Un livre, un extrait… Le silence de la ville blanche de Eva García Saenz de Urturi

« L’étrange symétrie des événements me fascinait. Des victimes par paires, dont l’âge finissait par zéro ou par cinq… Un assassin et un flic identiques en tous points… Le fait que les crimes se sont interrompus le jour où Tasio a été arrêté et qu’ils aient repris à la veille de sa sortie…
Je sortis du lit à six heures du matin, incapable de retrouver le sommeil. En partie, parce que les gens continuaient de faire la fête sous mon balcon de bois, sur la place de la Virgen Blanca, sans se soucier du lendemain. En partie aussi, parce que la journée s’annonçait difficile : j’allais devoir me coltiner la presse et les ordres du commissaire Medina… Ç’allait être un long tunnel de boulot ; j’avais besoin de prendre l’air pour affronter la suite.
Running aux pieds, je descendis l’escalier, trottinant jusqu’à la porte qui me séparait du cœur de Vitoria. Deux ans, plus tôt, j’avais trouvé la location idéale en plein centre grâce à une amie qui travaillait chez Perales, l’agence immobilière locale de référence. Elle m’a proposé cette bonne affaire avant même de mettre l’annonce en vitrine. Un deux-pièces rénové. Des voisins âgés, charmants, mais complètement sourds. La plus belle vue possible pour un troisième étage. Autrement dit, la perfection.
Je débouchai au galop sur le trottoir, croisant une marée de gens qui rentraient chez eux en procession. Les conversations s’étiolaient, les pas commençaient à peser, certains zigzaguaient à l’entrée de la rue de la Zapatería, leur clé à la main.
Je quittai la foule pour rejoindre des rues moins passantes. Quand j’arrivai aux Arquillos, elle était là, la mystérieuse coureuse que j’avais croisée chaque matin de la semaine précédente. La seule personne assez dingue, ou assez motivée, pour courir à six heures du matin, comme moi.
Elle ne prenait jamais par les ruelles étroites, fuyait les ombres, courait toujours au milieu du trottoir comme si elle reliait des points entre les réverbères, et portait un sifflet en évidence autour du cou. Une femme prévoyante. Mieux encore, une femme consciente des possibles dangers. Soit elle s’était déjà fait agresser, soit elle anticipait. Et pourtant, elle sortait courir avant l’aube pratiquement tous les jours de la semaine. »

Parution : 10 septembre 2020 – Editions Fleuve – Traduction : Judith Vernant Pages : 560 – Genre : Thriller, policier, mystère, procédure policière

Dans la cathédrale de Sainte-Marie à Vitoria, un homme et une femme d’une vingtaine d’années sont retrouvés assassinés, dans une scénographie macabre : ils sont nus et se tiennent la joue dans un geste amoureux alors que les deux victimes ne se connaissaient pas.
Détail encore plus terrifiant : l’autopsie montrera que leur mort a été provoquée par des abeilles mises dans leur bouche. L’ensemble laisse croire qu’il existe un lien avec une série de crimes qui terrorisaient la ville vingt ans auparavant. Sauf que l’auteur de ces actes, jadis membre apprécié de la communauté de Vitoria, est toujours derrière les barreaux. Sa libération conditionnelle étant imminente, qui est le responsable de ces nouveaux meurtres et quel est vraiment son but ?
Une certitude, l’inspecteur Unai López de Ayala, surnommé Kraken, va découvrir au cours de cette enquète un tout autre visage de la ville.



Catégories :Un livre, un extrait...

Tags:

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :