Les lectures à glisser dans la valise pour l’été 2016

L’été est là !

Même si le soleil ne brille pas partout …

 

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Si vous pensez que je vais glisser un p’tit roman un chouya romancé, vous faites fausse route ! Pas du tout mon genre de lectures, ou alors il faut que ce soit à petite, mais toute petite dose… Genre 50 nuances …. de meurtres je suis plus partante… Ok un brin sado , un brin tordue aussi, c’est peut être pour ça que notre tordue nationale Anne-Ju m’a demandé de faire quelques propositions livresques pour cet été ?

Romans, polars, BD voici ma petite sélection de bouquins, pour partir en vacances, bien accompagné, que vous soyez au soleil ou sous la pluie.

 

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420 pages – 20€ – Paris, dans quelques décennies. La ville est tentaculaire, en proie à l’insécurité et à l’insalubrité. Alors qu’émergent, à sa périphérie, des îlots de luxe pour privilégiés, les quartiers pauvres sont sous la coupe des réseaux mafieux ; les services publics ont disparu, laminés par les intérêts privés.

Un soir d’hiver, alors que Fjord Keeling, journaliste au National, a rendez-vous à Pigalle avec un contact qui n’arrive pas, une bombe explose dans la pizzeria d’en face. Douze morts. Fjord était là. Un détail l’a frappé : aucun policier ne circulait dans cette zone habituellement sous haute surveillance. Très vite, le gouvernement, relayé par la presse, accuse les narco-gangs qui gangrènent la capitale et y déversent une nouvelle drogue, la D23. Fjord n’y croit pas. Il est le seul…

Un roman glaçant, qui nous pousse à la réflexion, bouleversant par son actualité car nous en lisons les prémices tous les jours dans nos journaux. 

 

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256 pages – 7,60€ – Amine, chirurgien israélien d’origine palestinienne, a toujours refusé de prendre parti dans le conflit qui oppose son peuple d’origine et son peuple d’adoption, et s’est entièrement consacré à son métier et à sa femme, Sihem, qu’il adore. Jusqu’au jour où, au cœur de Tel Aviv, un kamikaze se fait sauter dans un restaurant, semant la mort et la désolation. Toute la journée, Amine opère les victimes de l’attentat, avec pour tout réconfort l’espoir de trouver le soir l’apaisement dans les bras de Sihem. Mais quand il rentre enfin chez lui, au milieu de la nuit, elle n’est pas là. C’est à l’hôpital, où le rappelle son ami Naveed, un haut fonctionnaire de la police, qu’il apprend la nouvelle terrifiante : non seulement il doit reconnaître le corps mutilé de sa femme mais on l’accuse elle, Sihem, d’être la kamikaze… Amine ne peut tout d’abord admettre que sa femme, qui n’a jamais manifesté un attachement particulier à la cause palestinienne, ait pu commettre un acte aussi barbare. Pourtant, il doit se résoudre à accepter l’impossible quand il reçoit le mot qu’elle lui a laissé. Alors, pour comprendre comment elle a pu en arriver à une telle extrémité, il s’efforce de rencontrer tous ceux qui l’ont poussée à ce geste fou. Et doit écouter sans répit une vérité qu’il ne peut pas entendre.

Un livre qui m’a vraiment marqué, un auteur que j’apprécie tout particulièrement. Pour le coup je vous recommande aussi le film et la BD tirés de ce roman.

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Bon j’avais dis pas de romance, mais ce livre est une vraie étude sur la société et c’est un classique à lire et à relire.

 

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542 pages – 4,50€ – Paris, 1864. Au Bonheur des Dames, les femmes se bousculent pour la vente des nouveautés d’hiver. Étalages de tissus féériques, prix imbattables et personnel irréprochable. Octave Mouret, patron audacieux du grand magasin, ne recule devant rien pour séduire la clientèle. Pourquoi, alors, accepte-t-il une jeune provinciale timide au rayon des confections ? Denise n’a pas le profil d’une vendeuse et sa présence n’est pas sans attiser une certaine hostilité.

Ok c’est un roman d’amour, mais sur fond de mort du petit commerce, c’est les prémices du monde moderne et de la consommation tels que nous les connaissons.

