Parution : 1er juillet 2018 – Éditeur Iggy Book Collection : IGG.LITTERATUREPrix papier : 17€ – Pages : 394 – Genre : essai, biographie romancée

J’aime sortir de plus en plus de ma zone de confort avec des lectures atypiques. Le fait de me cantonner à ne lire que des thrillers ou polars, j’ai commencé à éprouver une certaine lassitude, non mes lectures, mais dans mes retours ! J’avais la sensation de plus en plus de ne faire que des retours de plus en plus similaires… Afin de ne pas entrer dans une spirale répétitive, j’ai décidé de m’ouvrir ou revenir à d’autres univers que j’apprécie beaucoup.

Lorsque Babelio propose une masse privilège pour « une nuit à Aden », je n’ai pas hésité…

Il suffit d’une phrase pour qu’un bouquin nous attire… La phrase d’accroche résume à elle seule, ce que j’ai toujours pensé…

«Mon père pensait qu’on “naissait musulman” et qu’être musulman était un statut qui dépendait du Tout Puissant uniquement. Et comme pour se soumettre à ses propres certitudes, il s’était convaincu que l’Islam était irréversible en ce qu’il l’emportait sur quelque autre religion ; il était de ceux pour lesquels l’Islam ne se limitait pas au seul culte, entretenant l’idée qu’être musulman préemptait pour ainsi dire tout autre choix de conscience. »

Un livre qui mélange les genres, de manière intelligente. Un essai-géopolitique, doublé d’un essai sur la religion musulmane et pour parfaire l’ensemble, l’auteur mêle une biographie romancée… En fait, il est assez difficile de le classer dans un genre précis, tellement ce bouquin est riche. Comment aborder le monde contemporain avec ses tempêtes lorsque l’on est à la fois palestinien élevé dans une culture chrétienne et américain…

« Musulman, éduqué dans une culture chrétienne a raison des origines grecques de ma mère et de sa religion catholique de rite grec-melkite, golden-boy à Wall-Street et ….play-boy ! « 

A travers ce récit l’auteur dresse un portrait sans concession du monde arabe, mais surtout de l’approche de la religion et l’appropriation qui en est faite. Pour cela, il revient aux sources de l’islam et si on aime l’approche politico-religieuse, c’est captivant. Comment trouver sa place en tant que musulman lorsque le monde est à feu et à sang et que la religion musulmane, religion de paix, de tolérance devient une arme de guerre contre les opposants… Une manière de justifier son appartenance au monde musulman avec une réflexion spirituelle sans concession. Une lecture pour comprendre le Coran au XXIème siècle, mais surtout son poids face à la vie moderne. Comment être musulman, sans se laisser guider par les dictats…

Un roman où la révolte de l’auteur est palpable, notamment lorsqu’il aborde la conscience musulmane et cette absence de réflexion sur son appartenance religieuse.

L’auteur nous parle de son enfance et surtout de cet état de fils de musulman, donc musulman… On est musulman lorsque l’on est de père musulman… Et c’est cet aspect qui donne tout son intérêt au livre.

Un livre qui pourrait en rebuter plus d’un, mais qui s’avère aussi instructif de par la somme de connaissance que l’auteur met à la disposition du lecteur, que plaisant de par la lecture grâce à une magnifique plume. Les phrases sont belles, travaillées, chaque terme est utilisé à bon escient. L’auteur manie les mots avec dextérité, pour le plus grand plaisir du lecteur. Une plume qui mérite elle seule la découverte de ce livre !

L’approche violente de certains versets, perturbe l’auteur et il ne se prive pas de les décortiquer parfois avec ironie, mais toujours avec un regard bienveillant.

Un premier tome qui permet aux non-initiés de découvrir une partie du Coran, à ceux qui le connaissent apporte un regard différent de celui que certains véhiculent, pour ceux qui se sentent musulmans, mais qui cherchent à appliquer ce texte au XXIème siècle, cela apporte des éléments, une confirmation de réflexions déjà sous-jacentes…

Je me suis régalée, grâce à la plume de l’auteur, à son ironie et la somme de connaissances et de réflexions. Une plume généreuse qui se met à la disposition du lecteur.

