Parution : 31 mai 2018 – Editeur : Presses de la Cité –  Prix papier :  23€ – Prix numérique : 15,99€ – Pages : 752 – Genre : techno-thriller, anticipation, thriller-psychologique, suspense, thriller-apocalyptique

Takano Kazuaki, n’en est pas à son coup d’essai, puisque son premier opus, treize marches, avait pour thème la peine de mort et un portrait du Japon tant méconnu. Encensé par la critique en 2016 et vendu à plus de 400 000 exemplaires.

Annoncé comme un thriller dense, Génocide(s) fait partie de ces livres qui ne sont pas plébiscités et qui pourtant mériteraient de l’être. En effet, sa construction documentée mêle, enjeux scientifiques, observations crues de la violence et rapports de force géopolitiques, le tout parsemé de réflexion sur la nature humaine.

Au Congo, des mercenaires doivent éliminer une tribu de Pygmées, où vit un anthropologue américain, Nigel Pierce. La cible ? …

Au Japon, un étudiant en pharmacologie, hérite de son père d’une mission à accomplir, et de deux ordinateurs… Commence, une traque sans merci, par la police japonaise et la CIA… Il a un mois pour mener à bien sa mission, et ce, au péril de sa vie, s’il le faut… Une course contre la montre s’engage…

Aux États-Unis, c’est un simple rapport, d’un analyste surdoué, qui pose les bases de ces éliminations. Pris dans les filets du Pentagone, aucun retour en arrière possible, malgré sa prise de conscience…

Nous avons tous les ingrédients pour une lecture atypique, avec ce mélange des genres entre, techno-thriller, roman d’anticipation avec un zeste de psychologie le tout recouvert d’une sauce apocalyptique…

Un livre inclassable…

Roman polyphonique, avec les différents points de vue des personnages principaux, dont l’intrigue est construite en entonnoir, pour un rapprochement vers le point culminant de cette intrigue hors norme. Au départ, l’auteur, fournit des détails, que le lecteur devra digérer afin que tout se mette en place.

Le lecteur n’est pas un simple spectateur, mais un acteur à part entière dans cette course contre la montre, avec une montée du suspense et de l’angoisse sur l’avenir de l’humanité.

L’auteur pousse le lecteur à trouver sa place dans l’échiquier de la nature humaine notamment sur le mal qu’il fait, sans jamais que cela ne serve de leçon. La violence est omniprésente avec des scènes parfois horribles, monstrueuses de réalité qui atteint son paroxysme dans cette jungle africaine…

L’intrigue a plusieurs ramifications, elle est dense, sans jamais tomber dans l’ennui. Le lecteur est propulsé tantôt aux Etats-Unis, parachuté en Afrique, pour enfin se poser au Japon, avec des personnages savamment construits, où chaque personnalité émerge grâce aux portraits que l’auteur en brosse, avec un dosage minutieux et visuel. On les touches de prêt et c’est là que tout le talent de scénariste de l’auteur entre en jeu. Les scènes sont d’un rare réalisme, notamment, celles, se déroulant au Congo…

Takano Kazuaki est doué pour ferrer son lecteur et il n’est pas en reste avec le suspense qu’il fait monter graduellement.

Une intrigue diablement bien ficelée, dont la tension est palpable. Mais pas seulement…

En effet, l’auteur aborde plusieurs sujets, apporte plusieurs réflexions…

D’un côté, il aborde la question de l’extinction de l’homo sapiens, de l’autre, le monde scientifique en éternel quête de découverte, mais aussi les lobbies pharmaceutiques avec l’intérêt économique que la maladie apporte et surtout l’usage de certaines découvertes médicales…

L’auteur souhaite aborder beaucoup de sujets, comme pour dire au monde : « Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas…Préparez-vous… »

Il y a comme une urgence entre les lignes… L’urgence de mettre en garde contre les dérives, le mal que l’homme, intrinsèquement mauvais, produit… Fait, qui pourrait se retourner comme un boomerang, contre lui…

L’extinction est inévitable… Il faut juste le reconnaître et préparer la suite, si l’être humain ne veut pas que tout disparaisse…

Tous les ingrédients utilisés, sont d’une réalité incroyable, sans jamais tomber dans la morale à deux balles. Comme une acceptation, pour penser et préparer la suite…