 

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528 pages – 7,90€ – L’infection zombie a séparé les États-Unis en deux. L’Est, la Zone Libre, est complètement bouclé : personne n’y entre, personne n’en sort. L’Ouest, la Zone Occupée, a été abandonné aux morts.
Henry Marco est pourtant resté dans le Nevada. Mercenaire au service des familles de l’Est, il traque et tue les zombies qu’on lui désigne, permettant aux proches de faire leur deuil. Maintenant le Ministère de l’Intérieur a besoin de lui pour une mission délicate : retourner en Californie, où tout a commencé. Retrouver un homme. Rapporter un secret.
Mais dans l’Ouest ravagé de l’Amérique, tout est possible. Surtout le pire…

Une écriture agréable, un suspense mené crescendo de main de maître, avec des phases d’action intenses tout au long du roman.

C’est un pur produit Zomb’s, donc pour les adeptes du genre vous ne serez absolument pas déçus.

 

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608 pages – 8,60€ – La veille de ses seize ans, Kevin se livre à un massacre sanglant dans son lycée. Détruite par ce drame, Eva, sa mère, entame avec son époux une correspondance poignante pour comprendre cet enfant qui, depuis sa naissance, s’acharne à faire le mal. Des humiliations imposées à sa sœur aux cruautés infligées à ses camarades, elle retrace l’itinéraire meurtrier de son fils.

Une analyse minutieuse, sensible et sans concession des sentiments de l’héroïne qui dissèque au scalpel sa relation avec son fils. C’est violent, sarcastique, mais chaque mot est analysé et sincère. Le final est simplement ahurissant !

Je vous conseil le film qui est très bien fait avec un jeu d’acteurs magnifique !

 

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253 pages – 7,70€ – Sayaka Kurahashi va mal. Mariée à un homme d’affaires absent, mère d’une fillette de trois ans qu’elle maltraite, elle a déjà tenté de mettre fin à ses jours. Et puis il y a cette étonnante amnésie : elle n’a aucun souvenir avant l’âge de cinq ans. Plus étrange encore, les albums de famille ne renferment aucune photo d’elle au berceau, faisant ses premiers pas… Quand, à la mort de son père, elle reçoit une enveloppe contenant une énigmatique clef à tête de lion et un plan sommaire conduisant à une bâtisse isolée dans les montagnes, elle se dit que la maison recèle peut-être le secret de son mal-être. Elle demande à son ancien petit ami de l’y accompagner. Ils découvrent une construction apparemment abandonnée. L’entrée a été condamnée. Toutes les horloges sont arrêtées à la même heure. Dans une chambre d’enfant, ils trouvent le journal intime d’un petit garçon et comprennent peu à peu que cette inquiétante demeure a été le théâtre d’événements tragiques… Keigo Higashino compose avec La Maison où je suis mort autrefois un roman étrange et obsédant. D’une écriture froide, sereine et lugubre comme la mort, il explore calmement les lancinantes lacunes de notre mémoire, la matière noire de nos vies, la part de mort déjà en nous.

L’intrigue est menée d’une main de maître. Les informations sont distillées avec finesse. Très peu de longueurs ce qui fait que ce livre est captivant et lu rapidement.

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156 pages – 6,50€ – A écouter Léon, qui prend la vie comme elle vient, la mort frappe à tout va dans la banlieue. Il suffit de passer la tête dans l’appartement du Coupable pour se retrouver dans l’autre monde. Il faut dire qu’il s’y passe des choses étranges : les poubelles s’accumulent derrière les volets clos… De quoi éveiller les soupçons des habitants de la cité des Lilas Bleus et du commissaire Gabelou ! Mais les apparences sont faites pour être trompeuses…

Je m’attendais à une adaptation de « La belle et la bête », je me suis retrouvée à lire un polar ! Je me laisse souvent embobiner, mais alors là j’ai été bluffée, scotchée, les bras m’en sont tombés !

Voilà pour ma petite sélection, n’hésitez pas à partager vos conseils de lecture pour cet été.

