Les humains ont toujours admiré les oiseaux dans le ciel et vécu avec eux sur la terre, mais aujourd’hui… Aujourd’hui, ils les méprisent en employant le terme de « volailles » et ils ont peur de leurs virus qui prolifèrent parce qu’ils les ont enfermés dans des usines à viande.

Frédéric Keck et Héloïse Chochois proposent une bande dessinée documentaire aussi actuelle que nécessaire. Publiée chez Delcourt, dans la collection La Découverte, cette BD pose une question devenue centrale depuis la crise du Covid-19 : les animaux sont-ils vraiment responsables des pandémies qui frappent les sociétés humaines ? L’album met en scène un grand procès animalier où chauve-souris, pangolin, singe ou encore poules sont appelés à répondre de leur supposée culpabilité.
Le dispositif du procès est particulièrement bien trouvé. Il permet de rendre vivant un sujet complexe, celui des zoonoses, ces maladies transmises de l’animal à l’humain. Plutôt que de livrer un exposé scientifique classique, les auteurs construisent une forme de débat judiciaire où chaque espèce accusée peut se défendre. Cette idée donne du rythme à l’ensemble et évite l’écueil d’une BD trop pédagogique.
Mais très vite, l’album déplace la question. Le véritable enjeu n’est pas de désigner un animal coupable, mais de comprendre comment les activités humaines favorisent l’apparition et la diffusion de ces maladies. Agriculture intensive, élevage industriel, destruction des habitats naturels, urbanisation galopante, les pandémies ne surgissent pas de nulle part. Elles sont liées à notre manière d’occuper le monde, d’exploiter les animaux et de bouleverser les équilibres du vivant.

C’est là que Les Animaux malades des humains devient particulièrement intéressant. Le titre inverse notre regard : ce ne sont pas seulement les humains qui tombent malades à cause des animaux, mais les animaux, et plus largement l’écosystème, qui subissent les conséquences des choix humains. La BD invite donc à sortir d’une vision simpliste où la chauve-souris, le pangolin ou le singe seraient des menaces naturelles. Le problème est moins l’existence de ces espèces que la manière dont nous les rapprochons de nous, les enfermons, les commercialisons ou détruisons leurs milieux.
Le point fort de cette bande dessinée est sa capacité à vulgariser un sujet scientifique, écologique, politique. Les illustrations sont claires, expressives, et facilitent la lecture en incarnant chaque acteur de ce procès. La bande dessinée devient ainsi un outil de compréhension, mais aussi de sensibilisation.
Le dispositif du procès, très efficace pour capter l’attention, peut paraître simpliste, car la question des zoonoses implique des dimensions sanitaires, économiques, agricoles, environnementales et géopolitiques. Mais tout ne peut pas être approfondi.



La thèse est claire : les animaux sont moins coupables que les humains. Et si cette orientation donne de la force à l’album, elle peut aussi réduire une part d’ambiguïté ou de contradiction.
Pour autant, cette BD remplit pleinement son rôle. Elle est utile, accessible, intelligente, et permet de repenser notre rapport aux autres espèces à travers un sujet brûlant. Elle rappelle que les pandémies ne sont pas seulement des catastrophes biologiques, mais aussi les symptômes d’un déséquilibre plus vaste entre les humains, les animaux et leurs milieux de vie.
En bref, une bande dessinée documentaire claire et engagée, qui transforme le procès des zoonoses en réflexion sur notre responsabilité collective. Elle a le mérite de rendre accessible un sujet essentiel : notre manière de vivre avec les autres espèces conditionne aussi notre propre santé.
Je remercie les Editions Delcourt et Babelio pour l’envoi de ce livre dans le cadre d’une Masse Critique.
Parution : 16 avril 2026 – Pages : 128 – Éditeur : Delcourt – Genre : littérature française, vulgarisation scientifique, pandémies
Les animaux sont-ils responsables des pandémies ? Cette bande dessinée questionne notre rapport aux autres espèces et interroge la responsabilité des humains dans l’émergence des maladies.
Un grand procès animalier s’ouvre pour trouver le responsable des pandémies. À la barre, chauve-souris, pangolin et singe clament leur innocence. Et si le vrai coupable, c’était l’humain ? Agriculture intensive, élevage en batterie et urbanisation galopante favorisent l’émergence des maladies que nous redoutons. Un récit de vulgarisation qui invite à repenser notre place parmi les autres espèces.
Catégories :Documentaire, essai..., Littérature française, Marabout

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Cette BD est une excellente idée pour sensibiliser les jeunes à l’écologie. C’est clair que les humains sont les animaux les plus nuisibles qui soient. Bonne semaine
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C’est vrai que c’est une très bonne idée !
Bonne semaine également 🙂
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Pas trop sûre d’avoir envie de lire cette BD !
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Elle est pourtant très intéressante 🙂
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Très intéressante cette idée du procès pour vulgariser ce sujet des zoonoses.
Contente qu’elle t’ait plu cette BD 😊, et merci pour ce partage Julie 😍
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Merci Céline ☺️
Oui je trouve l’idée très intéressante pour aborder des sujets parfois trop complexes 😉
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