« … Je me retenais toutefois de penser que l’archange Gabriel eût pu s’attarder sur des tenues vestimentaires ou des effets d’élégance féminine, dans ses révélations au Prophète. N’était-ce même grotesque de concéder à Dieu un thème aussi futile ? Comment pouvait-on croire que Dieu eût pu s’éterniser sur un problème aussi frivole pour jauger la valeur de la vertu de l’homme sur terre. »

Ce livre a été lu grâce à Babelio et la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Diplômé de l’université de Columbia, homme d’affaires, financier et ancien gérant de Hedge fund, l’auteur a longtemps travaillé ou vécu aux Etats-Unis. Arabisant, bon connaisseur du monde arabe de par ses origines, il entend jeter un regard différent, pour un homme pétri de culture arabe, sur la société moderne qui nous entoure. Le goût pour l’écriture ne lui est venu que tardivement. Cela a commencé par des notes et des réflexions d’abord couchées sur les feuilles d’un cahier à ressort, puis un smartphone, lors de ses voyages, le week-end ou entre deux réunions, durant de nombreuses années. Il a alors assemblé toutes ces pages pour créer un essai fictionnel, qu’il a ensuite transformé en un long roman, « Une nuit à Aden ».

 

Parution : 6 mars 2019 – Éditeur : Hervé ChopinCollection : Roman – Prix numérique : 12,99€ – Prix papier : 19€ – Pages : 445 – Genre : thriller psychologique

« Un jour comme les autres » est construit comme un opéra en quatre actes avec une trame journalistique, dont l’ouverture démarre crescendo, comme un murmure qui va en s’amplifiant.

Ici point de sang ou de courses poursuites, pourtant l’auteur nous entraine dans un roman sombre.

Les faits sont exposés comme un fil d’Ariane avec des chapitres courts, rythmés qui donnent de la saveur à l’intrigue, de l’épaisseur aux personnages fouillés.

Il entraine ses personnages à une introspection, en voulant expliquer la disparition d’Éric, il pousse Emily à réfléchir à sa nouvelle vie et le sens qu’elle souhaite lui donner. On comprend vite que l’un ne peut pas aller sans l’autre. Pour avancer et tourner la page, les réponses sont importantes. Une analyse psychologique fine de chaque personnage afin de leur permettre de prendre leur envol et s’émanciper.

Un roman noir au danger palpable, un dénouement soigneusement amené, basé sur une actualité à faire froid dans le dos, Paul Colize prête sa plume aux dénonciations de scandale géopolitiques, il met en évidence le rôle de certaines personnes dans cette quête de vérité.

Les lanceurs d’alerte et les journalistes d’investigation font un travail remarquable pour attirer l’attention sur des sujets graves mais surtout dans l’intérêt commun.

Une très belle surprise que cet excellent thriller, qui aborde des thèmes d’actualité, sans violence, un roman qu’on ne lâche pas tellement on se régale.

Ce livre a été lu grâce à BePolar et la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Paul Colize est né en 1953 à Bruxelles, d’un père belge et d’une mère polonaise. Ses premiers romans sont publiés chez Krakoen, une coopérative d’auteurs-éditeurs. En 2011, il se plonge dans la rédaction de Back-up qui sera notamment finaliste du prix Rossel en 2012. Suit Un long moment de silence, roman en partie autobiographique qui sera finaliste du prix Rossel et du Grand Prix de la littérature policière. Il recevra trois prix, le prix Landerneau, le prix Polars Pourpres et le prix Boulevard de l’Imaginaire. Vient ensuite L’Avocat, le nain et la princesse masquée, comédie policière. Début 2014, il se lance dans la rédaction de Concerto pour 4 mains avec l’aide d’un ancien braqueur, qu’il rencontrera chaque semaine en prison. Publié aux éditions Fleuve, le roman recevra cinq récompenses, dont le prix Arsène Lupin, le prix Plume de Cristal et le prix Sang d’Encre des lecteurs. Zanzara sort en mars 2017. Un jour comme les autres est son treizième roman.

 

Parution : 6 février 2019 – Éditeur : HarperCollinsCollection : HarperCollins Noir – Prix numérique : 12,99€ – Prix papier : 20€ – Pages : 384 – Genre : thriller, littérature noire

Certaines lectures sont surprenantes et prenantes, et ce, dès les premières lignes. November Road revisite un fait historique qui a marqué et qui continue de susciter des interrogations. L’alternative qu’il propose est plausible, au point qu’il arrive à nous embarquer dans son intrigue, pourtant assez classique.

Un thème passionnant, avec une hypothèse sur l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, mais surtout, et c’est là que l’auteur entre en œuvre, il propose un panorama complet sur la société américaine et l’impact que cela a eu sur elle.

