Parution : 6 mars 2019 – Éditeur : HarperCollinsCollection : HarperCollins Noir – Prix numérique : 12,99€ – Prix papier : 20€ – Pages : 416 – Genre : thriller,

Troisième enquête de Jana Berzelius, qui peut se lire indépendamment des autres, ce roman semblait réunir tous les ingrédients d’un bon thriller scandinave.

Même si en général j’aime découvrir les enquêtes d’un flic dans l’ordre de parution, je dois dire que cet auteur ne m’attirait pas particulièrement. Mais la 4ème de couverture était plutôt alléchante, et le fait est que j’ai eu le plaisir de découvrir ce titre grâce à BePolar.

Malheureusement, il m’a manqué un je ne sais quoi, pour que j’accroche.

Norrköping est le théâtre de plusieurs meurtres, aussi atroces les uns que les autres, mais avec le même mode opératoire. Deux enquêtes vont se télescoper : celle de ces meurtres et celle de Danilo Pena, ennemi juré du procureur Jana Berzelius, qui vient de s’échapper de l’hôpital où il est traité…

En général, j’apprécie les polars nordiques pour leur construction, mais surtout pour l’atmosphère qu’ils dégagent. Pourtant, ici, je n’ai pas été emballée. Je n’ai pas compris pourquoi on parle de la troisième enquête du procureur, puisqu’elle n’est pas le personnage principal du bouquin ! Elle ne fait qu’être spectatrice de cette enquête.

Malheureusement l’auteur n’arrive pas à faire émerger ses personnages, qui restent assez ordinaires. Chacun étant confronté à des soucis personnels ou professionnels, mais sans se démarquer du polar à la construction classique.

La tension reste au ras des pâquerettes et n’arrive pas à décoller, malgré ces victimes qui s’enchainent et pour lesquelles je n’ai ressentie aucune empathie. J’ai attendu cette ambiance sombre et pesante, caractéristique de la littérature nordique, mais malheureusement, elle n’a pas été au rendez-vous.

Ce livre a été lu grâce à BePolar et la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

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Née en Suède, à Motala, en 1979, Emelie Schepp appartient à la nouvelle génération d’écrivains nordiques, celle qui a succédé à des auteurs mondialement connus comme Stieg Larsson. Après avoir remporté un prix d’Art dramatique et travaillé dans la publicité, Schepp fait des débuts très remarqués avec « Marquée à vie », le premier volume de sa trilogie Jana Berzelius. Déjà vendue dans 27 pays à ce jour, la trilogie a conquis 200 000 lecteurs rien qu’en Suède. Emelie Schepp a été élue par le festival de thrillers de Gotland, en Suède, « Auteur de l’année 2016 » pour son roman « Marquée à vie », parmi plus de 15 auteurs tels que Lars Kepler, Camilla Läckberg et Viveca Sten.

Parution : 6 mars 2019 – Éditeur : HarperCollinsCollection : HarperCollins Noir – Prix numérique : 12,99€ – Prix papier : 20€ – Pages : 416 – Genre : thriller-polar

« Elle n’aimait pas socialiser, n’éprouvait pas le besoin de voir les autres juste pour les voir. Pour elle, la conversation avait une fonction presque exclusivement professionnelle. Au tribunal, elle n’avait aucun problème à se lancer dans de longs exposés pour présenter les faits, mais avoir une conversation d’ordre privé était un défi pour elle. Un défi qui ne l’intéressait pas. Le privé, elle le gardait pour elle. »

Mis en scène dans leur propre appartement, des corps comme des poupées incomplètes, mutilés avec une précision chirurgicale.
Justement, c’est peut-être la chirurgie qui relie les victimes entre elles. Et, plus précisément, une erreur médicale commise dans le secret d’une salle d’opération, étouffée par les années.
Des nuits blanches attendent la police de Norrköping et la procureure Jana Berzelius.
Mais cette dernière a d’autres cauchemars que le tueur au scalpel.
Un homme qui la connaît depuis l’enfance. Un homme qui pourrait révéler à tous que Jana a été élevée et entraînée pour tuer. Cet homme est sa véritable menace. Et il vient juste de s’échapper.

