Archives du mot-clé Challenge Thrillers et Polars 2018/2019

Tuez-les toutes de Sophie Mancel

Parution : 1er juin 2017 – Auto-éditionPrix papier : 25€ – Prix numérique : 3,99€ – Pages : 388 – Genre : Polar, thriller

Vingt ans séparent les meurtres de Limoges de ceux de Périgueux, pourtant en 1995, le meurtrier a été interné en hôpital psychiatrique. Alors que c’est-il passé ? Pourquoi les meurtres recommencent avec autant d’horreur ?

Certaines enquêtes mettent du temps à débusquer un tueur et Sophie Mancel va balader son lecteur, de Limoges en 1995 à Périgueux en 2015. Les flics vont devoir trouver le meurtrier, pour éviter que des jeunes femmes enceintes soient trucider.

On plonge rapidement dans le feu de l’action avec une construction classique à l’alternance de chapitres, de longueur variable. Le manque d’équilibre entre les chapitres m’a rendu perplexe, mais heureusement, c’est un point que l’on oublie rapidement, au regard de l’intrigue.

Sophie Mancel, arrive à tirer son épingle du jeu, grâce à une histoire bien menée et dont le travail historique sur les religions est très bien documenté, pour le rendre très crédible. Alors même que la forme est assez classique, ce polar évite les écueils d’une intrigue banale.

Le lecteur se laisse facilement entraîner par le travail des enquêteurs et par les révélations qui jalonnent le récit avec, notamment, un aspect religieux des meurtres assez différent de ce que l’on peut lire.

Les meurtres coïncident avec des pluies diluviennes, rendant l’atmosphère sombre et la météo ne fait que rendre le mysticisme de ces meurtres que plus prégnant.

On peut regretter la misogynie de certains gendarmes, mais, même si c’est une des choses qui m’a gêné, Sophie Mancel, semble rendre compte du regard d’un univers très masculin et qui ne fait que traduire la réalité du quotidien de certains flics. Donc, une fois que l’on dépasse cet aspect, on s’aperçoit que l’auteur fait évoluer les mentalités de ses protagonistes, démontrant ainsi qu’une femme est tout aussi capable.

Des personnages hauts en couleur aux caractéristiques bien travaillées, ce qui donne de la crédibilité à l’intrigue. Et même si j’ai eu des doutes sur le tueur, je dois dire que l’auteur a vraiment été jusqu’au bout d’un bon polar qui divulgue avec parcimonie les indices, afin que le lecteur ait des soupçons, mais sans jamais se dire que c’est trop facile, grâce au savant dosage entre chaque révélation.

Un livre perfectible, au style parfois maladroit, avec des fautes d’orthographe qui demeurent, par moment trop présentes, dont l’intrigue relève largement la qualité. La quatrième de couverture est beaucoup trop longue et devrait être réduite des 2/3 afin de ne pas trop en dire.

Ce livre m’a été envoyé par l’auteur en service de presse. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

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L’échange de Rebecca Fleet

Parution : 7 juin 2018 – Éditeur : Robert Laffont – Collection : La Bête noirePrix papier : 20€ – Prix numérique : 13,99€ – Pages : 336 – Genre : Thriller, thriller-psychologique.

Une 4ème de couverture qui promet du lourd avec ce couple qui décide d’échanger sont appartement londonien, contre une maison à Leeds. Cet échange, très à la mode aujourd’hui, promet des vacances à bas pris. Des vacances pour se retrouver et sortir du train-train qui empoisonne le quotidien.

Un thriller psychologique qui démarre lentement, avec une drôle d’atmosphère entre ce couple, mais également dans cette maison à la décoration minimaliste, qui va peu à peu paraître oppressante… La présence de plusieurs objets, fait basculer les réflexions de cette femme, en qui on ne voit qu’une femme meurtrie…

L’alternance des chapitres entre le passé et le présent, installe une atmosphère sombre et délétère qui ne fera qu’accentuer et accélérer les souvenirs. Et ce sont justement ces souvenirs qui sont le nœud de cette histoire manichéenne.

