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Parution : 21 août 2019 – Editions du MasquePrix papier : 19,90€ – Prix numérique : 14,99€ – Pages : 220 – Genre : thriller-psychologique, exil, réfugiés

Fuir son pays d’origine n’est certainement pas une chose simple, ni un choix. C’est l’exil pour la survie. Les personnes qui n’y ont pas été confrontées, ont malheureusement du mal à comprendre que l’on fuit souvent pour sauver sa peau, et non par envie de confort. Si vous prenez le temps de discuter avec une personne dans cette situation, vous ressentirez sa douleur d’avoir eu à abandonner sa terre, sa famille, et ses repères. En l’écoutant, vous aurez la chair de poule et vous ne pourrez pas vous empêcher d’avoir les yeux mouillés ! Il faut juste apprendre à écouter et avoir de l’empathie pour le genre humain.
Bien entendu, il y a de tout, lors des vagues migratoires, mais il y a surtout des larmes, de la peur…
Laissez-vous aller, un peu, à être bercé par les histoires de ces personnes meurtries…
Je ne souhaite à personne de vivre, ce que des familles entières vivent et à travers « De l’autre côté, la vie volée », Aroa Moreno Durán, nous parle de cette pudeur que la première génération d’exilés a. Une pudeur qui peut être destructrice, car la deuxième et troisième génération, aura parfois, du mal à trouver sa place dans ce pays d’accueil.
Pour fuir la guerre civile qui sévit en Espagne, un couple s’exile en Allemagne, Berlin plus particulièrement. Katia et Martina, leurs deux filles, sont nées de cet exil, elles font, et doivent faire la fierté de leurs parents, surtout de leur père. En 1962, le mur sépare Berlin en deux… La famille se retrouve du mauvais côté… Pourtant, la vie va continuer, Katia et Martina représentent la première génération de la jeunesse communiste.
Première génération d’exilés, première génération de jeunesse communiste, un poids pèse sur elles, pourtant la discipline dont elles sont entourées et qui les caractérise, va éclater, le jour où Katia, va faire rencontrer, Johannes qui vit de l’autre côté du mur… Une rencontre qui va bouleverser sa vie…
Un bouleversement amoureux, bien entendu, mais ce n’est pas ce qui prime dans ce roman. Ce qu’évoque l’auteur, c’est le déracinement. Le premier totalement inconscient et le second fait par choix, sans avoir mesuré les conséquences…
Katia en passant la frontière, ne se sentira jamais à sa place. Cette place qu’elle a la sensation d’avoir volée, cette vie heureuse, qu’elle a la sensation de ne pas mériter… Elle quitte tout, mais sans penser aux conséquences, sans se projeter, elle a la fougue de sa jeunesse et l’amour pour seule arme…

Il y a un découpage intéressant à souligner, avant la fuite de Katia, la grande période de sa vie en Allemagne de l’Ouest et dans un troisième temps, son retour aux sources, grâce à Johannes qui ne souhaite qu’une chose, que sa femmes soit heureuse. Tout cela sans jamais le formuler… Il y a de la pudeur dans tous les personnages. Une pudeur palpable, entre les lignes. La pudeur, le silence, les non-dits de chacun qui ne feront que creuser le faussé entre ces âmes meurtries…

En filigrane, le contexte historique est évoqué par Katia, mais d’une manière détachée, comme si rien ne la touchait vraiment. Un détachement qui semble nécessaire pour qu’elle puisse supporter le déracinement. Je me suis demandée ce qu’il était advenu de sa famille en RDA, on l’apprendra plus tard…

Katia, pensait trouver sa voie, se trouver… Mais dans sa fuite, elle ne fera que se perdre un peu plus.

Déracinée par ses parents, elle se l’impose également à son tour… Le détachement dont elle fait preuve, démontre sa quête identitaire. Elle pensait oublier d’où elle venait, mais le passé se rappel à elle, car le passé ne s’oublie pas. Si on l’enferme, il revient comme un boomerang…

Les sujets abordés sont multiples et très bien mis en valeur, portés par une plume contemplative, mais pas ennuyeuse. Une plume un brin poétique par moment, qui rend hommage aux exilés, à leur sacrifice, à la construction de soi, mais surtout à l’acceptation de la différence.