Parution : 6 février 2019 – Éditeur : HarperCollinsCollection : HarperCollins Noir – Prix numérique : 12,99€ – Prix papier : 20€ – Pages : 384 – Genre : thriller, littérature noire

Certaines lectures sont surprenantes et prenantes, et ce, dès les premières lignes. November Road revisite un fait historique qui a marqué et qui continue de susciter des interrogations. L’alternative qu’il propose est plausible, au point qu’il arrive à nous embarquer dans son intrigue, pourtant assez classique.

Un thème passionnant, avec une hypothèse sur l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, mais surtout, et c’est là que l’auteur entre en œuvre, il propose un panorama complet sur la société américaine et l’impact que cela a eu sur elle.

Un traumatisme palpable et prégnant tout le long de cette lecture, aussi bien sur les femmes que sur les noirs, dont il représentait l’espoir d’émancipation.

L’auteur exploite la thèse, largement répandue de l’implication de la Mafia, notamment Carlos Marcello, parrain de la Nouvelle-Orléans, qui ne cachait pas sa haine de Kennedy.

Avec cet assassinat, les commanditaires ont, non seulement tué l’homme, mais surtout fait avorté toute évolution de cette société puritaine et raciste.

Un destin qui semblait tout tracé, échangé contre la vie à laquelle ils aspirent.

Une plume agréable, parsemée d’humour, au service d’un road trip initiatique, avec plusieurs thèmes en toile de fond, l’amitié, la confiance, l’attachement aux valeurs familiales, les respect…

Des personnages hauts en couleur, aux personnalités fouillées qui, vont évoluer, prendre de l’épaisseur et même si, pour certaines, on a de l’aversion, leur évolution se fera au rythme de ce voyage initiatique, finissant par devenir sympathique et susciter une certaine tendresse.

Un roman sombre, passionnant, un réel page turner, un brin rétro, au charme indéniable. Un style qu’on aimerait pouvoir lire plus souvent. En bref… Du très bon !

Ce livre a été lu grâce à BePolar et la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Ecrivain américain, auteur de roman policier. Il a fait ses études à l’Université Loyola de La Nouvelle-Orléans et à l’Université du Massachusetts à Amherst. Il enseigne dans le cadre du programme de création littéraire (MFA) à l’Université d’Oklahoma City. Après avoir travaillé comme cuisinier, entraîneur et livreur de journaux, il fait ses débuts littéraires en 1991 avec le recueil de nouvelles « Road to Bobby Joe and Other Stories » signé Louis Berney. En 2015, avec son troisième roman, « The Long and Faraway Gone », il est lauréat du prix Edgar-Allan-Poe du meilleur livre de poche original, du prix Anthony du meilleur livre de poche original, du Prix Barry 2016 du meilleur livre de poche original et du prix Macavity du meilleur roman. « November Road » a été élu meilleur livre de l’année 2018 par le Washington Post.

Parution : 1er juin 2017 – Auto-éditionPrix papier : 25€ – Prix numérique : 3,99€ – Pages : 388 – Genre : Polar, thriller

Vingt ans séparent les meurtres de Limoges de ceux de Périgueux, pourtant en 1995, le meurtrier a été interné en hôpital psychiatrique. Alors que c’est-il passé ? Pourquoi les meurtres recommencent avec autant d’horreur ?

Certaines enquêtes mettent du temps à débusquer un tueur et Sophie Mancel va balader son lecteur, de Limoges en 1995 à Périgueux en 2015. Les flics vont devoir trouver le meurtrier, pour éviter que des jeunes femmes enceintes soient trucider.

On plonge rapidement dans le feu de l’action avec une construction classique à l’alternance de chapitres, de longueur variable. Le manque d’équilibre entre les chapitres m’a rendu perplexe, mais heureusement, c’est un point que l’on oublie rapidement, au regard de l’intrigue.

Sophie Mancel, arrive à tirer son épingle du jeu, grâce à une histoire bien menée et dont le travail historique sur les religions est très bien documenté, pour le rendre très crédible. Alors même que la forme est assez classique, ce polar évite les écueils d’une intrigue banale.

Le lecteur se laisse facilement entraîner par le travail des enquêteurs et par les révélations qui jalonnent le récit avec, notamment, un aspect religieux des meurtres assez différent de ce que l’on peut lire.