Toute l’histoire repose sur le machiavélisme d’une seule personne. Et même si l’auteur tarde à révéler certaines pistes, l’ambiance est posée et on a envie de savoir ce que l’auteur veut nous dire.

Ce que je regrette le plus dans cette lecture, c’est qu’il faut attendre beaucoup plus de la moitié pour enfin être mis sur la piste et apprécier le choix de cette intrigue en toile d’araignée.

L’auteur a vraiment réussi cet aspect du thriller psychologique, où c’est le lecteur qui est pris entre les toiles et c’est en fait peu à peu que l’on arrive à démêler l’intrigue.

Alors oui, c’est long à se mettre en place, mais le parti-pris de l’auteur est que le lecteur découvre l’intrigue et la dénoue, au rythme du personnage principal. Et c’est là que réside la construction différente que propose l’auteur.

Dans un thriller, le lecteur a souvent de l’avance sur les personnages, alors que là, tout réside dans la simultanéité des découvertes par le personnage principal et le lecteur. Et c’est certainement cela qui m’a déstabilisé.

C’est donc un thriller machiavélique, humain, construit comme une toile d’araignée, dont le lecteur appréciera la complexité, malgré le manque de rythme. Mais après tout, l’araignée met du temps à construire avant de révéler toute la beauté de sa construction.

Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

 

Rebecca Fleet a fait ses études à Oxford et travaille dans le marketing à Londres. L’Échange est son premier roman.

L’Empathie de Antoine Renand

Parution : 17 janvier 2019 – Editeur : Robert Laffont Collection : La Bête noirePrix papier : 20€ – Prix Numérique : 13,99€ – Pages : 464 – Genre : Polar-Thriller-Thriller psychologique

J’ai tendance à me méfier du battage médiatique autour d’un livre, mais j’ai aussi tendance à faire confiance au responsable de la collection, lorsqu’il dit l’avoir lu en une nuit !

Ce qui donne envie de découvrir un livre, c’est un ressenti, un tout qui fait qu’on est attiré par celui-ci, à ce moment précis. En général, je lis en décalé, pour laisser retomber la pression des différents retours. Je me méfie aussi des phrases toutes faites, qui parfois desservent le livre, plus qu’autre chose.

Mais là, j’ai d’emblée été intrigué ! Pourquoi ce titre ?

On comprend vite que l’empathie est le nœud de cette histoire peu banale que l’auteur nous sert…

Faire partie de la brigade du viol demande une sacré dose de courage et surtout, il faut avoir cette capacité à se mettre à la place de l’autre, sans jamais tomber dans le misérabilisme ou de cette identification à la victime. Savoir garder cette distance salvatrice, c’est un combat de tous les jours, de tous les instants, pour être efficace.

L’auteur a su rendre ces aspects visuels, en donnant à son duo d’enquêteurs, tous les traits qui doivent les caractériser. Mais pour traquer le monstre qui agit à la barbe de tous, se faufile par les fenêtres et dont les crimes vont en s’accentuant, il va leur falloir déterrer leurs propres cadavres et traquer le monstre qui est en eux…

Un duo qui traque ces monstres pour guérir de leurs monstres… Comme si pour comprendre, il fallait avoir vécu des évènements dramatiques…

Un peu comme un épisode de New York Unité Spéciale qui se met en place, le lecteur est immergé dans l’intrigue pour assister avec effroi à la naissance d’un monstre avec le passage de la chrysalide à la métamorphose complète. De voyeur à violeur… Il n’y a parfois qu’un pas…

« Il resta plus d’une heure debout, immobile, face au lit du couple. Il toisait la jeune femme qui dormait nue, sa hanche découverte. Puis il examina l’homme à ses côtés. Sa grande idée lui vint ici, comme une évidence ; comme les pièces d’un puzzle qu’il avait sous les yeux depuis des années et qu’il parvenait enfin à assembler. On en parlerait. Une apothéose. »

L’enquête va crescendo, pour atteindre son point culminant et faire basculer l’intrigue, dans une autre dimension.

