Archives du mot-clé Thriller et Polar 2017-2018

Les Détectives du Yorkshire – Tome 1 : Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman

Parution : 12 avril 2018 – Editeur : Robert Laffont Collection : La Bête noirePrix papier : 14,90€ – Prix Numérique : 9,99€ – Pages : 464 – Genre : Polar-Thriller-humour 

Depuis quelques années on voit fleurir un nouveau genre littéraire dont les anglais raffolent : Le cozy mysteries… Des romans policiers ou à suspens, avec une ambiance chaleureuse et « cosy », des personnages un brin décalés, particulièrement sympathiques, de l’humour « So British » avec le plus souvent, un héros ou une héroïne détective amateur…

On a tous, à un moment donné regardé une série de ce style et les livres commencent à se faire une part belle en France.

Le «cozie», un sous-genre policier, dans lequel le sexe et la violence sont minimisés ou traités avec humour, le crime et l’enquête se produisent dans une petite communauté. Le terme a été inventé pour la première fois à la fin du 20e siècle, lorsque divers auteurs ont produit un travail dans le but de recréer l’âge d’or de la fiction policière.

Miss Marple d’Agatha Christie est souvent considérée comme une œuvre fondatrice du genre, qui s’est ensuite considérablement développée et popularisée avec certains films Hollywoodien ou avec la série télévisée Arabesque avec Angela Lansbury dans le rôle d’un auteur de romans policiers.

Voilà pour la petite histoire…

Plonger dans ce genre de lecture, permet de rester dans le genre policier, thriller, tout en permettant de souffler et de sortir du schéma du meurtre sanglant, ou de serial Killers. Attention, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’enquête ou de meurtres sombres. Cela veut surtout dire que la lecture est parsemée d’humours et situations cocasses, qui permettent d’apporter un peu de légèreté dans un monde de fou.

Côtoyer des meurtriers à temps complet est parfois oppressant et ce genre de lecture te permet justement ce détachement qui peut manquer.

J’ai été très heureuse de trouver une intrigue très bien ficelée, parsemée d’humour. Cet humour bien anglais, qui fait sourire, parfois rire, tellement cela peut sembler invraisemblable. Mais pas tant que cela….

Ne vous fiez pas à cette couverture et quatrième qui laisse présager une intrigue légère, avec une agence de rencontres et une agence de détective…. Julia Chapman brouille les pistes, avant même que le lecteur ne plonge dans son univers.

La trame utilisée pose l’intrigue en douceur et avec délicatesse, pour permettre au lecteur de s’immerger dans ce village du Yorkshire et ainsi s’imprégner de cette atmosphère très particulière que l’on ne retrouve que dans les intrigues policières anglaises. Le décor est planté ainsi que les situations. Les personnages sont nombreux, mais chacun est construit avec un réel plaisir et une réelle identité, permettant de ne pas les confondre. Ce qui est plutôt bien réussi, quand on sait que dans certaines intrigues, le lecteur s’emmêle les pinceaux entre différents protagonistes, au point parfois d’en zapper… Ici chacun a son rôle, qu’il soit médisant, méchant, moqueur ou meurtrier… Et c’est plutôt drôle dans certaines situations, surtout lorsque tout le village est au courant de ce qui se passe…

Si vous voulez garder un secret… Ou cacher un cadavre… Vous êtes mal tombés…

L’auteur prend le temps de bien camper ses personnages et planter son décor, pour amorcer les prochains titres et elle met l’eau à la bouche, puisque dès que l’on ferme le bouquin, on aimerait de suite attaquer la suite. Un pari réussi.

L’auteur a réussi à capter les images pour que les mots s’emboitent à merveille et que la description des paysages soit très visuelle, puisque le lecteur vit à l’anglaise, se balade dans ces vallées grises où le crachin n’est jamais bien loin et où les sentiments sont dépeints avec réalisme au fil de la lecture.

Même si parfois on se demande on veut nous emmener l’auteur, elle ne fait que brouiller les pistes, en parsemant les indices sans que cela ne soit superflu… Puisque tout s’imbrique à la perfection à la fin avec ce dénouement et cette chute qui en étonnera plus d’un…

Grâce à la meute de la collection La Bête Noire, je me suis baladée dans ces paysages du Yorkshire aux côtés de personnages aussi pittoresques les uns que les autres, drôles qui fleurent bon l’humour anglais que j’affectionne particulièrement.