Les meurtres coïncident avec des pluies diluviennes, rendant l’atmosphère sombre et la météo ne fait que rendre le mysticisme de ces meurtres que plus prégnant.

On peut regretter la misogynie de certains gendarmes, mais, même si c’est une des choses qui m’a gêné, Sophie Mancel, semble rendre compte du regard d’un univers très masculin et qui ne fait que traduire la réalité du quotidien de certains flics. Donc, une fois que l’on dépasse cet aspect, on s’aperçoit que l’auteur fait évoluer les mentalités de ses protagonistes, démontrant ainsi qu’une femme est tout aussi capable.

Des personnages hauts en couleur aux caractéristiques bien travaillées, ce qui donne de la crédibilité à l’intrigue. Et même si j’ai eu des doutes sur le tueur, je dois dire que l’auteur a vraiment été jusqu’au bout d’un bon polar qui divulgue avec parcimonie les indices, afin que le lecteur ait des soupçons, mais sans jamais se dire que c’est trop facile, grâce au savant dosage entre chaque révélation.

Un livre perfectible, au style parfois maladroit, avec des fautes d’orthographe qui demeurent, par moment trop présentes, dont l’intrigue relève largement la qualité. La quatrième de couverture est beaucoup trop longue et devrait être réduite des 2/3 afin de ne pas trop en dire.

Ce livre m’a été envoyé par l’auteur en service de presse. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Parution : 7 juin 2018 – Éditeur : Robert Laffont – Collection : La Bête noirePrix papier : 20€ – Prix numérique : 13,99€ – Pages : 336 – Genre : Thriller, thriller-psychologique.

Une 4ème de couverture qui promet du lourd avec ce couple qui décide d’échanger sont appartement londonien, contre une maison à Leeds. Cet échange, très à la mode aujourd’hui, promet des vacances à bas pris. Des vacances pour se retrouver et sortir du train-train qui empoisonne le quotidien.

Un thriller psychologique qui démarre lentement, avec une drôle d’atmosphère entre ce couple, mais également dans cette maison à la décoration minimaliste, qui va peu à peu paraître oppressante… La présence de plusieurs objets, fait basculer les réflexions de cette femme, en qui on ne voit qu’une femme meurtrie…

L’alternance des chapitres entre le passé et le présent, installe une atmosphère sombre et délétère qui ne fera qu’accentuer et accélérer les souvenirs. Et ce sont justement ces souvenirs qui sont le nœud de cette histoire manichéenne.

Toute l’histoire repose sur le machiavélisme d’une seule personne. Et même si l’auteur tarde à révéler certaines pistes, l’ambiance est posée et on a envie de savoir ce que l’auteur veut nous dire.

Ce que je regrette le plus dans cette lecture, c’est qu’il faut attendre beaucoup plus de la moitié pour enfin être mis sur la piste et apprécier le choix de cette intrigue en toile d’araignée.

L’auteur a vraiment réussi cet aspect du thriller psychologique, où c’est le lecteur qui est pris entre les toiles et c’est en fait peu à peu que l’on arrive à démêler l’intrigue.

Alors oui, c’est long à se mettre en place, mais le parti-pris de l’auteur est que le lecteur découvre l’intrigue et la dénoue, au rythme du personnage principal. Et c’est là que réside la construction différente que propose l’auteur.

Dans un thriller, le lecteur a souvent de l’avance sur les personnages, alors que là, tout réside dans la simultanéité des découvertes par le personnage principal et le lecteur. Et c’est certainement cela qui m’a déstabilisé.

C’est donc un thriller machiavélique, humain, construit comme une toile d’araignée, dont le lecteur appréciera la complexité, malgré le manque de rythme. Mais après tout, l’araignée met du temps à construire avant de révéler toute la beauté de sa construction.

Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

 

Rebecca Fleet a fait ses études à Oxford et travaille dans le marketing à Londres. L’Échange est son premier roman.

Parution : 17 janvier 2019 – Editeur : Robert Laffont Collection : La Bête noirePrix papier : 20€ – Prix Numérique : 13,99€ – Pages : 464 – Genre : Polar-Thriller-Thriller psychologique

J’ai tendance à me méfier du battage médiatique autour d’un livre, mais j’ai aussi tendance à faire confiance au responsable de la collection, lorsqu’il dit l’avoir lu en une nuit !

