Journée internationale des femmes : l’histoire du 8 mars

Ce qui est très intéressant avec cette date, c’est l’intitulé ! Pour l’ONU, c’est la journée internationale des femmes, mais pour la France et d’autres pays, ainsi que l’ONU Femmes (Entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes), c’est la journée internationale des droits des femme… La différence est légère, pourtant cela ne renvoie pas à la même idée.

Officialisée en 1977, le 8 mars est une journée d’action, de sensibilisation et de mobilisation en faveur de la lutte pour les droits des femmes, l’égalité et la justice. Des organisations féministes, réunies en collectif appellent pour cette journée à une « grève féministe ». 

Origine :

Il en aura fallu plusieurs luttes féministes, sur les continents européen et américain, au cours de l’Histoire, avant que cette journée ne doit officialisée en 1977.

C’est Clara Zetkin, une enseignante, journaliste et femme politique allemande, qui est la réelle instigatrice de la Journée internationale des femmes.

Lors de la IIe conférence internationale des femmes socialistes, à Copenhague, en août 1910, elle propose qu’une journée soit consacrée aux femmes et c’est le 19 mars 1911 qu’aura lieu la première « Journée internationale des femmes ».

En outre, la Russie soviétique est le premier pays à l’officialiser en 1921, la rendant journée fériée mais non chômée jusqu’en 1965. L’initiative restera principalement cantonnée aux pays du bloc socialiste jusqu’à la fin des années 1960, lorsqu’elle sera reprise par une vague féministe. Plusieurs thèses contradictoires sont lancées en 1955, pour faire croire que l’idée a germé lors de manifestations d’ouvrières aux Etats-Unis, pour qu’elle ne soit pas attribuée aux communistes et socialistes.

Le 11 novembre 1972, 8000 femmes, dont Simone de Beauvoir, se réunissent, en Belgique, pour la Journée des femmes en Europe.

En 1977, Les Nations unies officialisent cette journée, invitant ainsi tous les pays de la planète à la célébrer le 8 mars. Ce sera donc, une journée de manifestations à travers le monde, et l’occasion de faire un bilan sur la situation des femmes dans la société et de revendiquer plus d’égalité.

Chaque année, un thème particulier est mis en avant et l’édition 2024 ne déroge pas à la règle, avec un thème intéressant : investir en faveur des femmes : accélérer le rythme, met en lumière l’importance de l’égalité des genres, de l’autonomisation des femmes et des filles, et de leur droit à une vie plus saine. Un vrai levier pour le développement dans certaines régions du monde, mais aussi dans notre quotidien.

Prolongement logique de cette journée, un événement a été créé en 2013 en France et se renouvèle chaque année, la journée de la femme digitale

Le 8 mars est souvent considéré comme « la journée de la femme », et on voit émerger, une récupération marketing avec des promotions sur les produits tel que les cosmétiques, les produits électro-ménagers ou les vêtements. Le tout souvent parsemé de stéréotypes sur le rôle de la femme dans la société et donc à l’opposé de l’objectif de la journée internationale des droits des femmes.

Alors on pourrait se dire qu’avec tout ça, les femmes sont tranquilles et que leurs droits, du moins dans la majorité des pays, sont respectés et que nous ne devons pas être inquiètes. Pourtant, à travers l’actualité, on s’aperçoit que ce n’est pas le cas et qu’il faut toujours être vigilantes.

Il y a même une régression de par le monde et le rapport 2023 du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, démontre que le sexisme persiste et ses manifestations les plus violentes s’aggravent en France. Je vous en parlais dans l’article consacré au sujet ici

Il n’est pourtant pas question d’opposer les hommes et les femmes, mais bien que les droits soient respectés indifféremment du sexe. Et lorsqu’un pays est obligé de légiférer de manière insistante sur les droits des femmes, c’est bien qu’il y a un problème de société… Mais là n’est pas le débat…

Pour aller plus loin, mais il y a plein d’autres choses à découvrir :


Ju lit les mots

– Blog littéraire – Critiques littéraires – Co-fondatrice Prix des auteurs inconnus – Contributrice journal 20 minutes – Membre the funky geek club



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Catégories :Le saviez-vous ?