Il ne fait aucun doute que je suis fin prête à découvrir la suite, tellement l’auteur m’a embarqué dans son récit.

Julia Chapman, de son vrai nom Julia Stagg, a exercé comme professeur d’anglais langue étrangère au Japon, en Australie, aux États-Unis et en France. En 2004, elle a même dirigé une auberge dans les Pyrénées, dans l’Ariège, avec son mari pendant six ans. Elle est autrice de nombreux ouvrages écrits sous son patronyme ainsi que d’une série de romans policiers, « Les Détectives du Yorkshire » (The Dales Detective Series) dont le premier tome, « Rendez-vous avec le crime » (Date with Death), a été publié en 2017 sous son pseudonyme. Aujourd’hui, elle habite dans le Yorkshire Dales, dans le nord de l’Angleterre.

son site : http://www.jstagg.com/
Twitter : https://twitter.com/daleswriter?lang=fr
page Facebook : https://www.facebook.com/staggjulia/

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Prix des Auteurs Inconnus – Catégorie : Premier Roman – Chicago Requiem : La Saga des Henderson de Carine Foulon

Parution : 1er juillet 2017 – Auto-édité – Prix Numérique : 3,99€ –  Pages : 430Genre : Thriller historique

 

Ce livre a été sélectionné pour le Prix du Cercle des Auteurs Anonymes , que je vous invite à découvrir Ici ou ici ou encore   🙂

Je dois dire que cette lecture ne faisait pas partie des livres que j’avais envie de découvrir dans le cadre du Prix, dont je termine les dernières lectures.

J’avais peur qu’une romance prenne le pas sur l’intrigue. Alors oui, il y a de l’amour, mais pas de la romance…

Je sais qu’il peut être compliqué de faire la différence, mais je pense qu’il faut nuancer. Je ne suis pas contre les bons sentiments, ce que je n’aime pas c’est la mièvrerie. Certains lisent pour oublier s’évader, donc iront vers des lectures plus légères. Alors que j’aime qu’un livre m’entraine dans les profondeurs de l’âme humaine, aussi bien dans ce qu’elle a de plus beau,  qu’en ce qu’elle a de plus sombre et de plus vil. C’est mon côté terre à terre. Et puis, certainement que le romantisme en moi s’est asséché au gré des réalités…

J’en reviens donc à l’amour dans Chicago Requiem, oui l’amour le vrai, sans concessions, mais sans non plus fermer les yeux sur les défauts de l’autre. Aimer l’autre pour ce qu’il est, sans jugements et sans parti pris. L’amour est ici à différencier d’une simple romance. L’amour envers et contre tout…

Ne croyez pas non plus que l’auteur ne parle que de ça. L’amour est un des fils dont est tissée la trame de cette intrigue, bien construite et aux personnages bien campés.

Les personnages sont dotés d’une description travaillée permettant au lecteur de les visualiser et les mettre en situation. On se plait à « regarder ce livre », tellement la plume de l’auteur est visuelle. Un scénario bien mené aux situations décrites avec qualité.

Pour autant, j’ai trouvé certains passages trop détaillés ou répétitifs, notamment les réflexions et l’introspection de certains personnages qui auraient pu être plus concises, pour éviter de casser le rythme de lecture. Mais ce qui m’a gêné, peut très bien vous plaire. Ces réflexions peuvent être un plus pour appréhender le caractère des personnages, ce qui est très intéressant. Mais, relire les mêmes interrogations quelques chapitres (voir quelques pages) plus loin a été pour moi un superflu, dont je me serais bien passé.

L’auteur se sert de Chicago, comme terrain de jeu à son intrigue et c’est plutôt intéressant, car elle cela permet de mettre en exergue l’empire criminel moderne avec le Syndicat du crime et notamment son concepteur Johnny Torrio qui lancera la carrière d’Al Capone et qui est considéré comme un « sage ». L’intégration de la Mafia avec ses principes est palpable dans le récit et donne une réalité à l’intrigue.

