Parution : 31 mai 2018 – Editeur : Presses de la Cité –  Prix papier :  23€ – Prix numérique : 15,99€ – Pages : 752 – Genre : techno-thriller, anticipation, thriller-psychologique, suspense, thriller-apocalyptique

Takano Kazuaki, n’en est pas à son coup d’essai, puisque son premier opus, treize marches, avait pour thème la peine de mort et un portrait du Japon tant méconnu. Encensé par la critique en 2016 et vendu à plus de 400 000 exemplaires.

Annoncé comme un thriller dense, Génocide(s) fait partie de ces livres qui ne sont pas plébiscités et qui pourtant mériteraient de l’être. En effet, sa construction documentée mêle, enjeux scientifiques, observations crues de la violence et rapports de force géopolitiques, le tout parsemé de réflexion sur la nature humaine.

Au Congo, des mercenaires doivent éliminer une tribu de Pygmées, où vit un anthropologue américain, Nigel Pierce. La cible ? …

Au Japon, un étudiant en pharmacologie, hérite de son père d’une mission à accomplir, et de deux ordinateurs… Commence, une traque sans merci, par la police japonaise et la CIA… Il a un mois pour mener à bien sa mission, et ce, au péril de sa vie, s’il le faut… Une course contre la montre s’engage…

Aux États-Unis, c’est un simple rapport, d’un analyste surdoué, qui pose les bases de ces éliminations. Pris dans les filets du Pentagone, aucun retour en arrière possible, malgré sa prise de conscience…

Nous avons tous les ingrédients pour une lecture atypique, avec ce mélange des genres entre, techno-thriller, roman d’anticipation avec un zeste de psychologie le tout recouvert d’une sauce apocalyptique…

Un livre inclassable…

Roman polyphonique, avec les différents points de vue des personnages principaux, dont l’intrigue est construite en entonnoir, pour un rapprochement vers le point culminant de cette intrigue hors norme. Au départ, l’auteur, fournit des détails, que le lecteur devra digérer afin que tout se mette en place.

Le lecteur n’est pas un simple spectateur, mais un acteur à part entière dans cette course contre la montre, avec une montée du suspense et de l’angoisse sur l’avenir de l’humanité.

L’auteur pousse le lecteur à trouver sa place dans l’échiquier de la nature humaine notamment sur le mal qu’il fait, sans jamais que cela ne serve de leçon. La violence est omniprésente avec des scènes parfois horribles, monstrueuses de réalité qui atteint son paroxysme dans cette jungle africaine…

L’intrigue a plusieurs ramifications, elle est dense, sans jamais tomber dans l’ennui. Le lecteur est propulsé tantôt aux Etats-Unis, parachuté en Afrique, pour enfin se poser au Japon, avec des personnages savamment construits, où chaque personnalité émerge grâce aux portraits que l’auteur en brosse, avec un dosage minutieux et visuel. On les touches de prêt et c’est là que tout le talent de scénariste de l’auteur entre en jeu. Les scènes sont d’un rare réalisme, notamment, celles, se déroulant au Congo…

Takano Kazuaki est doué pour ferrer son lecteur et il n’est pas en reste avec le suspense qu’il fait monter graduellement.

Une intrigue diablement bien ficelée, dont la tension est palpable. Mais pas seulement…

En effet, l’auteur aborde plusieurs sujets, apporte plusieurs réflexions…

D’un côté, il aborde la question de l’extinction de l’homo sapiens, de l’autre, le monde scientifique en éternel quête de découverte, mais aussi les lobbies pharmaceutiques avec l’intérêt économique que la maladie apporte et surtout l’usage de certaines découvertes médicales…

L’auteur souhaite aborder beaucoup de sujets, comme pour dire au monde : « Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas…Préparez-vous… »

Il y a comme une urgence entre les lignes… L’urgence de mettre en garde contre les dérives, le mal que l’homme, intrinsèquement mauvais, produit… Fait, qui pourrait se retourner comme un boomerang, contre lui…

L’extinction est inévitable… Il faut juste le reconnaître et préparer la suite, si l’être humain ne veut pas que tout disparaisse…

Tous les ingrédients utilisés, sont d’une réalité incroyable, sans jamais tomber dans la morale à deux balles. Comme une acceptation, pour penser et préparer la suite…

« Si je n’ai qu’une chose à te dire, c’est qu’une vie dénuée d’échecs est impossible, et qu’il n’appartient qu’à toi d’apprendre de tes erreurs ou de les ignorer. Toutes les erreurs que nous commettons nous rendent plus forts. Ne l’oublie jamais. »

