Parution : 19 septembre 2019 – French Pulp éditionsPrix papier : 16€ – Pages : 288 – Genre : polar

Les éditions French Pulp font le pari de remettre au goût du jours, le personnage emblématique de Léo Malet et le pari est plutôt réussi.

Nestor Burma évolue au 21ème siècle de manière naturelle, et même s’il est réfractaire à la technologie, il y trouve des avantages indéniables. Avec cet opus, Danielle Thiery, lui fait vivre sa sixième enquête et l’on retrouve la gouaille de ce personnage atypique, chiant et attachant à la fois.

L’auteure nous embarque dans une sordide histoire, où le diable se niche dans les endroits les plus sombres et devient le compagnon d’êtres humains, parfois insoupçonnables…

La plume est agréable et ses descriptions des quartiers populaires de Paris, apportent une résonance particulière… Notamment, un goût amer avec les attentats de 2015… On découvre aussi, le Paris des bas-fonds, le Paris satanique et sectaire et cela donne à cette enquête une saveur toute particulière… Et une enquête particulière pour Nestor Burma, qui est propulsé dans un monde sombre où la noirceur de l’homme laisse libre court à son imagination…

Malgré quelques pointes d’humour, dues au caractère bien trempé de Burma et une plume agréable, qui lui donne vie, j’ai eu du mal à entrer dans l’intrigue, alors même que les personnages sont aussi bien construits que ceux de Jacques Saussez, dans les carats de l’Opéra, il m’a manqué l’insolence qu’il prête à Burma…

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition, grâce à NetGalley. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Danielle Thiéry est née en 1947, après des études de lettres classiques, de droit et de psychologie, elle rentre dans la police nationale française, en 1968. Une des premières femmes admises dans le corps des officiers de police en 1969. Elle passe le concours de commissaire de police en 1976, puis elle est nommée commissaire divisionnaire en 1991 et c’est la première dans l’histoire de la police française.
En 1992 la télévision s’intéresse à elle et son histoire donnera naissance à une série Quai n°1 diffusée pendant plusieurs années sur France 2 à partir de 1997.
Passionnée de littérature policière et de cinéma, elle est l’auteur de 25 ouvrages qui lui ont valu quelques prix littéraires, notamment le célèbre Prix du quai des Orfèvres en 2013 pour Des clous dans le coeur).

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Parution : 22 août 2018 – Editions JC Lattès Prix papier : 23,90€ – Pages : 580 – Genre : thriller psychologique, roman-fleuve

Un roman, dense et très profond où l’auteur aborde plusieurs thèmes sur plusieurs décennies. On s’aperçoit surtout que malgré les années qui passent, certaines choses demeurent immuables.

Nous partons à la rencontre de Cyril Avery, né d’une fille-mère, d’à peine seize ans, en Irlande, pays catholique, ultra conservateur, juste après la guerre. Une situation impensable, impossible… Bannie, elle n’a qu’un choix : celui de fuir et faire adopter son enfant…

À partir de là, l’auteur fait alterner les chapitres en les faisant correspondre à sept ans de la vie de Cyril Avery, en brossant la société dans laquelle il évolue.

À travers ce livre, l’auteur dénonce les injustices sociales, les discriminations, le rejet et les accusations dont sont victimes les homosexuels, la façon dont ils sont traités, par l’ Église ou par la société, en pointant les aberrations auxquelles son personnage principal sera confronté

Avec un vocabulaire cru, cynique, l’auteur aborde la violence physique ou morale dans tout ce qu’elle peut avoir de révoltant, surtout avec notre point de vu de lecteur de 2019. Il brosse, non pas l’Irlande des cartes postales, mais l’Irlande méprisante pour ceux qui s’affranchissent des codes établis. Et là, tout y passe, les femmes, les hommes, les filles mères… Tout est sujet à controverse ou jugements de la part des Hommes ou de l’ Église. Il n’est pas loin le temps, où la transposition pouvait se faire (elle peut encore) à la France… Il n’est pas loin ce temps, où les homosexuels étaient pointés du doigt, rejetés, parfois rués de coups, tués. Il n’est pas loin le temps où l’église parlait de la punition de Dieu, pour imputer le SIDA aux homosexuels…

Une magnifique plume au service d’un grand roman émouvant, où l’auteur aborde plusieurs thèmes de manière légère et rythmée, malgré les évènements tragiques, les répliques sont parfois drôles, car tout est tourné en dérision. Une manière de montrer que tout doit être pris du bon côté pour garder foi en l’être humain et foi en la vie.

