Capharnaüm, de Nadine Labaki

Ce film franco-libanais, de la réalisatrice Nadine Labaki, retrace l’histoire d’un petit garçon livré à lui-même dans les rues de Beyrouth, qui décide d’intenter un procès à ses parents pour l’avoir mis au monde.
À la question : « Pourquoi attaquez-vous vos parents en justice ? » , Zain lui répond :  » Pour m’avoir donné la vie ! « 

La vie de tous les acteurs de Capharnaüm ressemble à celle du film. Celle de Zain ressemble à celle de son personnage, sauf que ses parents sont aimants, Rahil était sans papiers. Pour le personnage de la mère de Zain, Nadine Labaki s’est inspirée d’une mère de 16 enfants et qui vivent dans les mêmes conditions que dans celles du film. Six sont décédés et d’autres sont dans des orphelinats à défaut de pouvoir s’en occuper. Celle qui joue le rôle de Kawthar a réellement nourri ses enfants au sucre et aux glaçons.

Capharnaüm est une fiction, pour autant, rien n’est imaginé, au contraire, tout ce qu’on y voit est le fruit de ses visites dans des quartiers défavorisés, des centres de détention et des prisons pour mineurs. 

J’ai vu passer des propos assez mitigés, notamment ceux, le réduisant à un simple mercantilisme de la tragédie humaine, précisant que Labaki, ne serait qu’une opportuniste en cherchant à se faire connaître en voulant faire pleurer dans les chaumières sur la crise des migrants.

Pour avoir vu ses deux premiers films, je ne pense pas que la réalisatrice ait voulu faire du sensationnel sur le dos de la misère humaine. 

Avec, « Caramel », elle évoquait la vie populaire libanaise, à travers cinq portraits de femmes… Avec, « Et maintenant, on va où ?« , elle dénonçait les tensions religieuses. Elle filme son pays dans toute sa complexité. 

Capharnaüm ne met pas seulement l’accent sur la misère dans les bidonvilles à Beyrouth, mais cherche à montrer comment, le Liban minuscule pays accueille plus d’un million de réfugiés syriens alors qu’aucune structure n’est mise en place pour les faire vivre dignement. Non pas par manque d’humanité, mais par manque de moyens. Et rien que pour cela, le film fait œuvre de documentaire. 

Un film qui prend aux tripes dès les premières minutes. 

Date de sortie : 17 octobre 2018 – Durée : 123 minutes – Réalisation : Nadine Labaki – Avec : Zain Al Rafeea, Cedra Izam, Nadine Labaki, Yordanos Shifera… – Nationalités : franco-libanais – Production : Mooz Films – Genre : Drame



Catégories :Sur mon écran

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3 réponses

  1. Et nos pays n’accueillent que peu de réfugiés, alors que nous avons plus de structures que le Liban ! Shame on we !

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