16 réponses

  1. Merci pour ton article instructif !

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  2. Merci Julie pour ce bel article, très intéressant et instructif. C’est bien de remettre cette journée dans son contexte. Merci également pour les liens, je vais écouter le podcast « le féminisme expliqué à mon beauf », cela me sera très utile 😉.

    Comme tu le dis si justement, nous devons, hélas, être vigilantes. Quand on pense à ce qui se passe aux USA … je trouve cela dramatique.

    Et malheureusement, une amélioration vers une égalité de traitement me semble un doux rêve. Je fus sapeur-pompier il n’y a pas si longtemps et j’ai une liste « d’anecdotes » toutes plus « savoureuses » les unes que les autres 😬.

    Bref ! il n’y a pas de solution miracle, et même si cette journée a le mérite d’exister, je crains qu’il ne faille encore nous battre ! ✊🏻

    Bonne journée Mesdames ! Force et honneur !

    Aimé par 4 personnes

  3. Avatar de ducotedechezcyan

    Merci pour cet historique et les suggestions de médias à découvrir 🙂

    Ce qui m’ennuie avec cette journée, c’est que finalement ça sous-entend que le reste de l’année appartient aux mecs…

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  4. C’est tellement vrai ce que dit Simone de Beauvoir.
    Et merci ma Julie pour ce rappel ! 🤩😘

