La Vie précieuse d’Yrsa Daley-Ward : Un récit poétique mais qui manque de profondeur

Jusqu’ici, j’ai tout aimé, même les choses les plus terribles.

La Vie précieuse est un récit intime qui joue aux accents poétiques, à mi-chemin entre le témoignage et la réflexion philosophique sur la vie, l’amour et l’identité. L’auteure explore avec sensibilité les épreuves et les petites victoires qui jalonnent l’existence, en s’appuyant sur son propre parcours personnel. Cependant, malgré une plume intéressante, le livre souffre parfois d’une narration un peu décousue et d’une approche thématique qui manque parfois de profondeur.

Je ne sais pas si cela est dû à la traduction ou si cela vient du livre lui-même, peut-être le format numérique, mais je n’ai pas réussi à y trouver ce que le bandeau me promettait : « la naissance d’une voix étincelante, audacieuse et profonde ». Malheureusement, je n’ai rien senti de tout cela.

Yrsa Daley-Ward nous embarque dans un voyage introspectif à travers ses propres expériences de vie. Elle aborde des thèmes intéressants comme la sexualité, la foi, la famille et la quête de soi, tout en nous offrant un aperçu unique de ce que cela signifie d’être une femme noire dans un monde qu’elle dit être oppressant. La forme du récit, souvent fragmentée, se mêle à des réflexions poétiques, où chaque page semble poser une question, une pensée ou un souvenir.

Elle explore la dualité, à la fois en tant que femme noire et en tant que personne navigant entre différentes cultures et réalités. Mais aussi la résilience face aux épreuves telles que la perte, l’amour et la découverte de soi. Malheureusement certaines thématiques du livre sont effleurées sans jamais les exploiter totalement, laissant parfois le lecteur sur sa faim.

L’aspect poétique recherché aurait pu être beau, mais la narration fragmentée, les passages qui ressemblent parfois plus à des aphorismes qu’à un récit cohérent, rendent la lecture inégale. Pourtant, Yrsa Daley-Ward ne craint pas de mettre à nu ses émotions et de partager sa vulnérabilité et l’absence de structure nuit à l’immersion totale du lecteur.

Le récit, parfois trop fragmenté, donne l’impression de sauter d’une réflexion à l’autre sans véritable transition, ce qui peut créer une confusion. Un peu plus de cohésion narrative aurait permis de mieux apprécier le propos de l’auteure.

Je remercie les Éditions La Croisée et Netgalley pour l’envoi de ce titre.

Parution : 7 mars 2024 – Éditeur : La Croisée – Pages : 222 – Traduction : Julia Kerninon – Genre : poésie, récit de vie, littérature anglaise, autobiographie

Années 80 dans le nord de l’Angleterre. Yrsa grandit avec son frère Roo et sa mère infirmière, dans un quotidien que leurs rêveries d’enfants illuminent. Démunie, leur mère les confie à leurs grands-parents, membres de l’Église Adventiste du 7eme jour. Au fil des ans, tiraillée entre une éducation rigoriste et ses désirs naissants, Yrsa subit, de façon insidieuse puis frontale et traumatique, l’emprise des hommes sur son corps transformé. 

Le récit d’Yrsa est le contrepied poétique et touchant au male gaze, par la voix mutante (traduite par Julia Kerninon) d’une enfant, d’une soeur, d’une ado, d’une escort, d’une poétesse dans l’âme, d’une femme en plein empowerment.  Véritable expérience de lecture, jouant avec les formes, la page, la typographie, La Vie précieuse est un ultra-moderne récit de formation, qui rappelle les effets de composition cinglants de la réalisatrice Michaela Coel (série I May Destroy You) et les envolées pleines de vie et de rage de Kae Tempest.

Libre, déterminée, militante féministe et intersectionnelle, Yrsa Daley-Ward a imposé sa voix dans le monde entier, saluée par le Pen Prize du meilleur roman autobiographique.


Ju lit Les Mots

– Blog littéraire – Chroniques littéraires – Co-fondatrice Prix des auteurs inconnus – Présidente Association REBOOT –



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Catégories :Historique, La Croisée

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14 réponses

  1. Dommage qu’il ait manqué quelque chose à cette lecture qui semblait prometteuse. Je me méfie de ces bandeaux alléchants qui vendent du rêve … je me suis faite avoir à plusieurs reprises (sur un en particulier dont je tairais ici le propos 😉).

    Merci pour le partage Julie 😘

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    • En général je m’en méfie aussi, mais bon j’avais envie de découvrir quelque chose de différent, avec le mariage de poésie… Malheureusement, je ne sais pas si c’est la traduction ou le format numérique, mais ça ne l’a pas fait !
      Merci ma Céline 🙂

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  2. La couverture est magnifique, mais ce que tu nous en dis me refroidit. Je passe mon chemin 🙂😉

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  3. Dommage mais la narration risque de me lasser.

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  4. je sais que je n’accroche pas à ce genre de style !

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  5. Je ne connais pas du tout, merci pour la découverte ma Julie 🙏😘

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  6. Un récit qui semblait effectivement prometteur. Mais c’est vrai que les bandeaux sont souvent trompeurs.

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