Charade de Laurent Loison

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Titre : Charade
Auteur : Laurent Loison
Éditeur : France Loisirs

Collection : Nouvelles Plumes
Pages : 432
Parution : 2015 – Sortie nationale le 3 novembre 2016
Prix : 14,99€ – 19€ à partir du 3 novembre 2016

Le cadavre d’une jeune femme est retrouvé, le visage encore marqué par la douleur de la torture qu’elle a subie. Dans une enveloppe abandonnée sur l’atroce scène de crime, une simple phrase : « les premiers seront les derniers ». Bientôt ce sont d’autres victimes, d’autres messages… Et un mystère qui reste entier. Pour arrêter ce jeu sordide, le 36 quai des Orfèvres a missionné le commissaire Florent Bargamont. Le brillant mais glacial enquêteur fait équipe pour la première fois avec une jeune et enthousiaste criminologue, Emmanuelle de Quézac. Malgré les rivalités qui font rage au sein du 36, le duo d’enquêteurs se lance à corps perdu à la poursuite de ce tueur en série aussi terrifiant qu’inhumain.

En apprendre un peu sur l’auteur

Laurent Loison est né dans le Val d’Oise en 1968, l’auteur grandit dans les traditions paysannes fondées sur le travail et la famille. Sa carrière éclectique fait de lui un homme aimant profondément la vie et ses ressources inépuisables. Créateur à tout juste 25 ans de ce qui sera le leader de la traduction technique en France –A.R.T international – il quitte ses responsabilités en 2005 pour découvrir le Grand Ouest Américain.

De retour en France, il se consacre à la création d’une société de services à la personne, mais réserve une grande part de son temps à l’écriture, sa passion de toujours, rédigeant ainsi plusieurs ouvrages qu’il garde pour ses proches.

Avis

Bon bein voilà, « charade » m’a tenu éveillé une bonne partie de la nuit ! Cela fait un moment que je n’avais pas ressentie cette adrénaline qui monte, cette soif de connaitre absolument la suite, alors que je sais que le lendemain il va me falloir des allumettes pour tenir mes paupières bien ouvertes au boulot !!! Surtout que les allumettes on a du mal à en trouver et puis ça fais bobo aux yeux les allumettes…

En refermant ce livre, j’ai pensé quelle « putain d’histoire ».

Alors oui c’est un polar « basique », des méchants et des flics, mais là où Laurent Loison fait fort c’est sur le personnage bien tordu du tueur en série ! Oui le tueur à la Charade tourne en bourrique tout le staff du 36 !

Il est bien tordu, machiavélique, joue avec ses victimes et laisse un petit message énigmatique à chaque fois !

« On ne peut bâtir que des hypothèses pour l’instant. La seule chose certaine est qu’il joue avec nous. Il veut nous tester, nous éprouver, nous défier, nous montrer sa supériorité. Il est imbu de sa personne, supérieur aux autres. C’est ce qui le perdra ! Ça, j’en suis convaincu. »

Le héros de l’histoire, un flic bien meurtri par la vie, à vif, ses sentiments sont tellement exacerbés qu’il plonge dans la psychologie de notre tordu. Il arrive parfois qu’il ait peur de ne pas pouvoir remonter à la surface…

C’est sans compter sur ses fidèles co-équipiers et surtout le soutien indéfectible de la nouvelle recrue, légèrement amoureuse, mais pas ingénue…

« Dans tous vos doutes, dans toutes vos angoisses ou incertitudes sur une enquête, cet homme détient la vérité. Il ne se trompe jamais ! Souvenez-vous toujours, si le capitaine vous dit, « j’ignore » cela veut dire qu’il est sur une piste, « je ne sais pas trop » qu’il a une hypothèse solide non vérifiée, et « je pense que » qu’il est blindé et qu’il a tout le matos pour vous prouver qu’il a raison. »

Un premier roman avec une intrigue à faire frémir les plus endurcis, des descriptions très réalistes qui peuvent déranger les cœurs sensibles.

« Il semblait bon, généreux et attentionné. Tout ce qu’une femme désire. Mais aucune n’est prête à l’admettre et à en faire son leitmotiv. Pas plus que sa façon de vivre. Elle ferait comme ses congénères, feindre et rêver en secret du « mauvais garçon » qui la ferait s’évader. »

A 50 pages de la fin, tout se termine… Mais c’est sans compter sur le talent de narrateur de cet auteur au futur plus que prometteur. La fin est une apothéose, une grande claque dans le monde du polar. Je pourrais comparer Laurent Loison à Frank Thilliez, dans ses premiers romans.

