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2063 Sélection naturelle de Magali Cervantes

Parution : 15 mai 2018 – Auto-éditionPrix broché : 17€ – Prix Numérique : 2,99€ – Pages : 388 – Genre : Dystopie – Anticipation – Science-fiction – Thriller

Avec ce titre l’auteur change complètement de registre et je dois dire qu’elle arrive à merveille à donner corps à un récit dystopique très crédible.

Comme le titre l’indique, nous sommes en 2063, un bond de 45 ans dans un futur complètement hermétique aux sentiments… Ces sentiments qui sont l’essence même de l’être humain.

Même si l’intrigue semble profiler un futur hostile à l’Homme, avec des émotions annihilées, on ne peut ignorer la nature humaine, où le cerveau est notre moteur. Faire disparaître les émotions semble être une chose simple, cloisonner les gens en les étudiants, les façonnant pour en faire des marionnettes malléables à souhait ! Mais c’est sans compter, sur l’organe qui fascine le plus… Le cerveau ! Ce cerveau qui décide de déjouer les plans tout tracés de l’élite qui décide…

Fauve est dans un centre éducatif, mais à travers ses rêves, sa curiosité va la pousser à chercher les origines de son monde en 2063, un monde autoritaire où l’être humain n’a plus le droit de choisir.

L’auteur arrive à construire un univers très réaliste, qui par moment trouve écho dans notre monde, à travers ses deux personnages attachants et bien construits. Fauve en 2063 et Mégane en 2027, chacune lutte à sa manière, pour la vérité.

A travers le journal de sa grand-mère Fauve va ouvrir les yeux et comprendre que la vérité est falsifiée.

La révolte jalonne le texte de Magali Cervantès, une révolte contre le système qui nous ment… Qui nous manipule… Et dont les effets, sur les masses est destructeur. La préservation de l’espèce humaine n’est pas un jeu et cela commence par une prise de conscience.

L’auteur nous entraine dans son univers où les chapitres s’imbriquent parfaitement, puisqu’elle dilue les informations au fil de l’eau et au fil de la découverte par Fauve du carnet de sa grand-mère.

Une plume toujours travaillée et qui démontre bien que l’auto-édition recèle des talents méconnus et qui méritent d’être dans la lumière.

Je dois dire, que ce genre sied parfaitement à l’auteur, que j’ai eu le plaisir de découvrir dans un thriller-psychologique très agréable. J’espère qu’elle renouvellera l’expérience car j’ai apprécié cette lecture parsemée de dystopie, d’écologie et où la politique a pris le pas sur le tout…

L’auteur livre une réflexion très intéressante sur un futur qui ne semble pas dénué de sens… Si aucun changement n’est fait…

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Le Voile de Guillaume Lecasble

Parution : 2 mars 2018 – Editions TohuBohuCollection : Roman – Prix papier : 17€ – Pages : 144 – Genre : Science-Fiction – Thriller apocalyptique

Un roman sur le début de l’Apocalypse. Dans le silence de l’angoisse.

Un roman qui ne laissera personne indifférent ! Il est assez difficile de parler de ce bouquin, tellement les sentiments sont multiples. C’est un livre à part, avec une écriture emprunte de poésie. Un livre que l’on peut qualifier d’objet littéraire non identifié.

L’histoire en elle-même est très largement atypique, un brin décalée, que l’on peut difficilement classifier dans un genre précis. Pas d’indication temporelle, pourtant certains passages laissent à penser que l’ère numérique n’est toujours pas passée…

J’ai été intriguée par la 4ème de couverture qui ne dévoile rien et laisse planer le mystère. Je ne savais pas à quoi m’attendre et lorsque j’ai commencé à le lire, j’ai eu l’impression d’être aspirée et de perdre pied… C’est un genre totalement éloigné de mes lectures habituelles et cette fameuse zone de confort, même si j’aime m’en éloigner, est assez confortable pour être déstabilisée par le Voile.