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  5. La Femme… Pauvre créature, née pour aimer et toujours empêchée de remplir cette fonction sainte ! Vouée par ce monde corrompu, aveugle, à une existence tourmentée, cherchant toujours ce bonheur promis et légitime, et n’y arrivant jamais. Etrangère, comme égarée, dans un monde indigne d’elle, qui a commencé par la méconnaître ou par en abuser, et qui ne cherche plus de satisfactions, aujourd’hui, que dans la licence dégradante, le luxe ridicule, l’ambition absurde ou la domination féroce.
    Que tout cela est loin des joies pures que la jeune fille rêve encore, dans son ignorance de la corruption qui l’entoure !
    NB : Les forces agissantes de la Maternité ont créé une humanité droite, docile, disciplinée…. d’abord, jusqu’au débordement des passions de l’homme. Mais, pendant cette époque primitive, quel Paradis était la Terre !… Nulle révolte ! nul mensonge ! nulle rébellion !
    Dans tous les hommes, à moins qu’ils ne soient des monstres, le souvenir maternel a laissé dans l’Âme une impression profonde faite de respect et de tendresse sacrée.
    La base légitime et idéale du pouvoir de la Femme réside dans sa nature spirituelle et maternelle. Elle produit l’œuvre de la création. Elle fait naître l’enfant, elle le guide, elle le soutient, elle est la source de la lumière qui l’éclaire.
    En dehors de cette cause idéale, il n’en existe aucune qui légitime la domination du monde. Par la vertu de cette cause naturelle, tout enfant créé bénéficie de la nature bienfaisante maternelle, réelle, vraie, connue.
    Le régime Matriarcal s’explique par ce fait que le Père naturel ne s’attache pas à la Mère et à l’enfant, ne connaît, du reste, pas l’enfant né de lui ; et l’enfant qui ne porte que le nom de sa Mère, qui est le nom de la tribu, ne connaît pas son Père, ne sait même pas qu’il en a un. En effet, les premiers rapprochements n’ayant pas eu de résultat immédiat, les hommes ne pouvaient pas se figurer qu’il pût y avoir dans leurs jeux sexuels le germe d’une conséquence aussi éloignée et aussi inattendue ; longtemps ils ignorèrent la loi de la génération, c’est-à-dire le rapport qui existe entre la cause et l’effet, et, du reste, ne s’en préoccupèrent pas ; ce n’est que dans la période que l’on peut appeler moderne, c’est-à-dire historique, que cette cause a été connue.
    Ainsi, le mot « Patar », dans le sanscrit primitif, ne signifie pas « celui qui féconde », mais « celui qui protège ». C’est le frère de la Mère. C’est pour cela que longtemps c’est lui, l’oncle, qui s’occupe surtout de l’enfant, et, quand les hommes de cette époque parlaient de la descendance, ils ne disaient pas « nos fils », ils disaient « nos neveux ». L’enfant grandissait dans sa famille naturelle, qui était sa famille maternelle, n’ayant, quand il était homme, ni responsabilité, ni charges ; donc, pas non plus cette hypocrisie née avec les devoirs factices imposés dans le monde masculiniste (suprématie du Père qui aboutira au fameux « droit paternel »).
    C’est en Egypte, sous les Ptolémée, que sera établit le « droit paternel » qui donnera un coup mortel au régime maternel. C’est Ptolémée IV dit « Philopator » (« qui aime son père »), ainsi surnommé parce que c’est lui qui, deux siècles avant le Christianisme (en 222), établira le « droit paternel » par un simple décret royal, le « prostagma de Philopator ». À partir de là, la famille agnatique (paternelle) se substitura à la famille utérine (maternelle).
    L’autorité brutale que l’homme a voulu exercer sur la femme et sur l’enfant, sous prétexte de paternité, a apporté le malheur dans le monde et désorganisé la famille. C’est la grande erreur sociale des temps masculinistes.
    De plus, rappelons que le « mariage » tel qu’il a été institué à l’origine, c’est-à-dire la femme asservie dans une union monogame (ou plutôt monoandre, soit l’union exclusive avec un seul homme), qu’on allait bientôt appeler « con-jugale » (littéralement : « avec joug »), n’a été introduit dans les mœurs que lorsque le régime gynécocratique a été complètement détruit. L’institution sociale du « mariage » ne pouvait pas exister, dans les temps primitifs, et avant le règne de l’homme, car l’union n’était pas imposée, réglementée par des lois, mais seulement par l’amour et le libre choix de la femme éclairée par la science.
    Introduit progressivement au cours des derniers siècles précédents notre ère, le système du « mariage » sera accepté et légalisé définitivement qu’avec le Droit romain et le Catholicisme.

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  6. Article bien intéressant sur l’histoire de cette journée. Mon article publié demain parle aussi de ce thème. Je vais mettre un lien pour ton article!
    Francine du blogue de Phrenssynnes 🙋‍♀️

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  7. J’ai longtemps pensé que parfois, les féministes exagèrent, mènent énormément de combats très utiles mais en mènent parfois d’autres futiles, et je ne me suis donc jamais sentie l’âme d’une vraie féministe. Jusqu’à ce que j’en parle avec une amie qui m’a fait comprendre que, parfois, exiger les plus petits détails permet d’obtenir au moins un strict minimum… je ne suis pas sûre d’avoir été bien claire, mais depuis, je vois les choses autrement… pour autant, je n’ai jamais supporté qu’on puisse bafouer à l’envi les droits fondamentaux des femmes (qui, d’ailleurs, ne sont pas des droits de femmes mais des droits d’humains !), ce que certains pays ont toujours fait, mais ce que d’autres, dits « civilisés » recommencent à faire… c’est effrayant et il est temps qu’on se bouge ensemble… merci pour cet article très instructif 😊

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    • J’étais comme toi, et je trouvais même que le terme féministe était mis à toutes les sauces ! Aujourd’hui, je constate qu’il n’y a pas de petits sujets et qu’effectivement les droits pour lesquels les mobilisations sont faites, sont des droits humains et pas seulement pour les femmes. Ravie que cet article t’ait plu 🙂

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  8. Merci pour cet article très intéressant que je mets dans mes favoris pour retrouver plus facilement les liens que tu y partages.

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