« Le pouvoir est une drogue puissante, et celle-là, elle est légale. »

Dans le prologue, l’auteur s’adresse à nous lecteur avec une petite mise en garde sur l’être humain et son côté le plus sombre. Je dois dire que cette description (je ne peux en dire plus au risque d’en dire trop) fera écho, à n’en pas douter, en chacun de nous… Et ne pourra que renvoyer à son propre vécu, pour peu que l’on ait été confronté aux rebus du genre humain….  Je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle avec des personnes qui ont jalonné ma vie et qui jalonnent sûrement celle de beaucoup de personnes…

Merci Laurent Loison pour ce formidable roman emprunt de noirceur et de rebondissements et merci de rappeler que comme le disais Jean-Paul Sartre « l’enfer c’est les autres ».

Merci encore de m’avoir rencontré pour me donner votre trésor et merci au groupe Mordus de thrillers d’avoir organisé ce fameux concours grâce auquel j’ai pu découvrir la plume de l’auteur.

J’attends la suite de vos écrits cher Laurent…

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La série « Stranger Things » sur Netflix

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Réalisateur : Matt Duffer, Ross Duffer
Date de sortie : 15 juillet 2016
Durée : huit épisodes de 48 minutes

Acteurs : Winona Ryder (Joyce Byers) – Mère de Jonathan et de Will, le garçon de 12 ans disparu – David Harbour ( Jim Hopper) – Chef de la police de Hawkins – Matthew Modine (Martin Brenner) – Un des principaux scientifiques du Laboratoire d’Hawkins – Cara Buono (Karen Whiler) – la mère de Mike et Nancy Whiler

1983. Bienvenue à Hawkins, petite ville de l’Indiana où “la dernière affaire policière notable remonte à 1921”, comme le dit si bien le shérif. Mike, Dustin, Lucas et Will quatre enfants rêveurs, mal-aimés dans leur école, passent la moitié de leur temps à jouer à des jeux de rôle, l’autre partie étant consacrée aux balades en BMX. David Bowie et Depeche Mode envahissent les ondes radios alors que Musclor et “Les Maîtres de l’univers” accompagnent les petits-déjeuners à base de Lucky Charms. Alors que les enfants terminent leur partie de “Donjons et Dragons”, Will disparaît sur le chemin de sa maison. Le shérif mène son enquête, la bande d’amis va, elle aussi, étudier le cas, surtout depuis la découverte d’Eleven, une jeune fille apparue à l’endroit même où Will a disparu et qui semble avoir d’immenses pouvoirs…

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Tous mes souvenirs des années 80 ont refaits surface en visionnant le premier épisode ! c’est fou ce que l’on peut refouler les souvenirs, qui restent tapis, jusqu’au moment où un petit truc fait qu’un éclair jaillit et waouhhhhh, en fait j’ai rien oublié, j’ai juste avancé et les souvenirs sont vivaces.

Diffusée depuis le 15 juillet sur Netflix, cette une mini-série de huit épisodes créée par les frères Duffer, s’inspire de Steven Spielberg, Stanley Kubrick, John Carpenter ou encore Stephen King.

“E.T” est LA référence principale de la série. Les réalisateurs lui rendent hommage avec la reprise de certains éléments, comme la bande d’amis traversant les routes et les forêts à bord de leurs BMX. Mike remplace Eliott et Eleven semble aussi mystérieuse que l’extra-terrestre.

“Stranger Things”

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“E.T”

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Les “Goonies” ont inspirés le look des personnages de cette mini-série.
Impossible de ne pas penser à “Shining” de Stanley Kubrick. Colère, coups de hache contre le mur, le film de 1980 fait aussi partie des influences des frères Duffer.

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On a regardé en famille, ma fille 19 ans a totalement décroché avant même la fin du premier épisode, mon fils de 9 ans a été happé, comme sa mère ! Deux gosses devant l’écran ! Dès que je remarquais une référence, je ne pouvais m’empécher de le dire à mon fils, qui me regardait comme si je débarquais d’une autre planète!!