D’une « banale » enquête policière, l’auteur nous entraîne dans un thriller psychologique, à la finesse et aux descriptions ahurissantes. Il ne prend pas de gants pour décrire l’horreur dans toute sa « splendeur ». On passe par tous les stades, de la tristesse, de l’empathie à l’incompréhension, à la rage, tout en gardant en tête que tout se joue enfant… Alors oui, on dit souvent que l’on ne naît pas violeur ou tueur et fort heureusement, mais l’enfance est le point d’ancrage de notre futur moi adulte. Et là, l’auteur arrive à le décrire tellement bien, à l’exprimer avec des mots justes à travers les voix de ses personnages, que cela en est déroutant…

J’ai vraiment apprécié le traitement psychologique des différents protagonistes, qui se révèlent tous victimes… Victimes du système sociale, du système judiciaire… Au point, parfois, d’avoir envie de faire sa propre justice.

Il y a une soif de vivre, une soif de justice, très prégnante entre chaque ligne, avec pour fil conducteur cette empathie, dont l’auteur parle si bien. Cette empathie que l’auteur nous pousse à avoir, nous pousse à vivre. Des personnages torturés, tordus, mais dont l’humanité est exacerbée.

Un livre qui se révèle être plus qu’un simple thriller, c’est aussi un thriller sociétal, qui pose des questions sur l’appareil judiciaire en France, sur la justice des hommes, mais surtout, sur la place de victime d’abus sexuels et le traitement que l’on en fait, nous simples mortels…

Une construction telle que plusieurs intrigues s’imbriquent les unes dans les autres pour n’en former qu’une, comme ces poupées russes dont on admire le travail, ici le lecteur admire la singularité de l’intrigue et son traitement, menée par la plume d’un grand auteur en devenir qui, pour un premier livre, m’a foutu une sacrée claque.

Ce livre a été lu, dans le cadre d’un partenariat avec la maison d’édition.

Antoine Renand a écrit et mis en scène des courts-métrages, primés en festivals et diffusés à la télévision.  Il est l’auteur de plusieurs scénarios de longs-métrages en cours de production. « L’Empathie » (2019) est son premier roman.

L’égarée de Donato Carrisi

Parution : 3 octobre 2018 – Edition Calmann-LevyCollection : suspense crime – Prix papier : 20,90€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 336 – Genre : Thriller-psychologique

Le dernier opus de Donato Carrisi, présenté comme le dernier volet de la trilogie du chuchoteur et de l’écorchée, me faisait déjà envie avant sa sortie, alors je n’ai pas mis trop longtemps à plonger entre les pages de l’égarée. Surtout que pour apprécier la rencontre auteur-blogueurs, organisée par les éditions Calmann-Lévy, j’avais envie de voir ce que l’égarée avait dans le ventre.

Et, je n’ai pas du tout été déçue !

Bon, c’est vrai que tout le long de ma lecture, je me suis demandée, s’il n’y avait pas une erreur dans la présentation. Aucun lien n’était visible entre l’égarée et les deux précédents. Jusqu’à la toute fin… Et là, l’auteur retourne complètement la situation… En une phrase, toutes mes certitudes ont été ébranlées. En une phrase, l’auteur fait le lien et bascule les certitudes de la lectrice que je suis.

Oui, l’égarée peut se lire indépendamment des deux autres, sans entacher l’enthousiasme du lecteur. Mais avoir lu le chuchoteur et l’écorchée, apportera un nouvel éclairage. Un éclairage qui semble tout droit sorti du chapeau de magicien de l’auteur. Je me suis imaginée, Donato Carrisi, auteur facétieux, proche des lecteurs, nous dire : « Toutes vos certitudes, peuvent vaciller en une fraction de seconde… En une phrase, tout se bouscule et bascule… »

Ce nouvel angle m’a même donné envie de relire les 2 premiers bouquins. Quel serait mon regard maintenant que je savais ? Maintenant que je sais, comment j’analyse ma lecture?

