Comme souvent avec la lutte animale, on considérera que ces préoccupations relèvent de la décadence petite-bourgeoise. Une fantaisie pour amuser ces dames à chien-chien. Une sensiblerie ridicule. Voire un trouble psychiatrique puisque, jusqu’en 1893, « l’affection exagérée » pour les animaux fera partie du Guide pratique des maladies mentales. Une façon encore de décrédibiliser tant le féminisme que la cause animale au nom de la hiérarchie des luttes. Avec cette idée qu’il y a toujours plus important à défendre, femmes et animaux étant considérés comme inférieurs. D’ailleurs on entend encore cela de nos jours à propos des vegan, vus comme des bourgeois bohème déconnectés de la réalité, trop égoïstes pour se préoccuper du sort des humains, comme si les deux étaient incompatibles .

Comme vous le savez je vis au fond d’une grotte, et je n’avais jamais entendu parler d’Ovidie. Ou plutôt, même si son nom m’évoquait quelque chose, j’ignorais qui elle était. Puis, grâce à la magie des réseaux sociaux (oui, j’ai internet dans ma grotte, mais ça vous le saviez aussi), j’ai découvert qu’elle avait réalisé/créé un podcast Vie de chien pour LSD (La Série Documentaire) sur France Culture. Et c’est par ce biais que j’ai pris connaissance de ce livre Assise, debout, couchée. Je ne sais pas comment on pourrait qualifier ce texte, un essai sans conteste, construit autour de la vie de l’auteure avec ses chiens.
Ovidie y évoque bien entendu ses compagnons de route, elle nous raconte qui ils sont, comment sa vie a pris sens à leur côté, parle de sa vie personnelle et professionnelle un peu, mais toujours avec pudeur. Mais à travers les joies et les peines de son existence, elle fait ce parallèle entre la façon dont on traite les animaux, les chiens en particulier, et la façon dont sont traitées les femmes. J’ai vraiment apprécié sa verve élégante, émaillée de coup de griffes, ainsi que la manière simple, mais pas simpliste du tout, dont elle aborde cette thématique. J’ai également appris beaucoup grâce à ce texte, sourcé et documenté. Sur les luttes féministes, sur celles de la cause animale, ou encore sur le sort réservé à des milliers de chiens errants.
Cette lecture m’a fait rire parfois, m’a rappelé des souvenirs heureux, et d’autres plus malheureux. Plus encore, ce livre m’a « parlé » : il a parlé à la gamine que j’étais, qui de son enfance ne se souvient que d’un seul ami, un teckel à poils courts, le bien nommé Igor, mon premier chien (celui de mon grand-père en fait) avec qui j’ai fait les 400 coups, et il a parlé à mon cœur d’humaine heureuse, d’avoir déjà sauvé de refuges deux chiennes abandonnées.
Bref, pour le dire prosaïquement : j’ai totalement adoré.
Parution : 24 avril 2024 – Éditeur : JC Lattès – Collection Bestial – Pages : 234 – Genre : littérature française
Les chiens accompagnent Ovidie depuis l’enfance. Animaux protecteurs, membres de la famille, thérapeutes, ils l’escortent. Ils sont des marqueurs biographiques, indissociables des moments importants de son existence. Ovidie raconte ce lien, d’une plume précise, drôle et bouleversante. Elle questionne la place unique des chiens dans la vie des femmes. Car les chiens ne sont pas seulement les meilleurs amis de l’homme. Derniers remparts contre les agressions, enfants de substitution, ils ont passé avec les femmes une alliance mystérieuse pour survivre à la violence.
Ju lit les mots
– Blog littéraire – Critiques littéraires – Co-fondatrice Prix des auteurs inconnus – Contributrice journal 20 minutes – Membre the funky geek club
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Catégories :Contemporain, Documentaire, essai..., J.C. Lattès, Les avis de Céline C., Littérature française

Celui-ci je l’ai lu et vraiment beaucoup aimé, il faut que j’en parle maintenant !