Aroa Moreno Durán est diplômée en journalisme à l’Université complutense de Madrid. lle est titulaire d’un master en radio – télévision à l’Université Antonio de Nebrija et d’un master de l’édition à l’Université de Salamanca. Elle est l’auteure de deux biographies de Frida Kahlo (2011) et de Federico García Lorca (2011). « De l’autre côté, la vie volée » (« La hija del comunista », 2017), son premier roman, a obtenu le prix « El Ojo Crítico » de Radio Nacional de España (RNE) en 2017.

 

 

 

Parution : 4 septembre 2019 – Editions du MasquePrix papier : 19,00€ – Prix numérique : 13,99€ – Pages : 240 – Genre : thriller-psychologique, roman noir

Un roman bien sombre que voilà ! L’auteure ne ménage pas son personnage, dont la vie ordinaire et sordide, ne lui laisse aucune porte de sortie. Ce n’est pas faute de vouloir s’en sortir, mais il a beau avoir une famille, personne ne fait attention à lui, ses amis n’en sont pas vraiment, avec lesquels il ne partage que les beuveries… Il est seul, sans travail, sans avenir, sans aucune lumière à l’horizon…

Philippe, va perdre pied… Il ne maîtrise plus rien. Alors que l’auteur maîtrise son intrigue, avec une symbiose déconcertante entre elle et son personnage qu’elle incarne à travers une violence, doublée d’une grande sensibilité. Le tragique côtoie la souffrance. Un roman sombre, qui perd de sa vigueur vers la fin, sans pouvoir mettre en valeur le final inattendu.

Un roman, qui porte un regard sombre sur les cités, sur ces jeunes qui tentent de trouver leur place sans parfois pouvoir atteindre leur rêves. Les bars d’immeuble, le béton servent de décor pour sublimer ce bouquin atypique.

Une première version de ce livre est parue en autoédition chez Librinova le 21/09/2018.

Ce livre a été lu, en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Nathalie est professeure de théâtre, blogueuse, metteur en scène, comédienne, auteure, directrice d’une compagnie,

 

 

Parution : 2 octobre 2019 – Calmann-LévyPrix papier : 20,90€ – Prix numérique : 14,99€ – Pages : 380 – Genre : thriller, thriller-psychologique

J’attendais avec impatience le nouvel opus de Donato Carrisi et surtout de retrouver Mila.

Quatrième volet du Chuchoteur, je peux vous déjà vous dire que même si cet opus peut se lire indépendamment, ce serait dommage de ne pas le lire dans la continuité des autres. Même si l’enquête est indépendante, découvrir Mila Vasquez, personnage emblématique de Donato Carrisi, est à lui seul  un vrai plaisir. UN personnage, d’une rare complexité, très bien travaillé et qui a pris en maturité, depuis  sa première apparition. Je vous recommande donc de lire Le chuchoteur et L’écorchée. Même si l’égarée fait partie de la quadrilogie, il peut être lu indépendamment…

Nous retrouvons Mila quelques années après les événements du Chuchoteur, elle a quitté la police, le service des Limbes, pour se consacrer à sa fille, mais surtout commencer une nouvelle vie. Elle vit coupée du monde à la campagne avec sa fille Alice, pas d’Internet, pas de téléphone fixe, pas de télé…

Pourtant … Le mal va l’attirer à lui…

Donato Carrisi, qui n’en avait pas terminé avec elle, va l’embarquer dans une nouvelle enquête, pour le moins atypique… Dans laquelle, elle sera soumise à rudes épreuves. Le lecteur n’est d’ailleurs pas oublié, puisqu’il va vivre de sacrés rebondissements, lors desquels le rythme sera tout autant soutenu.

Mila va être propulsée dans le jeu du chuchoteur, entre deux mondes. Le monde réel et le monde virtuel vont s’entrecroiser et chaque porte franchie dans le jeu, apportera son lot de réponse dans la réalité…

La thématique du jeu vidéo, choisie par Donato Carrisi, est assez intéressante et ancre les personnages et l’intrigue dans la réalité. Certains passages sont révélateurs des doutes que nous avons quant à l’utilisation d’internet et l’addiction aux jeux et aux drogues…

La seule chose que je peux reprocher à cet opus, c’est le sentiment d’une répétition par rapport au chuchoteur. Mais bon, cela n’a rien enlevé au plaisir que j’ai eu pendant ma lecture et ce dont je suis certaine, c’est de retrouver l’agent Vasquez dans un prochain roman de Donato Carrisi, car elle a encore pas mal de choses à faire notamment découvrir sa fille Alice…