« Si je n’ai qu’une chose à te dire, c’est qu’une vie dénuée d’échecs est impossible, et qu’il n’appartient qu’à toi d’apprendre de tes erreurs ou de les ignorer. Toutes les erreurs que nous commettons nous rendent plus forts. Ne l’oublie jamais. »

Ce livre a été lu, grâce à NetGalley, en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Ecrivain et scénariste japonais. Il est membre de la Mystery Writers of Japan. Dès 1985, il travaille dans le milieu du cinéma et de la télévision sous le patronage du grand cinéaste Kihachi Okamoto. En 1989, il part étudier la mise en scène, la prise de vue et le montage cinématographiques au Los Angeles City College. De retour au Japon après avoir interrompu son cursus, il devient scénariste pour le cinéma et la télévision. En 2001, il publie Treize Marches (traduction 2016 en France, aux Presses de la Cité). Encensé par la critique, immédiatement lauréat du prix Edogawa Ranpo, ce premier roman se vend à plus de 400 000 exemplaires. Son deuxième roman, Genocide of One, a été nominé au prestigieux Naoki Prize et récompensé par le prix Fûtarô Yamada.

Parution : 29 mai 2019 – Éditions du RocherPrix Broché : 20,50€ – Prix numérique : 14,99€ – Pages : 488 – Genre : techno-thriller, thriller, thriller d’anticipation, thriller dystopique

Troisième et dernier volet de « La trilogie des cercles » ce thriller atypique de Thierry Berlanda détonne dans l’univers du thriller.

Avec un thème très peu exploité en littérature, l’auteur ne pouvait que me donner envie de plonger son univers avec ces multinationales qui deviennent plus importantes que les États et décident du sort du monde. Dans un futur, dont nous n’avons pas de date précise, ce qui donne un aspect encore plus proche à notre quotidien, ces multinationales détiennent quasiment toutes les richesses mondiales et n’hésitent pas à effectuer les pires exactions.

Jane Kirkpatrick, vice-présidente de LamarCorp, une femme d’affaires sans scrupule, compte faire main basse sur une mine de lithium en Bolovie. Une intrigue différente, mais une trame assez classique, puisque s’il y a des « méchants », il y a des « gentils » qui luttent. Ici, les « Guetteurs », quelques journalistes indépendants qui vivent cachés aux quatre  coins du monde, menés par Antoine Dupin, ont un seul but : faire connaître la vérité.

L’auteur arrive à brosser ses personnages, en leur donnant des personnalités propres. Malgré le nombre important de personnages, au risque de s’y perdre, on arrive facilement à faire le tri entre les deux camps.

Un thriller que j’ai pris plaisir à découvrir, avec un thème que j’apprécie particulièrement, puisqu’on oscille entre le thriller d’anticipation, la dystopie, et la technologie. Un techno-thriller, mais pas seulement. C’est un peu plus qu’une simple étiquette. Il y a plusieurs genres dans Cerro Rico. L’auteur a une plume visuelle, les descriptions sont travaillées et on se projette facilement dans cet univers atypique.

L’univers de la série brésilienne 3% m’a accompagné durant ma lecture. Une série que j’ai par ailleurs beaucoup appréciée et dont je vous parlerais bientôt…

J’ai découvert la plume de l’auteur avec l’insigne du boiteux et la fureur du prince et je dois dire que j’ai été très agréablement surprise. La plume est beaucoup plus travaillée, fluide et c’est un vrai plaisir. Une érudition, déjà présente dans les livres dont je parle, mais mieux dosée avec un bel équilibre entre intrigue et visuel.

L’univers est très bien travaillé et même si je n’ai pas lu les deux premiers de la trilogie, même si j’ai parfois regretté le manque d’information par méconnaissance du sujet, j’ai apprécié l’univers de l’auteur avec ses un enjeux politiques, militaires et scientifiques.

Ce livre a été lu en partenariat avec BePolar et la maison d’édition.

Thierry Berlanda - Interview

Philosophe et auteur, Thierry Berlanda a publié plusieurs romans et nouvelles, – Tempête sur Nogalès, Pentatracks, Rêve de machine, L’Insigne du Boiteux, La Fureur du Prince, La Nuit du Sacre, L’Orme aux Loups – et est l’auteur de plusieurs articles et conférences philosophiques publiés chez différents éditeurs spécialisés. Il a signé un thriller, Naija, en 2016 aux éditions du Rocher.