Paris-Saint-Denis de Paul Besson

Paul, le narrateur, musicien, comédien et étudiant en philosophie, sans beaucoup de succès, vit avec Carine, mais surtout grâce à ses revenus de juriste.

Ce couple cohabite dans un minuscule studio de Montrouge, où le confort spartiate, et les brûlures de la tuyauterie de la douche, les poussent à rechercher un appartement plus grand. Paul a grandi dans les beaux quartiers, alors il aspire à retrouver ses habitudes de bobo parisien… Commence alors le parcours du combattant et après plusieurs mois de recherches, où le couple comprend que leurs revenus, ne leur permettront même pas une studette sur Paris, ils se retrouvent à Saint-Denis… .

Avec Paris-Saint-Denis, Paul Besson dépeint son arrivée dans une ville bien mal connue, décriée, avec une diversité ethnique importante.

Paul au gré de ses rencontres va étudier les habitants, on a parfois l’impression qu’il joue à l’anthropologue et porte un regard bienveillant sur une partie de la population qui est souvent montrée du doigt. Les chapitres s’alternent entre ses descriptions sur sa recherche d’appartement, sa comparaison entre Paris et Saint-Denis. Avec un constat bien réel sur la paupérisation de la population et le poids du loyer dans les charges du foyer. Enfin, je dirais qu’ici la charge repose quasiment sur la compagne de Paul, qui se laisse vivre… Il fume, boit, erre dans les rues de Saint-Denis… J’ai souvent pensé au bobo parisien qui vient s’encanailler en Seine-Saint-Denis… Je dois dire, que même si l’auteur a cherché à montrer la générosité des dionysiens, il le fait avec beaucoup trop de clichés…

Connaissant très bien cette ville, je ne suis pas certaine que si Paul avait été une femme, cela aurait donné le même rendu. Les descriptions et les rues où il nous entraîne sont bien faites, mais ne sont que le reflet de ce que lui, en tant qu’homme, a ressenti.

En tant, que femme, mon avis est bien différent ! Je n’ai jamais pu arpenter les rues, sans sentir les regards des hommes, sans vivre ce que l’on appel, le harcèlement de rue, avec les sifflements, les commentaires sexistes, les interpellations…

De plus, j’ai trouvé que certains passages sonnaient faux et étaient bourrés de clichés ! Ah la satanée générosité de l’épicier, qui ne le connait pas et lui dit qu’il pourra lui ramener la monnaie manquante, plus tard… Où la virtuosité du coiffeur, qui manie les ciseaux depuis son plus jeune âge et le fait comme un chef d’orchestre… Et les fameux dealers qui sont tellement gentils et bienveillants avec lui, puisqu’ils lui recommandent de ne pas commencer cette merde…

Paul, le bourgeois de père en fils, va finir par adopter cette nouvelle vie  » je suis devenu libre, Saint-Denis est devenu ma ville ». J’espère en tout cas qu’il aura ouvert les yeux sur certains aspects de cette ville. Pour avoir un regard humain, il ne faut rien oblitérer, le bon comme le mauvais. Oui, il y a de l’humanité dans cette ville, qui serait la plus dangereuse de France, il y a des hommes et des femmes qui essaient de s’en sortir et de vivre, dans une pauvreté bien réelle. L’insalubrité n’a fait que creuser le faussé que les politiques ont laissé se construire. Le centre-ville a été « oublié » au profit du stade de France et au détriment d’une population qui n’a fait que tenter de survivre. Comment demander à une population de faire du beau sur du dégueulasse… Car certaines rues sont totalement à l’abandon…

Même si je ne suis pas d’accord avec la direction prise par l’auteur, je ne peux que louer son désir de montrer une ville avec des personnages bienveillants. Il a voulu casser l’image sulfureuse de Saint-Denis… En lui donnant une image de douceur… Mais le monde des bisousnours n’existe pas…

4° de couverture

Paul a trente ans. Il termine ses études, enchaîne les petits boulots, cherche un appartement avec sa copine. Il entre dans l’âge adulte à reculons ou en boitant  : il boit trop, fume trop, travaille peu ou mal ou pour rien, sort la nuit, marche pendant des heures, se perd. Il cherche la poésie partout, se demande s’il est vraiment amoureux, se demande l’homme qu’il va devenir, là où il va vivre. Il aimerait habiter Paris, mais c’est à Saint-Denis qu’il trouve un appartement. On a dit que c’était la ville la plus dangereuse de France. Et la cité des rois. Mais c’est une autre ville encore que Paul découvre  et parcourt. Il raconte un monde qu’on ne voit pas, des hommes qui se cachent ou vivent la nuit. Un dealer de crack lui sauve la vie, un coiffeur virtuose lui apprend à se taire, une caissière au supermarché lui apprend la patience. Peut-être que cette recherche d’appartements si difficile l’a amené au bon endroit.

Parution : 30 octobre 2019 – Editions JC Lattès Prix papier : 18€ – Prix numérique : 12,99€ – Pages : 200 – Genre : roman initiatique, journal intime

Ce livre a été en partenariat avec la maison d’édition. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page Partenariats

Paul Besson est né en 1987. Après des études de philosophie, il a été serveur, vendeur de cigarettes électroniques, agent d’accueil, animateur dans des supermarchés… Il a aussi joué dans des pièces de théâtre pour enfants, écrit des chansons, photographié Paris la nuit. Paris-Saint-Denis est son premier roman.



Catégories :Contemporain, Les éditions JC Lattès / Le Masque

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