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Donato Carrisi est un romancier, journaliste, dramaturge et scénariste italien, auteur de roman policier. Juriste de formation, spécialisé en criminologie et sciences du comportement, il délaisse la pratique du droit en 1999 pour se tourner vers l’écriture de scénarios. Il est l’auteur d’une thèse sur Luigi Chiatti, le « monstre de Foligno », un tueur en série italien. « Le Chuchoteur » (Il suggeritore, 2009), son premier roman, s’est vendu en France à plus de 300 000 exemplaires, a été traduit dans vingt pays et a remporté plusieurs prix littéraires, dont le prix SNCF du polar européen 2011 et le prix des lecteur Livre de Poche 2011.

Après « La fille dans le brouillard » (La ragazza nella nebbia, 2015), un thriller un peu plus classique, Donato Carrisi, renoue avec la série mettant en scène ses enquêteurs Marcus et Sandra dans « Tenebra Roma » (Il maestro delle ombre, 2016).

Quelques récompenses viennent conforter le talent de Donato Carrisi: le Prix Camaiore, le Prix Il Belgioso, le Prix Bancarella 2009 (déjà attribué à Ernest Hemingway, Michael Connely, Ken Follett) et enfin le Prix Mediterraneo del Giallo y del Noir.

Donato Carrisi est également dramaturge, scénariste pour la télévision et un collaborateur régulier du quotidien milanais Corriere della Sera.

En 2017, il réalise son premier film, « La fille dans le brouillard » (La ragazza nella nebbia), qui est une adaptation de son roman éponyme, et pour lequel il remporte le prix du meilleur réalisateur débutant lors de la 63e cérémonie des David di Donatello en 2018.

Depuis 2018, il enseigne l’écriture à l’Université libre des langues et de la communication (IULM) à Milan.

       

 

Parution : 14 novembre 2019 – Editions TaurnadaPrix papier :  9,99€ – Prix numérique : 5,99€ – Pages : 183 – Genre : thriller psychologique

L’insomnie est mauvaise conseillère ; surtout elle exagère les images. Elle transforme facilement l’inquiétude en effroi, l’effroi en épouvante. Yves Thériault, le grand roman d’un petit homme.

Dès les premières phrases, l’auteur m’a touché. Ses mots sur l’insomnie ont fait écho en moi… Mon fils a un mal fou à dormir, à trouver le sommeil et en tant que parent, je me sens souvent désarmée, et les médecins ne sont pas d’une grande aide… A 12 ans mon fils me demande, à quel âge, il pourrait prendre des somnifères… Cette toute petite phrase a été une vraie claque et j’ai commencé à chercher des médecines alternatives. Notre prochain test : l’acupressure… Une collègue me disait que l’endormissement étant lié au lâcher prise… En fin de compte, comme moi, son cerveau ne déconnecte jamais….

L’auteur ne ménage pas son personnage principal, en lui faisant toucher le fond… Un fond qui semble sans limite… Il n’y a qu’un pas entre la défonce et la psychose dans laquelle Nick plonge, mais il nous entraîne aussi avec lui, puisqu’on plonge dans son quotidien d’insomniaque, qui frise la folie… Ses problèmes d’insomnies lui font abuser des somnifères et anxiolytiques.

Les benzodiazépines, les « benzos », pour les intimes, vendus sous ordonnance… Ces petites pilules du bonheur censées nous envoyer dans les bras de Morphée… Oui, mais voilà, parfois Morphée n’est pas au rendez-vous… Alors Nick débloque à fond et avale ses cachetons comme s’il croquait des bonbons…

Nick perd la tête et le lecteur aussi, au passage… On vit la descente aux enfers de Nick à son rythme et on ne distingue plus le vrai du faux… Perd-il vraiment la boule ? Ou bien la vérité est ailleurs… ?

