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Le petit Lebanski de Stéphane chamak

Parution : 29 avril 2018 – Prix Numérique : 3,99€ – Genre : Thriller – polar – humour noir

Ce petit Lebanski a tout d’un grand !

Non mais on peut être petit, mesurer 1,47m et être un bonhomme plein de rage, de secrets et de principes. Les emmerdes, il va les cueillir, histoire de ne pas se laisser marcher sur ses petites cannes… La rage il a certainement plus, quand le regard des autres glisse plus bas pour le voir et que le dédain se peint sur les lèvres. Non mais tu imagine le tableau !

Je ne vais pas tourner autour du pot ! J’ai passé un très bon moment avec ce personnage haut en couleur et au verbiage affûté, digne des tripots parisiens. Cette gouaille argotique qui manque parfois dans certains bouquins qui se prennent trop au sérieux. L’argot n’est pas facile à manier et encore moins à comprendre et puis on pense qu’il est passé de mode, pourtant ici, l’auteur lui redonne ses lettres de noblesses.

J’ai été déstabilisée au départ, eh bien oui Stéphane Chamak bouleverse un peu tes données et mine de rien tu sors de ta zone de confort et c’est plutôt jouissif !

Ceux qui crieront au scandale, soyez prévenus, ce n’est pas de la grande littérature, mais l’auteur n’en a pas la prétention. Il prête se plume pour vous faire passer un moment agréable. Et il réussi le bougre ! Je me suis retrouvée dans l’ascenseur au boulot et j’étais tellement plongée dans ma lecture que j’ai éclaté de rire ! Impossible de m’arrêter ! Mais punaise les personnages, sont des potes à toi, Stéphane ? Na mais sérieux, c’est trop vrai pour que ce soit une invention…

Voilà l’effet Chamak ! C’est comme un boomerang qui te revient en pleine face, tu passe par toutes les étapes. Au début, tu te dis : « na mais, il a écrit avec ses pieds ? » Pour au final te dire : « Waouh ! Je me suis régalée, j’ai ris et j’en redemande !  » Bon franchement, je ne lirais pas tout le temps ce type de plume familière, mais je veux bien continuer à lire du Chamak ! Parce qu’il le fait bien.

La psychologie des personnages est soignée, avec des descriptions loufoques, farfelues, mais tellement réelles que je me suis prise d’affection pour la team Lebanski. Une team un peu barge, mais qui colle à certaines personnes que l’on peut rencontrer.

C’est ce qui fait la particularité de ce bouquin. Cette réalité, dans les descriptions, dans les mots que l’auteur utilise.

Pour peu que l’on connaisse Paris, on a le sentiment de se balader dans ses rues. Ces rues que je connais et cela rend l’intrigue encore plus crédible.

On a la sensation que l’auteur ne s’est pas donné beaucoup de mal en couchant ces mots, pourtant il est beaucoup plus difficile de donner vie à des personnages atypiques avec un humour drolatique, le tout avec une fluidité incroyable.

Lorsque Lebanski raconte son aventure, tout coule de source et c’est comme s’il se trouvait face à nous. Comme un pote qui te raconte l’histoire incroyable qu’il a vécu !

Lebanski est un drôle de bougre, un tendre qui se soigne, mais il est dans une sacrée merde, pourtant il sait rebondir… Dans tous les sens du terme… Qui s’y frotte, s’y pique…

Ici tout est dans le phrasé que l’auteur utilise. C’est finement drôle et on ne peut pas rester indifférent. Un humour noir, qui colle à la peau et quand on aime ça, c’est du pur bonheur. La seule qui m’a vraiment déstabilisée est l’absence de négation, mais la gouaille de Lebanski a réussie à ne plus la rendre indispensable.

« Jacky alias Godwin prétendait à qui voulait l’entendre qu’à chaque cigarette qu’on grillait, Dieu nous enlevait sept minutes de notre vie et les rajoutait à Michel Drucker. »

Il y a aussi, cette tendresse sous-jacente. Cette tendresse dont Lebanski est en manque. Il la cherche… Le bouquin est parsemé de passages en italique, qui apportent un éclairage sur cet homme et son histoire. Une histoire d’une grande sensibilité.

Des tiroirs qu’on ouvre et dont on découvre le contenu. Deux histoires qui se télescopent et qui en fin de compte vont faire grandir ce petit Lebanski. Et ça le rend encore plus réel.

Je remercie beaucoup l’auteur pour cette plume ciselée et tellement drôle, pour sa confiance et surtout pour sa participation au livre voyageur, dont je vous parlerais bientôt, organisé sur mon profil Facebook.