Ici chaque voix a son propre flux, un corps immatériel et une âme, qui lorsqu’elle est diffusée se retrouve séparée du corps matériel. Elles s’envolent jusqu’à l’orée de l’atmosphère, afin d’attendre leur réunification… A force ces âmes forment un voile qui entoure la terre empêchant la lumière de passer. La fin du monde est programmée malgré la prise de conscience du phénomène… Oui je vous ai prévenu c’est vraiment décalé mais tellement métaphorique… L’image utilisée par l’auteur comme métaphore de la pollution est pour moi saisissante…

L’auteur a une imagination déstabilisante et même si parfois j’ai eu du mal à le comprendre ou le suivre, on est transporté comme dans un rêve dont aimerait bien s’extraire tout en essayant de comprendre.

Les silences sont salvateurs… Le calme avant la tempête est perceptible dans cette urgence apocalyptique et pourtant l’humanité qui transpire est tellement belle et palpable. L’ambiance est certes très particulière, mais c’est tellement bien écrit et tellement beau que cette fin du monde est vécue avec calme et sérénité. J’ai eu le sentiment de retrouver cette ambiance étrange que j’avais eu le plaisir de découvrir dans « Melancholia », un film de Lars von Trier sorti en 2011, avec Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg…

Chacun se recentrant sur ce qu’il a de plus important à ses yeux retrouve une paix palpable dans cette atmosphère apocalyptique.

Je remercie Charlotte de la maison d’édition Tohu-Bohu pour sa confiance et pour le plaisir que j’ai pris avec cette lecture.

Romancier, peintre, cinéaste. Pour ses amis, il est jardinier et cuisinier. Dans sa bibliographie, des livres d’enfants, un livre de recettes de cuisine, un petit livre d’humour et d’amour – Le Code de l’amour. Et surtout des romans : Lobster, Seuil, 2003 ; Cut, Seuil, 2004 ; Celluloïd, Panama, 2005 ; Linge sale, Panama, 2008 ; Le Fils de la bonne, Jbz & Cie, 2010 ; Novice, La Fanfare, 2015. (source Amazon)

Annihilation – La Trilogie du rempart sud, Tome 1- Jeff VanderMeer

Parution : 20 septembre 2017 – Livre de PochePrix papier : 7,10€ – Prix Numérique : 9,99€ – Pages : 240 – Genre : Science-fiction

  

Ma première impression, au bout de quelques lignes, c’est ce manque de couleur… Pourtant rien n’est précisé, mais ce sentiment de glauque est palpable et transparait entre les lignes et c’est là une qualité que l’auteur explore, en faisant ressortir les différentes formes de peurs, la première, étant cette peur viscérale du noir et de l’inconnu… Et c’est vraiment cette peur qui va imprimer les phrases, imprimer cette atmosphère…

Le récit débute avec différentes explorations de la peur qui te prends aux tripes. La peur de l’étrange, de ce que l’on ne peut expliquer… Cette peur qui te glace jusqu’aux os…
L’auteur nous transporte dans un endroit étrange, mais tout est décuplé par le regard que porte la biologiste sur ce monde qui l’entoure… Le regard qu’elle porte sur les choses, ne fait qu’accentuer l’étrangeté de la Zone X.

Les animaux n’ont-ils pas un air humain ? Le Phare au milieu de nul part, n’est-il pas bizarre ? Le tunnel ? Les journaux…

L’équipe, va peu à peu se disloquer, prise dans les filets de la Zone… On découvre quelques secrets, le sort des anciennes expéditions, ce qui fait grandir la paranoïa.