Alors oui, certains diront que le scénario n’a rien d’original, que tout est convenu, c’est vrai. Mais c’est un vrai bonheur malgré un scénario convenu ou le manque d’imagination, mais cette série et moi on est devenue de grande copines, bein oui quoi tous mes souvenirs, toutes mes références y sont ! Même mon fils a « adoré » (ok c’est un gosse y a pas de mal … mais du coup je suis encore plus fan)

Alors, j’espère que vous plongerez pour un bain dans les années 80 et que vous passerez un bon moment.

Du coup j’ai bien envie de revisionner Christine, Carrie, Bazar…. Un bain de King quoi…..

De beaux jours à venir de Megan Kruse

A1ojNxe7+XLTitre : de beaux jours à venir (Call me home)
Auteur : Megan Kruse
Traduction : Héloïse Esquié

Éditeur : Denoël
Pages : 384
Parution : 25-08-2016
Prix : 21,90€

Depuis des années, Amy subit la violence de Gary. Jusqu’au jour où elle reçoit le coup de trop et décide de s’enfuir avec ses deux enfants, Jackson, dix-huit ans, et Lydia, treize ans. Premier arrêt au Starlight, motel crasseux qui va leur servir de refuge. Tous les trois s’endorment sereins et soulagés, mais au petit matin Jackson a disparu. Croyant gagner l’amour d’un père qui le rejette, il est retourné chez eux et a trahi sa mère et sa sœur en révélant à Gary l’adresse du motel. Amy se rend alors à l’évidence : si elle veut assurer sa sécurité et celle de Lydia, elle va devoir abandonner son fils. Cette séparation brise le cœur de la petite fille, très attachée à ce frère doux et différent. Jackson, de son côté, doit désormais se débrouiller seul, tiraillé entre la recherche désespérée de l’amour paternel, sa culpabilité et sa difficulté à gérer son homosexualité naissante.
De beaux jours à venir est un roman terriblement juste, touchant et sans complaisance, sur la famille, les sacrifices que l’on peut faire en son nom, et leurs conséquences. Un chef-d’œuvre où l’émotion prend à la gorge à chaque page.

Merci à Babelio et à l’éditeur Denoël

En apprendre un peu sur l’auteur

Megan Nicole Kruse écrit de la fiction et des essais. Elle a étudié la création littéraire à l’Oberlin College et a obtenu sa maîtrise à l’Université du Montana, où elle a reçu une bourse Bertha Morton. Elle vit à Seattle.

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« Pu… de chienne de vie » ! Oui prendre un chemin plus que l’autre peut parfois nous entraîner dans des pentes glissantes …

Il est difficile de donner un avis sur cette histoire de vie, sans tomber dans le pathos ! C’est justement ce que l’auteur évite avec brio. J’ai pu lire certains commentaires qualifiant ce roman de  déprimant et je dois dire que j’appréhendais cette lecture.

On est vite plongé dans ce drame familial que tout à chacun peut vivre ou rencontrer dans sa vie. J’ai été émue, par cette femme qui après 14 ans de maltraitance prend son courage à deux mains et décide de dire STOP ! Sa force sera ses enfants puisque c’est en les observant qu’elle prend Sa décision. Elle voit la peur dans les yeux de sa fille, elle voit son fils qui ne pourra jamais s’épanouir et assumer son homosexualité au contact de ce père tyrannique.

« A présent, ses enfants dormaient et elle tenta de dormir également, de leur insuffler ses rêves, de rêver encore une nouvelle vie, de faire par la force de sa volonté que cette vie leur vienne, malgré tout. »

Ce fils qui malgré l’amour de sa mère et sa soeur, est à la recherche de l’amour et de l’approbation de son paternel, qui n’a que du mépris pour lui, ce père qui ne le regarde que pour le rabaisser…, va trahir cet amour inconditionnel…

« Elle voulait autre chose pour Jackson. Elle voulait toutes les promesses lumineuses que transmettaient ces voix d’espoir, les rues chaudes et accueillantes dans lesquelles tous et toutes défilaient. Elle voulait qu’il reçoive ce qui lui était dû, que le monde s’ouvre à lui. Elle voulait lui donner tout ça, le lui offrir sur un plateau. Elle ne voulait pas qu’il vive une minute de plus la pauvre vie étriquée qui le cernait déjà alors que tout cela l’attendait ici. »

Les chapitres se suivent et ne se ressemblent pas, chaque personnage nous livre son ressenti, ses peurs et angoisses face aux évènements. Avec un retour quelques années en arrière pour la mère. Permettant d’en apprendre beaucoup plus sur leur personnalité. La psychologie des personnages est tellement fine que cela les rend réel et attachants.

