Les avis de Céline C. : Je pleure encore la beauté du monde de Charlotte McConaghy

J’ai découvert ce roman grâce à une amie (merci Yvette), qui, à plusieurs reprises, m’a fortement suggéré de le lire. Puis, il y a eu la chronique d’Yvan. Et je me suis laissée tenter.

Celles et ceux qui me connaissent bien savent que la nature joue une part essentielle dans ma survie mentale. Rien ne me contente plus que de marcher au cœur d’une sombre forêt de feuillus, où le soleil lutte avec les frondaisons pour tenter de se frayer un chemin, où le vivant communique de façon si discrète et avec tant d’élégance, qu’il me donne, à chaque fois, une leçon de vie.

J’avais par ailleurs pu voir, il y a quelque temps, un reportage sur les extraordinaires (positives) conséquences de la réintroduction du loup dans le parc de Yellowstone, avec un retour à un écosystème normal, et notamment un développement de la flore, qui jusqu’alors périclitait. Passionnant.

Bref (on s’en fout de ma vie), tout ça pour dire que Je pleure encore la beauté du monde ne pouvait que me plaire (le titre original est différent Once there were wolves, ce qui correspond mieux au texte, je trouve). Et franchement, j’ai vraiment aimé cette lecture. Émouvante. Intéressante. À l’intrigue bien menée. À l’écriture puissante et particulière.

Dès l’incipit, que j’ai trouvé étonnant, j’ai été un peu déroutée par le style de l’auteure, par sa plume. Puis, au fil des mots, j’ai été happée, je me suis laissée emporter par l’histoire du personnage principal, Inti Flynn, biologiste chargée de la réintroduction du loup en Écosse. J’ai suivi la scientifique dans son travail, dans sa vie personnelle ; à travers son présent, qui se mêle à son passé avec fluidité, l’histoire avance, tout s’emboîte et les questions trouvent leurs réponses.

Par l’intermédiaire d’Inti, l’auteure nous parle avec subtilité de sujets qui s’entremêlent, celui épineux des problèmes environnementaux, la destruction de la nature et de la biodiversité, dévastées par les humains, celui terrifiant de la violence faite aux femmes. C’est un roman noir, et le texte est souvent empreint d’une profonde tristesse. Et il y a ce mort qui vient percuter le reste.

Mais il y a également des passages magnifiques sur la vie des loups, sur la description de la nature, et l’effet que cette nature a sur Inti. Quelques trouées de lumière.

J’ai trouvé le personnage d’Inti particulièrement bien travaillé, sa psychologie, ses peurs, ses envies, ses passions, sa relation à la nature. En revanche, tous les autres personnages sont également très torturés, avec des passés lourds à porter, un peu trop à mon goût.

En conclusion, j’ai beaucoup aimé ce roman, pas un réel coup de cœur mais cela s’en rapproche (surtout en comparaison de mes autres lectures de cette année). Enfin, je songe à une citation que j’apprécie, de Fiodor Dostoïevski, et qui colle parfaitement à cette lecture : « On compare parfois la cruauté de l’homme à celle des fauves, c’est faire injure à ces derniers »

N’hésitez pas à lire la chronique d’Yvan qui en parle bien mieux que moi, et celle de Miss Belette qui n’a pas eu le même ressenti que nous.


Parution : 7 février 2024 – Éditeur : Gaïa – Pages : 368 – Traduction : Marie Chabin – Genre :  policier, polar, thriller, littérature australienne

La biologiste Inti Flynn mène un programme de réintroduction des loups dans les Highlands écossais, où la présence de l’animal doit permettre de restaurer un écosystème en crise. La jeune femme est rapidement confrontée à l’hostilité des locaux, qui continuent de percevoir le prédateur comme un nuisible et n’hésiteront pas à faire feu pour protéger leur bétail. Quand Inti découvre le cadavre mutilé d’un éleveur, quelques jours après avoir relâché les premières meutes, elle comprend que les coupables sont tout désignés et, pour éviter un bain de sang, elle fait disparaître le corps. Mais si les loups n’y sont pour rien, quel monstre rôde donc dans les forêts ? Les suspects sont nombreux, mais la réponse pourrait bien se trouver dans le passé d’Inti.

Explorant la noirceur de l’âme humaine et les splendeurs d’une nature menacée de destruction, « Je pleure encore la beauté du monde » est l’histoire inoubliable d’une femme prête à tout pour sauver les êtres qu’elle aime.


Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2024 au 11 Juillet 2025)


Ju lit les mots

– Blog littéraire – Critiques littéraires – Co-fondatrice Prix des auteurs inconnus – Contributrice journal 20 minutes – Membre the funky geek club


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Catégories :Challenge Polars et Thrillers, Gaïa, Les avis de Céline C.

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18 réponses

  1. Merci Julie ❤️

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  2. La couverture est très belle et les thèmes m’intéressent tout comme découvrir la psychologie travaillée du protagoniste.

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  3. Quel beau retour! Je ne lirai probablement pas ce roman mais j’ai eu un réel plaisir à te lire.

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  4. Avatar de ducotedechezcyan

    Je n’avais jamais entendu parler de ce livre (et je ne me serais pas arrêtée sur un tel titre, parfois on se demande où les éditeurs français vont pêcher leurs traductions…), mais vu ce que tu en dis ça pourrait clairement me plaire 🙂 Merci de m’avoir fait découvrir son existence 😉

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    • Avec plaisir ! ☺️

      C’est vrai que souvent les titres français ne correspondent pas à aux originaux, et ils peuvent être étranges. Ici l’éditeur a utilisé une phrase/pensée du personnage.

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  5. Fiodor Dostoïevski avait tout à fait raison ! Bon, j’ai été moins emballée par le roman que toi, mais je me souviendrai du pitch de la fin, quand on apprend qui est coupable… 😉

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  6. On sent ton amour pour la nature et la forêt Céline à travers cette chronique (bah non, on ne s’en fout pas de ta vie 😇), tu en parles avec tellement de tendresse. Ce livre a l’air très fort, très touchant avec des sujets durs aussi. Mais il a l’air très intéressant aussi, je devrais peut-être me laisser tenter. J’aime beaucoup la citation que tu as choisie à la fin de ta chronique, elle est très juste !

    Aimé par 1 personne

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