Sauvage de Jane Harper

Après avoir eu le plaisir de découvrir la plume de l’auteur avec Canicule, j’avais hâte de la retrouver dans une intrigue prenant sa source dans les paysages australiens qu’elle décrit de manière très visuelle.

Sauvage, est dans la même veine que Canicule et l’auteur confirme son talent pour les intrigues bien construites avec des personnages aux personnalités bien travaillées. En arrière-plan, il y a toujours ces fabuleux paysages qu’elle affectionne et décrit de manière sublime. C’est tellement visuel, que l’on ne peut s’empêcher d’aller zieuter sur le net pour voir de belles photos…

L’environnement, toujours aussi « Sauvage » va servir de toile de fond à une intrigue bien très bien ficelée avec des personnages diablement construits. Une construction narrative en entonnoir, comme on peut les apprécier, permettant au suspense de monter crescendo.

Une alternance de deux intrigues en une, avec une autre en toile de fond, qui est là pour mettre en lumière l’hostilité de la région où tout se déroule.

La rivalité entre les personnages ne fait qu’accentuer le conflit sous-jacent et surtout fait émerger les jalousies qui vont indéniablement conduire à la violence latente. Une violence palpable, mais toujours maîtrisée. Cette violence qui trouve son écho dans les profondeurs de cette nature de plus en plus hostiles…

Plus les conflits et les jalousies sont exprimés, plus les paysages deviennent dangereux. Comme dans son premier livre, Jane Harper offre un parallèle saisissant entre ses personnages et la nature dans laquelle ils se trouvent. C’est un des points forts de l’auteur, qui dans chaque recoin de nature, trouve un point d’ancrage humain. Plus la colère monte plus les sons se font présents, la nature parle et gronde, hurle son mécontentement, comme ces femmes qui vont peu à peu exprimer leur haine…

La psychologie de ces femmes est extrêmement bien construite, les rendant difficiles à cerner par un lecteur qui sera à la fois touché et agacé par les comportements de chacune.

Une descente en enfer dans tous les sens du terme, puisqu’elles sont confrontées à la fois à la faim, la peur, à ces paysages magnifiques qui les enveloppent pour ne plus laisser respirer… Mais surtout à cette peur de l’autre, à cette découverte de l’autre qui devient plus hostile que la nature…

La nature en opposition avec la nature humaine… Pas tant que cela, puisqu’elles sont en osmose et vivent chacune au rythme de l’autre…

Malgré beaucoup de points positifs, j’ai trouvé que « Sauvage » était un cran en dessous de « Canicule » l’intrigue étant plus classique avec quelques passages plus lents, certainement dû au fait que l’alternance entre l’enquête et les jours qui précédent n’est pas toujours respectée, puisque certains chapitres nous permettent de mieux connaitre l’enquêteur emblématique de Jane Harper, mais « cassent » un peu le rythme de l’intrigue.

L’atmosphère est beaucoup moins oppressante que dans « Canicule » alors que l’auteur avait toutes les cartes en main. Elle a préféré se recentrer sur Aaron Falk que le lecteur apprend à mieux connaître.

Malgré tout, j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir cette intrigue policière pourtant plus classique. J’espère que l’auteur, dans son prochain livre retrouvera cette puissance narrative dont elle le secret.

Je serais de toutes les façons au rendez-vous pour le prochain, Jane Harper étant une auteure dont j’apprécie la plume, la puissance de ses descriptions et surtout le parallèle qu’elle imagine entre l’Homme et la nature…

Je remercie les éditions Calmann-Lévy et NetGalley pour cette lecture.

4° de couverture

De retour à Melbourne après un séjour éprouvant dans sa ville natale, l’agent fédéral Aaron Falk apprend la disparition d’Alice Russell, son témoin clé dans une affaire de blanchiment d’argent à grande échelle. Celle-ci n’est jamais revenue d’un challenge d’entreprise dans le bush. Alors que l’enquête plonge Falk au cœur d’une nature magnifique mais impitoyable, surtout en plein hiver, il découvre que les participants ont tous quelque chose à cacher. Et qu’Alice, femme cruelle et insensible, est loin d’être appréciée par ses collègues. Le compte à rebours pour la retrouver vivante est enclenché mais, si les langues se délient progressivement, tout le monde ne semble pas prêt à coopérer.

Parution : 4 avril 2018 – Edition Calmann-LevyCollection : suspense crime – Prix papier : 21,90€ – Prix Numérique : 15,99€ – Pages : 432 – Genre : Thriller

Jane Harper étudie l’anglais et l’histoire à l’université du Kent à Canterbury. Elle travaille ensuite comme journaliste au Royaume-Uni et en Australie. En 2014, suite à la publication de l’une de ses nouvelles, elle décide de se consacrer à l’écriture romanesque. En 2015, son premier roman, The Dry (Canicule) est publié avec succès en Australie. Il est ensuite édité au Royaume-Uni et aux États-Unis, puis traduit en français et en allemand. Les droits de ce roman ont été achetés par la productrice américaine Reese Witherspoon.



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27 réponses

  1. Beaucoup disent qu’il est un cran en-dessous de canicule, mais je le veux quand même ! 😀

    Aimé par 2 personnes

  2. Il me tente bien ! Je n’ai pas lu canicule non plus …

    Aimé par 1 personne

  3. Je ne sais pas vraiment pourquoi mais ce livre ne m’attire pas, et Canicule non plus malgré tout le positif que tu en dis. Je devrai peut-être tenter d’en lire quelques pages pour voir si j’accroche ou pas ^^

    Aimé par 1 personne

  4. Coucou,
    Je viens de le terminer et suis très surprise par rapport à Canicule, dont l’auteure a traité ce sujet, très difficile à traiter. Elle pose ses jalons pendant cette expédition en parallèle avec l’enquête de la disparition et les flash-back où se déploie toutes ces psychologies entre les protagonistes et d’autres sentiments moins glorieux en avançant très loin dans ce livre.
    Autant il a fait chaud dans Canicule et dans les esprits et dans ce huis clos de petite communauté. Ici c’est également un huis clos choisi dans le bush cette fois-ci où Aaron Falk a vécu avec son père. Retour vers ce passé pour lui, que j’ai aimé et qui fait un peu le lien avec la fin de Canicule. Il n’est pas nécessaire de l’avoir lu, ce premier livre. Je regrette cette fois-ci, le froid qui m’a imprégnée lors des trop longs échanges entre « filles » dans une randonnée dans cette géographie particulière, bien décrite, et qui pourtant m’a lassée par ses redondances. Je trouve que Jane Harper a tiré sur la ficelle de cette atmosphère avec trop d’enchevêtrements (c’est mon opinion) lorsque la fin se met à jour.
    J’ai aimé le huis clos en parallèle avec la nature, là c’est son truc à l’auteur accompagnée de la plongée dans les analyses psychologiques des personnages comme dans Canicule. Sauf que j’ai ressenti comme de la lassitude, du réchauffé, et cela m’a agacée. J’avais lu le résumé et j’avais confiance, et j’ai un petit peu regretté face au premier livre. Cela ne m’empêchera pas de lire le troisième 🙂 J’aime avoir confirmation ou pas du talent d’un(e) auteur(e). Cela peut réserver des surprises. Merci de m’avoir lue. Comme tu le sais je ne chronique pas, mais sauve ce type de commentaire dans un bloc-note. Un jour peut-être pour les chroniques 😉

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