Aby (n’y descendez jamais) de Fabrice Liegeois

J’aime de temps en temps, faire surgir des méandres de mes articles publiés, un avis sur un livre que j’ai beaucoup apprécié. L’envie de le mettre en avant et de vous faire découvrir des bouquins qui méritent de sortir de l’ombre. En me relisant, je m’aperçois que ce livre a marqué mon esprit et ce malgré les mois passés…

Je suis partie à la rencontre d’Aby, malgré l’avertissement de l’auteur et je ne sais pas si je remonterais un jour…. N’y descendez jamais est une mise en garde…. Mais je n’en fais qu’à ma tête de toute façon… Et je vous invite à descendre à la rencontre de l’histoire d’Aby… Aby qui nous embarque sur soixante-dix ans, de la petite fille noire au cœur de la Louisiane jusqu’à New York dans le quartier de Harlem…

Il est difficile de classer ce livre dans un style particulier, car on passe tour à tour de l’horreur au thriller avec en toile de fond une histoire prégnante et ancrée dans l’âme des personnages !

L’auteur nous plonge dans des événements qui prennent sens dans l’esclavagisme, la ségrégation et comment les noirs américains ont su ou pu se sortir du diktat du blanc…. 

Mais attention ce n’est pas là l’histoire telle que nous la connaissons…. Non l’auteur nous embarque dans les croyances de la Louisiane profonde, dans les croyances en des Dieux qui nous sont étrangers et qui ont une représentation dans notre monde bien différente de ce que nous connaissons… Des Dieux bons ou mauvais qui habitent ces hommes et ces femmes imprégnés par ce qui pour nous est du folklore ! Sauf que l’auteur, arrive avec talent à faire douter son lecteur sur sa capacité de comprendre ou du moins essayer de comprendre … Aby sera l’instrument de ces Dieux… Et va suivre sa route et imprégner tous les personnages sur plusieurs décennies … Ne vous attardez pas sur la fragilité d’Aby… C’est la force et le bras armé … Après avoir été victime elle va devenir cette protectrice que l’on respecte et craint au point de devenir tyrannique ? Dans l’horreur, elle sera juste et animée de bienveillance !

Aby, n’est que bienveillance ! Pourtant, on se demande parfois, si la folie ne l’a pas prise dans ses filets …. Tout est recommencement…

Si on décortique et balaie le « superflus » L’auteur, avec Aby nous démontre que parfois les choix de vie se répètent d’une génération à l’autre… Parfois, malgré toute notre volonté, tout recommence…

Si l’on veut s’affranchir du malheur qui se répète, des actes qui se répètent, il faut casser ce cercle ! Ce cercle familial malsain qui freine et éloigne du bonheur… Malgré toute la bonne volonté, il est difficile de s’affranchir d’une histoire familiale et pour avancer, il faut s’en libérer ! Aby et les siens vivront des décennies, emprisonnés par les choix de vie, par la haine, par des croyances qui poussent à la folie… Mais l’espoir est là… Et peut être que le cercle sera rompu….

L’histoire de Harlem et de son isolement qui n’aura trouvé de refuge que dans une autre horreur que celle des gangs… Harlem qu’on s’étonne de découvrir à la fois horrible, troublante et meurtrie…

Le Mal est présent à chaque page, et comme un rouleau compresseur emporte tout sur son passage… Même le Bien ne peut rien faire …

«Combien de fois ai-je été le témoin, et l’objet de ces regards qui se détournent au lieu de dire ? Au lieu de se porter au secours de l’autre, ne serait-ce que pour changer le cours d’une vie?»

N’y descendez jamais est bien véridique, dans tous les sens du terme…. Aby veille… Aby surveille, les siens, son quartier d’Harlem qu’elle domine avec autorité et amour… La folie est parfois à son paroxysme, au point que le lecteur se sent défaillir pour entrer en transe au rythme des incantations d’Aby…

La violence est présente tout le long de la lecture… Toutes les formes de violences et cela fait écho aux violences faites aux femmes qui meurent sous les coups ! Mais surtout à cette violence dont les enfants sont victimes… À cette violence que certains subissent et font subir parfois, malgré eux… Car tout est répétition… La violence se transmet comme un héritage familial…

Ce livre n’entre dans aucune case d’un genre bien défini, mais balaie plusieurs genres à la fois… Il faut savoir lire entre les lignes pour comprendre ce que l’auteur a voulu raconter…

Je reste dubitative face à certains lecteurs qui disent que ce livre n’a aucun sens, qu’il est mal écrit au bout de 40 pages et de le refermer. On peut ne pas aimer, mais encore faut-il aller plus loin….

C’est un livre dense avec de multiples informations, une écriture qui peut parfois sembler difficile à comprendre, mais c’est une plume recherchée, travaillée, parfois un brin poétique ! L’auteur aime les mots, aime les poser et les façonner et ça se sent.

Cette plume descriptive et chantante accompagne le lecteur les 2/3 du livre pour se retrouver plus incisive et directe au dernier tiers. Dernier tiers qui sera le dénouement d’une vie… La fin ou le commencent… À vous de le découvrir….

Parution : 7 septembre 2016 – Auto-édition – Pages : 492 – Genre : thriller, ségrégation, fantastique,

4ème de couverture : : La première enquête tirée des sous-sols du 10Th Precinct by RFL porte un prénom. La Grande Dame de Harlem a des choses à confier mais à qui ? « 



Catégories :Romans noirs, Thrillers

14 réponses

  1. A reblogué ceci sur FABRICE LIEGEOISet a ajouté:
    Ju lit les mots et aiment les écrire aussi… Ici, elle ne déroge pas à la règle avec son regard et son ressenti élogieux du roman ABY.

    Forcément et aucun aspirant auteur ne me contredira, j’ai adoré l’immersion d’une autre lectrice dans l’univers entourant celui de ma Bôko d’amour.

    Elle aussi a plongé dans ma fresque littéraire et historique d’un quartier qui signifie tant pour moi : Harlem. J’y ai vécu, j’y ai rencontré mon destin et j’en suis revenu grandi… Vœu cher que j’aimerais à tous de connaître en ces temps compliqué.

    Aujourd’hui, qu’en reste-t-il ?

    Sachez que je travaille encore dessus. Que les choses bougent dans l’ombre. Que je ne peux pas en parler et que ABY sera de nouveau disponible dans les allées de vos librairies et autres endroits culturels.

    Je vous promets que je fais tout pour que vous puissiez tous rencontrer celle qui est la Grande Dame de Harlem. Portez-vous bien, prenez grand soin des vôtres et de vous-même et à bientôt pour de nouvelles histoires…

    Aimé par 1 personne

  2. Je n’y descendrai pas, alors 😆

    Il y a des romans qui rencontrent ou pas, leur public. Parfois, on a envie de persévérer… Mais pas toujours.

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  3. Ta chronique est élogieuse ! Mais je reste assez réfractaire à l’horreur… je garde dans un coin de ma tête, parfois le bon moment se présente tout seul !

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  4. J’ai d’abord adoré ma rencontre avec Fabrice
    Puis je me suis plongé corps et âme dans le lecture de son roman.
    Et là j’ai retrouvé toutes la fougue de ce grand enfant que j’adore.
    Comme j’ai hâte de lire son prochain.
    Merci ma Julie pour cette belle chronique.

    Aimé par 1 personne

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