La Maison noire de Yûsuke Kishi : Un thriller terrifiant et captivant !

Le plus grand danger pour la société, ce ne sont pas ceux qui souffrent de troubles mentaux évidents, mais bien eux, ceux qui voient le monde à l’aune de leur propre noirceur.

Le premier roman de Yûsuke Kishi, La leçon du mal était déjà un excellent thriller psychologique explorant les aspects sombres de la psyché humaine et les implications morales de nos actions.

Avec son second roman, on glisse un peu plus profondément dans l’horreur psychologique. Avec une maîtrise rare du suspense, l’auteur nous entraîne dans un univers où le mal se cache derrière des façades ordinaires.

Dès les premières lignes, on est pris dans un tourbillon psychologique, mais aussi, dans des sujets sociétaux très intéressants, avec une tension qui va crescendo.

Junko, employé d’une compagnie d’assurance, se retrouve plongé dans une enquête troublante à la suite d’un appel mystérieux d’une cliente, qui lui pose des questions bien étranges. Peu à peu, se tisse un récit où la réalité et l’horreur se confondent, créant un climat de terreur psychologique assez prenant.

La Maison noire explore des thèmes forts tels que la folie, la peur, où l’auteur s’interroge sur ce qui pousse les êtres humains à commettre l’irréparable et sur la manière dont le mal peut s’immiscer dans nos vies sous les apparences les plus innocentes. Le roman traite également de la solitude et de l’isolement, des thèmes chers à la littérature japonaise, en montrant comment l’isolement psychologique peut mener à une déconnexion totale de la réalité. À travers son intrigue complexe et ses personnages tourmentés, Kishi invite le lecteur à réfléchir sur les aspects les plus sombres de la nature humaine et sur les limites de la compréhension humaine face à l’inexplicable.

Il décrit par ailleurs, les arcanes du fonctionnement des compagnies d’assurances au Japon et c’est très instructif.

Grâce à une plume incisive, immersive et très visuelle, Yûsuke Kishi arrive à capter le lecteur. Son style, à la fois sobre et évocateur, crée une atmosphère malaisante qui s’intensifie à mesure que l’intrigue progresse. Les descriptions permettent de visualiser chaque détail et de ressentir pleinement la peur que ressent le personnage principal.

L’autre point fort de La Maison noire est sans aucun doute la profondeur psychologique de ses personnages. Junko, avec sa détermination est un personnage complexe, qui évolue au fil de l’intrigue. Les personnages secondaires ajoutent une dimension supplémentaire au récit, créant une toile d’araignée tordue et fascinante.

En bref, c’est un roman intense avec une capacité à maintenir le lecteur sous tension, le poussant à se questionner sur la nature humaine et sur ce que nous sommes capables de faire lorsque nous sommes confrontés à nos propres démons. Un très bon livre pour les amateurs de thrillers psychologiques.

Je remercie les Éditions Belfond pour leur confiance renouvelée

Parution : 1er février 2024 – Éditeur : Belfond – Pages : 304 – Traduction : Diane Durocher – Genre : polar, thriller, policier, enquête, thriller-psychologique

Toujours plus sombre, toujours plus dérangeant, toujours plus culte ! Après La Leçon du mal, une nouvelle plongée horrifique et jubilatoire dans les méandres de la psyché humaine, avec en arrière-plan une vision acide de la société japonaise.

Dans le cabinet d’assurances où il travaille, Shinji Wakatsuki fait figure d’employé modèle. Méticuleux, rigoureux, il traque sans relâche les incohérences dans les avis de décès. Car Wakatsuki le sait : nombre d’assurés sont prêts à faire de fausses déclarations pour obtenir un dédommagement.
Jusqu’au jour où un certain Komoda le sollicite pour un constat dans sa maison.
Sur place, le choc. Le corps d’un enfant de douze ans se balance au bout d’une corde. Suicide ? L’instinct de Wakatsuki lui dicte qu’il s’est passé autre chose dans cette demeure lugubre où flotte l’odeur de la mort.

Wakatsuki n’a jamais laissé un dossier sans réponse. Mais celui-ci pourrait bien le mener aux confins de la noirceur de l’âme humaine…


Ju lit Les Mots

– Blog littéraire – Critiques littéraires – Co-fondatrice Prix des auteurs inconnus – Membre Association REBOOT – Contributrice journal 20 minutes –


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30 réponses

  1. Je connais la littérature japonaise feel good, la fantastique mais pas trop les thriller. Cet auteur semble vraiment être celui avec lequel je pourrais prendre plaisir à les découvrir quand je te lis.

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  2. J’ai apprécié La leçon du mal et son humour particulier, il se pourrait que ce titre me plaise aussi.

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  3. Merci pour cette belle chronique Julie.

    Mais en dépit de ton retour positif, et heureusement pour mon Bic qui va rester dans sa petite trousse bien au chaud … 😂, je n’avais pas du tout accroché à La leçon du mal, alors je ne pense pas me lancer dans ce nouvel opus de cet auteur !

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    • Je me souviens effectivement que tu n’avais pas accroché 😉 Ton stylo peut donc prendre une pause 😉

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  4. Avatar de ducotedechezcyan

    Ce livre est dans ma WL et je ne l’avais encore vu passer nulle part, je n’étais pas sûre que ça pourrait me plaire. Merci pour cet avis éclairé, tu me donnes envie de ne plus attendre trop longtemps avant de le lire 🙂

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  5. Je veux d’abord lire le premier tome mais celui-ci me tente aussi beaucoup. En plus des thèmes, je suis curieuse d’en apprendre plus sur le monde des assurances au Japon.

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  6. J’adore la littérature japonaise mais ce roman-ci a l’air bien bien sombre quand même.^^ J’avais déjà hésité à lire le premier à cause de ça, mais celui-ci a l’air encore plus dérangeant. Il me tente quand même car il a l’air mieux noté par les critiques. A voir…

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  7. Je l’ai dans ma pal numérique et ta chronique m’a donné envie de le sortir pour la période d’automne 🙂

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  8. c’est sur que c’est pas pour moi, j’ai besoin de tendresse ….. en ce moment le monde est trop dur !

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  9. Oh purée, toujours pas lu et je voulais le lire absolument !

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  10. Je suis bien tentée par La leçon du mal de cet auteur, mais je n’ai pas l’habitude des romans asiatiques. Je n’ai pas encore sauté le pas mais peut-être qu’un jour je tenterai un de ses deux livres. 🙂

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  11. J’avais aimé son tout premier même si je ne suis pas très littérature japonaise, mais il y avait dedans assez d’humour déjanté, si je me souviens bien et de dérision pour me faire kiffer ! 😉

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  1. Passeport littéraire : Asie – Entre traditions, modernité et poésie du monde – Ju lit Les Mots

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