L’auteur ne révolutionne pas le genre, l’intrigue en elle-même reste classique avec des enfants kidnappés, séquestrés… L’une des gamines fait faux bonds à son ravisseur et les flics vont tout faire pour lui mettre la main dessus. Sauf que l’enquête se trouve être bien corsée, vu que la victime a perdu la mémoire… On ne peut pas faire plus classique… Oui, mais voilà ! C’est du « Carrisi »… Un auteur qui colle à la peau, une foi qu’on l’a découvert.

Indépendamment de l’intrigue et de ce final diabolique, Donato Carrisi apporte un vrai regard psychologique sur la manière de « guérir » d’un traumatisme.

« Le démon est en nous. »

Et je dois dire que les mots utilisés par l’auteur peuvent raisonner en chaque lecteur, en apportant quelques pistes et un début de travail sur certaines blessures de la vie… Au-delà d’une intrigue, l’auteur offre une très belle analyse psychologique du traumatisme et de comment y faire face. Les connaissances en matières psychologiques et criminelles sont beaucoup plus exploitées, je dirais même, mieux exploitées, que dans le chuchoteur et l’écorchée.

J’ai eu le sentiment que l’auteur offrait cet opus à ses lecteurs, comme un remède, une porte de sortie… Pour trouver le chemin pour vivre avec ses démons et les domestiquer.

L’auteur maîtrise l’art de la manipulation et ne se prive pas de le faire avec son lecteur, mais surtout avec ses personnages. J’ai trouvé que la plume de l’auteur avait pris une nouvelle dimension, certainement parce que l’auteur fait de ce livre un cadeau. L’auteur s’efface derrière sa plume et nous offre une réelle étude psychologique. Une plume au service du lecteur…

Un thriller noir, bien corsé comme le bon café italien, bien rond en bouche, avec une plume simple, une intrigue tordue… Bien tordue… Pour un final diabolique qui donne envie de relire les aventures de Mila Vasquez.

Mention spéciale pour la traduction ! En effet, on ne parle pas souvent des traducteurs, pourtant, leur travail n’est pas simple ! Il faut une sacrée dose de talent, pour réussir à faire frissonner le lecteur, à retranscrire les sentiments… Bref, je voulais vraiment remercier Anaïs Bouteille-Bokobza, traductrice officielle de Donato Carrisi.

Ce livre m’a été envoyé par la maison d’édition ou l’auteur en service de presse. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Qui suis-je ?

Donato Carrisi est l’auteur d’une thèse sur Luigi Chiatti, un tueur en série italien. Juriste de formation, spécialisé en criminologie et sciences du comportement, il délaisse la pratique du droit en 1999 pour se tourner vers l’écriture de scénarion. Bien qu’il réside à Rome, il est aussi un collaborateur régulier du quotidien milanais Corriere della Sera. Le Chuchoteur, son premier roman policier où apparaît l’experte dans les affaires d’enlèvement Mila Vasquez, vendu à plus de 200 000 exemplaires en Italie et traduit en France, est édité dans douze pays et remporte quatre prix littéraires, dont le prix SNCF du polar européen 2011, et le prix des lecteurs Livre de Poche 2011. Quelques récompenses viennent conforter le talent de Donato Carrisi : le prix Camaiore, le prix Il Belgioso, le prix Bancarella et enfin le prix Mediterraneo del Giallo y del Noir. Donato Carrisi est également dramaturge. En 2017, il réalise son premier film La Fille dans le brouillard qui est une adaptation d’un de ses romans et pour lequel il remporte le prix du meilleur réalisateur débutant lors de la 63e cérémonie des David di Donatello.

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Et ils meurent tous les deux à la fin de Adam SILVERA

Parution : 24 mai  2018 – Editeur : Robert Laffont – Collection : R – Prix papier : 17,90€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 414 – Genre : Dystopie

Dans la même veine que la Faucheuse de Neal Shusterman, avec la mort en toile de fond, ce livre annonce la couleur dès le titre : les personnages vont mourir ! Bon, au moins on ne se perd pas en tergiversations, on sait dès le départ que la fin est proche !