Ce qui donne envie de découvrir un livre, c’est un ressenti, un tout qui fait qu’on est attiré par celui-ci, à ce moment précis. En général, je lis en décalé, pour laisser retomber la pression des différents retours. Je me méfie aussi des phrases toutes faites, qui parfois desservent le livre, plus qu’autre chose.

Mais là, j’ai d’emblée été intrigué ! Pourquoi ce titre ?

On comprend vite que l’empathie est le nœud de cette histoire peu banale que l’auteur nous sert…

Faire partie de la brigade du viol demande une sacré dose de courage et surtout, il faut avoir cette capacité à se mettre à la place de l’autre, sans jamais tomber dans le misérabilisme ou de cette identification à la victime. Savoir garder cette distance salvatrice, c’est un combat de tous les jours, de tous les instants, pour être efficace.

L’auteur a su rendre ces aspects visuels, en donnant à son duo d’enquêteurs, tous les traits qui doivent les caractériser. Mais pour traquer le monstre qui agit à la barbe de tous, se faufile par les fenêtres et dont les crimes vont en s’accentuant, il va leur falloir déterrer leurs propres cadavres et traquer le monstre qui est en eux…

Un duo qui traque ces monstres pour guérir de leurs monstres… Comme si pour comprendre, il fallait avoir vécu des évènements dramatiques…

Un peu comme un épisode de New York Unité Spéciale qui se met en place, le lecteur est immergé dans l’intrigue pour assister avec effroi à la naissance d’un monstre avec le passage de la chrysalide à la métamorphose complète. De voyeur à violeur… Il n’y a parfois qu’un pas…

« Il resta plus d’une heure debout, immobile, face au lit du couple. Il toisait la jeune femme qui dormait nue, sa hanche découverte. Puis il examina l’homme à ses côtés. Sa grande idée lui vint ici, comme une évidence ; comme les pièces d’un puzzle qu’il avait sous les yeux depuis des années et qu’il parvenait enfin à assembler. On en parlerait. Une apothéose. »

L’enquête va crescendo, pour atteindre son point culminant et faire basculer l’intrigue, dans une autre dimension.

D’une « banale » enquête policière, l’auteur nous entraîne dans un thriller psychologique, à la finesse et aux descriptions ahurissantes. Il ne prend pas de gants pour décrire l’horreur dans toute sa « splendeur ». On passe par tous les stades, de la tristesse, de l’empathie à l’incompréhension, à la rage, tout en gardant en tête que tout se joue enfant… Alors oui, on dit souvent que l’on ne naît pas violeur ou tueur et fort heureusement, mais l’enfance est le point d’ancrage de notre futur moi adulte. Et là, l’auteur arrive à le décrire tellement bien, à l’exprimer avec des mots justes à travers les voix de ses personnages, que cela en est déroutant…

J’ai vraiment apprécié le traitement psychologique des différents protagonistes, qui se révèlent tous victimes… Victimes du système sociale, du système judiciaire… Au point, parfois, d’avoir envie de faire sa propre justice.

Il y a une soif de vivre, une soif de justice, très prégnante entre chaque ligne, avec pour fil conducteur cette empathie, dont l’auteur parle si bien. Cette empathie que l’auteur nous pousse à avoir, nous pousse à vivre. Des personnages torturés, tordus, mais dont l’humanité est exacerbée.

Un livre qui se révèle être plus qu’un simple thriller, c’est aussi un thriller sociétal, qui pose des questions sur l’appareil judiciaire en France, sur la justice des hommes, mais surtout, sur la place de victime d’abus sexuels et le traitement que l’on en fait, nous simples mortels…

Une construction telle que plusieurs intrigues s’imbriquent les unes dans les autres pour n’en former qu’une, comme ces poupées russes dont on admire le travail, ici le lecteur admire la singularité de l’intrigue et son traitement, menée par la plume d’un grand auteur en devenir qui, pour un premier livre, m’a foutu une sacrée claque.

Ce livre a été lu, dans le cadre d’un partenariat avec la maison d’édition.

Antoine Renand a écrit et mis en scène des courts-métrages, primés en festivals et diffusés à la télévision.  Il est l’auteur de plusieurs scénarios de longs-métrages en cours de production. « L’Empathie » (2019) est son premier roman.