L’émancipation des femmes est également dépeinte avec réalisme et on sent le plaisir que l’auteur a eu à prendre une femme, Meredith, comme l’archétype de la femme respectable. Elle vient de passer cinq ans en prison et veut se venger de son frère et de tous ceux qu’elle pense responsables de son incarcération.

Il y a un peu de la série « les incorruptibles » entre ces lignes, ce qui n’est pas pour me déplaire. Non seulement, on découvre une saga familiale, mais également un mélange de roman noir, d’histoire avec un zeste de thriller… Un peu à l’image des années 20 à Chicago, où malgré la prohibition, l’alcool coule à flot, la prostitution est à tous les coins de rues et la pègre tient le tout d’une main de fer tout en ayant un code d’honneur.

Un roman qui mélange les genres, en les faisant s’imbriquer avec talent et une plume travaillée.

Un monde sans foi ni loi, où on ne peut porter plainte, car tout le monde est corrompu ou corruptible. La loi du plus fort…

Comme vous je vous le disais plus haut, même si cette lecture ne m’enchantait guerre, l’auteur a réussi à m’embarquer dans son récit et j’ai passé un bon moment, malgré quelques longueurs. L’atmosphère de cette époque est palpable et les descriptions précises et travaillées notamment sur les mœurs de l’époque. Le tout mené par une plume soignée

Professeur agrégée de Lettres Modernes, son premier roman est Chicago Requiem, un thriller historique. Il succède à plusieurs nouvelles (Magdaleina, Victor d’Estragues…), un recueil de poèmes et plusieurs albums jeunesse.

 

 

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Et un jour, disparaître de Frédérique HOY

 

Parution : 6 juin 2017 – Auto-édité – Prix Numérique : 2,99€Prix Papier : 11,90Pages : 265 Genre : Thriller-psychologique

Quelle belle démonstration de qualité littéraire, avec ce récit qui allie aussi bien belle intrigue psychologique que belle plume !

Je remercie sincèrement l’auteur qui a compris que les thrillers psychologiques avaient ma préférence.

Une histoire qui débute sur un drame, avec toutes les interrogations, les dénis, le refus d’affronter la réalité que cela suscite. Un postulat de départ assez classique mais qui va prendre un virage à 180° ! Un retournement de situation que l’on ne voit pas venir…. Ou dirais-je, que l’on se refuse de voir, tellement c’est énorme ! Glauque ! Tordu !

Tous les superlatifs du genre s’appliquent… L’auteur a le don de faire monter la pression pour que le lecteur soit broyé par des révélations toutes aussi incroyables les unes que les autres.

Avec une plume travaillée, maîtrisée, Frédérique Hoy, ne se perd pas en descriptions superflues et le lecteur est malgré lui entraîné dans ce que l’être humain peut avoir de plus sombre… Les personnages sont minutieusement travaillés avec une psychologie propre, ce qui leur donne une identité chacun, même aux plus secondaires.

Malgré toutes ces qualités, je n’ai ressenti aucune empathie pour les personnages… Sauf, pour Simon…

Ce n’est certes pas dû à l’auteur, mais plus à moi qui fuie les douleurs que l’on peut ressentir et garde une distance salvatrice face à ce type de lecture. En effet, je ne lis pas d’intrigues avec disparitions d’enfants… J’évite, ma sensibilité ne résistant pas… J’ai réussi à dépasser mon rejet premier, pour m’attacher à la plume de l’auteur et à son intrigue qui peu à peu prend une dimension bien différente qu’une simple disparition d’enfant…

Un coup de génie! Brillantissime, inattendu et bluffant !

Un thriller psychologique d’une densité maîtrisée, au suspense maintenu du début à la fin doublé d’un page Turner, qu’on lit avec frénésie sans pouvoir le lâcher.

Lu en une matinée, ces 265 pages furent un bonheur à découvrir.