Ce livre a été lu, grâce à NetGalley, en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Ecrivain et scénariste japonais. Il est membre de la Mystery Writers of Japan. Dès 1985, il travaille dans le milieu du cinéma et de la télévision sous le patronage du grand cinéaste Kihachi Okamoto. En 1989, il part étudier la mise en scène, la prise de vue et le montage cinématographiques au Los Angeles City College. De retour au Japon après avoir interrompu son cursus, il devient scénariste pour le cinéma et la télévision. En 2001, il publie Treize Marches (traduction 2016 en France, aux Presses de la Cité). Encensé par la critique, immédiatement lauréat du prix Edogawa Ranpo, ce premier roman se vend à plus de 400 000 exemplaires. Son deuxième roman, Genocide of One, a été nominé au prestigieux Naoki Prize et récompensé par le prix Fûtarô Yamada.

 

 

 

Parution : 18 avril 2019 – Editeur : Robert Laffont – Collection : La bête noirePrix papier :  21€ – Prix numérique : 14,99€ – Pages : 400 – Genre : thriller-psychologique, suspense

Amy Gentry, aime particulièrement mettre l’accent sur l’aspect tortueux de l’esprit humain et n’hésite pas disséquer les manipulations dont certains sont capables.

Même si, elle ne révolutionne pas le genre, l’idée de départ est plutôt bonne, puisque deux personnes qui n’ont aucun lien entre elles, se croisent par hasard et que chacune se chargera de punir l’agresseur de l’autre. Ni vu ni connu, aucun moyen de se faire prendre… C’est sans compter les retournements dont l’auteure est friande…

J’ai eu le plaisir de découvrir la plume de l’auteure avec « la fille des autres », que j’avais particulièrement apprécié. Non pas tant par l’intrigue, assez classique, mais surtout par le traitement psychologique de ses personnages. J’étais donc impatiente de lire son deuxième opus.

Les deux personnages, Dana et Amanda, antithèse l’une de l’autre, ont subi des abus qui ont transformés leur rapport aux autres et particulièrement les hommes – Amanda, évoluant dans un univers purement masculin, l’univers du stand-up, n’a pas pu exprimer sa rage lors de l’agression dont elle a été victime – Dana, elle a décidé de prendre les choses en main et embrasse sa colère, pour faire corps avec elle. Une prise de conscience de chacune d’elle, sur la place de la femme et l’auto flagellation qu’elles s’infligent pour ne pas faire de vague…

Une intrigue dans l’air du temps avec un message important, dans la lignée du mouvement MeToo, qui met l’accent sur les désirs de vengeance et l’impossibilité parfois de réagir, selon le vécu ou le milieu dans lequel le harcèlement se produit. Il faut reconnaître que le plan mis en place par les deux personnages féminins est particulièrement machiavélique… Leurs histoires semblent justifier ces vengeances…

Je dois dire que, malgré les points positifs, je suis sortie de ma lecture un peu mitigée, avec un avis en dent de scie. Le début, se met en place avec précision, une atmosphère légère, mais qui se teinte peu à peu de noirceur. Certaines longueurs viennent parsemer le récit, comme si l’auteur s’essoufflait… Pour autant, le twist final vient donner du peps à l’ensemble.

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

titulaire d’un doctorat (PhD) d’anglais de l’Université de Chicago en 2011. Chroniqueuse littéraire pour le Chicago Tribune, ses chroniques apparaissent également dans Salon, la LA Review of Books ainsi que dans l’anthologie Best Food Writing of 2014.

Parution : 1er février 2017 – Editeur :  Edition Calmann-LevyCollection : suspense crime – Prix broché : 21,90€ – Prix Poche : 7,70€ – Prix Numérique : 7,99€ – Pages : 448 – Genre : Polar-Thriller-psychologique

Waouh !!! L’intrigue est vraiment incroyable ! Si vous croyez avoir tout lu dans le genre psychologique, avec une intrigue rondement menée et même si l’histoire en elle-même a un goût de déjà vu, Camilla Grebe va vous démontrer que l’on peut encore faire plus tordu…

Si, je vous dis que le corps d’une femme, décapitée, est retrouvé, chez un homme d’affaires, très sulfureux… Que lui-même disparait, le soir de ses fiançailles. Si en plus, je vous dis que sa fiancée, est une de ses employées, mais que leur liaison doit rester secrète… Vous croyez, que vous allez tomber sur un bon polar, mais à l’intrigue assez classique… Mettez de côté tous vos préjugés et votre assurance… L’auteur va vous manipuler… Comme elle manipule ses personnages.