L‘auteur, va peu à peu faire basculer les choses, en faisant changer la peur de camp… Non plus la peur de l’inconnu, mais la peur de soi-même… La plus traitre… Peu à peu, la biologiste se raconte et le récit prend la forme d’un journal intime…

Avec des mots aussi vivants que ces créatures le long des parois, cette chose gluante qui rampe vers le fond, l’auteur nous plonge dans la Zone X qui va complètement recracher le lecteur, dans un monde où l’homme tel que nous le connaissons n’a plus sa place… L’écosystème se modifie, devient inquiétant et happe ses protagonistes au même titre que son lecteur…

La lecture se termine sur une ouverture… Puisque ce premier tome, ne fait que planter le début d’une intrigue, tout commence à la fin de ce premier tome…

Ne trouvant pas preneur pour son court roman « Dradin In Love », écrit en 1993, il accepte la proposition de la créatrice d’un magazine littéraire, Ann Kennedy, qui souhaitait lancer sa propre maison d’édition. Sage décision : Ann va plus tard devenir sa femme, et l’histoire de Dradin est la première pièce du puzzle d’Ambregris. « Dradin In Love » reçoit un accueil critique enthousiaste, et se voit nommé au Theodore Sturgeon Memorial Award. Il mène une triple carrière, non seulement d’écrivain, pour laquelle il puise son inspiration dans ses multiples voyages, mais aussi d’éditeur-anthologiste (avec la série Léviathan) et de critique littéraire pour des supports tels que The Washington Post ou Publisher’s Weekly.

On lui doit notamment le recueil de nouvelles « La Cité des saints et des fous » (City of Saints and Madmen: The Book of Ambergris, 2001).

Il figure également au sommaire de l’anthologie « Chansons de la Terre mourante » dirigée par G. R. R. Martin en hommage à Jack Vance. « Annihilation » reçoit le Prix Nebula du meilleur roman 2014 et le prix Shirley-Jackson 2014 et est adapté au cinéma en 2018.

Tempêtes solaires : Le nouveau monde de Ludovic Spinosa

Parution : 31 janvier 2017 – Les Éditions PerséePrix papier :  19,30€ – Prix Numérique : 9,99€ – Pages : 228 – Genre : Science-fiction – 

Une intrigue centrée sur les tempêtes solaires et surtout sur ce qu’elles pourraient engendrées comme catastrophes avait tout pour me plaire…

L’auteur nous fait suivre une dizaine de personnages à travers le monde et à travers des chapitres courts, trop courts… Ce qui aurait pu donner de la densité au récit et un rythme intéressant…. Mais sur une ou deux pages, il est difficile de s’attacher à eux, ou simplement de s’en souvenir.  Ici les personnages sont effleurés, ce qui ne crée aucun lien d’empathie avec eux. Je pense que l’auteur a tenté, de manière maladroite, de nous montrer, comment à travers le monde et cela malgré des pays différents, l’être humain allait réagir…

Pour ce qui est de l’écriture, j’ai été très gênée par des lourdeurs et des tournures de phrases qui auraient pu être évitées, si un travail de relecture avait été correctement fait. Ce qui aurait déjà pu donner un relief plus dense. Je n’ai pas compris, pourquoi par moment l’auteur utilisait un langage soutenu, alors que dans le même temps, il utilisait un langage familier, ce qui ne cadrait pas avec les éléments et surtout sans aucune raison, gâchant la fluidité du récit.

Une ponctuation mal placée qui oblige à relire plusieurs fois la phrase pour en trouver le sens. Des majuscules absentes… Un gros problème typographique, très gênant qui vient couper la phrase en plein milieu !

Des fautes d’orthographes par dizaines…. Des contresens (…reçoit un grand coup de coude à l’arcade, faisant gicler une grande salve de sang…)

Certains passages deviennent illisibles lorsqu’ils cumulent les fautes (Flavio sent déjà la rage de ne rien pouvoir faire, monter en lui, et de voir la scène sous ses yeux de ses amis se faire descendre»)

Je suis vraiment navrée, déçue pour l’auteur, car un minimum de travail de relecture par la maison d’édition aurait pu éviter ces défauts, malheureusement récurrents… Et qui empêchent de se concentrer sur la lecture !

La maison d’édition est passée à côté : conseils, corrections, qualité du livre et cela au détriment de l’auteur et du lecteur.