Un final, qui pourrait sembler déconcertant, mais que je trouve parfait. Il est à l’image de cette intrigue : sombre, réaliste et humain…

Frédérique Hoy est née dans l’Oise en 1978. Après une décennie à enseigner les Lettres classiques, elle a enfin décidé de quitter l’école et consacre aujourd’hui son temps à sa grande famille et à l’écriture de romans qui assouvissent son besoin compulsif de réinventer la vie.
« Et un jour, disparaître » est son premier roman publié. Elle est également l’auteur de « Lune ou l’autre » paru aux éditions YakaBooks en juillet 2017.

page Facebook : https://www.facebook.com/hoyfrederique/
Twitter : https://twitter.com/frederique_hoy

La faucheuse de Neal Shusterman

Parution : 16 février 2017 – Editeur : Robert Laffont Collection : R – Prix papier : 18,90€ –  Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 504 – Genre : Science-fiction – Dystopie – Littérature jeunesse

Un titre qui donne des frissons, une couverture qui te donne envie de te foutre sous le lit et une intrigue où la mort n’a rien de terrible…

Tout est beau… Dans ce futur, agréable où le monde… Enfin la terre… A enfin trouvé un équilibre… Plus rien de mauvais ne subsiste : le chômage, la famine, les guerres, les religions, la politique, les gouvernements ont disparus, les maladies éradiquées et chaque personne peut être régénérée à l’infini… La vieillesse, ne fait plus partie du tableau, puisque rajeunir est devenu une formalité… A fortiori, la mort également… Sauf, qu’il faut bien un minimum d’équilibre ?

La mort c’est la vie… La vie c’est la mort… Vous voyez le truc, si la mort n’existe plus, comment la vie peut perdurer ?

Bref, pour trouver la parade et maintenir l’équilibre, le Thunderhead, grâce à qui cette sérénité existe, a donc décidé de se prendre les choses en main  pour équilibrer, la population, en créant la Communauté des Faucheurs.

Ces Faucheurs tuent, sous forme de quotas, un certain nombre de personnes. Ils ont le droit de vie et de mort… Et autant dire que ces Faucheurs, sont craints… Détestés… Mais admirés…

Le Thunderhead, une intelligence artificielle, a conçu cette société idyllique et dirige tout via le réseau en cloud…

Waouhhh, c’est franchement badass le truc !  L’idée, l’univers, conçu par l’auteur, tout est tellement réaliste que c’est saisissant bluffant.

Dans ce premier tome, l’univers se met en place, le lecteur y est immergé et cela de manière très visuelle.  Maître Farraday, un faucheur dont l’expérience n’est plus à faire, décide de prendre deux apprentis, Cytra et Rowan, pour leur apprendre le boulot.

Ces deux-là vont se retrouver au milieu d’un sombre conflit entre faucheurs corrompus, dont le seul désir est de tuer, mais surtout s’enrichir… Et avoir le pouvoir …

Le Thunderhead, malgré toutes les améliorations, ne peut changer la nature humaine…

Un premier tome avec une intrigue passionnante, une vision d’une société idéalisée, mais malgré tout cet idéal, l’être humain reste fidèle à lui-même et ne cherche qu’à détruire. La corruption fait rage et ronge de l’intérieur… Certains Faucheurs restent fidèles aux premiers percepts : tuer avec respect et surtout tuer pour réguler la population.

L’Homme est un loup pour l’Homme… Le danger ne vient que de nous-même….

Une dystopie qui n’a rien d’ordinaire, qui nous plonge dans un univers futuriste mais tellement proche du notre, que l’on n’est pas dépaysé et surtout c’est ce qui rend l’intrigue plausible. La mort est abordée avec recul et sans donner froid dans le dos, puisque l’approche est différente.

Une lecture sans temps mort, en même temps pour la mort ce serait un comble… On est pris dans l’intrigue, sans pouvoir lâcher le bouquin. Une construction narrative digne d’un bon scénario tellement les descriptions sont visuelles et les personnages bien campés. C’est tellement bon, qu’on en redemande.

Le final s’appréhende de deux manières et laisse la possibilité au lecteur, soit de poursuivre l’aventure avec nos amis les faucheurs, Citra et Rowan ou s’arrêter là.

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Neal Shusterman a déjà écrit de nombreux romans pour adolescents et ses ouvrages ont été largement primés.

Avec Les fragmentés, il a rencontré un grand succès auprès des 13-18 ans.

Neal Shusterman a grandi à Brooklyn (New-York) où très tôt il s’est mis à écrire. Il commence à travailler en écrivant une colonne humoristique célèbre dans un journal avant de se lancer dans la rédaction de livres et de scenarii.