Un traumatisme palpable et prégnant tout le long de cette lecture, aussi bien sur les femmes que sur les noirs, dont il représentait l’espoir d’émancipation.

L’auteur exploite la thèse, largement répandue de l’implication de la Mafia, notamment Carlos Marcello, parrain de la Nouvelle-Orléans, qui ne cachait pas sa haine de Kennedy.

Avec cet assassinat, les commanditaires ont, non seulement tué l’homme, mais surtout fait avorté toute évolution de cette société puritaine et raciste.

Un destin qui semblait tout tracé, échangé contre la vie à laquelle ils aspirent.

Une plume agréable, parsemée d’humour, au service d’un road trip initiatique, avec plusieurs thèmes en toile de fond, l’amitié, la confiance, l’attachement aux valeurs familiales, les respect…

Des personnages hauts en couleur, aux personnalités fouillées qui, vont évoluer, prendre de l’épaisseur et même si, pour certaines, on a de l’aversion, leur évolution se fera au rythme de ce voyage initiatique, finissant par devenir sympathique et susciter une certaine tendresse.

Un roman sombre, passionnant, un réel page turner, un brin rétro, au charme indéniable. Un style qu’on aimerait pouvoir lire plus souvent. En bref… Du très bon !

Ce livre a été lu grâce à BePolar et la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Ecrivain américain, auteur de roman policier. Il a fait ses études à l’Université Loyola de La Nouvelle-Orléans et à l’Université du Massachusetts à Amherst. Il enseigne dans le cadre du programme de création littéraire (MFA) à l’Université d’Oklahoma City. Après avoir travaillé comme cuisinier, entraîneur et livreur de journaux, il fait ses débuts littéraires en 1991 avec le recueil de nouvelles « Road to Bobby Joe and Other Stories » signé Louis Berney. En 2015, avec son troisième roman, « The Long and Faraway Gone », il est lauréat du prix Edgar-Allan-Poe du meilleur livre de poche original, du prix Anthony du meilleur livre de poche original, du Prix Barry 2016 du meilleur livre de poche original et du prix Macavity du meilleur roman. « November Road » a été élu meilleur livre de l’année 2018 par le Washington Post.

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Parution : 1er décembre 2018 – Editions de la Lanterne – Prix papier : 13€ – Pages : 76 – Genre : pièce de théâtre

Il n’y a pas besoin de faire de longs discours pour évoquer un sujet sensible. A travers ces quelques lignes, l’auteur aborde un sujet contemporain qui parlera à chacun d’entre nous.

La couverture met de suite dans l’ambiance, on sait que nous sommes gavés de médicaments… Mais encore faut-il, parfois, ne pas être complètement pris dans l’engrenage de cette médication à outrance. Rien n’est simple…

A travers cette pièce de théâtre, l’auteur dénonce la sur-médicalisation mais surtout la prescription à outrance de médicaments sensés aider à se sentir mieux. La France est la championne de l’anti dépresseur, de la prescription à outrance. Cela vient-il des patients ? Des médecins ? Ou des groupes pharmaceutiques, qui ne voient que le profit à travers le marché du mal de vivre.

Sous ses airs de fiction d’anticipation, cette pièce, pose un diagnostique sur l’influence des industriels.

Les Français consomment en moyenne 48 boîtes de médicaments par an. Toute notre vie est médicalisée, jusqu’à nos émotions les plus profondes.

L’auteur ne cherche pas à faire du sensationnel, bien au contraire, le but est d’éveiller nos consciences, nous pousser à prendre du recul dans cette auto-destruction. Pour autant, certains aspects sont un plaidoyer contre notre système de santé et je dois dire, que même si certains éléments me parlent, concernant l’auto-médication, à vouloir trop bien montrer le négatif, un côté moralisateur vient se greffer entre les lignes.

Sans apporter une réponse, ni modifier totalement, les habitudes, le but de l’auteur est honorable et les malades sont bien (malheureusement) manipulés, au détriment de leur bien-être. A qui cela profite-t-il ?…

Ce livre a été lu grâce à Babelio et la maison d’édition.

Lindsay Barralon est metteuse en scène et comédienne de la Compagnie lyonnaise « Mange et Tais-toi ». Profit sur ordonnance est sa première pièce ; elle a été sélectionnée dans le cadre d’un appel à auteur (Pièces en construction, Théâtre le Fou) en 2017, et jouée depuis dans les théâtres de Lyon.

