rudes épreuves. Le lecteur n’est d’ailleurs pas oublié, puisqu’il va vivre de sacrés rebondissements, lors desquels le rythme sera tout autant soutenu.

Mila va être propulsée dans le jeu du chuchoteur, entre deux mondes. Le monde réel et le monde virtuel vont s’entrecroiser et chaque porte franchie dans le jeu, apportera son lot de réponse dans la réalité…

La thématique du jeu vidéo, choisie par Donato Carrisi, est assez intéressante et ancre les personnages et l’intrigue dans la réalité. Certains passages sont révélateurs des doutes que nous avons quant à l’utilisation d’internet et l’addiction aux jeux et aux drogues…

La seule chose que je peux reprocher à cet opus, c’est le sentiment d’une répétition par rapport au chuchoteur. Mais bon, cela n’a rien enlevé au plaisir que j’ai eu pendant ma lecture et ce dont je suis certaine, c’est de retrouver l’agent Vasquez dans un prochain roman de Donato Carrisi, car elle a encore pas mal de choses à faire notamment découvrir sa fille Alice…

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Donato Carrisi est un romancier, journaliste, dramaturge et scénariste italien, auteur de roman policier. Juriste de formation, spécialisé en criminologie et sciences du comportement, il délaisse la pratique du droit en 1999 pour se tourner vers l’écriture de scénarios. Il est l’auteur d’une thèse sur Luigi Chiatti, le « monstre de Foligno », un tueur en série italien. « Le Chuchoteur » (Il suggeritore, 2009), son premier roman, s’est vendu en France à plus de 300 000 exemplaires, a été traduit dans vingt pays et a remporté plusieurs prix littéraires, dont le prix SNCF du polar européen 2011 et le prix des lecteur Livre de Poche 2011.

Après « La fille dans le brouillard » (La ragazza nella nebbia, 2015), un thriller un peu plus classique, Donato Carrisi, renoue avec la série mettant en scène ses enquêteurs Marcus et Sandra dans « Tenebra Roma » (Il maestro delle ombre, 2016).

Quelques récompenses viennent conforter le talent de Donato Carrisi: le Prix Camaiore, le Prix Il Belgioso, le Prix Bancarella 2009 (déjà attribué à Ernest Hemingway, Michael Connely, Ken Follett) et enfin le Prix Mediterraneo del Giallo y del Noir.

Donato Carrisi est également dramaturge, scénariste pour la télévision et un collaborateur régulier du quotidien milanais Corriere della Sera.

En 2017, il réalise son premier film, « La fille dans le brouillard » (La ragazza nella nebbia), qui est une adaptation de son roman éponyme, et pour lequel il remporte le prix du meilleur réalisateur débutant lors de la 63e cérémonie des David di Donatello en 2018.

Depuis 2018, il enseigne l’écriture à l’Université libre des langues et de la communication (IULM) à Milan.

 

 

 

Parution : 19 septembre 2019 – French Pulp éditionsPrix papier : 16€ – Pages : 288 – Genre : polar

Les éditions French Pulp font le pari de remettre au goût du jours, le personnage emblématique de Léo Malet et le pari est plutôt réussi.

Nestor Burma évolue au 21ème siècle de manière naturelle, et même s’il est réfractaire à la technologie, il y trouve des avantages indéniables. Avec cet opus, Danielle Thiery, lui fait vivre sa sixième enquête et l’on retrouve la gouaille de ce personnage atypique, chiant et attachant à la fois.

L’auteure nous embarque dans une sordide histoire, où le diable se niche dans les endroits les plus sombres et devient le compagnon d’êtres humains, parfois insoupçonnables…

La plume est agréable et ses descriptions des quartiers populaires de Paris, apportent une résonance particulière… Notamment, un goût amer avec les attentats de 2015… On découvre aussi, le Paris des bas-fonds, le Paris satanique et sectaire et cela donne à cette enquête une saveur toute particulière… Et une enquête particulière pour Nestor Burma, qui est propulsé dans un monde sombre où la noirceur de l’homme laisse libre court à son imagination…

Malgré quelques pointes d’humour, dues au caractère bien trempé de Burma et une plume agréable, qui lui donne vie, j’ai eu du mal à entrer dans l’intrigue, alors même que les personnages sont aussi bien construits que ceux de Jacques Saussez, dans les carats de l’Opéra, il m’a manqué l’insolence qu’il prête à Burma…

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition, grâce à NetGalley. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Danielle Thiéry est née en 1947, après des études de lettres classiques, de droit et de psychologie, elle rentre dans la police nationale française, en 1968. Une des premières femmes admises dans le corps des officiers de police en 1969. Elle passe le concours de commissaire de police en 1976, puis elle est nommée commissaire divisionnaire en 1991 et c’est la première dans l’histoire de la police française.
En 1992 la télévision s’intéresse à elle et son histoire donnera naissance à une série Quai n°1 diffusée pendant plusieurs années sur France 2 à partir de 1997.
Passionnée de littérature policière et de cinéma, elle est l’auteur de 25 ouvrages qui lui ont valu quelques prix littéraires, notamment le célèbre Prix du quai des Orfèvres en 2013 pour Des clous dans le coeur).