Dans les années qui suivent, Neal Shusterman devient un écrivain et scénariste connu des États-Unis. Ses livres reçoivent beaucoup prix et il est très apprécié par les adolescents.
Aujourd’hui, il vit en Caroline du Sud et est un auteur plébiscité. Il anime des rencontres avec ses lecteurs très souvent.
Bien que son succès soit important aux États-Unis, ses livres et films étant nombreux, Neal Shusterman n’est pas du tout connu en France, seul son livre Les fragmentés (Unwind en anglais) a pour le moment été traduit.

Un cri sous la glace de Camilla Grebe

Parution : 1er février 2017 – Editeur :  Edition Calmann-LevyCollection : suspense crime – Prix broché : 21,90€ – Prix Poche : 7,70€ – Prix Numérique : 7,99€ – Pages : 448 – Genre : Polar-Thriller-psychologique

Waouh !!! L’intrigue est vraiment incroyable ! Si vous croyez avoir tout lu dans le genre psychologique, avec une intrigue rondement menée et même si l’histoire en elle-même a un goût de déjà vu, Camilla Grebe va vous démontrer que l’on peut encore faire plus tordu…

Si, je vous dis que le corps d’une femme, décapitée, est retrouvé, chez un homme d’affaires, très sulfureux… Que lui-même disparait, le soir de ses fiançailles. Si en plus, je vous dis que sa fiancée, est une de ses employées, mais que leur liaison doit rester secrète… Vous croyez, que vous allez tomber sur un bon polar, mais à l’intrigue assez classique… Mettez de côté tous vos préjugés et votre assurance… L’auteur va vous manipuler… Comme elle manipule ses personnages.

Une équipe de choc, pour découvrir le fin mot de cette histoire. Peter , du bureau des Homicides, va devoir travailler avec Hanne, une profileuse, avec qui il a travaillé dix ans auparavant,  sur un meurtre très similaire , toujours non résolu. 10 ans… Qu’ils ne se sont pas vus… 10 ans que les choses se sont mal terminées entre eux…

La plume de l’auteur est tellement agréable que la lecture se fait toute seule. On est pris dans ses filets, jusqu’à la toute fin sans jamais avoir envie de poser son livre. Un page-turner, comme savent si bien les faire ces écrivains nordiques dont le talent, n’est plus à mettre en doute.

Premier roman en solo de Camilla Grebe, après avoir  publié une saga policière avec sa sœur, un cri sous la glace est une vraie réussite.

Les personnages sont très bien campés et leur psychologie est finement détaillée. Le suspense est entier, jusqu’aux derniers chapitres, même si on croit deviner, l’auteur, par un rebondissement, va balayer toutes vos certitudes…

L’enquête se déroule  au rythme de la vie personnelle de chacun des protagonistes, pour prendre de la consistance au fur et à mesure qu’ils se dévoilent… Leurs failles en font, des enquêteurs hors pairs… Comme souvent, me direz-vous… Oui, il faut un flic meurtri, une histoire un peu glauque justement, pour donner corps à ces personnages atypiques, qui ne peuvent être efficaces, que si l’horreur a été leur amie… C’est comme dans la vie….

Trois écorchés vifs, déçus par la vie… Déçus par l’amour. Un flic solitaire, qui a du mal à s’engager, une profileuse dont la vie est sur le point de basculer… Et cette jeune femme qui vient d’être larguée sans ménagement, sans explications. On peut parfois penser que l’auteur se perd dans trop d’explications, dans trop de détails… Il m’est arrivée de sauter quelques passages, pour en fin de compte y revenir… Car les détails qui peuvent nous sembler anodins et sans intérêts, sont au contraire, bien placés… Tellement bien placés, que l’on comprend que l’auteur nous a bien manipulé, pour nous tromper. On pense détenir la solution, mais c’est sans compter sur le talent de l’écrivain, qui nous livre un final inattendu.

Une lecture qui vous happe, vous perd dans différentes hypothèses… Mais une lecture que l’on dévore pour notre plus grand plaisir.

Je remercie les éditions Calmann-Lévy ainsi que NetGalley. Ce titre attendait sagement depuis plusieurs mois, j’avais un peu peur que l’engouement autour, ne prenne pas avec moi… Je me méfie toujours des retours trop élogieux… Et pourtant, c’est largement mérité.