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Editeur : Mazarine – Parution : 08/02/2017 – Pages : 432 – Prix : 21,90€ Genre : Thriller psychologique

La manipulation est au cœur de ce livre !

L’auteur, J.P. Delaney, nous propose un condensé sur la vie humaine et les sentiments contradictoires qui peuvent en découler…

Comment la manipulation s’installe et peut influencer le quotidien d’une personne ?

Après un drame éprouvant, Jane cherche à tourner la page. Elle découvre « One Folgate Street » et  est conquise par cette maison ultra moderne, chef d’œuvre de l’architecture minimaliste, parfaite. Pour pouvoir y vivre, elle doit se plier aux règles draconiennes imposées par son architecte, Edward Monkford, aussi mystérieux que séduisant. Parmi celles-ci : répondre régulièrement à des questionnaires déconcertants et intrusifs.

La maison est pensée pour transformer celui qui y vie, Jane en est persuadée. Jusqu’au jour où elle apprend qu’Emma, la locataire précédente, qui lui ressemble …. y a trouvé la mort…

Pour prendre un nouveau départ le mieux c’est encore de changer de lieu de vie, de décor et parfois d’amis… donc pour accéder à la perfection de « One Folgate Street »,  maison ultra-moderne et connectée, dessinée par un architecte adepte du minimalisme, … il faut en payer le prix… Ce n’est pas toi qui décides que tu vas vivre un nouveau départ, c’est le propriétaire qui décide si tu le mérites ou pas… et pour vivre dans cette maison il faut ressembler à cette maison… Il faut la vivre, la sentir, s’en imprégner…

Les chapitres s’alternent et ne ressemblent pas ! J’ai beaucoup apprécié leur succession entre Jane, la fille de maintenant et Emma la fille d’avant, qui a vécu dans ces murs.

C’est incroyable de constater la similitude des choix qu’elles font.

Elles se ressemblent physiquement et leurs actes sont quasi identiques, malgré les 3 ans qui les séparent. Le passé d’Emma rejoint et croise le présent de Jane, les rendant plus proche que jamais au point d’en devenir troublant…

La maison est un personnage à part entière, une maison connectée, qui contrôle ton poids, qui te pose des questions et ne rebranche le tout qu’une fois que ton questionnaire est validé… Cet endroit te possède peu à peu, au point que tu es fait à son image, minimaliste, épuré.

Un excellent thriller psychologique avec une construction déroutante, c’est presque un huis clos oppressant… La manipulation à l’état pur. Tout le monde manipule tout le monde et même la maison devient manipulatrice …

Bravo à l’auteur qui a su distiller avec parcimonie le doute, l’obsession, la manipulation. Le suspense est travaillé et s’installe peu à peu, à l’image de la maison qui prend peu à peu possession de toi… Le mystère s’épaissit autour de ces deux femmes pour un final d’une excellente qualité et que je n’ai pas vu venir ! Un auteur à suivre c’est certain.

La fille d’avant fait l’objet d’une adaptation par le réalisateur Ron Howard, c’est dire la qualité de ce thriller psychologique dont le cœur est la manipulation…

Ce livre a été lu grâce à NetGalley et la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Écrivain et journaliste, Anthony Capella a publié plusieurs romans à succès sous les noms de Tony Strong, Anthony Capella et J. P. Delaney.

Diplômé en littérature anglaise de St Peter’s College à l’Université d’Oxford, il a été brièvement professeur d’anglais à Rome. Après son retour en Angleterre, il devient journaliste à l’agence de publicité Ogilvy and Mather, puis se spécialise dans le tourisme et collabore avec le Sunday Times et le chef cuisinier Jamie Oliver.

En 1997, il publie son premier roman, sous le nom de Tony Strong, « The Poison Tree », le premier tome de diptyque « Terry Williams ». Deux autres livres suivront, « L’Appât » (The Decoy, 2001) et « Un mauvais rêve » (Tell Me Lies, 2003). « The Food of Love » (2004), publié sous le pseudonyme d’Anthony Capella, devient un best-seller, suivi de « The Wedding Officer » (2006), « The Various Flavours of Coffee » (2008), « Love and Other Dangerous Chemicals » (2015). « La Fille d’avant » (The Girl Before, 2017), publié sous le pseudonyme de J. P. Delaney, est sa première incursion dans le thriller psychologique. Traduit dans 37 pays, il sera porté sur grand écran par Ron Howard.