Une équipe de choc, pour découvrir le fin mot de cette histoire. Peter , du bureau des Homicides, va devoir travailler avec Hanne, une profileuse, avec qui il a travaillé dix ans auparavant,  sur un meurtre très similaire , toujours non résolu. 10 ans… Qu’ils ne se sont pas vus… 10 ans que les choses se sont mal terminées entre eux…

La plume de l’auteur est tellement agréable que la lecture se fait toute seule. On est pris dans ses filets, jusqu’à la toute fin sans jamais avoir envie de poser son livre. Un page-turner, comme savent si bien les faire ces écrivains nordiques dont le talent, n’est plus à mettre en doute.

Premier roman en solo de Camilla Grebe, après avoir  publié une saga policière avec sa sœur, un cri sous la glace est une vraie réussite.

Les personnages sont très bien campés et leur psychologie est finement détaillée. Le suspense est entier, jusqu’aux derniers chapitres, même si on croit deviner, l’auteur, par un rebondissement, va balayer toutes vos certitudes…

L’enquête se déroule  au rythme de la vie personnelle de chacun des protagonistes, pour prendre de la consistance au fur et à mesure qu’ils se dévoilent… Leurs failles en font, des enquêteurs hors pairs… Comme souvent, me direz-vous… Oui, il faut un flic meurtri, une histoire un peu glauque justement, pour donner corps à ces personnages atypiques, qui ne peuvent être efficaces, que si l’horreur a été leur amie… C’est comme dans la vie….

Trois écorchés vifs, déçus par la vie… Déçus par l’amour. Un flic solitaire, qui a du mal à s’engager, une profileuse dont la vie est sur le point de basculer… Et cette jeune femme qui vient d’être larguée sans ménagement, sans explications. On peut parfois penser que l’auteur se perd dans trop d’explications, dans trop de détails… Il m’est arrivée de sauter quelques passages, pour en fin de compte y revenir… Car les détails qui peuvent nous sembler anodins et sans intérêts, sont au contraire, bien placés… Tellement bien placés, que l’on comprend que l’auteur nous a bien manipulé, pour nous tromper. On pense détenir la solution, mais c’est sans compter sur le talent de l’écrivain, qui nous livre un final inattendu.

Une lecture qui vous happe, vous perd dans différentes hypothèses… Mais une lecture que l’on dévore pour notre plus grand plaisir.

Je remercie les éditions Calmann-Lévy ainsi que NetGalley. Ce titre attendait sagement depuis plusieurs mois, j’avais un peu peur que l’engouement autour, ne prenne pas avec moi… Je me méfie toujours des retours trop élogieux… Et pourtant, c’est largement mérité.

Romancière suédoise. Titulaire d’un master en administration des affaires (MBA) de Handelshögskolan i Stockholm, une école de commerce, elle fonde la maison d’éditions Storyside, spécialisée dans le livre audio. Elle y cumule les fonctions de directrice du marketing et de directrice générale, puis dirige une société de conseil. En 2009, elle écrit, en collaboration avec sa sœur Åsa Träff (1970), psychiatre spécialisée dans les troubles neuropsychiatriques et de l’anxiété, « Ça aurait pu être le paradis » (Någon sorts frid), un roman policier qui se déroule dans le milieu des cliniques psychiatriques. En 2015, elle a publié « Un cri sous la glace » (Älskaren från huvudkontoret), son premier roman en solo. Avant, elle a écrit cinq polars avec sa soeur, et trois autres avec l’un de ses amis, Paul Leander-Engström.

 

 

 

 

Parution : 17 mai 2017

ÉditionFleur sauvage Prix  broché : 19,90€

Pages : 550 – Genre : techno-thriller géopolitique

On se retrouve projeté dans un vrai scénario catastrophe !