Ici, la mort, n’est pas personnifiée, puisqu’elle reste un élément flou dans le quotidien. Sauf que dans ce futur proche, les personnes qui vont mourir dans la journée, reçoivent un appel téléphonique du Death-Cast. Personne ne sait qui se trouve derrière Death-Cast, ni comment les personnes, sur le point de passer de vie à trépas, sont ciblées. La seule chose que l’on sait, c’est que tous ceux qui ont été contactés sont vraiment morts, moins de 24 heures plus tard. Le but du Death-Cast, serait de permettre aux gens de se préparer à mourir, faire ce qu’ils estiment devoir faire.

L’idée est vraiment intéressante, mais je trouve dommage que l’auteur n’est pas développé cet univers. En effet, sur 414 pages, nous allons suivre ces deux gamins dont la fin est proche, les suivre sur 24 heures mais sans rien apprendre de plus. La collection R des éditions Robert Laffont est une maison d’édition dont j’apprécie les sorties, mais là, ça n’a pas matché entre nous.

Certaines longueurs, lenteurs, apportent du corps à une intrigue, ici cela n’apporte que de l’ennui. Enfin, je parle pour moi ! J’ai vu quelques retours très élogieux et je me suis demandé si quelque chose ne clochait chez moi… Pourtant cette fuite en avant, pour tenter de conjurer le sort, aurait pu être très intéressante, mais l’auteur met du temps à faire décoller son histoire, c’est comme s’il était resté en surface. Tout tourne autour de deux personnages, pour lesquels je n’ai pas réussi à avoir d’empathie, ni une once de pitié. En refermant le bouquin, je me suis dit : « OK, ils sont morts ! On passe à autre chose… »

Je me la joue Cruella, mais  là j’ai vraiment été déçue, je m’attendais à ce que l’auteur développe les choses. On commence, on ne sait rien, on termine cette lecture, on en sait encore moins…

C’est vraiment dommage, car il y a matière avec le postulat de départ… On voit surgir un élément de temps en temps qui laisse présager que l’auteur va enfin nous dévoiler, comment le Death-Cast, a réussi à prévoir la mort… Ah, mais non, on reste sur sa faim et on a hâte que la fin arrive…

Les personnages sont mignons dans cette course contre la vie, cette envie profonde de changer les choses, mais leur fin est inévitable, c’est écrit.

Un récit sur l’amitié, l’amour, l’empathie qui m’a laissé de marbre. Les évènements s’enchaînent et se ressemblent sans un seul rebondissement. Comme un plat très beau, qui se révèle sans saveurs et sans aucune épice pour relever le goût. Un début de romance qui fera prendre conscience aux personnages (en même temps, ils sont très jeunes) qu’ils n’ont rien vécus et qu’avant « leur départ » l’amour se révèle à eux… Comme un miracle… Mais ils vont clamser… Je suis désolée, de présenter les choses aussi durement, mais voilà ! C’est creux et sans saveur…

Ce livre m’a été envoyé par la maison d’édition ou l’auteur en service de presse. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Qui suis-je ?

Adam Silvera est devenu un auteur best-seller du New York Times dès son premier roman. Il est né et a grandi dans le Bronx. Après avoir travaillé en librairie, il s’est tourné vers l’édition jeunesse où il s’est notamment occupé d’un site de creative writing pour adolescents, tout en écrivant de nombreuses critiques de romans jeunesse et YA. Inexplicablement grand, Adam Silvera vit à New York.

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Apocryphe de René Manzor

 

 

 

Parution : 3 octobre 2018 – Edition Calmann-LevyCollection : suspense crime – Prix papier : 19,90€ – Prix Numérique : 9,99€ – Pages : 400 – Genre : Thriller-historico-biblique.

Quand on apprend que « Apocryphe », a bien failli ne jamais voir le jour, la lecture prend une dimension différente et sa saveur n’en est que meilleure.

Le Destin était en marche… Peut-être un brin de divin dans cette publication… Mais attention, nous sommes bien dans un roman noir, même si l’auteur s’est inspiré d’une réalité que beaucoup pensent vraie. Une intrigue qui prend sa source dans ce qui aujourd’hui divise encore et surtout par-delà les divisons opposent des millions de personne.

