Parution : 11 septembre 2019 – l’Archipel Collection : Suspense – Prix papier : 19,90€ – Prix numérique : 9,99€ – Pages : 366 – Genre : thriller, thriller-psychologique

Un virage pris un peu trop vite et la vie d’une famille entière bascule…

Lorsque les flics mettent la main sur un meurtrier, il est très rare que la place et les réactions de la famille soient abordées. Ici, l’auteure s’attache à nous parler des enfants et de la femme d’un tueur en série, narcissique et machiavélique. Comment retrouver une vie normale quand on a été confronté à l’abject. Comment une femme qui a vécu des années avec un meurtrier peut trouver grâce et compréhension dans le regard des gens ? Et les enfants ? Ces enfants dont la vie bascule, dont le père a tué des dizaines de femmes, peuvent-ils se construire après indescriptible ?

L’auteur aborde toutes ces thématiques dans ce premier livre et c’est ultra bien construit. L’aspect psychologique, les doutes, la haine, l’incompréhension sont savamment dosés tout au long de cette intrigue très bien menée.

Malgré quelques passages répétitifs, lors des pensées du personnage principal, certainement pour accentuer la peur ressentie, le récit est fluide et on se laisse facilement par la lecture. Les personnages sont bien construits, l’aspect humain et empathique est palpable.

La paranoïa est palpable avec cette mère de famille qui veut se protéger, mais surtout protéger ses enfants, du monde extérieur qui ne leur veut que du mal. Dent pour dent, œil pour œil. D’après eux, il faudrait, condamner cette famille au même châtiment que le père. Comme pour éradiquer le mal. Elle doit affronter tout ceux qui la croient complice et décrivent avec moult détails les tortures qu’ils aimeraient lui infliger ainsi qu’à ses enfants.

Elle doit donc faire face aux tueurs en puissance qui se cachent derrière un écran, qui la traquent, mais vont jusqu’à la pister, pour découvrir où elle se trouve. L’auteur arrive à décrire l’escalade de cette violence et la diarrhée verbale sur internet, de manière saisissante. C’est tellement bien décrit, que l’on a aucun mal à y croire et surtout j’ai trouvé que cela collait à certains reportages ou série sur les États-Unis…

Elle devient une autre, en même temps un truc comme ça doit radicalement changer une personnalité, après avoir été une femme naïve et soumise, qui malgré quelques signes bizarres de son mari ne se serait jamais douté, qu’un meurtrier vivait à ses côtés, mais surtout que tout se déroulait à une cloison de son salon…

L’ensemble de l’intrigue repose sur une question simple : comment reconstruire une vie, disparaitre quand votre mari est un serial killer d’une cruauté sans pareil et que pour tous, vous êtes sa complice ? Comment y arriver alors que sur les réseaux sociaux les pires instincts se déchaient ?

Une traque qui va durer tout au long de ces pages, sans temps morts, mais sans explosions non plus. C’est en latence, c’est le sentiment diffus de peur perpétuelle et désir de fuir avant qu’ils ne soient découvert. Une traque qui ne permet pas de souffler, de se construire, ni de se reconstruire, on n’a le temps de rien, puisque toutes les pensées sont tendues comme un arc prêt à tirer pour décamper. Pas de famille, pas d’amis, rien que le lien qui unit cette mère et ses enfants. Une mère qui rêve de poser ses valises pour offrir une stabilité à ses enfants, après avoir vécu l’horreur.

L’auteure a beau être un auteur yong adult, elle s’en sort vraiment pas mal avec son premier roman adulte avec une fin est très ouverte et qui laisse présager un cliffhanger assez bluffant. Premier livre traduit en France, puisque la suite a déjà été publiée. Une suite que je serais ravie de découvrir.

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions, vous pouvez consulter la page Partenariats

thRachel Caine est le nom de plume de Roxanne Longstreet Conrad, écrivaine américaine de science-fiction, fantasy, mystère, suspense et romans d’horreur. Elle est l’auteur de plus de 30 livres pour jeunes adultes. Ses thèmes de prédilection sont le fantastique et l’amour. Elle a fait ses études à l’Université Texas Tech

Rachel Caine écrit et publie des romans et des nouvelles depuis 1991. Elle est une ancienne musicienne professionnelle qui a la distinction d’avoir joué avec des légendes musicales comme Henry Mancini, Peter Nero et John Williams.

