Je ne suis pas un monstre de Carme Chaparro

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Parution : 26 septembre 2019 – Editeur : Plon – Prix grand format :  21€ – Prix numérique : 14,99€ – Pages : 320 – Genre : thriller-psychologique, polar

Avant de faire un retour sur une lecture, en général, je jette mes idées et je me laisse le temps de digérer (ou pas)…

Mais là, je dois dire que j’ai peur de ne pas réussir à vous transmettre toutes les émotions que j’ai pu ressentir…

Une première pour moi, j’ai décidé de profiter du temps de transports (Quand on sait que sur Paris, cela peut doubler… Merci au passage à mon collègue Samuel, pour cette idée précieuse) pour travailler mes avis et j’avoue, c’est un temps tellement précieux…

L’entrée en matière dans la tête du prédateur est excellente, sur quelques pages nous vivons sa traque, la chasse de sa perle rare. Il jauge, choisi et s’abat sur sa proie…

La lecture peut débuter, on respire un coup et on sait que ce prédateur ne sera pas facile à appréhender… Plus on avance dans sa lecture, plus le faussé se creuse et on se dit qu’encore un prédateur d’enfant passera entre les mailles du filet. Sauf que l’auteur n’a pas fini de se jouer de nous… De simples lecteurs, spectateurs malmenés, nous devenons acteurs, comme si l’auteure voulait nous intégrer dans son intrigue…

L’auteure dépeint avec une dextérité rarement atteinte la culpabilité des parents, face à la perte d’un enfant en une fraction de seconde ; mais également avec empathie, mais avec le recul adéquat, sans tomber dans le voyeurisme, elle décrit l’espoir de retrouver cet enfant disparu. Perdre son enfant, suffit à mettre la vie des parents en parenthèse, dans cette folle attente, parfois veine…

De simple lecteur, nous franchissons une barrière invisible qui nous pousse à vouloir connaître le fin mot de cette intrigue diabolique. Diabolique, puisque à aucun moment on imagine ce que l’auteure nous a réservé. On devient juge et partie, on prend fait et cause, pour en fin de compte se dire que nous aussi nous sommes des monstres… Du moins parfois…

Le monde des médias nous pousse au voyeurisme… Le sensationnel, gloire du journaliste, n’existe que parce que nous aimons le goût du sang, du malheur… Le malheur des uns, nous rend vivant et est une sorte de répulsif aux malheurs qui pourraient nous toucher… Le malheur n’est pas contagieux et ne peut nous atteindre… Nous le savourons, nous en pourléchant les babines… Sommes-nous prêts à tout pour un instant de plaisir, de gloire ? Ne sommes nous pas tous des monstres d’une certaine manière ?

Je ne suis pas un monstre… Mais un monstre habite en chaque être humain… A chacun de le laisser s’échapper ou de le dompter… C’est un choix que parfois, on ne maîtrise pas… Ou que l’on ne souhaite pas maîtriser….

Ce livre a été lu en partenariat avec la maison d’édition et grâce à BePolar. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Carme Chaparro (Barcelone, 1973) mène une carrière de journaliste, présentatrice et rédactrice en chef à la télévision.
Elle a combiné son travail à la télévision avec des collaborations en tant que chroniqueuse pour les magazines Yo Dona – dans lesquels il a un espace hebdomadaire – GQ et Woman Today.
Je ne suis pas un monstre est son premier roman.

13 Comments

  1. Jolie critique Julie sur un sujet : la disparition d’un enfant qui est la chose la plus affreuse qui puisse arriver à des parents.. Je te rejoins totalement sur le côté malsain des emballements médiatiques sur ce type d’affaire.. Nous avons tous notre part d’ombre malheureusement. Excellente soirée Julie 🙂

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    1. Merci Frédéric 🙂
      C’est en grande partie pour ça que je ne regarde plus la télé ! Surtout les informations… rien de bon ne sort. Oui nous l’avons tous, tout dépend comment nous la gérons 😉
      Très bonne soirée également Frédéric 🙂

      Aimé par 2 personnes

      1. Pareil que toi, plus de télévision, BFM TV, c news etc.. depuis trois ans que je suis dans ce nouvel appartement. J’en ai assez de ce cirque médiatique et de ce climat de délations, de polémiques perpétuelles.. alors je lis, j’écoute Spotify et je vais au ciné, je regarde des séries bref je revis 😉
        Belle semaine à toi Julie 🙂

        Aimé par 2 personnes

      2. J’évite au plus le voyeurisme sur les réseaux sociaux, mais malgré tout, l’humain est plus curieux qu’une vache… moi aussi je tourne la tête quand il y a un accident, pour voir… parfois, on le regrette amèrement ensuite :/

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        1. J’essaie de les utiliser à bon escient et malgré mon anonymat, je ne balance pas des horreurs sur les gens et j’évite le bashing. Mais on peut très vite tomber dedans sans même le remarquer…

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        2. Dans la vraie vie, face à la personne, ils fermeraient leur gueule. Ce sont des couards qui profitent du Net pour balancer les horreurs qu’ils se disent entre eux en faisant la vaisselle 🙂

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