La force de cette intrigue est de se servir d’une trame « historique » qui donne une réalité au récit, au point d’oublier que nous sommes bien dans un récit fictif.

La plume est d’une fluidité saisissante, concise et ciselée. Un vrai travail d’orfèvre dans les mots que l’auteur pose avec justesse, sans jamais perdre son lecteur dans des descriptions futiles.

« Apocryphe » porte bien son nom, puisque l’auteur suggère une réalité possible. Et si… Et si…

Une image peu conventionnelle de Jésus, puisqu’il est beaucoup plus un être humain qu’un être divin. Mais elle ne sert, que pour donner corps à l’histoire de David de Nazareth, fils caché de Jésus.

On se demande pourquoi l’auteur s’est lancé ce défi et comme un devin qui vient éclairer notre chemin, il nous livre une réponse que j’ai trouvé très belle « C’est l’enquête apocryphe d’un croyant de naissance qui fait appel au petit-fils du charpentier pour retrouver la foi ; et ce dans ce qu’il a de plus humain, de plus organique. C’est la perquisition littéraire d’un baptisé qui cherche désespérément à retrouver l’odeur du Jourdain. Ce sont les aveux d’un homme qui doute. Mais… Le doute, n’est-il pas le principe de la foi ? Quand on dit « je crois », c’est bien qu’on n’est pas sûr. »

A elle seule, cette phrase montre toute l’humanité que l’auteur a voulu mettre dans son thriller-historico-biblique où des personnages fictifs côtoient ceux bien réels et connus qui jalonnent nos livres d’Histoire avec un grand « H »

Cela peut soit dérouter le lecteur, soit complètement l’embarquer et se prendre au jeu de cette plume qui nous propose et cela de manière très visuelle (une déformation professionnelle qui sert la plume) de nous plonger dans un roman épique, un péplum que l’on lit comme on regarde ces vieux films en noir très à la mode à un moment donné.

N’allez pas croire que l’auteur s’est lancé tête baissée dans un tel roman ! Bien au contraire, le travail de recherche a duré deux ans avant de pouvoir faire profiter le lecteur de ce thriller.

Les personnages sont empreints de réalité et de réalisme, où les sentiments humains sont d’une description détaillée, mais sans jamais en faire trop, tout en permettant l’imagination du lecteur de se les approprier et de vivre à leurs côtés cette aventure autant humaine qu’historique.

C’est bien de cela que René Manzor nous parle, d’humanité, de doute, d’amour et de foi. La foi autant en Dieu que dans l’humanité qui se cache en chacun de nous, en chaque chose qui définit cet être complexe en perpétuel questionnement et en perpétuel besoin de réponses.

C’est le premier livre de l’auteur que je découvre et ce ne sera, certainement, pas le dernier. Une intrigue dense qui se lit avec avidité grâce à ce réalisme dont use l’auteur, un retour vers le passé qui se fait sans encombre et dont le lecteur devient le spectateur avide de comprendre, mais surtout avide de vivre. Le lecteur vit au rythme de cette intrigue qui a toutes les composantes d’un très bon thriller, servi par une plume très visuelle.

Histoire de vous immerger dans l’ambiance :

 

Ce livre m’a été envoyé par la maison d’édition ou l’auteur en service de presse. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Qui suis-je ?

De son vrai nom René Lalanne, est né en 1959 à Mont-de-Marsan. Réalisateur et scénariste. À la télévision américaine, il a signé la réalisation de plusieurs épisodes de série comme « Le Voyageur » (The Hitchhiker), « Highlander », « Band of Brothers », « Les Aventures du jeune Indiana Jones ». Il est le réalisateur du film « Dédales », sorti en 2003, avec Lambert Wilson et Sylvie Testud. En mai 2012, il publie son premier roman « Les Âmes Rivales ». Suivront « Celui dont le nom n’est plus » en 2014 et « Dans les brumes du mal » en 2016. Site web de l’auteur, et sa page Facebook.

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