Ses 2 principales séries sont « Vampire City » et « Les Gardiens des Éléments ». Six volumes sur 13 ont été traduits en français pour le moment pour la série « Vampire City » et 3 tomes sur 9 pour la série « Les Gardiens des Éléments ».
Elle a reçu le prix du Goodreads Choice Awards du meilleur livre de fantasy et de science fiction pour jeunes adultes.  Voir plus

 

 

 

Parution : 2 janvier 2019 – Calmann-LévyPrix papier : 18,50€ – Prix numérique : 9,99€ – Pages : 270 – Genre : polar

J’appréhendais le clin d’œil fait à Stephen King et ce parallèle à Shinning, je n’avais pas envie de lire une pâle copie… Encore un livre a fini par me rassurer sur ces deux aspects…

L’intrigue est totalement différente puisque nous sommes en présence d’un polar avec des thématiques assez intéressantes, notamment la mémoire et la manière dont l’être humain cloisonne les souvenirs pour se protéger…

Le récit oscille entre rêve et réalité avec le rôle de la mémoire. Les descriptions des paysages sont très visuelles, servies par des chapitres court et une plume agréable. La frontière est très mince entre le rêve et la réalité, avec une pointe de fantastique, dont je n’ai pas compris la place. Pourtant, le fantastique est en générale un genre que j’aime bien, mais j’ai trouvé qu’il ne servait pas le propos et surtout que c’était un peu tirer par les cheveux. C’est cet aspect qui m’a le plus dérangé. Autant les thèmes de la mémoire, du rêve, trouvent leur place, résoudre l’enquête d’une manière un peu farfelue m’a laissé sur le bas-côté.

Les personnages sont assez stéréotypés à mon sens, les flics meurtris, un homme, une femme, finissent nécessairement par coucher ensemble…

La couverture et l’ambiance vendaient des frissons et des sueurs froides, mais en fin de compte rien ne s’est passé à ce niveau. On comprend bien qu’il neige, et qu’il fait froid, mais cela sert juste à planter le décor, sans rien apporter à l’intrigue.

L’aspect fantastique qui aurait dû être LE rebondissement, avec la chambre 81 tout le long du récit, n’apporte rien de particulier, enfin pas grand chose… Alors même que le mystère autour assez bien construit.

Malgré ces points négatifs, la lecture a été agréable, mais pas inoubliable…

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions, vous pouvez consulter la page Partenariats

Niko Tackian, né en 1973, est un scénariste, réalisateur et romancier français. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série ALEX HUGO pour France 2. Son premier roman, paru en 2015, a reçu le Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac. Il est également le créateur des enquêtes de Tomar Khan, publiées chez Calmann-Lévy (Toxique, 2017 ; Fantazmë, 2018).

 

 

Parution : 4 septembre 2019 – Calmann-LévyPrix papier : 19,90€ – Prix numérique : 9,99€ – Pages : 395 – Genre : thriller, thriller-psychologique

Les chiens de Détroit m’avait particulièrement séduite… Les refuges m’a conquise… J’ai rarement lu un thriller psychologique aussi bon que celui-ci ! L’intrigue a dépassé mes espérances et la quatrième de couverture ne laisse rien transpirer de la construction narrative de l’auteur…

L’auteur débute son récit de manière classique, mais va nous entraîner dans une histoire inimaginable ! D’ailleurs si à un moment, j’ai pensé avoir compris où Jérôme Loubry voulait m’emmener, j’ai vite compris que je me trompais. Mais j’ai surtout compris, que la trame était beaucoup plus complexe et travaillée. Rien n’est cousu de manière linéaire, pourtant tout s’imbrique parfaitement et tout prend sens. Jusqu’à la toute dernière ligne, l’auteur retourne la situation et la révélation finale m’a carrément scotchée…

Je peux dire que c’est le livre de la rentrée littéraire, mais certainement le meilleur livre que j’ai pu lire cette année et certainement qu’il fera parti de mon top personnel pendant quelque temps.

Je ne suis pas du genre à parler de coup de cœur, car c’est un terme que je trouve très galvaudé… Je parle de coup de cœur, quand je garde un souvenir vivace du bouquin pendant des années et celui-ci en fera sans conteste parti.