Près de 600 pages que je n’ai pas vu passer, puisque l’auteur nous entraîne vers une large palette d’émotions, puisque j’ai à la fois été amusée, émue, et bouleversée.

Un roman qui se dévore sur la vie, l’amour, la tolérance, la liberté, mais surtout sur les combats que l’on doit mener pour être heureux.

Ce livre a été lu grâce à NetGalley et la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

 

John Boyne est né à Dublin, où il a toujours vécu. Il a étudié au Trinity College et à l’université de Norwich. Il a commencé à écrire à l’âge de 20 ans : il est l’auteur de 7 romans ainsi que de plusieurs nouvelles et articles, pour lesquels il a déjà reçu deux prix littéraires irlandais.

Son roman jeunesse « Le garçon au pyjama rayé » est un véritable best-seller, traduit dans 35 langues différentes et vendu à 15 millions d’exemplaires dans le monde. Dans ce livre, un petit garçon de neuf ans raconte le bouleversement de sa vie pendant la shoah. Une adaptation cinéma sous la direction de Mark Herman est réalisée en 2008.

Parution : 24 mai  2018 – Editeur : Robert Laffont – Collection : R – Prix papier : 17,90€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 414 – Genre : Dystopie

Dans la même veine que la Faucheuse de Neal Shusterman, avec la mort en toile de fond, ce livre annonce la couleur dès le titre : les personnages vont mourir ! Bon, au moins on ne se perd pas en tergiversations, on sait dès le départ que la fin est proche !

Ici, la mort, n’est pas personnifiée, puisqu’elle reste un élément flou dans le quotidien. Sauf que dans ce futur proche, les personnes qui vont mourir dans la journée, reçoivent un appel téléphonique du Death-Cast. Personne ne sait qui se trouve derrière Death-Cast, ni comment les personnes, sur le point de passer de vie à trépas, sont ciblées. La seule chose que l’on sait, c’est que tous ceux qui ont été contactés sont vraiment morts, moins de 24 heures plus tard. Le but du Death-Cast, serait de permettre aux gens de se préparer à mourir, faire ce qu’ils estiment devoir faire.

L’idée est vraiment intéressante, mais je trouve dommage que l’auteur n’est pas développé cet univers. En effet, sur 414 pages, nous allons suivre ces deux gamins dont la fin est proche, les suivre sur 24 heures mais sans rien apprendre de plus. La collection R des éditions Robert Laffont est une maison d’édition dont j’apprécie les sorties, mais là, ça n’a pas matché entre nous.

Certaines longueurs, lenteurs, apportent du corps à une intrigue, ici cela n’apporte que de l’ennui. Enfin, je parle pour moi ! J’ai vu quelques retours très élogieux et je me suis demandé si quelque chose ne clochait chez moi… Pourtant cette fuite en avant, pour tenter de conjurer le sort, aurait pu être très intéressante, mais l’auteur met du temps à faire décoller son histoire, c’est comme s’il était resté en surface. Tout tourne autour de deux personnages, pour lesquels je n’ai pas réussi à avoir d’empathie, ni une once de pitié. En refermant le bouquin, je me suis dit : « OK, ils sont morts ! On passe à autre chose… »

Je me la joue Cruella, mais  là j’ai vraiment été déçue, je m’attendais à ce que l’auteur développe les choses. On commence, on ne sait rien, on termine cette lecture, on en sait encore moins…

C’est vraiment dommage, car il y a matière avec le postulat de départ… On voit surgir un élément de temps en temps qui laisse présager que l’auteur va enfin nous dévoiler, comment le Death-Cast, a réussi à prévoir la mort… Ah, mais non, on reste sur sa faim et on a hâte que la fin arrive…

Les personnages sont mignons dans cette course contre la vie, cette envie profonde de changer les choses, mais leur fin est inévitable, c’est écrit.

Un récit sur l’amitié, l’amour, l’empathie qui m’a laissé de marbre. Les évènements s’enchaînent et se ressemblent sans un seul rebondissement. Comme un plat très beau, qui se révèle sans saveurs et sans aucune épice pour relever le goût. Un début de romance qui fera prendre conscience aux personnages (en même temps, ils sont très jeunes) qu’ils n’ont rien vécus et qu’avant « leur départ » l’amour se révèle à eux… Comme un miracle… Mais ils vont clamser… Je suis désolée, de présenter les choses aussi durement, mais voilà ! C’est creux et sans saveur…

Ce livre m’a été envoyé par la maison d’édition ou l’auteur en service de presse. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Qui suis-je ?

