Premières lignes… Les exfiltrés de Berlin de Harald Gilbers

Berlin 
Jeudi 6 – vendredi 7 novembre 1947

Rien n’est plus froid que la mort. À cette pensée, Ursula resserra son gilet. Infirmière durant la guerre, elle avait vu de nombreuses personnes mourir. Les spasmes; le dernier souffle qui, en faisant vibrer les cordes vocales, ressemblait à un soupir; le refroidissement progressif du corps – elle connaissait tout cela. Jusqu’à présent, elle n’avait fait l’expérience qu’à travers son travail, en s’efforçant de secourir des inconnus à l’hôpital.

Mais, depuis quelques minutes, cette barrière invisible était tombée. Son propre appartement avait été le théâtre d’une brusque explosion de violence. Médusée, elle contemplait le tableau qui s’offrait à ses yeux. Le salon était éclairé par la lumière crue d’une ampoule. Comme elle n’avait pas de balcon, elle avait dû tendre plusieurs cordes à travers la pièce pour faire sécher son linge la nuit. Sous un ciel blanc gisait un cadavre ramassé sur lui-même. À côté, un fil arraché et un drap humide chiffonné.

La respiration d’Ursula était encore saccadée. Qu’était-il arrivé à Konrad, son mari ? Comment la situation avait-elle pu dégénérer à ce point ?

– Ne t’inquiète pas, ça va aller.

Profondément choquée par les événements, elle mit quelques secondes à comprendre ce qu’elle venait d’entendre.

Son amant se tenait près d’elle. Bien sûr, il voulait la rassurer. Mais ce qu’il venait de murmurer ne cadrait pas avec le couteau ensanglanté qu’il serrait dans la main. La lutte avait ébouriffé ses cheveux blond cendré, et ses joues étaient des cramoisies. Ursula frissonna. L’homme qu’elle avait pris pour son âme sœur était devenu brusquement un étranger.

Parution : 26 mai 2021 – Éditeur : Calmann-Lévy – Pages : 448 – Genre : thriller, polar, policier, drame


Berlin, 1947. Dans une capitale allemande divisée et affamée, le commissaire Oppenheimer est appelé sur le lieu d’un crime banal : un cambrioleur tué par le locataire de l’appartement dans lequel il est entré par effraction. Un cas d’autodéfense classique ? Oppenheimer en doute et découvre des zones troubles. Pendant ce temps, son collègue Billhardt disparaît en pleine enquête sur la mort d’un pickpocket retrouvé avec d’étranges documents sur lui. Oppenheimer comprend que les deux crimes sont liés et se retrouve bientôt confronté à un réseau secret d’exfiltration d’anciens nazis vers l’Argentine. Encerclé par les traîtres jusque dans les rangs de la police, il aura fort à faire pour ne pas sombrer.



Catégories :Premières Lignes...

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18 réponses

  1. Je ne connais pas du tout alors merci !!!

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  2. Curieux d’avoir ton ressenti sur ce thriller Julie. Passe une excellente soirée 😊

    Aimé par 2 personnes

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