Alors que l’idée du récit est très intéressante et d’actualité. En effet, l’être humain sait que pour préserver son avenir, certaines choses sont à faire maintenant et que notre mode de vie ultra connecté, ne nous sera d’aucune aide en cas de problème… L’auteur exploite cette possibilité de survivalisme qui peut prendre tout son sens et donne matière à réfléchir…

Ludovic Spinosa donne des informations intéressantes sur les tempêtes solaires et le dérèglement climatique, on sent qu’il a fait des recherches et c’est le point fort du livre.

Je ne suis pas tendre, pour autant je ne peux pas blâmer entièrement l’auteur, car j’imagine le temps, le travail et les tripes qu’il a mis dans ce livre. Un premier roman est toujours perfectible. Ici la maison d’édition aurait certainement pu améliorer l’écriture et les tournures de phrases, en faisant une simple relecture, car en l’état le lecteur aura du mal à y trouver son bonheur.

LA RUMEUR tome 1 : La fuite de Solenne Hernandez

 

 

 

 

 

Parution : 31 août 2016 – Auto-édition – Prix Numérique : 1,49€ – Prix papier :  12,79€ –  Pages : 424

Qui sait comment notre monde pourrait évoluer si une crise éclatait ? La mode est aux dystopies… Mais pas seulement… Ce qui intrigue lorsque l’on plonge dans ce genre de lecture c’est l’univers que l’auteur aura développé.

Avec la Rumeur, l’auteur nous embarque dans un monde où une crise majeure sévit, plus grand chose n’a de valeur… L’argent ne représente plus rien… Pour sauver cette humanité en perdition, le Secteur, gouvernement en place, pense résoudre la crise, en y mettant un terme.. Une rumeur se propage peu à peu, sans jamais être palpable… Certains vont adhérer… D’autres non… Il y a un prix à payer… Les rêves des enfants…

Afin de rendre le bonheur aux habitants du centre, le Secteur va voler les rêves et l’imagination des enfants pour les leur donner, les rêves deviennent convoités et ont une valeur inestimable… Pour cela on n’hésite pas à faire vivre un enfer aux enfants…

« Qui, qui diable dans ce monde qui courait à sa perte, pouvait donc sincèrement croire en la supposée clémence d’un Secteur qui tuait sans vergogne hommes, femmes, et enfants ? »

Le Secteur garantit l’apport de vivres et de sécurité aux villages et en échange, les habitants doivent travailler… Le Secteur pour le bonheur de certains n’hésite pas à semer la mort et la Terreur…

Dans ce monde post-apocalyptique, la terreur et l’oppression sont les maîtres-mots, les rêves et l’innocence n’ont plus leur places…

Nous suivons Brewen et Oswald qui ont pu échapper au Secteur… Jusqu’au jour où ils doivent fuir à nouveau… Cette fuite est un ordre… Une obligation… Fuir vers le nord ?

Un premier tome addictif, avec des personnages attachants et un univers très bien construit.

Oui c’est un livre Young adult, mais pour peu qu’on aime ce genre ça passe bien, même si parfois c’est très ado… Il est de plus en plus fréquent que les dystopies soient Young adult certainement pour l’espoir et le courage dont ils font preuve… Les adultes sont plus terre à terre et se laisseraient plus facilement glisser… Je n’ai pas de réponse… Toujours est-il qu’avec la Rumeur les adultes sont en général, les « méchants »… Et le but est de ne pas tomber entre les griffes des « silhouettes » et des « chasseurs »

On sent la jeunesse de l’auteur, mais cela ne m’a pas trop gêné dans ma lecture, car la plume est travaillée et ne pourra que s’améliorer.

Un vrai travail a été fait sur ce monde, ce qui offre une très bonne immersion. L’auteur maintient son lecteur en haleine et malgré le nombre de page, l’ennui ne se profile pas, car elle distille savamment les différents ingrédients de son intrigue. Les personnages sont bien présentés ce qui les rend attachants ou non et aide le lecteur à appréhender à travers des flash-back, l’histoire de chacun.