Guillaume Richez nous embarque dans un thriller palpitant avec de l’action, du suspense, des scènes gores bourrées de sang, mais attention rien qui ne vous empêche de dormir ! Bien au contraire on suit les évènements et on se dit « mais à quel moment ça va exploser ? » Avec ce Boeing 737 qui vient se scratcher sur l’ambassade des États-Unis à Pékin, on est projeté dans une nouvelle guerre froide, dont les acteurs ont changé, mais tellement crédible et tellement collée à la réalité que tout peut arriver ! La guerre est à nos portes et celle-ci serait dévastatrice…

Une tension palpable tout le long de ma lecture ! Lu en 2 jours tellement j’ai été happée par cette ambiance de crise mondiale. Mais c’était sans compter sur le talent de l’auteur, qui nous embarque dans une enquête sur un meurtrier en série et tout prend son sens…

Un livre qui se lit comme un documentaire avec l’histoire de ces dernières décennies en toile de fond ! Une crise majeur au niveau mondial qui est décortiquée avec talent ! On se demande où l’auteur va chercher tout ça et s’il ne s’est pas réincarné en petite souris le temps des événements !

J’ai adoré les passages, dans lesquels Obama prend vie et l’authenticité que cela donne au récit ! Tellement vivant qu’on croit y être et vivre le récit auprès des personnages !

La tension monte peu à peu avec un excellent dosage, mais tellement tendu du string qu’on se dit mais Guillaume Richez va faire péter la bombe !!! Incroyable mais non… Ouf nous sommes sauvés mais jusqu’à quand ?…

Un thriller où la géopolitique a une grande place, bien ancré dans notre réalité, Blackstone, sans nous prendre la tête, fait un exposé des situations tendues dans une région en éternel conflit…

Mais attention Blackstone, ce n’est pas que ça ! Pas que de la géopolitique ! C’est aussi une enquête sur un tueur en série, sur des trafics, des personnages meurtris, des personnages qui meurent ou qui disparaissent !

A cette toile de fond de crise mondiale, une série de meurtres sanglants, dont l’enquête sera menée par des policiers chinois et américains ! Tant qu’à faire autant pimenter le tout…

« Les femmes tu les hais et toute cette colère te rend fou. Tu ressasses sans arrêt le même fantasme morbide. La pression monte de plus en plus. Tu y penses sans cesse pendant des jours et des jours. Quand tu vois une femme qui te plaît tu te dis que ce serait intéressant de lui ouvrir le ventre pour mettre ses tripes à l’air et puis de la sodomiser avec un fer à souder pendant qu’elle est en train de crever comme une chienne. Rien qu’à cette idée, tu bandes, mais te branler en pensant à tout ça ne suffit plus à te calmer. »

Un tueur sanglant, un tueur qui peut cacher bien autre chose…

C’est un pavé, mais tellement riche en rebondissements, tellement bien construit, que pas un seul moment l’ennui ne nous pousse à tourner les pages plus vite, bien contraire on le déguste et on prend son temps pour en apprécier chaque passage !

Un scénario digne des grands films, porté par une maison d’édition qui sait appâter son lecteur !

Merci à l’auteur pour sa confiance et pour m’avoir permis de découvrir son livre, que je vous recommande vivement !

Guillaume Richez est diplômé de Lettres Modernes. En 2011, il est membre du jury du 37ème Prix Inter du Livre présidé par Amin Maalouf. La même année, il est également juré du Prix du Meilleur polar des lecteurs des éditions
Points. En 2012 paraît aux éditions J’ai Lu son premier roman, Opération Khéops, couronné du Prix WeLoveWords, un thriller réservé à un public averti.
Depuis 2016, il publie des chroniques littéraires et crée en 2017 le site web Les Imposteurs consacré à la littérature, au polar, à la science-fiction et au mauvais genre. Blackstone, son deuxième roman, paraît aux éditions Fleur Sauvage en mai 2017.

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ABC 2017 _ Policier / Thriller capture

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Parution : 1er mai 2016

Auto-Édition Prix  broché : 11,55€ – Ebook : 0,99€

Pages : 344 – Genre : Stratégiesuspense

Avec le projet « voyager avec les auto-édités » organisé par Passion Cultur’All je ne pouvais qu’embarquer pour ce voyage en compagnie d’auteurs auto-édités et ainsi contribuer à vous les faire découvrir

Ma Boite de Pandore a tracé le circuit de ce voyage

Ce livre a fait un tour en Belgique, pour revenir et faire un arrêt dans les Ardennes, dans la Drôme et finir chez moi à Paris !

Que dire Sur Paris ?