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Pas toujours facile de parler des livres qu’on a lu 😉
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Hâte de lire ton avis Ge 😘
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Et je devrai adorer aussi ! Le parallèle avec la condition de la femme m’intrigue beaucoup. Je vais de ce pas me renseigner sur l’autrice. J’aime beaucoup LSD comme émission, je vais voir si je retrouve les podcasts dont tu parles.
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Il devrait te plaire Caroline. Il me semble qu’il est sorti en poche.
LSD est toujours instructif ! j’aime beaucoup moi aussi
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Les gens ne se rendent pas compte comme le jugement qu’ils portent sur les animaux et les femmes trahit leur fermeture d’esprit et leur égoïsme.
Ca a duré longtemps cette vision uniquement utilitaire du chien puisqu’enfant j’ai assisté à sa relégation au statut soit de gardien de ferme attaché à sa niche, soit à être le chien-chien à mèmère.
Vraiment il y a des gens qui sont là à tirer sur leur laisse pour reculer et régresser, effrayés par tout ce qui avance et demande d’ouvrir son esprit et son coeur.
Merci Céline pour ta belle lecture 🥰
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Oui c’est tout à fait juste, cette image de la laisse : reculer et régresser, hélas cela devient monnaie courante. Quant à l’ouverture d’esprit …
Avec grand plaisir Hedwige (je pense que c’est toi ?) 🥰😘
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Tes avis ma Céline 🥰 sont comme des caresses. Merci à toi pour le partage 🙏 😘. Ps: suis plutôt chat moi, mais j’aime bien les chiens également 🐶♥️
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Oh merci ma Lulu ❤️.
Je suis plutôt chien mais j’aime bien les chats aussi, tous les animaux en fait (j’ai même eu une souris, nommée Juliette, qui aimait beaucoup les pétales de céréales 😉)
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J’avais repéré ce livre à sa sortie, mais je n’avais pas été capable de me rappeler son titre et le nom de l’autrice quand j’ai voulu l’acquérir plus tard, alors merci d’en avoir parlé! Cette fois je le note tout de suite ^^
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Ah super ! avec plaisir Cyan 😊
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Moi aussi je vis dans une grotte, parce que je ne connais pas Ovidie 😆
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😅 ça me rassure, je me sens moins seule !
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Ne t’inquiète pas !
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😉
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Finalement, il y a tellement plus d’humanité dans nos amis à quatre pattes que chez nos congénères bipède…
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Tu as raison Nath ! c’est ce que je me dis parfois …
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Je ne connaissais pas de tout. Je suis à mamie à chat et peu importe ce que les autres en pensent. Bonne jiournée
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Je trouve ça bien 😊 j’aime bien les chats aussi. Et tu as raison Pat, peu importe ce que les autres en pensent !
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je ne connaissais pas , et je vis dans un lieu où les chiens sont les rois et j’avoue que souvent ça m’agace !
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Je ne connaissais pas du tout… Merci pour ta chronique si belle et sincère ! 🙂
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Avec plaisir Lilou ☺️
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Ovidie a des thématiques toujours intéressantes dans ses livres. Je note cet essai car j’adore les animaux et tout particulièrement nos amis chiens. Ma chienne croisée golden a partagé presque 15 ans de ma vie. Je ne supporte pas la maltraitance subie par certains chiens. Ça me révolte. Merci beaucoup Céline pour ce bel avis 🙂☀️
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Avec plaisir Frédéric ☺️. Je sais que tu es un amoureux des chiens, tout comme moi. Nous avions échangé sur la perte de ta chienne et sur la place que prend un animal pendant toutes ces années (15 ans c’est un pan de vie notable) quand tu avais parlé sur ton blog du livre et de la BD « son odeur après la pluie ».
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Je l’ai lu l’an dernier et bien aimé aussi. Comme toi je n’avais jamais entendu parler de l’autrice avant de découvrir ce titre. J’ai aimé sa manière de dire les choses, d’expliquer.
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Tu as raison Hilde, cette auteure a une belle façon de dire les choses.
Merci de m’avoir lue 😊
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Je ne connaissais pas non plus Ovidie ou ce livre… Alors merci pour la découverte.
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Avec plaisir Audrey ☺️
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