Les avis de Céline C. : Une main vers le ciel de Jean-Christophe Boccou 

Ce roman débute en avril 1975 avec la chute de Phnom Penh, la capitale du Cambodge, qui tombe aux mains des Khmers rouges.

Khieu Saran, adolescent de 17 ans, et son oncle, comme toute la population de la ville (en tout cas ceux qui ne sont pas tués ou qui ne meurent pas sur le trajet) sont déportés vers les campagnes, et assignés à des camps de travail.

Presque quatre ans plus tard, les Vietnamiens «libèrent» le Cambodge de l’enfer dans lequel il a été plongé durant toutes ces années. Après cette première partie, qui brosse un portrait plutôt fidèle de la période du Kampuchéa Démocratique (le régime des Khmers rouges), on retrouve Khieu qui a survécu à ces années d’horreur et qui est maintenant juge d’instruction pour les chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (créées en 2003), chargées de juger les responsables Khmers rouges. C’est là que le passé de Khieu percute son présent, et revient le hanter sous la figure de Vorn, son tortionnaire du passé. Avec sa fille adoptive Sohka, ils se rendent alors en France pour le retrouver, mais surtout pour obtenir de lui une réponse à la question qui obsède Khieu depuis des années. 

J’étais curieuse de découvrir ce roman et en même temps, connaissant bien ce pan de l’Histoire du Cambodge, j’espérais que l’auteur utiliserait cette période pour servir l’intrigue et l’histoire des personnages à bon escient, sans la dénaturer. Et globalement ce fut plutôt une bonne lecture.

Pourtant, je n’ai jamais vraiment réussi à m’y plonger, je suis restée à distance ne m’attachant pas aux personnages ou à l’histoire. J’ai ressenti cette impression parce qu’il m’a semblé que l’ensemble demeurait en surface, sans approfondissement réel des personnages et des situations, surtout vis-à-vis de ce qui aurait dû être le cœur de l’histoire, la confrontation de Khieu avec Vorn. Sokha, le personnage de la fille adoptive de Khieu est celui qui m’a paru le plus intéressant et le plus développé, et j’ai apprécié en apprendre davantage sur elle, surtout dans la dernière partie. 

Ce roman noir historique est à découvrir, parce qu’il a le mérite de mettre en avant des fragments du pan tragique de l’Histoire du Cambodge, et ce malgré quelques imprécisions anecdotiques, qui ne gêneront pas le lecteur. 

Je remercie La manufacture des livres pour cette lecture

Parution : 5 février 2026 – Pages : 232 – Éditeur : La manufacture des livres – Genre : littérature française, roman noir historique

Khieu Saran a 17 ans le jour où les Khmers rouges déferlent sur Phnom Penh pour « libérer » le peuple cambodgien. La joie de courte durée va basculer dans l’horreur. Khieu découvre les camps de rééducation, la torture et l’extermination avant d’être forcé de devenir à son tour un bourreau du régime de Pol Pot.

Après avoir échappé à l’enfer, Khieu est aujourd’hui juge d’instruction auprès d’un tribunal pénal international dont la mission est de traquer les anciens cadres du régime. Jusqu’au jour où il retrouve la trace de Vorn, son ancien tortionnaire. Accompagné de Sokha, sa fille adoptive, Khieu s’envole pour la France afin d’en finir avec les spectres du passé.

Avec ambition et humanité, Une main vers le ciel explore la filiation et la transmission : que peut-on encore léguer après l’innommable ? Entre fresque historique et roman d’action, Jean-Christophe Boccou interroge la frontière ténue entre justice et vengeance, rappelant l’impérieuse nécessité de ne pas oublier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 juillet 2025 au 11 juillet 2026)



Ju lit les mots

– Blog littéraire – Critiques littéraires – Co-fondatrice Prix des auteurs inconnus – Contributrice journal 20 minutes – Membre the funky geek club


Catégories :Challenge Polars et Thrillers, Historique, La Manufacture des Livres, Les avis de Céline C., Littérature française, Romans noirs

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