C’est une très belle ville, mais quand on y vit on ne fait que courir sans en apprécier les avantages. C’est le propre de toutes les grosses agglomérations. Mes petits plaisirs parisiens ? Une terrasse de café, un truc à siroter et un bon livre ! Le pied et le summum du plaisir ! Il faut dire que sur Paris, les terrasse de café ce n’est pas ce qu’il manque… En été, se poser dans un parc, sur une chaise ou dans l’herbe, permet de se déconnecter de cette vie à 100 à l’heure ! Parfois j’envie mes amis de province qui ont un rythme de vie plus calme, même avec tous les tracas du quotidien… Mais pas certaine de vouloir quitter Paris…

Je vais avoir du mal à vous parler de ce livre, car je n’ai pas réussi à rentrer dedans ! Pourtant ce titre me faisait envie depuis sa sortie !

Jacques Leroux, surdoué des mathématiques combinatoires, prépare sa thèse. Passionné d’un jeu dérivé des échecs et mondialement populaire, le triumvirat, il participe à un tournoi en ligne qui le qualifiera pour le tournoi professionnel de Baltimore.
Ce jeu dans lequel les joueurs doivent collaborer avant de se trahir l’emmènera bien plus loin qu’il n’aurait cru, les limites du jeu semblant dépasser largement les bords de l’échiquier…

Triumvirat est un jeu entièrement imaginé par l’auteur et rien que pour ça, je lui dis Bravo ! Pour les amoureux des jeux de stratégie, de maths, c’est parfait, mais pour moi qui ne suis pas fana de Maths, j’ai vite été larguée, bon en fait cela ne m’a pas intéressé du tout…

Pourtant l’auteur a fait un excellent travail et nous immerge directement dans son jeu, avec une interview dans laquelle le concepteur Conrad Peterson explique les règles.

Avec ce jeu, vous avez intérêt à être calé en mathématiques combinatoires, avoir pas mal de mémoire et beaucoup d’intuition… Du coup on est plongé dans un jeu qui évolue tout le temps.

Il m’a fallu relire certains passages plusieurs fois au départ et je ne sui pas du tout entré dedans, je n’ai pas réussi à aimer le personnage, que j’ai trouvé trop immature… Jacques Leroux, amoureux du triumvirat au point de négliger sa thèse, et sa copine, qui le materne trop …

« — Notre marché, Jeanne, c’était de réussir nos vies. Rien de plus. Je n’ai jamais certifié que ce serait dans les maths.
— Tu as un talent pour ça, Jacques. Tu as un talent et tu le laisses pour des chimères…
— Et j’ai un talent pour le Triumvirat, Jeanne. Sauf qu’en plus, ça me passionne. Si je peux concilier talent et passion, en quoi est-ce criminel ? »

Je m’attendais vraiment à lire un thriller, un polar, au vu de la quatrième de couverture, alors que ce qui ressort principalement  c’est la concurrence entre les joueurs, les stratégies…

Là où j’ai trouvé l’auteur bluffant c’est la conception de son jeu, il a mis trois ans à écrire son livre et on le comprend, tellement il est riche parsemé d’interviews, d’articles de journaux, de mails … Et tellement son jeu est élaboré au point qu’on oublie qu’il n’existe pas !

Même si je n’ai pas adhéré, je vous laisse le plaisir de le découvrir.

Challenge ABC 2017 auto-édition

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Parution : 15 mars 2017

ÉditionCalmann-Lévy Prix  broché : 19,90€

Pages : 288 – Genre : Policier – historique – Suspense

« A l’ombre du Baron est un premier roman qui impressionne, une lettre d’amour à Haïti et son peuple » Miami Herald

Originaire d’Haïti, vivant aux États-Unis, Fabienne Josaphat, signe avec « À l’ombre du baron » une premier roman poignant, une ode à un peuple, une fiction mais tellement réelle qu’on est plongé à Haïti et tout comme les haïtiens, on aura du mal à s’extirper des « tontons macoutes » et du régime de Papa Doc…

On est transporté en 1965, François Duvalier, alias « Papa Doc » ou « Baron Samedi« , fait régner la terreur. Haïti, vit au rythme de la peur des dénonciations, parfois un simple soupçon et les tontons macoutes débarquent, rouent de coups sous n’importe quel prétexte ! Tout le monde soupçonne tout le monde.

Se dresser contre le dictateur, c’est signer, son incarcération dans la sinistre prison de Fort Dimanche, ou sa mise à mort…

Raymond, chauffeur de taxi, peine à joindre des deux bouts depuis l’instauration du couvre-feu, et fait tout pour que ses enfants et sa femme vivent dignement. Mais les repas se font rares, la peur, les questions existentielles… tout rappel que cela va mal !

