Réchauffement des esprits – La responsabilité sociétale des industries culturelles de Pascale Thumerelle

Un livre très intéressant sur les médias culturels et leur responsabilité. Le formatage des esprits et leur implication dans la désinformation et si j’osais, je dirais même la création d’un crétinisme ambiant ! Les productions culturelles sont de plus en plus vides de sens, et on peut s’interroger sur l’avenir de l’esprit critique et la raison.

Mais ce livre n’arrive-t-il pas trop tard ? Cette envie de lutter contre ces sociétés en les mettant face à leur responsabilité est louable, mais encore faudrait-il réellement vouloir lutter contre ceux qui rapportent l’argent !

D’un autre côté, renvoyer l’entière responsabilité à ces sociétés, déresponsabilise les parents qui ont aussi une responsabilité face aux choix culturels de leurs enfants. Même si l’impact est beaucoup moindre à l’adolescence, si les bases ont été posées, on pourrait s’attendre à une génération plus critique, moins prompte à entrer dans un moule préfabriqué où le cerveau n’est plus qu’un objet malléable.

Le parallèle entre réchauffement climatique et réchauffement des esprits est assez intéressant, car en fin de compte, tout le monde dit qu’il faut faire quelque chose, mais personne ne fait rien, tellement cela semble impossible à surmonter.

Pourtant, nous avons les clés, mais avons-nous envie d’ouvrir les portes vers un avenir salvateur ? Les médias, les politiques… N’ont-ils pas, au contraire, intérêt à ce que nous soyons tous des moutons, pour mieux nous dominer ?


Parution : 10/01/2024 – Editeur : Actes Sud – Pages : 208

Films, livres, presse, réseaux sociaux, jeux vidéo, musique, spectacles, expositions… éveillent notre joie, notre curiosité, notre réflexion, mais peuvent aussi induire un effet de serre périlleux pour nos cerveaux. Si le réchauffement climatique constitue un véritable danger pour la vie, celui des esprits doit aussi retenir toute notre attention. Trop de stéréotypes, de discours de haine ou de désinformation agissent comme des polluants, nuisibles à l’épanouissement individuel et à la cohésion sociale. La concentration de la production culturelle entre les mains d’un petit nombre d’acteurs risque également de formater nos imaginaires, d’essouffler la créativité et de fragiliser notre esprit critique.
Les industries culturelles doivent repenser leur influence, sous la vigilance d’une société civile sensibilisée.
L’enjeu est de préserver nos valeurs démocratiques et les droits humains en promouvant la liberté d’expression, la diversité culturelle et en protégeant les intérêts des enfants. L’autrice présente des pistes d’action concrètes afin que chacune des parties prenantes joue son rôle de vigie et d’alerte pour combattre ensemble le réchauffement des esprits.


Ju lit Les Mots

– Blog littéraire – Chroniques littéraires – Co-fondatrice Prix des auteurs inconnus – Présidente Association REBOOT –



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Catégories :Actes Sud, Documentaire, essai...

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11 réponses

  1. Je crois que tu peux « oser le dire »… 😉

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  2. Merci pour ce partage. Un essai qui semble instructif et dans l’air du temps. Ce qu’il soulève est un vaste problème. Nos cerveaux rendus malléables qui nous empêchent de nous questionner sur le monde et nous transforment en moutons suiveurs se jetant du haut de la falaise … super flippant 🙈

    Aimé par 3 personnes

  3. C’est flippant de constater comment les médias se détournent de leur mission première, à savoir éveiller les esprits, pour devenir un axe d’influence négative et participer ainsi à la déconstruction de la pensée. Je ne sais pas qui, ni comment, pourrait stopper cette machination!

    Aimé par 2 personnes

  4. Sûrement que la culture n’est pas, ou pas essentiellement, dans les industries culturelles ni dans le ministère qui s’en drape.
    Merci, Ju lit les mots.

    Aimé par 1 personne

Rétroliens

  1. C’est lundi, que lisons-nous ? #23 – Ju lit les mots

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