Beaucoup plus qu’un simple thriller, l’auteur aborde plusieurs thèmes qui ne peuvent que nous toucher. L’être humain est complexe et Jérôme Loubry en fournit la preuve en manipulant aussi bien les mots que le cerveau de son lecteur avec une intrigue brillante, qui ne cesse de se renouveler jusqu’à la toute fin. Avec les refuges, j’ai lu plusieurs livres en un seul et je dois dire que l’auteur m’a emporté dans son récit, sans jamais me perdre.

Une plume intelligente, fine, travaillée, qui ne se perd pas dans les méandres des descriptions inutiles. Tout est concis, précis avec une densité sans pareil.

L’auteur distille au fil de sa trame des éléments qui prendront tout leur sens à la fin, avec une ambiance sombre qui se reflète dans certaines descriptions. Un récit, qui malgré sa noirceur, prend le temps de se poser, pour s’accélérer et bousculer le lecteur. Car l’auteur nous bouscule, je dirais même nous retourne complètement le cerveau. La trame se tricote peu à peu, on la voit se construire et prendre forme, mais tout s’écroule comme un château carte, pour un virage que l’on ne peut à aucun moment envisager.

Si vous ne deviez lire qu’un livre, ce serait celui-ci… Une fois commencé, vous ne pourrez plus vous arrêter…

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions, vous pouvez consulter la page Partenariats

Jérôme Loubry est né en 1976 à Saint-Amand-Montrond. Il a d’abord travaillé à l’étranger et voyagé tout en écrivant des nouvelles. Désormais installé en Provence, il a publié en 2017 chez Calmann-Lévy son premier roman, Les Chiens de Détroit, lauréat du Prix Plume libre d’Argent 2018.

 

 

Parution : 29 août 2019 – Sonatine éditionsPrix papier : 23,00€ – Prix numérique : 14,99€ – Pages : 566 – Genre : thriller, roman noir

Je ne m’attendais pas à ressentir autant d’émotions, d’empathie et d’aversion pour le genre humain… Je partais explorer le territoire de Tess Sharpe, sur la pointe des pieds… Pour finalement, m’engloutir dans son territoire avec délectation.

L’auteure a réussi à me prendre dans ses filets, pourtant ce n’était pas gagné…

Je pensais qu’avec ce bouquin estampillé « premier roman adulte » l’auteure allait se casser la gueule, étant donné son univers Young Adult. Un auteur qui s’essaie à la littérature des grands… Je l’attendais donc au tournant, en pensant de l’auteure : « non mais tu ne fais pas partie de la cour des grands… Laisse-toi encore quelques années… » Bien mal m’en a pris, Tess Sharpe a tout d’un grand auteur et son roman « adulte » est magnifique !

C’est brutal, c’est fort, c’est surtout plein de cette vie qui coule dans les veines de chaque être humain, comme dans les veines de ces  régions arides des Etats Unis où le territoire de Harley McKenna est devenu le mien… Et deviendra le vôtre… Un roman féministe, mais pas que, une plume au service de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, dans une région où les brutes néonazis cuisinent de la métamphétamine et les fondamentalistes considèrent les femmes comme des « poules pondeuses ».

L’auteure maîtrise son art et nous entraîne dans les tréfonds de l’âme humaine, tout en laissant à son héroïne le soin de prendre la direction qu’elle souhaite.

Il y a une belle fluidité dans le schéma narratif, alors même que les chapitres s’alternent, et que cela aurait pu faire perdre le fil dans les indications temporelles.

Un roman noir, à classer dans la catégorie « country noir », avec un personnage central qui en fait toute la beauté et tient le devant de la scène du début à la fin, sans jamais lasser le lecteur, qui en prend plein les mirettes, aussi bien au niveau des descriptions des paysages arides, qui deviennent un personnage à part entière, tellement cette chaleur poisseuse et moite, colle à la peau, qu’au niveau des personnages diablement bien construits.

Ce livre a été lu, via NetGalley en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions, vous pouvez consulter la page Partenariats

Fille de deux rockeurs punk, Tess Sharpe est née dans une cabane au fond des bois et a grandi dans une campagne reculée de Californie. Après un stage au Festival Shakespeare de l’Oregon, elle suit des études de théâtre puis se reconvertit en cuisinière professionnelle. Elle se partage aujourd’hui entre écriture et pâtisserie à la frontière de l’Oregon. Si loin de toi est son premier roman.