Tunisie, l’apprentissage de la démocratie: 2011-2021 de Khadija Mohsen-Finan

Dix ans après la révolution de jasmin, l’économie de la Tunisie est au plus bas et la fracture sociale de plus en plus visible. Avec ce livre, Khadija Mohsen-Finan analyse les acquis et les blocages qui empêchent une stabilité politique et sociale. Pourtant, depuis 2011, des changements, il y en a eu. Des élections libres ont été organisées, la nouvelle Constitution garantie la liberté d’expression. Pourtant, les Tunisiens face à la crise sanitaire, sociale n’arrivent plus à voir les acquis.

Khadija Mohsen-Finan propose un livre très bien construit, avec un rappel historique très intéressant, de l’indépendance à Bourguiba, et l’arrivée de Ben Ali, avec une chronologie très complète sur le début de la révolution du Jasmin, notamment avec l’immolation, en décembre 2010, de Mohamed Bouazizi, dans la ville de Sidi Bouzid qui allait entraîner des manifestations sans précédent en Tunisie, pour se terminer avec la chute régime de Ben Ali. Le tout en à peine un mois. 

La démocratie tunisienne est encore en période « d’apprentissage », et même si cela se fait dans des conditions douloureuses et difficiles, la spécificité tunisienne tournée vers les autres, vers la modernité, avec un statut de la femme très moderne pour un pays arabe, démontre que la Tunisie est le seul pays à avoir réussi son printemps arabe, et cela, malgré l’instabilité politique. Le peuple tunisien souffre, non seulement de la crise économique, sanitaire, mais surtout de la crise politique qui n’arrive pas à apporter une stabilité au pays ni à donner une perspective à une jeunesse toujours en colère. Le peuple continue de dénoncer sa précarisation, la répression de la police et l’absence de perspectives. Car si la Tunisie a été saluée pour ses réformes politiques après 2011, les acquis démocratiques peinent à se traduire en progrès sociaux et économiques.

En janvier 2011, une foule compacte investit les rues de Tunis et prend des allures de peuple insurgé. Le départ de Ben Ali, le 14 janvier 2011, lui donne la conviction qu’elle est en train de jouer un rôle majeur dans la vie politique du pays. Le peuple entend renouveler les élites et mettre fin aux clientélismes.
Rapidement, l’union nationale laisse place à des affrontements, certains voulant conserver des pans du passé politique, ou sur la question de la place de l’islam. Les élections législatives et présidentielles de 2011 et de 2019 qui encadrent cette décennie de transition auront finalement été les seuls moments où le clivage «  moderniste » / islamiste laissait place à la volonté populaire, dans un élan révolutionnaire ou dans le cadre d’un populisme qui s’impose sur la scène politique en 2019.

Parution : 6 janvier 2021 – Nouveau Monde Éditions – Pages : 240 – Genrepolitique, géopolitique, documentaire

Enseignante à Sciences-Po et à l’université Paris III, elle est également chercheure associée à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), spécialiste du Maghreb et des questions méditerranéennes.

2008 « L’image de la femme au Maghreb »
2011 « Le Maghreb dans les relations internationales »



Catégories :Documentaire, essai...

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5 réponses

  1. Très intéressant 😀 merci Julie pour la découverte 😀

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