Un livre, un extrait… Que la guerre est jolie de Christian Roux

 

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Kofi est un grand noir. Un mètre-quatre-douze. Souvent, on lui demande s’il joue au basket. Ce n’est plus le cas. Il y a joué, plus jeune et il était même plutôt bon. On lui a même fait quelques propositions. Mais il trouvait ça ennuyeux. Et il aurait dû renoncer à trop de choses : Kofi fume, boit et mange du porc ; il pense que la mort est la fin de tout.

Ses modes de pensées et de vie rendaient ses relations avec les autres membres de l’équipe difficiles. Prier avant une compétition, lever les yeux au ciel après chaque panier marqué, non merci.

On ne l’obligeait pas à suivre ces rituels, bien sûr, mais, même si on veillait à ne pas le froisser – il marquait à lui seul cinquante pour cent des paniers de l’équipe -, on lui faisait remarquer qu’il ne s’y soumettait pas.

Il n’aime pas la religion, de même qu’il n’aime pas les fachos, les cocos ou les gros capitalistes. D’une manière générale, il déteste toute forme de pensée ou d’idéologie visant à l’universalisation des comportements des hommes et des femmes, c’est à dire à leur uniformisation.

Pour autant, il s’entend très bien avec les parents de Simon. Il adore leur couscous et boire du thé à la menthe lui convient tout à fait. Et il n’ira certainement pas les insulter en sortant une flaque de whisky de sa poche.

Pour lui, tout ce qui se vit en privé est respectable. Même les croyances ou les pratiques sexuelles qu’il ne comprend pas le sont. Mais surtout, qu’on ne le bassine pas avec ça. La religion, c’est comme la baise, ça se pratique en chambre. Point à la ligne.

4° de couverture

Une ville moyenne, située à une heure de Paris. Un passé ouvrier, comme en témoignent les bâtiments de l’usine, aujourd’hui désaffectée, et la « cité jardin » où logeaient les salariés. Aujourd’hui le maire a de grandes ambitions pour sa ville : réhabiliter le quartier et transformer les maisons ouvrières en un ensemble résidentiel haut de gamme. Or les habitants ne l’entendent pas de cette oreille. À commencer par Élise, qui attend un enfant et n’a aucune intention de déménager. Quant aux artistes qui ont investi l’usine, ils veulent la transformer en lieu de création. Comme si le maire et les promoteurs allaient se laisser arrêter par une poignée d’opposants ! Il suffit de les faire déguerpir, et là, tous les moyens sont bons, légaux ou non. Cependant, des grains de sable vont se glisser un peu partout et tout enrayer… Comme en temps de guerre, les dégâts collatéraux seront ravageurs.



Catégories :Un livre, un extrait...

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4 réponses

  1. c’est une belle idée cette nouvelle rubrique. Très bon weekend Julie, Bises d’une Bretagne ensoleillée 🙂

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