Romancière suédoise. Titulaire d’un master en administration des affaires (MBA) de Handelshögskolan i Stockholm, une école de commerce, elle fonde la maison d’éditions Storyside, spécialisée dans le livre audio. Elle y cumule les fonctions de directrice du marketing et de directrice générale, puis dirige une société de conseil. En 2009, elle écrit, en collaboration avec sa sœur Åsa Träff (1970), psychiatre spécialisée dans les troubles neuropsychiatriques et de l’anxiété, « Ça aurait pu être le paradis » (Någon sorts frid), un roman policier qui se déroule dans le milieu des cliniques psychiatriques. En 2015, elle a publié « Un cri sous la glace » (Älskaren från huvudkontoret), son premier roman en solo. Avant, elle a écrit cinq polars avec sa soeur, et trois autres avec l’un de ses amis, Paul Leander-Engström.

Celle qui s’enfuyait de Philippe Lafitte

 

Parution : 7 mars 2018 – Editions GrassetPrix papier : 18,00€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 224 – Genre : Thriller-psychologique 

Rien ne sert de fuir… Le passé te rattrape un jour ou l’autre…

Un thriller psychologique, empreint de vérité historique, l’ancrant dans une réalité encore plus frappante.

Sur fond de combat pour les droits des Afro-Américains, la vie de Phyllis Marie Mervil va basculer… Ici point de meurtre au sens premier du terme, ni de sang. Tout est dans l’atmosphère oppressante que l’auteur, arrive à rendre palpable grâce à une montée lente de l’intrigue… Une pression qui prend son temps

Le 22 octobre 1975,  des vies basculent… Tout change pour Phyllis, elle qui voulait changer les choses, va devoir fuir et changer de vie… Quarante ans de fuite, de traque… Et pourtant, elle ne pourra éviter la confrontation…

Le temps n’a pas de prise sur la mémoire…

Pour conjurer ses démons, elle va écrire, coucher ses mots… Aussi bien que ses maux, pour tenter de conjurer le sort… Elle est devenue écrivain, se cachant derrière des pseudonymes… Pourtant, le succès elle fait tout pour le gagner, mais veut rester dans l’ombre… Pour fuir ce passé… Qui va la rattraper…

Une introspection, une course contre la montre, contre la vie… Une femme, trompée, manipulée et qui s’isole pour garder sa liberté.

Un livre avec très peu de dialogue, dont l’atmosphère, sans être légère, n’est pas pesante, tellement la plume rend palpable, l’acceptation de cette femme. Une acceptation, qui va peu à peu révéler, son origine.

L’auteur prend le temps de décrire la solitude de Phyllis, sa compagne… Cette solitude, transpire dans chaque mot, chaque phrase… Donnant parfois un sentiment d’oppression, mais qu’il arrive à faire retomber, sans jamais tomber dans la facilité ou faire ressentir de la tristesse.

Les allers retours entre passé et présent, même s’ils peuvent sembler répétitifs, permettent de faire monter la pression et de faire ressentir le point culminant de cette intrigue, avec une fin, qui déroute.

La narration se fait à travers la voix des personnages, donnant un rythme dense, haletant tout en étant dans une fuite en avant. Plus on avance dans la lecture, plus l’histoire leur donne vie, plus les personnages font progresser cette intrigue. Philippe Lafitte, arrive à leur insuffler la vie, grâce à une construction psychologique fine et travaillée.

La mise en place, de l’ambiance, du décor, est quasi scénarisé, tellement la plume est visuelle et sensorielle dans les descriptions. Sans pour autant en faire trop, pour ne pas perdre son lecteur. Il fournit ce qu’il faut pour que l’imagination soit bercée par sa plume, tout en nuance…

Je remercie NetGalley et les éditions Grasset, grâce à qui j’ai découvert une nouvelle plume, avec grand plaisir.

Philippe Lafitte est l’auteur de trois romans remarqués publiés aux éditions Buchet/Chastel et de « Vies d’Andy » (éditions Le Serpent à Plumes, 2010). En mai 2015, son cinquième roman, « Belleville Shanghai Express » paraît aux éditions Grasset. Il est également scénariste pour le cinéma et la télévision.