Avec une plume directe et sans fioritures, Noël Boüdou nous embarque dans un excellent thriller psychologique, construit à la première personne, qui pourrait être déstabilisant au départ, mais qui permet de construire un vrai lien avec le lecteur, ainsi qu’une identification forte si on est parfois sujet aux insomnies… Se retrouver dans la tête d’un accro aux médocs, c’est comme un accro à la drogue… L’addiction est identique et souvent, on ne se rend pas compte de l’importance de la prise de ces médicaments…

Un excellent thriller psychologique qui va littéralement pulvériser vos certitudes, grâce à une plume rythmée et un excellent sens du suspense, Noël Boüdou nous plonge dans la folie humaine, dans tous les sens du terme… On devient accro et dépendant à Benzos…

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Nouvelliste et romancier, Il a travaillé quinze ans à l’hôpital de Limoges, avant de s’installer à quelques minutes de Cahors. Il exerce en tant qu’aide à domicile auprès de personnes âgées, et il adore ce travail. Mais ses deux vraies passions sont le heavy metal, qu’il pratique en tant que chanteur au sein de plusieurs groupes amateurs, et bien sûr les livres.

Il tombe amoureux de la littérature en découvrant Stephen King, dont il est aujourd’hui encore un immense fan. Le thriller a eu sa préférence pendant de nombreuses années, avec une plongée dans les univers sombres de ses auteurs : Graham Masterton, Peter Straub ou encore James Herbert. Puis il se met à lire des romans noirs. Deux livres vont lui donner envie d’écrire : « 1974 » de David Peace et « Natural Killer » de Pierre Pelot. Il écrit plusieurs nouvelles avant de se lancer dans l’écriture d’un premier roman.

 

 

 

Parution : 21 août 2019 – Editions rivages Prix grand format :  21€ – Prix numérique : 14,99€ – Pages : 189 – Genre : thriller-dystopique, thriller psychologique, critique sociale

Quel livre étrange que ce Protocole gouvernante ! Une jeune fille se fait engagée comme gouvernante pour s’occuper d’Elena, petite-fille de 4 ans. Jusque-là, tout est normal… Sauf que la normalité, ne fait pas partie de l’équation…

On ne sait pas grand-chose de la période pendant laquelle se déroule l’intrigue, et c’est ce qui lui confère un air dystopique. Pour autant, je ne suis pas certaine que ce genre puisse s’appliquer à ce livre. Par contre c’est sans conteste un thriller, assez étrange, qui conduit à une certaine fascination.

Une fascination, non pas par l’intrigue en elle-même, mais par la plume de l’auteur et la narration qu’il a mise en place. Le trait de génie, tient à peu de choses mais va donner toute son ampleur à cette intrigue. L’auteur fait le choix d’un lecteur spectateur de ce qui se déroule entre les lignes. En effet, il ne s’adresse pas à nous, mais bien à cette gouvernante, dont on ne sait pas grand-chose. D’une voix lancinante, qui confine à la berceuse, aux litanies, débitées par une voix qui s’immisce en nous… Une voix qui devient notre pensée… Cette voix est la ligne directrice de cette gouvernante. Cette voix, se matérialise sous forme de protocole qu’elle lit, comme un guide, comme un phare dans la tempête qui pourrait se réveiller, si elle déviait de sa route.

Il règne une sensation désagréable d’un drame imminent, une sensation qui colle à la peau, sans que l’auteur n’use de subterfuge. Tout ce fait d’une manière lente, latente, et on attend que l’explosion arrive. On attend le drame. La trame narrative a un effet hypnotique sur nous, alors même que rien de précis ne se passe.

Le rôle de la gouvernante n’est ni facile, ni clairement défini, on le découvre au fil du protocole, la réussite de sa mission réside dans la scrupuleuse application du livret, qu’elle ne quitte jamais même lors d’éventuels déplacements.

Jour après jour, l’étau se resserre sur chacun des membres de cette famille. Tout est calculé, prévu et millimétré. Le protocole, doit réussir, puisque la voix-off, propose même des solutions alternatives en anticipant chaque geste, chaque réflexion…

L’auteur ne fournit aucune explication, restant dans le vague, volontairement, pour laisser le lecteur trouver la direction qu’il souhaite prendre. Beaucoup de questions, restent néanmoins en suspens, notamment aucune indication sur le cerveau de ce protocole, mais surtout, sur ce complot qui touche de nombreux autres foyers.