Adam Silvera est devenu un auteur best-seller du New York Times dès son premier roman. Il est né et a grandi dans le Bronx. Après avoir travaillé en librairie, il s’est tourné vers l’édition jeunesse où il s’est notamment occupé d’un site de creative writing pour adolescents, tout en écrivant de nombreuses critiques de romans jeunesse et YA. Inexplicablement grand, Adam Silvera vit à New York.

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Parution : 3 octobre 2018 – Edition Calmann-LevyCollection : suspense crime – Prix papier : 19,90€ – Prix Numérique : 9,99€ – Pages : 400 – Genre : Thriller-historico-biblique.

Quand on apprend que « Apocryphe », a bien failli ne jamais voir le jour, la lecture prend une dimension différente et sa saveur n’en est que meilleure.

Le Destin était en marche… Peut-être un brin de divin dans cette publication… Mais attention, nous sommes bien dans un roman noir, même si l’auteur s’est inspiré d’une réalité que beaucoup pensent vraie. Une intrigue qui prend sa source dans ce qui aujourd’hui divise encore et surtout par-delà les divisons opposent des millions de personne.

La force de cette intrigue est de se servir d’une trame « historique » qui donne une réalité au récit, au point d’oublier que nous sommes bien dans un récit fictif.

La plume est d’une fluidité saisissante, concise et ciselée. Un vrai travail d’orfèvre dans les mots que l’auteur pose avec justesse, sans jamais perdre son lecteur dans des descriptions futiles.

« Apocryphe » porte bien son nom, puisque l’auteur suggère une réalité possible. Et si… Et si…

Une image peu conventionnelle de Jésus, puisqu’il est beaucoup plus un être humain qu’un être divin. Mais elle ne sert, que pour donner corps à l’histoire de David de Nazareth, fils caché de Jésus.

On se demande pourquoi l’auteur s’est lancé ce défi et comme un devin qui vient éclairer notre chemin, il nous livre une réponse que j’ai trouvé très belle « C’est l’enquête apocryphe d’un croyant de naissance qui fait appel au petit-fils du charpentier pour retrouver la foi ; et ce dans ce qu’il a de plus humain, de plus organique. C’est la perquisition littéraire d’un baptisé qui cherche désespérément à retrouver l’odeur du Jourdain. Ce sont les aveux d’un homme qui doute. Mais… Le doute, n’est-il pas le principe de la foi ? Quand on dit « je crois », c’est bien qu’on n’est pas sûr. »

A elle seule, cette phrase montre toute l’humanité que l’auteur a voulu mettre dans son thriller-historico-biblique où des personnages fictifs côtoient ceux bien réels et connus qui jalonnent nos livres d’Histoire avec un grand « H »

Cela peut soit dérouter le lecteur, soit complètement l’embarquer et se prendre au jeu de cette plume qui nous propose et cela de manière très visuelle (une déformation professionnelle qui sert la plume) de nous plonger dans un roman épique, un péplum que l’on lit comme on regarde ces vieux films en noir très à la mode à un moment donné.

N’allez pas croire que l’auteur s’est lancé tête baissée dans un tel roman ! Bien au contraire, le travail de recherche a duré deux ans avant de pouvoir faire profiter le lecteur de ce thriller.

Les personnages sont empreints de réalité et de réalisme, où les sentiments humains sont d’une description détaillée, mais sans jamais en faire trop, tout en permettant l’imagination du lecteur de se les approprier et de vivre à leurs côtés cette aventure autant humaine qu’historique.

C’est bien de cela que René Manzor nous parle, d’humanité, de doute, d’amour et de foi. La foi autant en Dieu que dans l’humanité qui se cache en chacun de nous, en chaque chose qui définit cet être complexe en perpétuel questionnement et en perpétuel besoin de réponses.

C’est le premier livre de l’auteur que je découvre et ce ne sera, certainement, pas le dernier. Une intrigue dense qui se lit avec avidité grâce à ce réalisme dont use l’auteur, un retour vers le passé qui se fait sans encombre et dont le lecteur devient le spectateur avide de comprendre, mais surtout avide de vivre. Le lecteur vit au rythme de cette intrigue qui a toutes les composantes d’un très bon thriller, servi par une plume très visuelle.

Histoire de vous immerger dans l’ambiance :

 

Ce livre m’a été envoyé par la maison d’édition ou l’auteur en service de presse. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Qui suis-je ?