« Ils nous occupent , petit crapaud. Ils nous bernent. Ils essaient d’insinuer de l’espoir et des rêves chez ceux qui n’y croient plus. Ils nous apprennent à nous battre pour qu’on pense pouvoir leur échapper. Pour qu’on s’imagine s’en sortir. Et notre imagination, c’est leur denrée. Souviens-toi. »

Le lecteur est spectateur et découvre l’intrigue en même temps que les personnages, le mystère reste entier, même à la fin du premier tome.

En effet, beaucoup de choses n’ont pas encore été révélées, ce qui maintient le lecteur dans une attente et un suspense maîtrisé.

On sent toute l’inquiétude de l’auteur face à un avenir incertain, compliqué… Reflet d’une génération qui se pose beaucoup de question sur cet avenir, alors même que le présent demande à être vécu… Les peurs et angoisses sont jetées sur le papier, dans ce monde où le rêve n’est pas permis… Pas pour tous du moins…

Un livre… Une histoire… Pour cristalliser ses peurs… Une thérapie face à l’inconnu…

Solenne Hernandez est titulaire d’un master 1 Didactique des langues et des cultures – Français langue étrangère et seconde (DLC-FLES) de l’Université Blaise-Pascal à Clermont-Ferrand (2011-2012). Elle est rédactrice web desk au sein de Webedia/SNCF depuis 2016. Son premier roman, « La Rumeur, tome 1 : La Fuite » (mars 2016), est le tout premier d’une saga dystopique pour jeunes adultes dont le tome 2 – « L’Espoir » – est disponible depuis novembre 2016.

Challenge ABC 2017 auto-édition – challenge un pavé par mois

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Challenge polar 2017-2018 – ABC 2017 _ Policier / Thriller

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Parution : 5 mai 2017Édition : IS Editions Collection Asiclarow 

Pages : 240 – Genre : science fiction, anticipation

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu un livre de science fiction et pour le coup, j’étais curieuse de découvrir « Intelligences » de Jean-Luc Espinasse, proposé par IS Edition

L’auteur nous entraîne dans une lecture peu commune, qui n’est pas sans rappeler « les âmes vagabondes » de Stéphanie Meyer, publié en 2009 et qui a fait l’objet d’un téléfilm. Le parallèle s’arrête aux entités immatérielles qui décident d’entrer dans l’esprit de l’être humain.

Une très belle construction dans le récit, avec cet « Intelligence » totalement immatérielle, qui traverse l’univers en quête d’un nouvel endroit où implanter une colonie, pour assurer pacifiquement sa survie. La planète Terre sera son refuge, puisqu’elle y perçoit une forme de vie. Elle met fin à son voyage et échoue au cœur de la cité « Hautefort » à Marseille.

C’est le début d’une rencontre peu commune entre l’esprit de Tom, un jeune attardé mental qui subit les violences et brimades et l’Intelligence, qui va s’immiscer dans l’enveloppe corporelle de Tom, son unique chance pour se développer et survivre dans un monde fait de matérialité dont elle ignore tout. Cette « immersion » va peu à peu faire disparaître la maladie de Tom, décupler ses capacités intellectuelles et permettre à l’entité d’assurer la survie des siens.

« Zedi l’avait perçue… Une intelligence faible… incroyablement ténue. Plus tard, lorsqu’elle se fût familiarisée avec les objets de notre monde, elle compara ce qu’elle avait décelé à cet instant à la flamme fragile et tremblotante d’une allumette. Mais mieux, il y avait encore autre chose… une seconde Intelligence qui semblait presque fusionnée à la première… ou en tout cas dépendante… encore plus chétive… à peine un souffle. »

C’est le début de la vie pour Tom… Le début de la découverte de la nature humaine par l’Intelligence…

Tom va s’ouvrir à la vie, comme une fleur qui découvre qu’elle peut s’épanouir… Sa soif de connaissances en fera un être doué et un être à part, avec des capacités décuplées grâce à « Zedi« 

Jean-Luc Espinasse aborde plusieurs thème dans un livre court, mais d’une densité incroyable ! 240 pages qu’on avale, qu’on dévore, tellement c’est passionnant…

