Les avis de Céline C. : Killing Me Softly de Jacky Schwartzmann 


Les chaînes d’information en continu ont tendance à se prendre au sérieux et ont une fascinante capacité à rendre passionnant n’importe quel sujet, qu’il le soit effectivement, comme le foot, ou qu’il ne présente aucun intérêt, comme la politique. Il suffit qu’une tempête traverse le pays, qu’une agence de notation nous dégrade ou que le prince William écrive un livre sur sa calvitie et la dépression que celle-ci a engendrée, et la machine se met en branle. Dans le temps, on qualifiait ce journalisme de rubrique des chiens écrasés ; de nos jours, on dit seulement journalisme. Il s’agit d’un show, en réalité, qui n’a pas plus d’importance que l’émission de téléréalité Les Marseillais. L’unique fonction de ces programmes est de remplir les cases entre les publicités. Tous les présentateurs ont une haute image de leur travail et d’eux-mêmes, pourtant, la vérité est qu’ils passent les plats. Ils sont les commerciaux de marques de bouffe, de marques de voitures, de marques de maquillage. Des laquais. 


Tous les ans, j’ai hâte de savoir ce que nous a concocté Jacky Schwartzmann. Cette année, c’est avec surprise que je découvre son dernier opus, dans un écrin de La manufacture des livres, une maison d’édition que j’apprécie, mais où je ne pensais pas un jour voir publier cet auteur de polar.

Dès la première page tournée d’un roman de Jacky Schwartzmann c’est toujours la promesse d’une aventure, cynique à souhait, et caustique comme l’acide sulfurique. Et c’est surtout de beaux éclats de rire en perspective. Cette fois encore, je ne fus pas déçue.

Madjid Müller est un homme heureux, avec une femme et une fille qu’il adore, et un métier de niche. Il est tueur à gage. Pour son nouveau contrat, il doit exécuter un vieil homme, accusé de pédophilie, et résidant en EHPAD. Un contrat particulier puisqu’il doit occire sa cible sous les yeux du client, un homme victime de ce pédophile. Une clause dont Madjid pressent qu’elle va lui apporter son lot d’emmerdes. Et il a vu juste. Rien ne se déroule comme prévu, et cela entraîne le tueur à gage vers ce qu’il n’avait encore jamais rencontré. 

Comme dans toutes les histoires de Jacky Schwartzmann, le point de départ est toujours inattendu et la suite l’est davantage ; on peine à imaginer le rocambolesque des situations qui vont mettre le protagoniste sur un chemin escarpé et sinueux. Bien entendu, j’ai ri de ces rebondissements improbables, de cette acidité de ton qui n’épargne personne, du caustique des événements. Le personnage du tueur à gage est bien brossé, et je dois l’avouer, sympathique ; son cynisme n’a d’égal que son pragmatisme, et sa nonchalance. Je l’ai trouvé attachant, davantage que les personnages des précédents romans de l’auteur, une sorte de tueur guimauve qui possède une conscience. Ce qui procure un très chouette moment de lecture, comme je les aime, sans prise de tête. Merci Jacky.

Et je remercie également La manufacture des livres pour cette lecture

Parution : 8 janvier 2026 – Pages : 192 – Éditeur : La manufacture des livres – Genre : littérature française, polar, roman noir

Tueur à gages, Madjid Müller accepte un contrat inhabituel : exécuter un homme accusé de pédophilie sous les yeux de celui qui fut sa victime, devenu prof à Sciences Po. Quand Madjid découvre que la cible est un vieillard sénile domicilié dans un EHPAD à Besançon, il estime que cette vengeance n’a aucun sens. C’est le début des embrouilles…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 juillet 2025 au 11 juillet 2026)



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Catégories :Challenge Polars et Thrillers, La Manufacture des Livres, Les avis de Céline C., Littérature française, Thrillers/Polars

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4 réponses

  1. En effet, ça a l’air drôle et cynique à souhait. La trame est déjà attirante et ton avis renforce cette attraction.
    Je ne connais pas du tout l’auteur, mais en regardant sa bibliographie je vois qu’il a fait une bd conseillée sur ce blog (il me semble) « Habemus Bastard ». J’avais acheté les 2 tomes pour mon compagnon qui a bien aimé et les a dévorés.

    Aimé par 1 personne

    • C’est la marque de fabrique de l’auteur ! tout le monde en prend pour son grade 😉. C’est évidemment un humour particulier, dont je suis friande, ce n’est pas le cas de tout le monde. Je n’ai jamais lu ses BD, mais elles doivent être du même genre !

      Merci ☺️

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  2. Le sujet de ce livre est vraiment original. À découvrir !
    Merci Céline 🙏🏻

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