Nicolas, son frère,  a une belle vie. Mais a une attitude condescendante avec son frère, se pensant supérieur parce qu’il a de l’argent et qu’il a fait des études. Lors d’un cours, il parle de droits de l’Homme mais surtout il écrit un livre sur des disparitions dont celle de Jacques Stephen Alexis (Écrivain haïtien connu pour sa résistance à la dictature de François Duvalier, son œuvre romanesque, ainsi que sa définition novatrice d’un réalisme merveilleux propre à la littérature de la Caraïbe.) Suite à dénonciation par un de ses étudiants il sera emprisonné à Fort Dimanche.

« Nous ne sommes une priorité pour personne sauf nous. »

Sa date d’exécution est fixée rapidement, après avoir subi la pire des tortures, tout cela sans procès !

Les deux frères, pourtant deux étrangers l’un pour l’autre, vont être transformés par cette épreuve, leur vie va basculer…

« Les yeux dans le vide, il entendit les gardes transporter le corps dans le couloir. Puis il enfouit sa tête dans ses genoux. Y trouva l’obscurité, la sécurité, un refuge où se prendre les cheveux à deux mains et les arracher d’un crâne dans lequel la démence s’insinuait déjà. Il cessa de lutter et s’effondra, écoutant le ricanement moqueur qui caquetait sous les prières, le rire d’un Dieu farceur tapi dans les recoins de Fort Dimanche : la Mort, ajustant son chapeau claque, exhalant la fumée de son cigare, ondulant des hanches, dansant autour de leur cellules, bras grands ouverts dans un geste d’accueil. La Mort se payait sa tête. »

Un livre qui ne peut laisser indifférent, un devoir de mémoire qui rappel à quel point tout est encore d’actualité…

Il m’est très difficile d’exprimer avec des mots ce que j’ai pu ressentir en lisant « A l’ombre du Baron » J’étais persuadée de lire un thriller horrifique avec en toile de fond les traditions  vaudou et autre sorcellerie…. J’ai été émue, bouleversée et choquée des conditions décrites par l’auteur. A aucun moment je n’ai senti que nous étions en 1965, tellement le présent est palpable et tellement cela fait écho à la condition de vie de plusieurs citoyens de par le monde…

François Duvalier, surnommé « Papa Doc« , fut Président d’Haïti de 1957 à 1964 puis dictateur (« Président à vie« ) de 1964 à sa mort, en 1971. Son règne fut empreint de corruption et marqué par l’utilisation de milices privées, les tontons macoutes. J’ai été révoltée par ce climat de terreur dans lequel le peuple haïtien tente de survivre.

Mes morts dorment dans cette terre ; ce sol est rouge du sang de générations d’hommes qui portent mon nom ; je descends par deux fois, en lignée directe, de celui-là même qui fonda cette nation. Aussi ai-je décidé de rester ici et peut-être d’y mourir.  Jacques Stephen Alexis, écrivain (1922-1961) – Extrait d’une lettre à François Duvalier, 2 juin 1960

« Papa Doc », nommé ainsi lorsqu’il commence à pratiquer la médecine dans les régions rurales et qu’il s’attire les faveurs des populations, consolide son pouvoir, il réanime les traditions du vaudou, prétend  être un « hougan » : chef spirituel de la religion vaudou, organisateur des cérémonies, celui par lequel passent les esprits (lwas) qui désirent transmettre un message au monde des vivants. A la mort de John Fitzgerald Kennedy, il prétend que l’assassinat est dû  à un sort jeté par lui.

Duvalier a également modelé son image sur celui du « Baron Samedi », pour se rendre encore plus imposant. Il mettait souvent des lunettes de soleil et parlait avec un fort ton nasal associé au Loa.

L’auteur a su retranscrire avec talent les peurs, les sensations, les odeurs, les paysages… Bref tout est tellement beau et tellement noir en même temps ! A l’image de l’être humain et de la dictature que vit ce peuple. Bourreaux et victimes se côtoient. L’auteur a fait un vrai travail de recherches et cela se sent dans son récit. Beaucoup de haïtiens ayant fui leur pays, se recon5naitront dans cette histoire.

Ce roman a beau être une fiction, les faits rapportés sont bien réels, ainsi que la prison de Fort Dimanche et les conditions de vie.

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ABC 2017 _ Policier / Thriller capture

Originaire de Haïti, Fabienne Josaphat est diplômée de la Florida International University et vit aujourd’hui à Miami. La presse compare déjà ce premier roman
à La Brève et Merveilleuse Vie d’Oscar Wao de Junot Diaz et Au temps des papillons de Julia Alvarez.