A travers ce récit, l’auteur nous pousse à la réflexion, avec des analyses plus philosophiques, politiques sur l’évolution de notre monde tel qu’il est aujourd’hui. Cette « immersion » va mettre en avant la nature humaine et ses mauvais côtés… ses dysfonctionnements et c’est criant de vérité… C’est réaliste, car l’auteur se sert de l’actualité comme trame de cette « invasion »…

« Les modèles de pseudo-démocratie que vous connaissez ne sont-ils pas en réalité des simulacres ? Des illusions de démocratie dont les bases sont précisément construites sur une pensée unique relayée par les médias qui paralysent l’analyse et la liberté de penser ? »

Chaque personnage a une place et s’imbrique dans le récit sans jamais être de trop.

Ahmed, représente le gamin de cité désœuvré mais pas mauvais, qui ne sait pas quoi faire de ses journées, va se trouver transfigurer par la rencontre avec Tom, sa bonne volonté, l’envie de faire quelque chose de bien, le pousseront à être meilleur… Il représente ce qu’il y a de bon dans ces cités…

Farid, son frère est tout son opposé, il en veut au monde entier, il cherche des coupables à son mal être et ne se remet jamais en question… Il est manipulé et manipulable à souhait… Comme ces jeunes fatalistes qui se laissent avaler par la vie de la cité parce que c’est plus facile que de s’en sortir…

Djamila, leur sœur, représente la réussite de ces familles issues de l’immigration, elle ne lâche rien et a soif de réussite, tout en représentant la condition des femmes soumises aux diktats des hommes…

« Tom croisait souvent ces jeunes, nombreux à défier les statistiques de l’échec et à carburer à l’enthousiasme. Ces rencontres avaient modifiés sa vision des habitants de la cité et l’avaient conforté dans l’idée que Hautefort conservait l’espoir d’un futur. Il restait des chômeurs, bien sûr, mais pour essayer de s’en sortir, tous s’activaient dans une économie souterraine foisonnante…. »

A travers un récit de science fiction, l’auteur nous entraine dans une histoire qui colle à notre réalité, qui colle à notre société avec ses travers et  tout ce qu’elle peut nous montrer de mauvais.

La nature humaine est ainsi faite, qu’elle pervertie tout, même ce qu’il y a de plus noble et de plus pur…

Le final un brin fataliste porte un regard sur l’être humain qui n’est pas tendre. Un être humain qui perverti, un être humain qui peut malgré tout être l’artisan de sa réussite et qui a les armes de sa réussite, comme celle de sa fin…

« …Emile Durkheim, un sociologue français du 19ème siècle, qui employa le premier le mot « anomie » dans son livre « le suicide ». Il l’utilisa pour décrire une situation sociale entraînée par la perte de valeurs morales, religieuses, civiques…et le sentiment associé d’aliénation et d’irrésolution. Le recul des valeurs conduit toujours à la destruction et à la diminution de l’ordre social. Lorsque les lois et les règles ne peuvent plus garantir la régulation sociale, cet état amène l’individu à la peur et à l’insatisfaction… Ce qui peut conduire au suicide »

Une très belle lecture, qui à travers un récit de science fiction, aborde les thèmes d’actualité qui nous préoccupe tous et qui donne des solutions sur un possible devenir, des changements possibles, que l’homme pourrait atteindre par sa seule volonté d’abandonner l’individualisme et de penser au groupe et cela quelque soit son origine… J’ai eu le plaisir de replonger dans mes connaissances en économie, de retrouver des idées oubliées…

Après une carrière dans la publicité et la presse quotidienne en tant que Directeur Marketing, il décide de s’adonner à sa passion puisqu’il a déjà publié 3 romans par le passé.

Cet écrivain basé à Marseille publie chez IS Edition son quatrième ouvrage « L’Accident – Aux confins de l’Indicible », un livre énigmatique, ésotérique et surtout très angoissant dont il a le secret.