L’affirmation des penchants sexuels de Jackson est très bien décrite, ses doutes et ses peurs, sa descente en enfer pour mieux remonter et s’assumer.

« Lydia, m’a dit mon frère, tu sais le truc que les filles, elles ressentent pour les garçons.? Eh bien moi, je ressens la même chose.Je me dis que je pourrais bien me marier avec un garçon un jour. »

Par amour il faut parfois savoir laisser ses enfants voler de leurs propres ailes, quitte à y laisser des plumes. C’est dur, cru mais tellement vrai ! Pour s’en sortir et sauver ses enfants il faut parfois se sauver soi-même avant… Comment affronter la vie et aider ses enfants si toi en tant que mère tu acceptes d’être maltraiter et rabaisser.

« Tout ce qu’ils avaient fait à ce moment-là, c’était à cause de son père. S’il emmenait Lydia dans les bois, c’est parce que son père les y forçait, parce que son égoïsme et sa cruauté les contraignaient à sortir de la maison. Tous ces moments de jeux ne correspondaient qu’à une illusion de liberté. Les moments où ils pendaient qu’ils maîtrisaient leur destin, c’étaient en fait ceux-là même où son père avait vraiment gagné. »

Chacun des personnages va trouver sa place, trouver son chemin. La mère en s’enfuyant sait qu’elle se sauvera d’une violence de plus en plus présente, et sauvera sa fille. Jackson ne pouvant que fuir, ce père présent que pour faire peur, trouvera sa route et Lydia n’aura plus peur…

« Il en eut la certitude et il se promit en cet instants, dans la cabine du semi-remorque, au plus profond de son coeur, qu’il ne reverrait jamais son père. »

Après la pluie le beau temps c’est ce que ce livre nous crie !

« On fait des choses parce qu’on croit y être obligé. Je savais que ce qu’avait dit ma grand-mère était faux. Ce n’est pas vrai qu’on reste soi-même. On n’est jamais plus soi-même. Votre coeur va se briser encore et encore et vous serez peut-être coupée de vos enfants à jamais, mais quoi qu’il arrive, une mère reste une mère »

De beaux jours à venir est un bon et beau roman, hymne à la vie, hymne à l’amour, au don de soi à l’amour familial et au refus de la violence même par amour. Un cri de rage et d’espoir.

« Mon Jack, mon Jack, mon Jackson « , et à chaque fois qu’elle prononçait son nom c’était comme une prune de la fin d’été, c’était comme de s’endormir au soleil au beau milieu de l’après midi. Debout dans la lumière, il m’a regardée. J’avais cru que ma vie était finie, mais voilà, qu’elle recommençait. Ma mère disait son nom, et il s’approchait de moi, et j’étais sa soeur.

Megan Kruse a une très belle plume et la traduction est tellement bien faite que le texte est fluide et beau.

Je n’aurais sûrement pu découvrir ce roman, si je n’avais pas posé ma candidature pour rencontrer l’auteur. Je suis encore plus impatiente d’entendre Megan Kruse parler de son livre.

Une belle leçon de vie !

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Olympe de Gouges – BD de Catel et Bocquet

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Scénario :  Bocquet, José-Louis
Dessin : Catel
Editeur : Casterman
Planches : 400 planches de BD et 39 notices biographiques
Parution : 2012

Mariée et mère à 18 ans, veuve aussitôt après, Marie Gouzes décide ensuite de vivre librement. Elle se fera désormais appeler Olympe de Gouges. Femme de lettres, fille des Lumières, libertine et républicaine, Olympe a côtoyé la plupart de ceux qui ont laissé leur nom dans les livres d’histoire au chapitre de la Révolution : Voltaire, Rousseau, Mirabeau, Lafayette, Benjamin Franklin, Philippe Egalité, Condorcet, Théroigne de Méricourt, Desmoulins, Marat, Robespierre… En 1791, quand elle rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe demande l’égalité entre les sexes et le droit de vote; des propositions qui resteront révolutionnaires
jusqu’au XXe siècle.