De son vrai nom René Lalanne, est né en 1959 à Mont-de-Marsan. Réalisateur et scénariste. À la télévision américaine, il a signé la réalisation de plusieurs épisodes de série comme « Le Voyageur » (The Hitchhiker), « Highlander », « Band of Brothers », « Les Aventures du jeune Indiana Jones ». Il est le réalisateur du film « Dédales », sorti en 2003, avec Lambert Wilson et Sylvie Testud. En mai 2012, il publie son premier roman « Les Âmes Rivales ». Suivront « Celui dont le nom n’est plus » en 2014 et « Dans les brumes du mal » en 2016. Site web de l’auteur, et sa page Facebook.

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Parution : 16 mai 2018 – Sonatine EditionPrix papier : 23€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 448 – Genre : Thriller Historique

Avec Matthew Carr, on se retrouve parachuté dans l’Espagne du 16e siècle. Le 16e siècle où l’odeur du cramé des bûchers de l’Inquisition est très présente. Les bûchers flambent pour la gloire de Dieu et pour la paix des âmes innocentes, perverties par le Malin. Les liens entre l’Église et l’Etat n’ont jamais été aussi forts permettant à l’Inquisition de faire ce qu’elle veut de ces malheureux promis à l’enfer…

L’Espagne a été arrachée à cette longue occupation des Maures, qui aura laissée des traces, tant religieuses, culturelles qu’architecturales. Malgré les conversions en masse, souvent par la force… L’Inquisition vit dans un climat de suspicion omniprésent. Ces conversions, sont-elles sincères ? La torture, la terreur sont palpables et la vie de chacun peut basculer du jour au lendemain sur simple doute ou délation.

Le meurtre d’un simple curé, le Rédempteur qui promet le retour du califat en Espagne et c’est le feu aux poudres, enfin aux bûchers dont les cendres ne sont jamais froides.

L’auteur propose plusieurs genres dans son intrigue, y mêlant tout à la fois une aventure digne des trois Mousquetaires, une enquête menée de main de maître avec des personnages brillamment campés, le tout servi sur une toile historique que l’on connaît peu.

Cette densité dans l’intrigue, trouve un large écho dans notre présent et c’est plutôt agréable, même si j’aime beaucoup les thrillers historiques, cela permet de réaliser que l’histoire n’est que recommencement…

En lisant ce bouquin, je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle avec le film de Youssef Chahine « le destin », dont j’ai savouré chaque minute, tellement il était documenté, travaillé. Nous sommes ici dans le même genre, sans lourdeur ou ennui. La plume est visuelle, parfois poétique avec un brin de malice. On retrouve cette atmosphère particulière, sombre,  mais poétique avec une enquête qui se révèle un apprentissage de fond comme avec « Le nom de la Rose » de Umberto Eco. Dont l’influence n’est pas loin.

Il y a pourtant dans « Les Diables de Cardona » une modernité sous-jacente qui ne fait que mettre en exergue les limites de notre époque… Je dirais même les régressions de notre époque. La peur de l’autre, de l’inconnu, la haine des homosexuels, la condition des femmes… Bref tout y est sauf que nous sommes au 16e siècle ! Et c’est plutôt effrayant, car on réalise avec cette lecture, que notre modernisme ne fait qu’accroître la régression. Mais surtout, que malgré la modernité, les idées sont toujours présentent et n’ont pas évolué…

Une lecture qui laisse quelque peu un goût amer lorsque l’on observe le peu d’avancement dans le domaine de la tolérance et surtout à quel point la bêtise humaine est toujours présente… Larvée pour certaines, mais prégnantes pour d’autres…

L’auteur ne se contente pas de nous servir une simple fresque historique, puisqu’il l’agrémente d’une belle intrigue policière où le lecteur va tout à tour se perdre entre les fausses pistes et les personnages parfois discutables qui ne sont là que pour brouiller les indices.

Une intrigue brillante, menée avec brio, un page turner qu’on ne lâche pas facilement, tellement la plume est belle.

Avec « Les Diables de Cardona », on se sent plus intelligent en refermant le livre. Non seulement, on a lu un très bon thriller, mais en plus, un pan entier de l’histoire de l’Espagne n’a plus de secret pour nous. C’est malin et c’est bon.

Ce livre m’a été envoyé par la maison d’édition ou l’auteur en service de presse. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Qui suis-je ?