Les genres se confondent allègrement, puisque le thriller côtoie la dystopie, mais on pourrait aussi y déceler une certaine étude sur nos comportements, métro, boulot, dodo… Chaque geste est calculé, chaque pas est pondéré… On est donc facilement manipulable. Une allégorie très intéressante, si on ose la voir sur nos vies et la manipulation dont on fait l’objet, sans jamais chercher à regarder de plus près si les fondations ne sont pas en train de s’écrouler… A l’image du sol qui se gondole et qui prend l’eau, car notre gouvernante, verse de l’eau tous les soirs, dans un simple petit interstice. Une faille et tout dérape, pourtant on reste aveugle…

Je ne sais pas ce que ce livre me laissera comme souvenir, mais je sais en tout cas qu’il ne m’a pas laissé indifférente et qu’une certaine réflexion pointe le bout de son nez dans cet univers où tout semble aseptisé mais qui va basculer…

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition et Babelio. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Diplômé de l’INSA de Lyon, il reprend des études en lettres modernes à Rennes, en 2001. En 2007, après son master de lettres, il partage son temps entre son métier d’ingénieur, l’écriture théâtrale et la mise en scène au sein du collectif nantais Extra Muros. Il est notamment auteur d’un conte poétique, « Cheval », joué sur plusieurs scènes en région Pays de la Loire en 2013. En parallèle, il commence la rédaction de son premier roman, « Protocole gouvernante », publié en 2019.

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Parution : 26 septembre 2019 – Editeur : Plon – Prix grand format :  21€ – Prix numérique : 14,99€ – Pages : 320 – Genre : thriller-psychologique, polar

Avant de faire un retour sur une lecture, en général, je jette mes idées et je me laisse le temps de digérer (ou pas)…

Mais là, je dois dire que j’ai peur de ne pas réussir à vous transmettre toutes les émotions que j’ai pu ressentir…

Une première pour moi, j’ai décidé de profiter du temps de transports (Quand on sait que sur Paris, cela peut doubler… Merci au passage à mon collègue Samuel, pour cette idée précieuse) pour travailler mes avis et j’avoue, c’est un temps tellement précieux…

L’entrée en matière dans la tête du prédateur est excellente, sur quelques pages nous vivons sa traque, la chasse de sa perle rare. Il jauge, choisi et s’abat sur sa proie…

La lecture peut débuter, on respire un coup et on sait que ce prédateur ne sera pas facile à appréhender… Plus on avance dans sa lecture, plus le faussé se creuse et on se dit qu’encore un prédateur d’enfant passera entre les mailles du filet. Sauf que l’auteur n’a pas fini de se jouer de nous… De simples lecteurs, spectateurs malmenés, nous devenons acteurs, comme si l’auteure voulait nous intégrer dans son intrigue…

L’auteure dépeint avec une dextérité rarement atteinte la culpabilité des parents, face à la perte d’un enfant en une fraction de seconde ; mais également avec empathie, mais avec le recul adéquat, sans tomber dans le voyeurisme, elle décrit l’espoir de retrouver cet enfant disparu. Perdre son enfant, suffit à mettre la vie des parents en parenthèse, dans cette folle attente, parfois veine…

De simple lecteur, nous franchissons une barrière invisible qui nous pousse à vouloir connaître le fin mot de cette intrigue diabolique. Diabolique, puisque à aucun moment on imagine ce que l’auteure nous a réservé. On devient juge et partie, on prend fait et cause, pour en fin de compte se dire que nous aussi nous sommes des monstres… Du moins parfois…

Le monde des médias nous pousse au voyeurisme… Le sensationnel, gloire du journaliste, n’existe que parce que nous aimons le goût du sang, du malheur… Le malheur des uns, nous rend vivant et est une sorte de répulsif aux malheurs qui pourraient nous toucher… Le malheur n’est pas contagieux et ne peut nous atteindre… Nous le savourons, nous en pourléchant les babines… Sommes-nous prêts à tout pour un instant de plaisir, de gloire ? Ne sommes nous pas tous des monstres d’une certaine manière ?

Je ne suis pas un monstre… Mais un monstre habite en chaque être humain… A chacun de le laisser s’échapper ou de le dompter… C’est un choix que parfois, on ne maîtrise pas… Ou que l’on ne souhaite pas maîtriser….

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition et grâce à BePolar. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Carme Chaparro (Barcelone, 1973) mène une carrière de journaliste, présentatrice et rédactrice en chef à la télévision.
Elle a combiné son travail à la télévision avec des collaborations en tant que chroniqueuse pour les magazines Yo Dona – dans lesquels il a un espace hebdomadaire – GQ et Woman Today.
Je ne suis pas un monstre est son premier roman.