Chronique d’un mal invisible : Le Haut-Mal de Pierre Léauté


L’amour sans réciproque est un abîme sans fond où nulle lumière ne point, pas le moindre sémaphore pour percer l’obscurité et les démons qui la peuplent.


Avec Le Haut-Mal, Pierre Léauté propose un roman singulier, à la croisée du récit historique, du roman d’aventure et du conte mystique. L’action se déroule en 1923, dans l’après-guerre, alors que les certitudes vacillent et que la science tente de s’imposer face aux croyances.

Ce point de départ pourrait laisser penser à un thriller scientifique. Pourtant, Le Haut-Mal prend un chemin plus ample, plus lent aussi.

La force du livre réside dans cette tension constante entre rationalité et superstition. La sismologie, science encore balbutiante à l’époque, tente de décoder les signes de la terre, tandis que les légendes locales, les récits anciens et les traditions pyrénéennes murmurent d’autres vérités. Léauté ne tranche pas brutalement entre ces deux mondes. Il les fait coexister, se confronter, parfois se confondre.

La montagne occupe une place centrale. Elle n’est pas un simple décor, elle devient un personnage à part entière, massif, silencieux, imprévisible. Les descriptions sont précises, parfois denses, et contribuent à créer une atmosphère à la fois grandiose et inquiétante. On sent un réel travail documentaire derrière le texte, notamment sur le contexte scientifique et historique des années 1920.

Le rythme peut surprendre. Le roman prend le temps d’installer ses personnages et ses enjeux. Certains passages, plus explicatifs, peuvent sembler flous, mais ils participent à la crédibilité de l’ensemble. Lorsque la tension monte réellement dans le dernier tiers, elle n’en est que plus efficace.

Le Haut-Mal ne se contente pas d’annoncer une catastrophe naturelle ; il explore aussi les failles intimes de ses personnages, leurs doutes, leurs obsessions, leurs croyances. Ce n’est pas un roman qui cherche à en mettre plein la vue, il offre une expérience de lecture à la fois historique, humaine et atmosphérique.

Je remercie les éditions l’Homme sans nom pour cette lecture.

Parution : 24 septembre 2025 – Éditeur : Homme sans nom – Pages : 250 – Genre : Littérature française, fantastique, contes et légendes, thriller fantastique

Tunis, 1942. Anne Dormoy est l’une des premières femmes médecins du pays. Passionnée, dévouée à ses patients, elle vit pourtant avec une blessure secrète : son fils aîné, révolté contre la société coloniale, a rompu avec sa famille depuis des années. Un soir d’été, alors que la guerre prend un tour nouveau en Afrique du Nord, il réapparaît.
Cette fresque foisonnante et sensible, qui s’étend jusqu’à l’indépendance du pays, retrace le destin d’une famille prise dans la tourmente de l’Histoire. Amours contrariées, désillusions, tempêtes de l’exil : Anne et les siens devront chacun trouver leur chemin dans un monde qui leur échappe.
Traversé par la lumière et la beauté de la Méditerranée, ce roman est aussi une ode aux récits qu’on se raconte pour préserver la mémoire de nos vies.


Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 juillet 2025 au 11 juillet 2026)


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Catégories :Contemporain, Fantastique/Science-fiction/Uchronie/Dystopie..., Historique, L'Homme sans nom, Littérature française, Thrillers/Polars

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25 réponses

  1. Je l’avais noté à l’époque de sa sortie, mais finalement il n’y a pas tant de science que ça … toutefois, ce que tu nous en racontes est énigmatique et cela m’intrigue ;-).

    Merci Julie pour ce beau retour 😘

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  2. Un très beau retour de ta part Julie ! Merci à toi, bon weekend 🙂☀️

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  3. Tu en parles bien plus joliment que moi, il faut dire que je suis complètement passée à côté de cette lecture et que j’ai eu le sentiment que l’auteur lui-même passait à côté de son sujet. Pour moi le côté scientifique bien que balbutiant devrait être plus existant, là, je l’ai trouvé cruellement vide. De même si j’ai aimé le portrait de cette montagne sauvage et de ces personnages à fleur de peau, il m’a également manqué quelque chose ici pour vraiment m’y intéresser. J’ai eu l’impression qu’on tournait sans cesse autour des mêmes enjeux sans qu’ils ne soient approfondis au final ou si peu. Je pense aux souvenirs du héros quand il était soldat pour l’expansionnisme français. Bref ce roman est une grosse frustration pour moi et j’aurais adoré ressentir ce que toi, tu as ressenti que je vois dans ces lignes.

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    • Je ne retrouve pas ton avis pour le mettre en lien dans l’article…
      Pour pour être totalement franche, lors de ma lecture, je me demandais ce que l’auteur voulais dire, dans quoi il m’embarquait et c’est vrai que durant la lecture j’étais parfois perdue, mais au fil des pages, j’ai réussi à m’intéresser aux personnages et à la direction que l’auteur prenait. J’ai trouvé très intéressant ce parallèle entre la montagne, l’origine de certaines choses et le titre et finalement à la fin tout s’est imbriqué ! Même moi je ne pensais pas ! Et puis je l’ai lu il y a quelques semaines déjà, j’ai laissé décanter. J’ai aimé cette partie historique de l’époque avec la bourgeoisie un peu, beaucoup décalés par rapport aux autres, j’ai eu le sentiment de voir un film qui se déroulait à cet époque… C’est un livre qui montre le carrefour entre deux époques et j’ai trouvé ça bien amenée.. Bref c’est étrange parfois ce qui nous reste d’une lecture…

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  4. Tu m’intrigues avec ce livre, j’aime beaucoup les romans historiques qui se passent à cette période, je le note. Bon week end

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  5. Pas vraiment ma tasse de thé 😉

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  6. Je ressens dans ta chronique une grande lenteur qui ne me tente absolument pas ! Merci Julie pour ton retour et la découverte ! 🙂

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  7. un titre qui devrait me plaire , mais j’ai trop de retard dans mes lectures.

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  8. J’aime bien cette couverture et ce titre, c’est intriguant, mais je crois que le décor et la temporalité dans lequel ce livre s’inscrit me perdrait, même si ca semble une lecture prenante. Merci tout de même pour la découverte. 🙂

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  9. C’est un roman qui m’interpelle, j’ai l’impression qu’il est un peu contemplatif, où c’est peut-être juste mon ressenti à la lecture de tes mots. En tout cas, c’est un roman qui pourrait me plaire. J’essaierais de lire l’extrait.

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Rétroliens

  1. Mise à jour ABC Challenge : Babelio du 13 septembre 2025 au 12 septembre 2026 – Ju lit Les Mots

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