Tout le monde peut écrire. Tout le monde devrait écrire. Ecrire comble. Je le compris à l’air béat de Balzac, au petit matin, après une nuit de griffonage. Ses doigts portaient la marque de la plume de corbeau dont il se servait toujours. Ses doigts tachés d’encre puisée dans cet objet improbable en forme de cadenas acheté sur le quai des ferrailleurs. Il était épuisé et heureux.

L’Affaire Balzac de Hervé Jubert propose une approche originale de la figure d’Honoré de Balzac, en mêlant fiction historique et enquête policière. Le roman adopte le point de vue d’un domestique, choix intéressant qui permet un regard sur l’écrivain, à travers quelqu’un qui partage son quotidien sans appartenir à son monde intellectuel.
Le livre se distingue par un souci de contextualisation, l’auteur prend le temps d’installer son intrigue tout en incluant les nombreuses références à Balzac et à son environnement. L’ensemble témoigne d’un travail de documentation sérieux. Les amateurs de littérature apprécieront les clins d’œil à l’œuvre balzacienne et à la place qu’occupe l’écrivain dans le paysage culturel de son temps.
L’enquête, volontairement discrète, ne cherche pas à en mettre plein la vue. Elle apparait davantage comme un fil conducteur que comme l’intrigue principale. Ce choix peut surprendre, mais il permet de privilégier l’atmosphère plutôt que la tension narrative pure. Le roman se lit ainsi comme une promenade autour d’une figure littéraire, plus que comme un polar historique.
La plume de l’auteur est accessible, ce qui rend la lecture agréable, notamment pour un public jeune ou pour des lecteurs curieux de découvrir Balzac sous un angle romanesque. Le narrateur, même s’il ne s’impose pas, offre un point de vue cohérent qui guide le lecteur sans complexité excessive. Dans l’ensemble, L’Affaire Balzac est un roman plaisant, porté par une idée originale et une approche respectueuse de la littérature. Sans être un récit d’enquête haletant, il constitue une lecture intéressante pour celles et ceux qui aiment les romans historiques et les fictions qui interrogent la place des écrivains dans leur époque.
Je remercie La Manufacture des livres pour cette lecture.
Parution : 4 septembre 2025 – Éditeur : La Manufacture des livres – Pages : 224 – Genre : littérature française, polar, policier
Palais-Royal, 1818. Ma condition ? Jouisseur. Vivant, sérieusement pressé d’en découdre, ce fut à la suite d’une longue soirée que mon chemin rencontra celui de l’homme fantasque et romantique dont je deviendrais rapidement le serviteur : Balzac. J’embarquais alors pour une véritable aventure à ses côtés, qui nous emmènerait à Albi et sur les terres du Ségala. Là-bas, un des oncles de Balzac, Louis Balssa dit Le Prince était accusé de meurtre. La guillotine l’attendait. Nous plongeâmes dans les brumes de la vallée sauvage où une jeune femme avait été assassinée. Pour Balzac, son oncle était innocent, mais encore fallait-il le prouver. C’est notre enquête que je vais vous raconter.
Dans ce roman policier remarquable, Honoré avant Balzac se dévoile sous un jour inédit, loin de l’image historique de l’écrivain dans une enquête qui oscille entre humour et gravité, situations pittoresques et loi du plus fort.



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