Une dernière mise en bouche, histoire de vous donner envie :

« Ceux qui prétendent que l’âge, c’est que dans la tête, je les emmerde. Ton âge, tu le sens direct au réveil. Le jour où un matin, tu te lèves avant ta bite, tu peux commencer à t’inquiéter. »

AVT_Stephane-Chamak_9153Il écrit depuis l’enfance, mais son désir de publication et de partage est récent.
À 19 ans, Stéphane se lance dans le monde professionnel armé d’un baccalauréat de comptabilité, et travaille pour une société de contrôle de marchandises destinées à l’exportation en Afrique et en Amérique latine. Cette expérience dure sept ans et lui permet de nombreux déplacements à l’étranger (Bénin, Togo, Comores, Pays-bas…).
De retour en France en 1998, après deux ans d’expatriation à Djibouti, il décroche un poste de manager dans une grande société informatique, et supervise divers projets au niveau européens. Il est aujourd’hui responsable de projets sénior dans une société de service en ingénierie informatique, où il pilote le déploiement des 80 000 machines et systèmes d’exploitation d’un (gros) client.
Amoureux du livre, un objet qu’il trouve magnifique. Il écrit des nouvelles dans des genres très différents (comédie, thriller, conte, fantastique, drame…). Il est également passionné par le cinéma. Son travail d’écriture est avant tout motivé par son envie de raconter des histoires, de prendre et de donner du plaisir.
Quatre recueils de nouvelles à son actif :
— Un pied devant l’autre — 2005 — Ixcea
— Les escapades casanières — 2007 — La compagnie littéraire
— L’ombre au tableau — 2009 — La compagnie littéraire
— Les hommages collatéraux — 2011 — Widj’éditions
Il tient par ailleurs son propre blog

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Ahriman de Gwenn Aël

Parution : 15 janvier 2017 – Éditeur : Lune Écarlate – Prix papier : 21,01€ – Prix Numérique : 6,99€ – Pages : 320 – Genre : Thriller-horrifique – Fantastique – Ésotérique

Avril 2010, la ville rose est confrontée à une météo capricieuse, désordonnée, mais surtout improbable. Avril 2010, la ville rose est le témoin d’une découverte macabre dans une de ses églises…Avril 2010, un hôpital psychiatrique fait face à une hystérie collective inexpliquée…

Ahriman de Gwenn Aël, a tous les ingrédients pour me plaire. Des cadavres, des faits inexpliqués et le possible avènement de l’antéchrist en prime… Un bouquin qui a tout d’un grand thriller-ésotérique avec une pointe d’horreur qui donne du piment à la lecture.

Une intrigue travaillée doublée d’une plume au service du lecteur, qui, non content d’en prendre plein les yeux avec ces descriptions toutes aussi glauques les unes que les autres, aura, également, le plaisir d’être immergé sans détours, dans cette histoire qui semble tout droit sortie de l’imagination d’un auteur… Oups ! C’est le cas !? Oui c’est bien une histoire, que l’auteur a inventé de toute pièce, une pluie de sang ça n’existe pas… Pourtant le reste si : rituels sataniques, pluies diluviennes inexpliquées, malades au bord de la crise…

Dès les premières lignes, l’auteur nous embarque dans les filets d’une intrigue construite avec fluidité et sans temps morts, sans pour autant perdre le lecteur. Vite ne rime pas avec négligence et hâte à torcher l’histoire, bien au contraire, vite, rime avec urgence… Urgence à comprendre, urgence à dénouer ces meurtres, urgence à contrecarrer les plans maléfiques… Une urgence qui nous prend aux tripes.

Plusieurs informations sont divulguées au fur et à mesure, pour mettre en exergue une intrigue très bien ficelée, puisque l’auteur utilise notamment l’affaire de l’abbé Saunière, curé de Rennes-le-château dont l’immense fortune acquise, reste encore un mystère aujourd’hui. Pour certains, il aurait découvert le trésor des templiers, pour d’autres il aurait conclu un pacte avec le Malin… Une base de travail très intéressante pour ce thriller fantastique, à laquelle l’auteur ajoute la recrudescence du satanisme et le légendaire grimoire d’Ahriman qui aurait été écrit au 9ème siècle, avant de traverser les époques et de sombrer, avec le Titanic, en 1912.

« La légende raconte qu’il errerait depuis des siècles sur le continent européen, apparaissant de façon fortuite et disparaissant mystérieusement, semant la mort sur son passage, mais nul ne sait avec exactitude ce qu’il recèle. »

Les personnages viennent tisser une toile de réalité à cette intrigue fantastique, puisque l’être humain oscille entre croire ou non, entre être cartésien ou non… Mais est, aussi, celui qui tient l’arme de la destruction de l’équilibre entre le bien et le mal. L’homme a le choix et en reste le maître…

« Ce pauvre homme qui prie avec ferveur, qui pleure, cette malheureuse âme qui aurait dû être son frère, doit mourir. Il les sent dans sa tête. Les cavaliers. Ils sont là, tout près de lui, à attendre son signal. »

Un roman sombre, qui frôle le genre horrifique (oui je suis dur au mal, il m’en faut beaucoup pour avoir peur), sur fond religieux et fantastique, avec une intrigue finement travaillée qui remonte aux périodes noires de l’inquisition.

GwennNée en 1971 en Normandie, Gwenn Aël écrit depuis sa plus tendre enfance. Elle débute véritablement sa carrière d’écrivain en 1996 avec des nouvelles fantastiques, publiées au sein de divers magazines et anthologies en France et au Canada. Puis elle se lance dans le roman en 2006 et enchaîne plusieurs œuvres publiées par une maison d’édition belge, Chloé des Lys. Sa rencontre avec l’illustrateur de BD Éric Godeau débouche en 2013 sur un projet commun : Wendigo — Les prédateurs de la nuit, un roman illustré.
Ses œuvres mêlent fantastique, surnaturel et suspens.

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