Premières lignes… La mère noire de Marc Villard et Jean-Bernard Pouy

Organisé par Ma lecturothèque : le principe est de citer les premières lignes de la lecture en cours. Pour ma part, comme je ne suis pas toujours à jour, j’ai fait une catégorie dédiée, que vous retrouverez dans le menu.

Le musée d’Orsay. Le lard moderne, c’est-à-dire le lard depuis 1850. Journée «scolaires». Devant Le Déjeuner sur l’herbe de Manet, une classe de cinquième, assez sage et recueillie par rapport aux autres sections qui, généralement, donnent l’impression de regretter que Benjamin Biolay ne soit pas là. La prof et une animatrice du musée se passent la patate chaude pour tenter d’expliquer que la grande toile est un moment important de l’histoire de l’art, ratata le scandale à l’époque, ratata le peintre considéré comme un voyeur (c’est quoi un voyeur? se demandent les gosses entre eux), ratata les oppositions de couleur, les masses franches, la simplicité et la luxuriance de la nature, ratata le refus de dogmes liés à la perspective, ratata l’attaque de la nudité non problématique des sujets mythologiques, tout cela constituant une transgression terrible qui va fonder l’art moderne. Gueule des gosses qui tentent de digérer des termes comme problématique et transgression. Benjamin Biolay ne parle jamais de ça.

Bref, ça tangue un peu, jusqu’au moment où l’une des élèves, une très jeune fille, douze ans peut-être, et encore, à 10 peine, sort des rangs, se plante sous la grande toile, enlève sa doudoune et, stupeur, se plante devant tous les autres spectateurs, torse nu, avec marqué, à même sa peau blanche et sur sa naissance de seins : «À poil les hommes!»

Avant que son professeur et l’animatrice ne se jettent sur cette Femen prépubère, celle-ci sort de sa poche une bombe à peinture et tente de maculer la grande femme nue du centre de la toile. Mais elle n’a pas le temps de commettre l’irréparable. Elle est ceinturée durement. Les autres élèves, eux, matent et se marrent.

Parution : 11 février 2021 – Éditeur : Galimard – Pages : 160 – Genre : thriller, roman noir

Figures de proue de la Série Noire et du polar français, graphomanes talentueux, Jean-Bernard Pouy et Marc Villard ont entamé en 2005 un dialogue littéraire qui a donné naissance à plusieurs textes à quatre mains. Avec La mère noire, ils reforment leur duo pour la Série Noire et signent un roman riche des échanges et jeux de langage qui les caractérisent.

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Catégories :Premières Lignes...

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2 réponses

  1. J attends ton retour pour me décider 🤩

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