Auteure de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges est une pionnière du combat féministe. Catel et Bocquet croquent son portrait, en BD.

J’ai chanté, j’ai dansé ♫♫♫♫ Être une femme libérée tu sais c’est pas si facile, Ne la laisse pas tomber, Elle est si fragile, Être une femme libérée tu sais c’est pas si facile ♫♫♫♫ en lisant cette BD.

Olympe de Gouges qualifiait le mariage religieux de « tombeau de la confiance et de l'amour ».

Une reconstitution historique minutieuses DE la vie d’Olympe, née de noblesse adultérine, dès son enfance elle est séduite par les livres, les poèmes et le théâtre. Veuve et mère à 18 ans, elle s’installe à Paris en 1773, sous la protection de Jacques Biétrix, son amant.

Olympe de Gouges ne tarde pas à afficher des convictions surprenantes pour l’époque. Elle est libertine, prône l’égalité entre les sexes, se dresse contre l’esclavage, élève elle-même son fils au lieu de le confier à une nourrice.

Son chemin croise celui de Rousseau, Voltaire, Mirabeau, Lafayette, Benjamin Franklin, Marat – qu’elle traite « d’avorton » -, Robespierre, qualifié « de vil conspirateur »..

Olympe de Gouges affiche des convictions détonantes pour l'époque.

Sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne reste son plus célèbre écrit, dans lequel elle affirme et réclame l’égalité des droits civils et politiques des deux sexes. L’article 10 proclame notamment : «  la femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune ». Donc de faire de la politique…

A la mi-septembre 1791, Olympe de Gouges, adresse à la reine Marie-Antoinette sa Déclaration des droits des droits de la femme et de la citoyenne.

Arrêtée, elle écrira : « Mon corps est prisonnier, mais mon esprit est libre ».

Elle sera guillotinée le 3 novembre 1793, juste après une dernière lettre écrite à son fils : « Je meurs innocente ».

Arrêtée le 20 juillet 1793, elle est condamnée à mort et guillotinée le 3 novembre 1793, à l'âge de 45 ans..

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The Witch film de Robert Eggers

1297806973801_ORIGINALRéalisateur : Robert Eggers
Date de sortie : 15 juin 2016
Durée : 1h48
Acteurs : Kate Dickie, Anya Taylor Joy, Ralph Ineson, Harvey Scrimshaw …

1630, en Nouvelle-Angleterre. William et Katherine, un couple dévot, s’établit à la limite de la civilisation,
menant une vie pieuse avec leurs cinq enfants et cultivant leur lopin de terre au milieu d’une étendue encore sauvage. La mystérieuse disparition de leur nouveau-né et la perte soudaine de leurs récoltes vont rapidement les amener à se dresser les uns contre les autres…

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Sélection officielle du 23ème festival international du film fantastique de Gérardmer, The Witch a remporté le prix du jury Syfy (en partenariat avec Canalsat)

Ce film se rapproche plus du drame historique et familial que du thriller fantastique. Alors qu’il est vendu comme film d’horreur, il n’aura malheureusement pas beaucoup de succès, alors que c’est un bon film, grâce auquel on apprend sur cette période. Bien accueilli dans l’ensemble par la presse, les spectateurs n’ont pas accroché, semble-t-il pas assez horrifique! le manque de frayeurs et d’hémoglobines y est pour beaucoup.

La sorcellerie devient une arme pour régler ses comptes, un jeu dont sont prisonniers les colons du fait de leurs croyances religieuses : le Mal ne peut exister que par le Diable !

Si vous voulez voir un film d’horreur dans les standards actuels, passez votre chemin. Si vous voulez plonger au milieu d’une famille puritaine en proie au mal et vous laisser envoûter par une atmosphère pesante et un visuel soigné alors ça pourrait vous plaire.

Le rythme est assez lent mais l’histoire et la psychologie des personnages sont vraiment intéressantes.

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