Historien et spécialiste des religions, Matthew Carr est l’auteur de plusieurs livres de non-fiction. Également journaliste, il écrit pour The Guardian ou encore The New York Times et participe régulièrement à des conférences et à des séminaires. Né à Londres en 1955, Matthew Carr est reporter pour The Observer, The Guardian, ainsi que pour la BBC. Il a couvert de nombreux conflits : affrontements mafieux en Sicile, escouades de la mort espagnoles, conflit israélo-palestinien. Il vit actuellement dans le Derbyshire.

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Parution : 5 mars 2018 – Éditeur : Flamant NoirCollection : FLN.POLARS.THR. – Prix papier : 19,50€ – Prix Numérique : 5,99€ – Pages : 248 – Genre : Polar-Thriller-psychologique

Samuel Sutra confirme qu’il a plusieurs cordes à son arc littéraire, il manie aussi bien le genre caustique, drôle, cynique que le drame avec ce thriller-psychologique de grande qualité.

Un drame humain sert de toile de fond à cette intrigue, mettant l’accent aussi bien sur ces meurtres commis sur Paris que sur ce tremblement de terre à Haïti en 2010. Un tremblement qui a fait plus de 200 000 morts et autant de blessés…

Un sujet terrible, non seulement par l’ampleur de cette catastrophe, mais surtout parce que l’auteur nous parle de ces personnes avides et sans scrupules, dont la seule cause digne d’intérêt est la possibilité de s’enrichir, grâce à des projets immobiliers tous aussi bidons les uns que les autres. Sous couvert d’humanisme avec la présentation de cahiers des charges détaillant les besoins en matériaux pour la reconstruction, dans des normes antisismiques, les entrepreneurs véreux ont arrosé les personnes bien placées pour gagner les marchés publics et ainsi construire les logements d’un grand nombre de haïtiens, en cartons pâtes, les exposant encore plus à la misère.

L’enquête policière sert de révélateur à l’auteur pour parler des combines dignes de « salopards » pour se faire du fric sur la misère et la douleur des autres. Le tremblement de terre n’a fait qu’attiser l’appât du gain des rapaces. Ils sont tout aussi coupables que ce meurtrier qui court les rues.

L’auteur ne prend pas de pincette pour nous décrire les différents meurtres et fait monter la pression en distillant les informations au compte goutte, jusqu’à ce que nous soyons prêt, au même titre que l’équipe d’enquêteurs, à découvrir l’horreur dans toute sa splendeur…

Samuel Sutra ne se contente pas d’une simple enquête, puisque l’aspect psychologique est très présent également, avec des personnages décortiqués et bien campés affrontant des crimes, tous aussi horribles les uns que les autres, donnant une noirceur à la hauteur de celle dont est capable l’être humain… 250 pages que l’on dévore et dont on imagine le final… Mais l’auteur brouille les pistes et nous entraîne sur une autre, dont on ne soupçonne pas la possibilité tellement cela semble incroyable.

La citation « l’homme est un loup pour l’homme » de Thomas Hobbes, philosophe politique du 17ème siècle, n’a jamais été aussi véridique avec ce coupable de meurtres et ces coupables de génocides organisés afin de s’en mettre plein les poches.

Un roman noir, d’une réalité sombre, avec Haïti en toile de fond, cet opus de Samuel Sutra est une vraie claque, tant de par sa noirceur que par les faits avancés et réels. On ne ressort pas indemne de cette lecture, tellement la crasse humaine nous colle à la peau.

Spéciale dédicace à cette magnifique couverture, accusatrice et évocatrice des douleurs contenues dans ce livre.

Je remercie chaleureusement Flamant Noir à travers NetGalley pour cette lecture.

Après des études en Histoire de l’Art, il a obtenu une maîtrise de philosophie à l’Université Paris-Sorbonne (Paris-IV).
Son roman policier, « Le pire du milieu (Tonton et ses chinoiseries) » (2011) est le premier tome d’une longue série.
Samuel Sutra a été publié par les éditions Terriciae, puis Sirius, et aujourd’hui par les éditions Flamant Noir lesquelles, après avoir publié « Le Bazar et la Nécessité (Tonton sème le doute) » (2014), ont racheté les droits de ses précédents livres, notamment sa série « Tonton ».
« Kind of black » (2013), hommage du musicien de jazz, a obtenu le prix du Balai d’Or 2014.
Il fait également de la musique, du piano, du violon depuis plus de trente ans.
Père de trois enfants, il habite en Charente-Maritime.
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